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18 juin 2017 7 18 /06 /juin /2017 15:14

 

La Justice sociale n’est pas envisageable, elle est une entrave à l’expression des talents et compétences des individus dont l’aiguillon est la productivité, gage d’efficacité de la sélection des meilleurs dans un marché et une société marquée par la concurrence.

Pour qu’elle le fût, il est nécessaire que chacun d’entre nous ait les mêmes talents : intelligences, compétences et aptitudes, croyances, physique identique… et tout cela est contraire à la réalité. L’homme étant un, il est donc différent de son voisin, et c’est tant mieux. Ainsi, grâce au groupe, l’homme se stimule et cherche à apporter sa contribution. L’homme est un potentiel d’idées et, une qui est émise, peut provoquer une cascade d’autres dont l’ensemble du groupe profitent, comme le démontre les start-ups.

C’est la création qui, une fois concrétisée, apporte la richesse. Or celle-ci est soumise à une dure concurrence et celle-ci dynamise l’accroissement de la prospérité de tous.

Les inégalités ne sont pas un obstacle à la croissance économique car la réussite des meilleurs, du fait de leurs productivités et de leurs compétences, est un gage d’incitation pour les autres à développer leurs talents et productivité. Nous le constatons actuellement avec le développement des Nouvelles Techniques de la Communication : le Web, le i.commerce, le Drive, le câble optique, etc.

Dans cette optique, les inégalités ne sont alors que transitoires, les individus étant appelés à se stimuler pour s’en sortir par eux-mêmes. Dès lors la réussite sociale ne serait qu’une affaire de volonté personnelle.

Peut-on réduire les inégalités pour une meilleure cohésion sociale grâce à la fiscalité ?

Si les inégalités des revenus, en France, se sont néanmoins réduites durant le XX° Siècle (actuellement l’écart de salaire entre un cadre et un ouvrier se situe aux alentours de 3 fois le SMIC alors qu’il atteignait 3.9 en 1955), cela tient pour l’essentiel aux chocs subis par les très hauts revenus du capital. Les très gros patrimoines (et les hauts revenus du capital qui en sont issus) ont connu un véritable effondrement à la suite de la période 1914/1918 et 1939/1945 (destruction, inflation, faillite de la crise de 1929). Les décennies qui se sont écoulées depuis 1945 n’ont toujours pas permis à ces fortunes et à ces revenus de retrouver le niveau astronomique qui était le leur à la veille de la Première Guerre mondiale.

L’impôt sur le revenu a réduit les inégalités du fait de son caractère progressif (le taux d’imposition s’élève en fonction du niveau de revenus) et de la mise en place d’un système de redistribution vers les ménages aux revenus les plus faibles.

La proportion à épargner des revenus les plus élevés est forte et la proportion à consommer faible. La mise en place d’un impôt sur le revenu diminue cette proportion à épargner et favorise, par la distribution des revenus secondaires, la propension à consommer des ménages aux faibles revenus. Ce pouvoir d’achat supplémentaire distribué est aussitôt orienté vers l’économie, incitant l’activité de production, l’investissement, l’emploi et, par là même, la croissance économique. La classe moyenne inférieure dépense pratiquement l’intégrité de ses revenus mensuels, ce qui fait marcher la consommation et aussi l’importation des produits étrangers moins chers que ceux fabriqués en France.

Jusqu’où ne pas aller trop loin :

Arthur Betz Laffer économiste libéral américain et chef de file de l'école de l'offre.

Arthur Laffer est l'auteur de la courbe qui porte son nom (*) et qui tente de montrer que « trop d'impôt tue l'impôt ». En effet, selon cette courbe le rendement d'un impôt est relativement bas au-dessous d'un certain seuil mais baisse au-delà d'un autre.

Se fondant sur cette courbe, Arthur Laffer est un ardent défenseur d'une politique de réduction des impôts. Son influence fut importante au cours des années 1980. En effet, dès 1978 il soutint la Proposition 13 visant à une réduction de l'impôt foncier en Californie. Par ailleurs, il influença la politique fiscale de Ronald Reagan en impulsant des réductions d'impôts.

Cette influence ne se limite pas aux seuls USA puisque de telles politiques de réduction des impôts voient le jour en Europe. C'est le cas en Angleterre à partir de 1979 sous le gouvernement de Magaret Thatcher et jusqu'en 1997 sous le gouvernement de John Major. Par ailleurs, le gouvernement d' Helmut Kohl s'applique aux mêmes diminutions à partir de 1982. Enfin, en France, après l'échec de la politique de relance de Pierre Mauroy en 1982, (politique Keynésienne privilégiant la politique de la demande) une partie des gouvernements qui se succèdent mettent en place de telles politiques. Par exemple, l'impôt sur les sociétés passe de 50 % à 33,33 % en 1987. Le taux de l'IRPP (Impôt sur le Revenu des Personnes Physiques) diminue lui aussi avec certaines réformes fiscales dont la dernière eut lieu en 2007 avec le bouclier fiscal qui limite la pression fiscale à 50 % des revenus d'un individu. La politique du Gouvernement Ayrault a fortement augmenté les impôts non en vue de la redistribution envers les plus démunis mais bien pour tenter de combler la dette de l’Etat. Cet Etat ne voulant pas (d'autres diront ne pouvant pas) réorganiser d'une manière optimum, comme dans les années 90 les cercles "qualité" qui ont réformé le secteur privé, il lui est plus facile de prendre à celui qui produit de la richesse qu'à celui qui s'en abreuve. C'est l'histoire de la lampe à huile, à force de pomper ce qu'il y a dans le réservoir pour alimenter une autre lampe, toutes les lampes finiront par s'éteindre comme en 1789. Avant qu'arrive la Révolution il faut que l'Etat abolisse les privilèges de certains.

Faisons un retour en arrière.

Avant l’ère Mitterrand, sous le président Giscard, lorsque l’Etat avait besoin d’argent il émettait des Bons du Trésor dont le rendement variait entre 3 et 4%. 1981, Mitterrand pour enrayer le chômage recrute des milliers de personnes dans la fonction publique. Se pose alors la question cruciale : comment payer les salaires ? Sous le Gouvernement Bérégovoy, le ministre des Finance Sapin fait appelle à la finance mondiale pour vendre de la dette française. « Un Etat ne peut tomber en faillite » dixit Michel Sapin. Le pli est pris, maintenant il faut régler la note. Malheureusement les fonctionnaires sont à l’abri du licenciement économique, donc l’Etat est dans l’obligation de se tourner vers le secteur privé pour faire face à ses obligations en augmentant le barème des plus riches et en abaissant les allocations familiales, le remboursement des médicaments etc.

Malgré son succès, cette courbe est nuancée par plusieurs auteurs, qui prétendent qu'Arthur Laffer ne prendrait en compte que l'effet de substitution dans son raisonnement. D'après Laffer, à partir du seuil où le rendement d'un impôt baisse, les gens préfèreront le loisir au travail car son coût sera moindre ; du coup, il négligerait l’effet de revenu : celui des gens qui n'ont pas le choix, ou ont besoin de travailler, en conséquence de quoi les recettes fiscales continueront à augmenter. Cela dit, même pour les personnes critiquant la théorie de Laffer, sa thèse reste exacte pour les entreprises à forte rentabilité ou pour les personnes aisées chez qui l'effet de revenu est négligeable.

En outre, les possibilités d'expatriation, en cas de fiscalité exagérée, confortent également la théorie de Laffer. La France est devenue le premier exportateur de Millionnaires. Plus de 80 000 par an quittent la France vers d’autres horizons préférant investir ailleurs que voir leurs actifs confisqués par l’Etat. Les Gouvernements sous le quinquennat Hollande ont dessaisi des milliers de riches provoquant une seconde révocation de l’Edit de Nantes.

Ce qui aura pour conséquence :

  • l’accroissement de 585 000 chômeurs de plus en 2017 par rapport à 2012.

  • La montée à 8,5 millions de personnes sous le seuil de pauvreté.

  • Le travail au noir représente plus de 10% de revenus pour les entreprises. Ce qui laisse supposer un nombre très important de salariés sans garanti sociale et aussi un nombre important de salariés cumulant deux activités dont l’une n’est pas déclarée.

  • Un déficit commercial.

  • Un déficit budgétaire.

  • Une dette nationale équivalent presque les 100% du PIB

Où se trouve l’égalité ?

  • Entre un patron qui se trouve surtaxé et ne peut investir face à la concurrence et risque le dépôt de bilan car il ne peut pas rivaliser avec la concurrence extérieure,

  • Un salarié du privé qui risque le chômage pour cause économique,

  • Un salarié peut être obligé d’accepter des CDD les uns après les autres faute de travail,

  • Un salarié du privé est dans l’obligation d’avoir des résultats.

Par rapport à un fonctionnaire dont le travail est payé comme un salarié du privé sans aucun risque de licenciement ?

Or, devant les risques encourus par le secteur marchand, le secteur privé est le seul qui produise de la richesse vive afin d’alimenter les dépenses de l’Etat jamais rassasié et toujours dépensier. Il lui faut toujours et toujours inventer de nouvelles taxes au détriment de la richesse vive.

Force est de constater que la Gauche fabrique des inégalités sociales alors qu’elle se veut le parapluie des citoyens.

(*) La courbe de Laffer. Pour simplifier, est bâtie sur l'hypothèse d'une économie fermée (où les échanges avec l'extérieur sont ignorés) ; prendre en compte l'ouverture des frontières ne change rien au résultat de Laffer, puisque cela ne fait que rajouter la possibilité d’évasion fiscale pour les individus sur-taxés, ce qui est susceptible d’accentuer la diminution des recettes de l'État en cas d'imposition trop forte. En réalité, l'importance de l'attractivité fiscale (en particulier pour ce qui concerne l'impôt sur les sociétés) lorsque les taux d'imposition sont bas, peut mener à l'implantation de nouvelles sociétés et ainsi augmenter la base de l'impôt.

Une hypothèse est faite sur la rationalité des agents économiques :

  • lorsque le taux d'imposition est trop fort, les agents diminuent leur travail. Poussé à l’extrême, ce raisonnement implique que les agents cesseraient de travailler si le taux d'imposition était de 100 % (c'est-à-dire dans le cas où ils ne touchent aucun salaire pour le travail fourni).

  • Le niveau du seuil d’imposition au-delà duquel les agents diminuent leur offre de travail est difficile à établir, et dépend des conditions de vie (par exemple, un individu que l’État prive des revenus nécessaires pour satisfaire ses besoins primaires aura tendance à travailler davantage et à s'investir dans le travail au noir).

 

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louis.peyé.over-blog.com - dans sociologie
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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 12:17

~~ L’Homme est un être de désir, de pulsion et d’affect. Le travail ne peut qu’assouvir ses besoins. Rares sont les privilégiés qui réussissent à satisfaire les seconds en répondant aux premiers. Henri Laborit.

Les différentes découvertes neurobiologiques nous font découvrir que la seule raison de l’être est d’être, que la fonction du système nerveux est d’agir sur l’environnement afin d’en contrôler les caractéristiques au mieux de son intérêt, de son équilibre biologique afin d’en maintenir la structure. Pour cela, il hérite de l’avoir biologique de ses deux parents – la méiose - selon les lois de Mendel et de l’apprentissage à la vie de son entourage. Ce que l’Homme engramme dans son système nerveux depuis sa naissance, à son insu - parce qu’il ne peut tout savoir et tout décoder -, ce qu’il en fait, en fait un être unique.

La seule certitude que l’exploration du comportement humain fait acquérir, c’est que toute pensée, tout jugement, pseudo analyse logique n’expriment que nos désirs inconscients, la recherche d’une valorisation de nous-mêmes à nos yeux et à ceux de nos contemporains. Parmi les relations qui s’établissent à chaque instant présent entre notre système nerveux et le monde qui nous entoure, le monde des autres hommes surtout, nous en isolons préférentiellement certaines sur lesquelles se fixe notre attention ; elles deviennent pour nous signifiantes parce qu’elles répondent ou s’opposent à nos élans pulsionnelles, canalisés par les apprentissages socioculturels auxquels nous sommes soumis depuis notre enfance.

Lorsque l’enfant paraît, il ne sait pas qu’il existe. Pourtant son cerveau bien qu’immature possède déjà une structure pulsionnelle répondant à ses besoins primaires fondamentaux et une structure nerveuse qui permettra l’apprentissage des automatismes de son habitus primaire et de l’éthos d’appartenance de ses parents. A sa naissance l’enfant est inculte, il est énergie, un potentiel qui s’ignore. Alors qu’il pourrait se développer à sa guise, l’adulte se préoccupe avec, surtout, l’habitus secondaire de sa mise en “ culture ” conforme à celle définit par l’idéologie dominante environnementale : ce fut le sacre de l’alliance du goupillon et de l’épée pendant près de 2000 ans en France puis la séparation de l’Eglise et de l’Etat, et l’avènement de la laïcité. Cependant reste celle de notre vision judéo-chrétienne. Observons par opposition les habitudes de vies des Américains face à ceux issus des pays de Moyen Orient et des Chinois. Chaque génération de parents va donc enseigner à sa progéniture ce qu’ils pensent être le meilleur pour leur enfant, leur conception, à eux, du bonheur.

Par ailleurs nous savons que ce système nerveux vierge de l’enfant à sa naissance, s’il n’est pas mis en contact avec ses semblables ne deviendra jamais un système nerveux humain. Quelques cas d’enfants sauvages ont été relatés par la science et la littérature qui nous démontrent qu’à chaque stade du développement de notre système nerveux, l’enfant doit acquérir des données de l’éducation (propre à la culture de ses parents) et de connaissances intellectuelles propre à son éthos sous peine du rejet à vivre en communauté avec ses semblables ou du moins avec de grandes difficultés.

J’ai entendu ces réflexions à propos d’adulte : “ cet individu n’est pas fini - il manque de maturité - il est resté un ado ”. D’autres cas d’enfants observés ayant une origine d’un pays lointain élevés par des parents européens dès leurs plus jeunes âges, acquièrent la mentalité des enfants d’origine européennes.

Le programme génétique chez l’Homme aboutit à un système nerveux, instrument de ses rapports avec l’environnement inanimé et animé, instrument de ses rapports sociaux, de ses rapports avec les autres individus de la même espèce peuplant la niche où il va naître et se développer. Dès lors il se trouvera soumis entièrement à l’organisation de cette dernière. Du moins cette organisation, l’éthos dans laquelle il vit, lui servira de cadre. En cas d’exposition à une autre organisation, cet individu risque de marquer un rejet au pire, ou une indifférence au mieux, s’il ne fait pas preuve de curiosité à cette autre culture. (Signe d’un désir d’isolement relationnel qui peut devenir pathologique.)

Le système nerveux répond d’abord aux nécessités urgentes qui permettent le maintien de la structure d’ensemble de l’organisme. Ce faisant, il répond à ce que nous appelons les pulsions, principe de plaisirs, de la recherche de l’équilibre biologique. Il permet ensuite, du fait de ses possibilités de mémorisation, donc d’apprentissage, de connaître ce qui est favorable ou non à l’expression de ces pulsions. Les motivations pulsionnelles transformées par le contrôle social, des apprentissages, des automatismes socioculturels seront à l’origine de la mise en jeu de l’imaginaire. L’imaginaire, fonction spécifiquement humaine permet à l’Homme de transformer l’environnement.

Ce que nous pouvons admettre est que nous naissons avec un instrument, notre système nerveux qui nous permet d’entrer en relation avec notre environnement et que celui ci est semblable à celui de notre voisin. Ceci est très important, il est nécessaire que chacun en prenne conscience.

Rester normal est resté normal par rapport à soi-même et pour cela il faut conserver la possibilité d’agir conformément à nos pulsions, transformées par nos habitus primaire secondaire et notre éthos.

Nous rappellerons que la fonction du système nerveux consiste essentiellement dans la possibilité qu’il donne à un organisme d’agir, de réaliser son autonomie motrice par rapport à l’environnement de telle façon que la structure de cet organisme soit conservée. Pour cela deux sources d’informations lui sont nécessaires : l’une le renseigne sur les caractéristiques changeantes de l’environnement qui sont captées par les organes des sens –vue, ouïe, odorat, toucher, et le goût, l’autre le renseigne sur l’état interne de l’ensemble de la communauté cellulaire organique dont il a mission de protéger la structure en en permettant l’autonomie motrice – système neurovégétatif.

Les structures les plus primitives du cerveau, l’hypothalamus et le tronc cérébral, suffisent à assurer un comportement simple répondant à un stimulus interne que nous appelons pulsion. Ce comportement inné permet l’assouvissement de la faim, de la soif, et de la sexualité.

Chez les premiers mammifères apparaît le système limbique qui autorise les processus de mémoires à long terme. Dès lors toutes expériences avec l’environnement ne se perdront plus et seront mise en réserve et leur évocation à l’intérieur de cet organisme pourra survenir sans relations de causalité évidente avec les variations survenant dans le milieu extérieur. Elles seront enregistrées comme agréables ou désagréables et donc comme permettant le maintien de la structure ou étant dangereuse pour celle-ci. Les premières auront tendance à être répétées – phénomènes de renforcement, les secondes à êtres évitées –phénomène de l’élastique.

Ces actions résultent de l’apprentissage. La motivation fondamentale des êtres vivants semble être le maintien de leur structure organique, elle dépendra soit des pulsions en réponse à des besoins innés ou à des besoins acquis par apprentissage.

Avec le cortex on accède à l’anticipation à partir de l’expérience mémorisée des actes gratifiants ou nociceptifs (petite lumière rouge qui rappelle un mauvais souvenir), et à l’élaboration d’une stratégie capable de les satisfaire et de les reproduire ou de les éviter respectivement.

Il semble exister trois niveaux d’organisation de l’action :

1. Le plus primitif, à la suite d’un stimulus interne ou/et externe organise l’action d’une manière automatique et est incapable d’adaptation : fuite, colère noire etc.

2. Celui-ci organise l’action en prenant en compte l’expérience antérieure grâce à la mémoire limbique. Ce niveau cache souvent la pulsion primitive et enrichit la motivation de tout l’acquis du à l’apprentissage.

3. Ce niveau est celui du désir. Il est lié à la construction imaginaire et anticipative du résultat de l’action entreprise.

Cette action se situe dans un espace ou se trouve des objets et des êtres qui permettent un apprentissage gratifiant assurant le renforcement de l’équilibre de l’organisme. L’appropriation de cette espace gratifiant peut devenir source de conflit d’intérêt avec d’autres hommes. Apparaît ici l’établissement d’une hiérarchie de dominance, la notion de dominant et de dominé.

L’expérimentation montre en effet que la mise en alerte de l’hypophyse et de la corticosurrénale aboutit si elle dure dans le temps à des pathologies viscérales (ulcère d’estomac, impuissance sexuelle, hypertension artérielle par exemple). C’est souvent du au stress supporté

1. par les dominés

2. par les dominés qui cherchent à asseoir leur dominance

3. par les dominants dont la dominance est contestée et qui tente de la maintenir

L’agression est une quantité d’énergie capable d’accroître l’entropie d’un système organisé, i.e capable de le détruire. Il existe les agressions directes (physiques ou chimiques) qui s’en prennent à la personne physique et l’agression psychique qui passe par la mémoire et l’apprentissage de ce qui peut être anxiogène pour l’individu. Si cette agression ne trouve pas de solution adaptée immédiate elle débouche chez l’Homme sur un comportement d’agressivité défensive pouvant aller jusqu’au suicide en passant par l’autopunition en mettant en jeu le système inhibiteur de l’action.

Animal, l’Homme l’est. Dans l’action nous l’avons vu il agit selon trois niveaux qui lui viennent de ces ancêtres - premier niveau. Il possède la possibilité de mémorisation qui permet l’apprentissage et surtout l’imaginaire qui autorise l’anticipation. Ce qui le différencie de l’animal est la possibilité de transmettre par le langage l’information aux générations suivantes. L’enfant qui naît bénéficie ainsi de l’expérience acquise (habitus secondaire) depuis les premiers âges humains surtout lorsque l’écriture vient compléter la transmission orale facilement déformable. Il ne faut pas oublier que l’écriture stratifie le fait alors que la parole peut évoluer. D’où l’importance de savoir lire sous différents modes : littérale, métaphorique, ésotérique, symbolique. Toute phrase peut selon son mode de lecture apporter un sens très différent.

L’Homme est le seul animal qui sache qu’il doit mourir. C’est le seul que l’on connaisse qui enterre ses morts. C’est le seul qui pense – quand on lui en laisse le loisir – à sa mort. Dans notre civilisation, l’Homme est considéré comme une usine à consommer sa propre production (culturelle et matérielle) et tout est organisé pour l’empêcher d’envisager sa décadence, la maladie et sa disparition.

C’est dommage car l’angoisse qui en résulte est sans doute une motivation très forte à la créativité. Combien d’Homme souhaite laisser à leur postérité une trace : culturelle, scientifique, politique etc. Si la quarantaine est l’âge du démon de midi – c’est la crainte de la mort qui fait réagir ainsi, arrivé à la cinquantaine, l’homme accepte la mort et veut laisser quelque chose à la prospérité : il veut partir en sachant que l’on pensera à lui dans les livres d’histoire…

Ce que laisse l’Homme à la postérité, dont il soit sûr au moins pour une ou deux générations, sont les idées, l’énergie qu’il a émis pendant sa vie. Au moins pour ses enfants et petits-enfants dont il est sûr de survivre grâce à eux. Pour certains, de la somme de ces découvertes scientifiques, philosophiques font ce que nous sommes aujourd’hui, héritage de tous ceux qui nous ont précédés sur cette terre, ils ont laissé leur nom. Alors que l’animal ne semble pas avoir évolué, se conformant depuis la nuit des temps à ses instincts d’animal. Ce qu’il sait, il le communique à sa descendance immédiate qui, elle-même, fait de même.

L’angoisse fait partie intégrante de l’Homme, elle est liée à son devenir, à sa capacité d’anticiper l’action. Mais qui de l’angoisse ou de la Foi, fit son apparition la première chez l’Homme ? Il est possible que la première engendre la seconde. Si la première inhibe, la seconde peut fournir une raison d’avancer. Les deux sont de toute façon des facteurs motivationnels. La sublime gratification ne peut s’obtenir que par le risque – calculé – et la victoire sur l’angoisse que cela procure. Empêcher d’action l’Homme met en place l’entropie, la mise en danger de sa vie surtout, plus, si on lui interdit l’imaginaire. La cause première de l’angoisse chez l’homme est l’impossibilité de réaliser l’action gratifiante qui permet le maintien de l’équilibre de l’organisme. Le fait de combattre par l’action l’agression ou le fait de pouvoir fuir dans l’imaginaire sont des moyens d’échapper à l’angoisse. C’est pour cela qu’il lui est difficile de comprendre le pardon.

Le déficit informationnel, l’ignorance provoquent l’angoisse et ceux qui en souffrent auront tendance à faire confiance à celui qui dit savoir et qui se prétend compétent. Par paresse, mais aussi par acceptation d’une position de dominé, celui-ci ira se faire paterner par le dominant au lieu de faire sa propre recherche d’informations.

A contrario, la surabondance d’informations qui envahie l’Homme sans que celui –ci puisse réagir crée l’angoisse qu’aucun acte gratifiant ne peut sécuriser. C’est pour cela que les réseaux sociaux peuvent devenir anxiogènes.

Autre facteur anxiogène pour l’homme est de se rendre compte de l’impossibilité de réaliser l’acte gratifiant envisagé. Cela peut déboucher sur l’agressivité et la violence. Ce phénomène se rencontre souvent chez les jeunes en réaction de l’ordre admis.

La raison la plus fréquente qui nous empêche d’agir est le conflit qui s’établit dans nos voies nerveuses entre les pulsions (sources de désirs) et l’apprentissage de la punition, de l’interdit du à l’environnement socioculturel ambiant. Autre source d’angoisse la notion de relativité des jugements : le manque de certitude sur lequel se reposer. C’est cela qui motive l’Homme dans sa quête de sa connaissance de l’inconnu scientifique.

Dans un premier temps, le cerveau essaie de contrôler l’objet anxiogène et de le neutraliser (comportement défensif, agressif – les muscles se raidissent, yeux deviennent fixes…) ou, selon, choisit la fuite (évitement actif souvent irraisonné). Le cerveau enregistre le résultat de cette action : succès ou échec. La répétition de cet apprentissage va induire des “ élastiques ” dans le cas d’échec et l’individu deviendra dépendant d’un processus de mémoire qui agira à son insu. Nous avons vu précédemment que nous utilisons le faisceau de la récompense le plus souvent possible. Il existe un processus identique inhibiteur à l’action. Quand un événement survient indiquant que l’individu devrait recevoir un acte gratifiant à son action mais que sa mémoire antérieure (l’apprentissage) lui rappelle qu’en répondant à sa pulsion il sera puni, apparaît l’angoisse. Devant l’interdit, - le Sur-moi de Freud – franchir le « Rubicon » n’est pas toujours aisé.

Liberté, quel sens peut-elle avoir ? Si nous discutons avec un nord américain nous nous apercevons vite qu’elle s’arrête au niveau de la ceinture. En France, elle signifie de pourvoir jouir de quelque chose interdit à l’autre. Je fais référence à notre antériorité culturelle remontant en septembre 1620 pour les Américains et 1789 pour les Français. Tout est conditionné par notre inconscient personnel, notre histoire. Nous agissons sans connaître les motifs de notre choix. En 1870, Thiers punit les Communards de leur échec en les exilant à l’autre bout du monde, en Nouvelle Calédonie. Que pouvaient-ils faire une fois sur place ? Aller étudier les mœurs des Kanaks et adopter leur mode de vie ? Elaborer le projet de vie pour lequel ils s’étaient battus ? Non, seuls, loin de leurs repères, ils bâtirent une société identique à celle qu’ils avaient combattue ! En sommes-nous conscient ?

Lücher nous le démontre lorsqu’il nous demande de hiérarchiser le choix de 8 couleurs. La combinaison obtenue permet au psychologue de pénétrer l’inconscient du sujet. Alors comment prendre conscience des pulsions qui sont contrôlées par nos automatismes socioculturels ?

La grande manipulation de notre civilisation est d’avoir convaincu chacun que la liberté était dans l’obéissance au Droit institué par la Classe Dominante et à sa hiérarchie qui fonde notre Société, respectueux de ce précepte, c’est le seul moyen de s’élever dans la hiérarchie. Churchill disait que de toutes les institutions politiques, la démocratie était la moins pire de toute.

Pourtant nous pouvons opposer “ liberté ” et “ déterminisme ”. Le déterminisme implique un principe de causalité linéaire, alors que celui de liberté accepte la dichotomie, sous tendant la part d’aventure qu’a l’Homme à découvrir les lois du déterminisme et à les comprendre. Entre le « oui » et le « non » il y a le « peut-être » pouvant aller jusqu’au tétralemme.

Il est curieux de constater combien l’Homme de notre Civilisation est attaché au terme de Liberté. Chez nous, ce concept sécurise. Les grandes surfaces alimentaires ont basé leur fortune sur cette particularité. Nous bâtissons de nos mains notre destinée individuellement, du moins nous en sommes convaincus. Maslow, lui, démontre que nous recherchons à satisfaire notre besoin d’appartenance au groupe qu’il soit familial, professionnel, régional, religieux ou politique etc, pour ce faire, nous allons imiter celui qui est représentatif de ce groupe, faisant cela, nous admettons sa dominance sur nous et acceptons le principe de hiérarchisation.. De ce fait, nous sommes confrontés à la liberté de ceux qui occupent notre environnement. De cette confrontation naîtra le principe de hiérarchisation des individus, des uns par rapport aux autres. Le chef, le leader, le dominant et puis les autres.

Dans le concept de liberté, l’individu va trouver le concept de “ responsabilité ”. Celle-ci s’accroît avec le niveau atteint dans la hiérarchie de l’organisation. Mais s’il n’existe pas ou peu de liberté à la décision (celle-ci étant le résultat de nos pulsions inconscientes), peut-il exister une responsabilité ? Ce que l’on peut dire est que l’accomplissement d’une fonction demande un niveau de connaissances techniques et d’informations professionnelles.

On comprend mieux pourquoi, le chef peut faire parfois de la rétention d’informations ou bien utilise des moyens de coercitions afin qu’un, qui est moins bien loti que lui, lui fasse de l’ombre et l’oblige ensuite à acquérir des connaissances que son subordonné possède. Pour cela l’individu doit avoir une certaine motivation pour rester dans le coup. Cette motivation à…, il va la trouver dans les mécanismes nerveux central où siège la volonté, celle-ci le poussant à la recherche du plaisir le plus trivial d’être le plus fort, donc d’être toujours un dominant. La remise en cause de cette place dans la hiérarchie peut provoquer, à terme, des dysfonctionnements dans les systèmes nerveux, végétatifs, endocriniens chez l’individu. C’est une question de survie.

Ce raccourci nous montre que le concept de Liberté est rarement analysé et favorise l’établissement des hiérarchies de dominance qui sont librement consenti et accepté par tout un chacun. Elle est la base de notre Société.

Si nous admettions que le concept “ Liberté ” utilisé dans notre société est une tromperie langagière cela nous permettrait, peut-être, d’accepter et de comprendre la notion de tolérance. Etre tolérant est accepté que, alors depuis notre enfance nous sommes mis sur les rails de la liberté de nous conformer en Homme libre et responsable de vivre dans notre Société telle qu’elle est instituée par la Classe Dominante et acceptée par les dominés, mais certains “ déraillent ” et vont se faire soigner dans des services psychiatriques ou vont en prison calmer leur pulsion inassouvie ou leur désaccord.

Les plaisirs ou les pulsions sont des phénomènes qui sont chargés de nous maintenir en vie et sont donc naturellement nécessaire. Sa recherche est le moteur à toute motivation de l’Homme qui dépend d’abord de notre cerveau reptilien mais aussi mammalien et de notre cortex. Le plaisir est lié à l’accomplissement d’un acte gratifiant qui donne un bien-être. L’individu recherche l’assouvissement de cet acte gratifiant, bien qu’il soit passager – il disparaît dès que consommé, mais le bien-être demeure puis lui-même s’estompe. Apparaît un état de manque et réapparition du besoin pulsionnel. La recherche de l’accomplissement du besoin pulsionnel est canalisée par l’apprentissage des codes et valeur en vigueur par l’environnement socioculturel ambiant. Dans notre monde mercantile à dominance hiérarchisante, la recherche de l’acte gratifiant sera orientée vers la production de marchandises, ou la promotion sociale. Ce cycle étudié par KARSKY est la base du phénomène motivationnel. Chez l’homme la récompense ne s’obtient que par l’action sur l’environnement. Néanmoins attention à la sémantique culturelle ambiante. Nos automatismes donnent une connotation négative au terme plaisir auquel on associe souvent la sexualité. Sexualité trop souvent encore perçue au travers de la “ morale ” Chrétienne comme très nocive. Or chez les Juifs, la femme a une image divine supérieure à l’homme, l’image de la sexualité s’en trouve modifiée. Mais cette recherche du plaisir n’est il pas la joie, s’accompagne-t-il pas de satiété, de félicité. N’est-il pas chez l’Homme la recherche d’un acte ou d’une réponse gratifiante ? Pendant deux millénaires, il était de bon ton de souffrir afin de s’élever. « Il nous sera donné au centuple dans l’autre monde. » 1789 renversa tout cela. Les automatismes sont dur à mourir, heureusement pour les dominants qui grâce à l’imaginaire, au respect de la hiérarchie, aux règles établies continuent de perpétuer l’idéologie de la souffrance pour conserver leur statut de dominant sans être obligé de se remettre en question. Seules les satisfactions d’élévation hiérarchiques sont honorables. Cette élévation sera d’ordre numéraire dans une économie libérale, d’ordre d’un grade plus élevé dans une économie socialiste ou dans le monde de la fonction publique. Hors ces deux principes, point de salut. Toute la créativité de l’Homme va, soit se diriger vers l’accroissement de son compte en banque, ou gravir les échelons de la hiérarchie de son organisation pour bénéficier des bienfaits aux autres refusés, soit tout faire pour conserver son état de dominant en se servant de tous les artifices inventés par la religion, l’environnement culturel par exemple. En attendant ce qui est pris dans cette vie là, n’est plus à prendre. Pour beaucoup, ce concept, allié à un refus de la religion, à une philosophie, à une spiritualité, se comportent comme des animaux.

En 1954, deux chercheurs américains, Olds et Milner découvrent, au niveau des centres cérébraux des voies neuronales le « médial forebrain bundle » qu’ Henri. LABORIT appellera « faisceau de la récompense » En effet les tests de laboratoire démontre que ce faisceau qui unit les pulsions, la mémoire, l’affectivité, l’asociabilité est mise en jeu entraîne une stratégie aboutissant au plaisir, à la répétition de l’acte gratifiant.

Cette recherche de l’action gratifiante fait des envieux. Et pour cause, elle est source du bien être, de notre survie. Il suffit de suivre des chômeurs et des retraités d’office pour s’apercevoir, chez ces publics, où se procurer du plaisirs leur est limité voire interdit – à cause un compte en banque exsangue, ou par une position sociale respectable qu’ils ont du quitté d’office et sans espoir de retour – une déperdition plus ou moins sensible de leur tonus vital, ils vieillissent plus rapidement et sont plus fragiles que la moyenne de leur concitoyens en activité par une production de radicaux libres et autres méfaits biologiques biens connus des médecins.

Nous arrivons dans notre société d’hyper consommation, de rentabilité à outrance, de la recherche du grand profit à une concurrence sans merci de la recherche du plaisir, de la satisfaction de nos pulsions. Cette motivation à assouvir ces pulsions iront dans le respect des règles établies par la société ou dans le non respect de ces règles. Ici aucune morale n’entre en considération, c’est du Machiavel tout simplement. Je vis, j’ai des pulsions à satisfaire qui me viennent de mes instincts du cerveau reptilien, de mon éthos, de mes automatismes socioculturelles et comme tout un chacun je mets toute mes intelligences –j’en possède 7 et seulement 4 sont utilisées à l’Ecole -, mon imaginaire, toutes mes forces vives pour les réaliser. Si je suis ainsi, et étant baigné dans cet environnement qui est le tien aussi ami lecteur, il y a des chances pour que toi pareillement, tu réagisses ainsi. Si cette recherche de l’action gratifiante se heurte à l’action gratifiante identique à mon voisin, s’ensuivra une compétition où tout est permis.

Nous possédons comme tous les mammifères, nos instincts primaires. Par contre notre avantage est que nous avons la faculté d’apprentissage, la faculté d’engrammer les expériences. Nous vivons en société car cette société nous renvoie l’image de nous même et que, sans elle, nous sommes perdus et donc exclus. Tous nos actes se font en fonction de cette société. Comme dans les troupeaux, il y a un meneur, un dominant, un chef. Dans nos sociétés nous avons aussi des chefs. Dans un groupe d’animaux, la dominance se base sur la force, l’expérience. Dans la communauté humaine, nous avons le même type d’organisation. Sauf que la force pure “ thermodynamique ” est remplacée par quelque chose que l’animal n’a pas. Nous avons la faculté, grâce à notre cortex, d’associer, d’imaginer à partir de notre base de donnée, née de l’expérience, de nouvelles stratégies.

Comme tout animal, notre système nerveux nous permet d’entrer en contact avec notre environnement, d’agir sur lui pour notre épanouissement. Dans celui-ci tout ce qui permet notre bien être physiologique, mental existe et s’offre à nous. Cette appropriation donne le plaisirs, le plaisirs apporte bien être et félicité qui répare et entretien l’organisme. Lorsque nous ne pouvons nous approprié le plaisir convoité, nous entrons en lutte pour son acquisition. Soit nous gagnons l’objet et tout va bien, nous sommes un dominant, soit nous ne pouvons le posséder et devrons laisser à l’autre la jouissance de ce bien. Pour éviter les luttes incessantes de dominance, l’organisation inventa la hiérarchie de dominance, le dominant imposant sa loi.

Chez les humains, la force fait place à des critères autres. Dans un monde libérale, c’est le montant du compte en banque qui désigne le dominant, le un monde socialiste, c’est la valeur du grade qui l’indique. Lorsque surgit un objet gratifiant désiré par deux individus, celui qui le prend est le dominant, l’autre le reconnaît comme tel. Si cet objet représente une valeur réelle pour un dominé, il y a risque de confrontation qui implique lutte ou fuite.

Pour qu’il y ait lutte, il faut que la mémoire n’est pas enregistré une réponse punitive à cet acte en cas d’échec, il faut une motivation forte. Si la lutte n’est pas possible, reste la fuite. Dans certaines situations, lorsque un dominant impose sa loi à un subordonné et que celui ci la réfute, il lui reste à fuir sous peine de subir des dysfionnements organiques.

Inhibition est un blocage au passage (au pas sage à…) à l’acte dû soit à la morale ou des règles acceptées, soit d’un apprentissage dû à une répétition, donc apprentissage de l’échec. Chez l’animal, la frustration – diminution de la récompense attendu voire sa suppression – touche les mêmes cellules cérébrales que l’apprentissage de la punition. Chez l’humain, on constate que la suppression de la récompense et semblable à recevoir une punition et inhibe l’action gratifiante espérée.

Si nous plaçons un animal dans une situation inconfortable mais qu’il lui est possible de fuir celle-ci ou de pouvoir décharger son agressivité, il ne gardera aucune trace dans sa mémoire et restera alerte et dynamique. Par contre si cette position inconfortable perdure sans qu’il puisse fuir ou décharger son agressivité – par réaction – il va se recroqueviller sur lui même et perdra son dynamisme. Cette agressivité non extériorisée il va la retourner contre lui même et il fabriquera ulcères, hypertension, maladies cardio-vasculaire ou autres maladies psychosomatiques. Lorsque le corps est victime une agression thermodynamique externe, il s’ensuit des lésions plus ou moins importantes qualifiées de primitives. Mais dans l’expérience de l’animal précitée, le stress supporté ne fait pas apparaître la lésion qui n’est pas primitive mais secondaire à la réaction. Cette réaction est la conséquence de l’apprentissage de “ l’inefficacité de l’action ” à contrôler l’environnement. Comme tout apprentissage, elle fait appel à la mémoire.

L’entraînement à l’agression verbale, à la déconsidération publique, finit par devenir un désespoir appris et, devant l’absence de réponse à cette agression, une impuissance apprise. Cette impuissance apprise inhibe toute la volition de se surpasser, de progresser.

Mais l’interprétation du phénomène d’impuissance apprise va au-delà d’un modèle purement comportemental, pour s’articuler à une dimension cognitive. L’individu ainsi traité acquiert au cours du temps une nouvelle conception de la causalité : à savoir que l’environnement agit sur lui mais que lui ne peut agir sur l’environnement.

Agir ou ne pas agir revient au même !

L’impuissance se réinstalle. Un sujet dépressif face à un échec procède à un jugement de causalité internal, global, stable et permanent. C’est à dire qu’il s’attribue toute la responsabilité de l’échec et considère que celui-ci est définitif et qu’il peut s’étendre à tous les domaines de son existence.

La colère de tout individu, devant une agression de l’environnement, quel qu’il soit, est en droit de réprouver est légitime et salutaire. Cette attitude, inconciliable avec le rôle de responsable, amène un subalterne à devenir amorphe et non participatif.

Le professeur WOLPE propose comme thérapie « l’affirmation de soi » qui permet à l’individu d’apprendre et de se réapproprier des sentiments positifs ou à extérioriser un sentiment négatif (opposition, refus ou colère devant une agression). A tout prendre, cela vaut mieux que les produits chimiques dont les effets à long terme peuvent aggraver le diagnostic dépressif.

Cette acceptation par des adultes de « l’impuissance apprise » vécue par des enfants, adolescents ou adulte amène soit à :

1. un suicide pur et simple de l’individu

2. une atonie, un état dépressif permanent voire, plus tard une cassure de la personnalité pouvant amener une faillite psychologique de l’individu 3. une rébellion - Cf. « Moi, Phoolan Devi, reine des bandits » - Edition Fixot, qui en est une illustration -

« La Révolution de 1789 en est un autre exemple dans la mesure où la Royauté absolue permettait à la Noblesse et au Clergé de jouir des privilèges aux dépens du Tiers Etat. Quand une source provoque une perte locale ou diffuse de la structure, elle amène une lésion (au niveau cellulaire) Dans le cas d’un stress psychosocial, la lésion n’est pas apparente, ni primitive, elle est secondaire à la réaction. Elle mise en jeu par l’apprentissage et fait appel à la mémoire. La mémoire de l’inefficacité de l’action aboutit à l’inhibition, à l’attente en tension du moment d’agir. Le cerveau essaie de contrôler l’agent anxiogène, de le neutraliser (agressivité défensive) ou de le fuir (évitement actif). Le cerveau enregistre le résultat, succès ou échec de cette action. Cet apprentissage influera le comportement ultérieur de l’individu. Quand le contrôle de l’événement est efficace, on ne constate pas ou peu de perturbations biologiques, comportementales. C’est quand l’individu ne peut plus assurer le contrôle de l’événement anxiogène que les perturbations apparaissent.

Le Non-respect de l’autre est destructif.

Faisons un test. Faisons trois points sur une feuille de papier écartés d’un centimètre, puis trois autres points sous les trois précédents avec un centimètre d’écart, puis encore trois autres. Cette figure représente un carré où se trouvent neuf points à un centimètre des uns des autres. Il représente ce qui est connu. Maintenant, joignons ces 9 points par quatre droites sans lever le crayon ni repasser deux fois sur un même point.

Là, nous sommes la proie d’un dominant si nous sommes dominé, Hors de ce carré, points de repères, qui symbolise notre champ d’action habituel, si ce n’est que celui que nous imaginons être, notre liberté. Si ce carré est absolu, hermétique, si nous ne trouvons pas la solution à notre test, pas de fuite, nous subissons. Si je parviens à trouver une issue, alors je suis libre de rester ou de partir, le dominant n’a plus de moteur.

Le système hiérarchique. Refuser allégeance à un groupe, donc refuser son mode de vie, ses valeurs et ses récompenses, est refusé aussi sa protection en cas de danger. C’est refuser d’être reconnu, à être ignoré par tous, d’être critiqué, d’être exclus, de vivre en solitaire. Accepter de mourir pour les autres est accepter de mourir pour soi. Qui, quelle personnalité peut espérer fleurir dans la solitude ? Qui se sent l’âme d’un anachorète ? Le dilemme n’est pas simple à résoudre. Il faut se connaître assez pour faire le choix correspondant à notre personnalité. Parfois, il est nécessaire de franchir le « Rubicon ». Ce besoin d’appartenance est si forte, impérieuse qu’elle est notre talon d’Achille : tu fais ceci ou cela ou bien tu démissionnes, tu t’en vas. Qui n’a entendu ce chantage ? Voilà la base de l’esprit maison souvent recherché par les dominants. Alors que l’entreprise devrait être un champ d’action à la créativité. L’Homme, chez ce producteur, reste un maillon de la production, objet comme la machine qu’il utilise. Cet Homme, s’il veut survivre, doit produire comme la machine qu’il manie. Ce fut la grande gloire des 30 Glorieuses. La plus grande richesse que l’Homme puisse offrir n’est-il pas le plaisir de travailler selon ses désirs, créer ? Si le propre de l’Homme est de créer, quelle énergie va-t-il déployer dans ce domaine pour s’accomplir !

L’entreprise n’est-elle pas une mine de richesse par le capital humain qu’elle possède ? Ce capital humain n’est-il pas un capital de créativité ? On parle de la Recherche et Développement, en France. Regardons en Orient, chacun est créateur et chacun peut apporter une idée. C’est une des forces du management japonais – c’est eux qui ont inventé le concept « Qualité », le « Toyotisme ». Tout être qui est dans cette entreprise, dans cette organisation est une source potentielle de richesse pour tous.

Si l’homme se sert de son imaginaire pour accéder au plaisir, il faut se rendre à l’évidence, le plaisir peut être gâché par le système hiérarchique créé par l’Homme. L’action gratifiante de l’un – même s’il sert l’intérêt de tous - ne peut aller à l’encontre du système s’il ne s’accompagne pas du rituel d’allégeance au système. Pour éviter le conflit, l’agressivité non exprimée reste la fuite. Nous savons qu’une montée d’adrénaline favorise la circulation sanguine dans les organes, elle favorise aussi l’anoxie dans les organes abdominale. Trop souvent répétée, cette montée d’adrénaline causera des lésions dans ces organes, et favorisa aussi les situations d’évitement allant à l’encontre des résultats recherchés. Il faut le reconnaître, parfois la hiérarchie est aliénante, source d’angoisse et perte de créativité. Quand un système nerveux ne trouve plus dans son environnement, dans son territoire la possibilité d’effectuer des actes gratifiants, il ne lui reste plus que la fuite, la soumission ou la dépression avec ses conséquences « psychosomatiques ».

N’est-il pas temps de changer la vision de nos syndicats tant des salariés que du patronat ? Tous ont à y gagner : l’entreprise et ses salariés.

Là peut apparaitre, naître la notion de l’adhocratie qui est une individualisation performante à mettre au service de la collectivité.

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louis.peyé.over-blog.com - dans sociologie
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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 15:23

Il est peut être dangereux de substituer l’équité à l’égalité car c’est avouer renoncer au fait que l’on puisse un jour atteindre cet objectif.

On se contentera de limiter les inégalités et de rendre acceptable une société inégalitaire.

D’autre part, l’équité ne s’oppose pas à l’inégalité comme nous le montre le texte de Jean Paul Fitoussi.

« On peut définir l’équité comme étant une propriété du ou des critères d’égalité que l’on choisit. Il apparait donc vain de vouloir opposer égalité et équité. Ce serait vouloir opposer une conception et le jugement moral que l’on porte sur elle. L’équité peut conduire à rechercher une dimension plus exigeante de l’égalité, mais en aucun cas y renoncer. Par exemple, certains auteurs, notamment Sen(*), considèrent plus équitable de définir l’égalité non pas dans l’espace des revenus ou de celui de l’accès aux biens sociaux primaires – comme le suggère Rawls – mais dans celui de la liberté de réalisation de ses projets et de la capacité de le faire. Pour ne prendre que l’exemple le plus simple, deux personnes disposant d’un même revenu, mais dont l’une serait handicapée, ne jouiraient pas de la même liberté de poursuivre leurs objectifs. L’égalité des revenus peut aussi masquer une très grande inégalité de bien-être. L’équité sur la base d’un critère d’égalité d’ordre supérieur, exige alors une plus grande inégalité dans la répartition des revenus. Mais il s’agit dans ce cas d’une inégalité correctrice, destinée à réduire ou à compenser une inégalité première. »

(*) Sen Amartya Kumar Sen (Bengali : (né le 3 novembre 1933 à Santiniketan, Inde), est un économiste. Il a reçu le prix Nobel d'économie en 1998, pour ses travaux sur la famine, sur la théorie du développement humain,

 La notion de discrimination a d’abord une signification négative bien marquée dans le

 code général français : « C’est un traitement défavorable dont sont victimes les

personnes vulnérables en raison de leur appartenance à un groupe défini par une

caractéristique particulière ». Toujours négative dans la réalité, la discrimination peut

devenir positive quand elle exprime une volonté de corriger et de compenser des

inégalités manifestes dont pâtit une population particulière. On peut alors définir la

discrimination positive comme l’ensemble des mesures destinées à permettre le

rattrapage de certaines inégalités en favorisant un groupe par rapport aux autres, quitte

à transgresser de façon temporaire l’égalité des hommes en droit. Il s’agit alors de

« donner plus à ceux qui ont moins ». La discrimination positive repose sur une conception

de la justice qui privilégie l’équité sur la stricte égalité de traitement.

C’est aux USA dans les années 1960, qu’ont été développées des politiques de discrimination positive (affirmative action) en faveur de populations victimes d’un lourd passé d’injustices et de discriminations (Noirs et Hispaniques…) dans trois domaines : attribution des marchés publics, entrée à l’Université et dans la fonction publique grâce à un système de quotas et de places réservées. Ces mesures ont aidé à l’émergence d’une classe moyenne afro-américaine et permis l’accès de personnes de couleur à de hautes responsabilités (Obama par exemple)

A la différence des USA ou de l’Inde où la discrimination positive s’appuie explicitement sur les caractères personnels et indélébiles de l’individu « d’appartenance ethnique ou religieuse »ou caste d’origine, la France ne connaît que les inégalités socioéconomiques ou territoriales, refusant d’ailleurs toute référence à l’origine ethnique des individus dans les statistiques démographiques.

Les gouvernements emploient maintenant le principe de discrimination positive qui est une différence de traitement des individus afin d’obtenir l’égalité des chances. Exemple de discrimination positive pratiquer en France : la loi sur la parité en politique qui impose autant d’hommes que de femmes sur les listes électorales, la politique de recrutement de Sciences-Po qui recrute un certain pourcentage d’étudiants dans les lycées classées en ZEP, la loi imposant aux entreprises de plus de 20 salariés d’embaucher 6% de handicapés….

Alors qu’USA la discrimination positive s’appuie explicitement sur les caractères personnels et indélébiles de l’individu (être noir, être une femme, être handicapée…) alors qu’en France on privilégie d’avantage le contexte social pour avantager les individus : création de ZEP, création de zones franches urbaines…. Aux Etats Unis on privilégie les critères individuels alors que la France axe la discrimination sur le collectif.

L’égalité est-elle un frein à la croissance et au développement ?

Ø  Karl Marx rappelle le rôle joué par la bourgeoisie dans le développement économique. Il qualifie son rôle de révolutionnaire dans le sens où elle a libéré les forces productives «  en sommeil » (le travail et le capital) et a permis un essor de l’économie comme aucun siècle précédent ne l’avait fait.

Ce faisant, elle a enclenché un processus de création de richesse et libéré l’initiative des agents. (Début de l’air industriel)

Elle a fait naître une classe moyenne qui est la caractéristique majeure des pays accédant au développement.

Ce processus est forcément inégalitaire. Il n’y a pas de développement sans inégalité puisque certains groupes sociaux (classes) vont profiter davantage que d’autres de l’augmentation des richesses.

Dès lors se pose la question suivante : le souci d’égalité ne risque-t-il pas de bloquer le développement dans sa phase critique ?

La liberté de créer doit précéder le souci de l’égalité, sinon le développement ne se fera pas. L’exemple des « pays communistes » est instructif à cet égard : faute d’avoir permis l’apparition d’une classe moyenne, ils ont bloqué leur développement et paralysé leur système économique.

L’inégalité apparait ainsi comme un stimulant à la croissance car elle agit comme un signal du marché en permettant d’orienter la production vers les secteurs les plus moteurs (les différences dans la productivité se traduisant par des différences de rémunération) et d’utiliser au mieux les compétences. N’oublions pas que l’homme veut se surpasser et dépasser son voisin dans la course au pouvoir (au sein de son groupe ou de sa catégorie socioprofessionnelle)

Ø  Mais il existe aussi des effets pervers aux inégalités qui peuvent entraver le développement.

Si la croissance se nourrit des inégalités, trop d’inégalités « tue » la croissance.

En effet, lorsque les riches deviennent plus riches et les pauvres, « plus pauvres », l’économie dégage de l’épargne mais on consomme moins, donc il y a des risques pour la croissance. C’est ce qui se passe actuellement en 2008-2013.

Comparons la situation des pays développés au XIX° Siècle et celle des pays sous-développés d’aujourd’hui.

Dans les pays développés, les inégalités servaient le développement car les classes dirigeantes épargnaient pour investir et asseoir leur puissance. L’esprit du capitalisme occidental portait à accumuler pour démontrer sa supériorité.

Dans les pays sous-développés, les classes dirigeantes n’épargnent pas mais consomment. Elles se servent de leur richesse non pas pour faire progresser la société mais pour jouir des biens matériels pour leur propre niveau de vie. (Cas de certains Etats africains)

Dès lors, les inégalités entretiennent le sous-développement.

Justice et économie : des inégalités économiquement justifiées.

On connaît la célèbre phrase d’Adam Smith, fondatrice de l’analyse économique moderne : « Ce n’est pas de la bienveillance du boucher, du marchand de bière ou du boulanger que nous attendons notre dîner, mais bien du soin qu’ils apportent à leurs –(propres)- intérêts ». Décillons nos yeux !

L’aiguillon de l’intérêt suffit à rendre une société à la fois performante et juste : par la fameuse « main invisible »(*), le marché attribut à chacun ce qui lui est dû. La justice est incluse dans l’échange. Pourtant, dans ce monde d’Adam Smith (1723 -1790) plus encore que dans le nôtre, les inégalités sont considérables.

Mais pour lui, il n’y a pas l’ombre d’un doute : même si les riches sont trop riches et les pauvres trop pauvres, cette inégalité n’est pas injuste puisqu’elle permet aux riches d’accumuler du capital productif, donc de produire davantage. (C’est ce qui a permis les 30 Glorieuses). Toujours la main invisible, Adam Smith a tiré les leçons des difficultés dans lesquelles Aristote, puis Thomas d’Aquin et l’Eglise catholique se sont empêtrés à propos du « juste prix » (**). Souci louable mais efficacité nulle puisque ce mélange des genres n’a abouti qu’à une paralysie des échanges. Friedrich von Hayek (***) ira jusqu’au bout de cette logique en écrivant, deux siècles après Adam Smith que le concept de justice sociale est dénué de sens que l’existence de gagnants et de perdants dans l’échange, pour injuste qu’elle puisse paraître, est nécessaire au bon fonctionnement du marché puisqu’elle indique aux hommes les impasses qu’ils doivent éviter et les aventures qu’ils ont intérêts à emprunter. Le marché, écrit-il n’est pas pus juste ou injuste que l’évolution des espèces.

(*)Dans le domaine socio-économique, la main invisible est une expression (due à Adam Smith) évoquant l'idée que des actions guidées uniquement par l'intérêt personnel de chacun peuvent contribuer à la richesse et au bien-être de tous.

(**) Il y a seulement une centaine d'années que les économistes ont trouvé une réponse satisfaisante à une question qui avait intrigué bon nombre de penseurs depuis l'Antiquité : celle de la relation entre la valeur d'un bien, le prix effectivement payé pour ce bien, et son coût de production.

Les philosophes grecs s'étonnaient (comme doit le faire tout bon philosophe) de ne pas trouver de corrélation entre la valeur d'une chose et son utilité. La plupart des êtres humains se passent fort bien de ne jamais posséder de diamant, mais aucun ne pourrait vivre sans eau; pourtant une rivière de diamants, même de la plus mauvaise eau, vaut infiniment plus cher qu'un litre d'eau même de la plus pure des rivières.

Devant ce paradoxe, on a soutenu que ce n'était pas l'utilité d'une chose mais sa rareté qui déterminait son prix. Les diamants seraient chers parce qu'ils seraient rares. Mais là non plus, cette hypothèse ne résiste pas à l'examen. Mes dessin ou mes peintures, que je me risque parfois à commettre, sont beaucoup plus rares que ceux de Rembrandt, mais valent (très considérablement) moins cher. Les potaches de première année de philosophie ont depuis longtemps réglé son compte à cet essai de corrélation entre la rareté et la cherté d'un bien avec le syllogisme célèbre : tout ce qui est rare est cher; un cheval borgne est rare; donc un cheval borgne est plus cher que l’étalon qui court pour l’Arc de Triomphe.

Aristote, dans son Éthique à Nicomaque, pose le problème de façon originale. Le premier, il se demande si l'on peut découvrir dans la nature même des choses un attribut qui déterminerait leur prix. L'enjeu est important pour notre propos. Car si le prix d'une chose est inscrit dans sa nature même, le problème que nous posons du juste ou de l'injuste de ce prix changerait de sens. " Juste " ne devrait plus être entendu dans le sens de justice, mais de justesse. Nous serions passés d'une question de morale à un simple exercice de calcul. Le prix d'un objet se mesurerait comme ses autres attributs physiques, son poids, ses dimensions, sa densité.. L'économie devient donc une discipline scientifique.

(***)Friedrich Hayek, né Friedrich August von Hayek (8 mai 1899, Vienne 23 mars 1992, Fribourg) est un philosophe et économiste de l'École autrichienne, promoteur du libéralisme, opposé au socialisme et à l'étatisme.

La Justice sociale n’est pas envisageable selon les libéraux car elle est une entrave à l’expression des talents et compétences des individus dont l’aiguillon est la productivité, gage d’efficacité de la sélection des meilleurs dans un marché et une société marquée par la concurrence. Les inégalités ne sont pas un obstacle à la croissance économique car la réussite des meilleurs, du fait de leurs productivités et compétences, est un gage d’incitation pour les autres à développer leurs compétences et productivité. Nous le constatons actuellement avec le développement des Nouvelles Techniques de la Communication : le Web, le i.commerce., le Drive, le câble optique, etc.

Dans cette optique, les inégalités ne sont alors que transitoires, les individus étant appelés à se stimuler pour s’en sortir par eux-mêmes. Dès lors la réussite sociale ne serait qu’une affaire de volonté personnelle.

Peut-on réduire les inégalités pour une meilleure cohésion sociale grâce à la fiscalité ?

Si les inégalités de revenu, en France, se sont néanmoins réduites au XX Siècle, cela tient pour l’essentiel aux chocs subis par les très hauts revenus du capital. Les très gros patrimoines (et les hauts revenus du capital qui en sont issus) ont connu un véritable effondrement à la suite de la période 1914 – 1945 (destruction, inflation, faillite des années 1930). Les décennies qui se sont écoulées depuis 1945 n’ont toujours pas permis à ces fortunes et à ces revenus de retrouver le niveau astronomique qui était le leur à la veille de la Première Guerre mondiale.

L’impôt sur le revenu a réduit les inégalités du fait de son caractère progressif(le taux d’imposition s’élève  en fonction du niveau de revenus) et de la mise en place d’un système de redistribution vers les ménages aux revenus les plus faibles.

La proportion à épargner des revenus les plus élevés est forte et la proportion à consommer faible. La mise en place d’un impôt sur le revenu diminue cette proportion à épargner et favorise, par la distribution des revenus secondaires, la propension à consommer des ménages aux faibles revenus. Ce pouvoir d’achat supplémentaire distribué est aussitôt orienté vers l’économie, incitant l’activité de production, l’investissement, l’emploi et, par là même, la croissance économique. (Système de Keynes)

Jusqu’où ne pas aller trop loin :

Arthur Betz Laffer (né le 14 août 1940 à Youngstown) est un économiste libéral américain et chef de file de l'école de l'offre.

Arthur Laffer est l'auteur de la courbe(*) portant son nom et qui tente de montrer que « trop d'impôt tue l'impôt ». En effet, selon la courbe de Laffer le rendement d'un impôt est relativement bas au-dessous d'un certain seuil mais baisse au-delà d'un autre.

Se fondant sur cette courbe, Arthur Laffer est un ardent défenseur d'une politique de réduction des impôts. Son influence fut importante au cours des années 1980. En effet, dès 1978 il soutint la Proposition 13 visant à une réduction de l'impôt foncier en Californie. Par ailleurs, il influença la politique fiscale de Ronald Reagan en impulsant des réductions d'impôts.

Cette influence ne se limite pas aux seuls États-Unis puisque de telles politiques de réduction des impôts voient le jour en Europe. C'est le cas en Grande-Bretagne à partir de 1979 sous le gouvernement de Margaret Thatcher et jusqu'en 1997 sous le gouvernement de John Major. Par ailleurs, le gouvernement d'Helmut Kohl s'applique aux mêmes diminutions à partir de 1982. Enfin, en France, après l'échec de la politique de relance de Pierre Mauroy en 1982, (politique Keynésienne privilégiant la politique de la demande) une partie des gouvernements qui se succèdent mettent en place de telles politiques. Par exemple, l'impôt sur les sociétés passe de 50 % à 33,33 % en 1987. Le taux de l'IRPP (Impôt sur le Revenu des Personnes Physiques) diminue lui aussi avec certaines réformes fiscales dont la dernière eut lieu en 2007 avec le bouclier fiscal qui limite la pression fiscale à 50 % des revenus d'un individu.

Malgré son succès, cette courbe est nuancée par plusieurs auteurs, qui prétendent qu'Arthur Laffer ne prendrait en compte que l'effet de substitution dans son raisonnement. D'après Laffer, à partir du seuil où le rendement d'un impôt baisse, les gens préfèreront le loisir au travail car son coût sera moindre ; du coup, il négligerait l'effet de revenu : celui des gens qui n'ont pas le choix, ou ont besoin de travailler, en conséquence de quoi les recettes fiscales continueront à augmenter. Cela dit, même pour les personnes critiquant la théorie de Laffer, sa thèse reste exacte pour les entreprises à forte rentabilité ou pour les personnes aisées chez qui l'effet de revenu est négligeable. Nombre de personnes ayant atteint un certain revenu et afin de ne pas à avoir à payer un surplus d’impôt, vont à la pêche ou ailleurs.

En outre, les possibilités d'expatriation, en cas de fiscalité exagérée, confortent également la théorie de Laffer.

(*) La courbe de Laffer. Pour simplifier, la courbe est bâtie sur l'hypothèse d'une économie fermée (où les échanges avec l'extérieur sont ignorés) ; prendre en compte l'ouverture des frontières ne change rien au résultat de Laffer, puisque cela ne fait que rajouter la possibilité d’évasion fiscale pour les individus sur-taxés, ce qui est susceptible d’accentuer la diminution des recettes de l'État en cas d'imposition trop forte. En réalité, l'importance de l'attractivité fiscale (en particulier pour ce qui concerne l'impôt sur les sociétés) lorsque les taux d'imposition sont bas, peut mener à l'implantation de nouvelles sociétés et ainsi augmenter la base de l'impôt.

Une hypothèse est faite sur la rationalité des agents économiques : lorsque le taux d'imposition est trop fort, les agents diminuent leur travail. Poussé à l’extrême, ce raisonnement implique que les agents cesseraient de travailler si le taux d'imposition était de 100 % (c'est-à-dire dans le cas où ils ne touchent aucun salaire pour le travail fourni). Le niveau du seuil d’imposition au-delà duquel les agents diminuent leur offre de travail est difficile à établir, et dépend des conditions de vie (par exemple, un individu que l’État prive des revenus nécessaires pour satisfaire ses besoins primaires aura tendance à travailler davantage et à s'investir dans le travail au noir).

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 15:20

Dans la littérature sociologique il y a un débat récurrent qui parcourt les sociétés développés depuis leur révolution industrielle et politique : la liberté est-elle compatible avec l’égalité.

Sans liberté économique d’entreprise, sans liberté politique et de pensée, on sait ce qu’il advient de ces sociétés : il suffit d’observer l’histoire des pays de l’Est et de l’ex URSS…ou encore actuellement en Corée du Nord, l’égalité des citoyens se paye par une absence de libertés et d’un appauvrissement général.

Sans égalité civile, politique et sociale, les sociétés sont parcourues d’énormes tensions et de crises en raison des inégalités économiques et sociales engendrées par la croissance ; la liberté se paye d’inégalités que les citoyens admettent difficilement.

Comment réconcilier l’égalité et la liberté ?

On verra que cette problématique traverse de nombreuses questions au centre de notre réflexion comme la protection sociale et l’équité comme remèdes aux inégalités.

Alexis de Tocqueville (1805-1859) dans son ouvrage « De la démocratie en Amérique » souligne le lien entre évolution des sociétés vers la démocratie et l’aspiration à plus d’égalité : le développement de l’égalité est « universel et durable ». Cette marche vers l’égalité ne s’arrêtera pas car il existe chez l’homme une « passion pour l’égalité ». Cette passion n’est pas sans risque car elle peut compromettre les libertés. La crainte de Tocqueville est liée au contexte de l’époque post révolutionnaire et à la difficulté de contrôler ce mouvement social. Cependant elle est toujours prégnante, même actuellement en 2013 en France.

Cette aspiration à plus d’égalité est la cause du changement social et explique les grands événements qui se sont produits depuis le Moyen-âge.

Pour lui la marche vers l’égalité, idéal des sociétés démocratique, est inévitable, les hommes étant mus par la passion égalitaire. Dès lors, l’origine sociale n’est plus un obstacle à la réussite personnelle, seuls comptent les aptitudes et mérites personnels.

A.Aron  dans « les Etapes de la pensée sociologique » précise :

A ses yeux (Tocqueville) la démocratie est l’égalisation des conditions. Est démocratique la société où ne subsistent plus les distinctions des ordres et des classes, où tous les individus qui composent la collectivité sont socialement égaux, ce qui ne signifie d’ailleurs pas intellectuellement égaux, ce qui est absurde, ni économiquement égaux, ce qui d’après Tocqueville serait impossible. L’égalité sociale signifie qu’il n’y a pas de différence héréditaire de conditions et que toutes les occupations, toutes les professions, toutes les dignités, tous les honneurs sont accessibles à tous. Sont donc impliquées dans l’idée de démocratie à la fois égalité sociale et la tendance à l’uniformité dans l’idée de démocratie à la fois égalité sociale et la tendance à l’uniformité des modes et niveaux de vie.

Mais si telle est l’essence de la démocratie, on comprend que le gouvernement adapté à une société égalitaire soit celui que, dans d’autres textes, Tocqueville appelle le gouvernement démocratique. S’il n’y a pas de différence essentielle de condition (*) entre les membres de la collectivité, il est normal que la souveraineté soit détenue par l’ensemble des individus.

(*) La condition – au sens ancien du terme – dans laquelle on est né, c’est l’ensemble des droits et privilèges auxquels on peut – ou l’on ne peut pas – prétendre par la naissance. Sous l’Ancien Régime, naître noble par exemple ou dans la société Indienne la société de castre.

La démocratie selon Tocqueville signifie la fin des distinctions ou privilèges liés à la naissance, au rang, au prestige du groupe. La démocratie repose sur l’égalisation des conditions : chacun ne doit sa position, son rang ou son titre qu’à son mérite ou sa compétence personnelle. La société et les positions sont ouvertes et accessibles au plus grand nombre. Cette société est fondée sur le principe méritocratique. Cette vision de la disparition des privilèges et des droits résultants d’arbitraire rattachés à la naissance ou à l’appartenance à un groupe ouvre la possibilité de mobilité des individus au regard de leurs compétences : la mobilité sociale devient dès lors possible.

Le système politique peut s’organiser alors sur la base d’une définition d’un statut « le citoyen », d’un mode d’expression « le vote » et d’un objectif «  le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. » prononcée par Abraham Lincoln est devenue une expression canonique.

Il y a trois types d’égalité.

L’égalité juridique : il s’agit de l’égalité des droits dont dispose chaque citoyen. L’égalité devant la loi signifie que tous les hommes ont les mêmes droits. Il n’y a donc plus d’hommes supérieurs aux autres, c’est fini – en principe.

Chacun dispose du droit de vote, par exemple et chaque bulletin à la même valeur quelle que soit la condition du votant.

Chaque citoyen est à égalité face aux lois (civiles ou pénales). En théorie les délits sont sanctionnés de la même manière quelle que soit la condition sociale (contrairement à la fable de la Fontaine dans les « animaux malades de la peste : selon que vous serez puissant ou misérable….»

L’égalité de condition : il s’agit de l’égalité de fait, par opposition aux inégalités formelles ci-dessus énoncées. L’égalité des conditions d’’existence passe par un rapprochement des niveaux de vie et des modes de vie. Il n’y a plus de différences héréditaires de conditions, toutes les professions et les honneurs sont accessibles à tous.

L’égalité des chances : elle passe par un égal accès à la culture, aux diplômes, à l’emploi, par une espérance de vie égale et non différentielle selon les Catégories Socioprofessionnelles. L’égalité des chances se traduit par une mobilité sociale.

Chaque individu, indépendamment de son origine sociale doit pouvoir accéder aux positions sociales que lui permettent ses talents (principes méritocratiques).

Nous voyons que dans les faits, pour des raisons culturelles et/ou financières, ce n’est pas toujours exact. Le travail n’est jamais terminé.

Tocqueville montre que le désir d’égalité, cette passion qui anime les hommes, est insatiable (certains deviennent à leur corps défendant des « Roi Midas ») et l’envie et la jalousie entraine le monde : plus les inégalités se réduisent, plus on se rapproche de l’égalité et plus les inégalités qui subsistent leur sont insupportables, moins il y a d’inégalités et plus les conflits sont nombreux.

Résultat : « l’insatisfaction est constante et la frustration relative »

Le niveau de bien être désiré est impossible à atteindre. L’objectif est d’avoir ce que l’autre a et que MOI je n’ai pas, et non pas de voir ce que l’on a et que l’autre n’a pas. C’est la nature humaine, la jalousie, l’envie est un levier motivationnel très puissant.

Les luttes sociales et les conflits sociaux sont très souvent marqués par le souci de maintenir des avantages ou de se rapprocher d’autres catégories sociales du point de vue des conditions de travail ou de revenus.

Exemples : grèves des médecins, des fonctionnaires, des infirmières, des routiers etc.

Autant de conflits qui révèlent l’inquiétude de « décrocher » par rapport à d’autres catégories, de ne pas bénéficier de la même considération…, des mêmes avantages et surtout de les conserver, de les maintenir et tant pis si d’autres catégories de salariés perdent ces avantages si elles ne font pas partie de la même condition économique et sociologique que celle que je défends en faisant grève.

Le souci d’égalité est donc toujours très présent.

« Un peuple a beau faire des efforts, il ne parviendra pas à rendre les conditions parfaitement égales dans son sein ; et s’il avait le malheur d’arriver à ce nivellement absolu et complet, il resterait encore l’inégalité des intelligences, qui, venant directement de Dieu, échappera toujours aux lois. Quelque démocratique que soit l’Etat social et la constitution politique d’un peuple, on peut donc compter que chacun de ses citoyens apercevra toujours près de soi plusieurs points qui le dominent et l’on peut prévoir qu’il tournera obstinément ses regards de ce seul côté. Quand l’inégalité est la loi commune d’une société, les plus fortes inégalités ne frappent point l’œil ; quand tout est à peu près de niveau, les moindres le blessent. C’est pour cela que le désir de l’égalité devient toujours plus insatiable à mesure que l’égalité est plus grande.

Chez les peuples démocratiques, les hommes obtiendront aisément une certaine égalité ; ils ne sauraient atteindre celle qu’ils désirent. Celle-ci recule chaque jour devant eux, mais sans jamais se dérober à leurs regards et, en se retirant, elle les attire à sa poursuite. Sans cesse ils croient qu’ils vont la saisir et elle échappe sans cesse à leurs étreintes. Ils la voient d’assez près pour connaître ses charmes, ils ne l’approchent pas assez pour en jouir et ils meurent avant d’avoir savouré pleinement ses douceurs. Voilà ce que nous dit Monsieur Tocqueville dans « De la démocratie en Amérique »

Du coup, une société démocratique se fixe comme objectif de faire respecter l’égalité des droits en combattant les inégalités.

De ce fait, toute société démocratique accepte donc moins bien les inégalités parce que l’égalité de droit étant la règle, toute inégalité (économique ou sociale) apparaît souvent comme une injustice et la frustration relative se développe. Ici interviennent des notions du désir et des motivations à avoir, à désirer… propre à chaque individu. L’accès au pouvoir, à l’argent, à être « en haut de l’affiche «  et « être reconnu » est un besoin détecté par Maslow, ce besoin de reconnaissance est un besoin inhérent à la nature humaine.

Pour Alexis de Tocqueville, la lutte contre les inégalités est un idéal et un objectif. L’éradication de celles-ci est une chimère mais cependant nécessaire car elle mobilise l’énergie de la société pour faire vivre le principe idéal d’égalité.

Nous voyons là le principe du communisme, où chacun apporte à l’autre ce dont il a besoin et réciproquement. Celui qui ne partage pas le même temps d’attention à son prochain peut alors être rejeté par la communauté. Le principe d’égalité d’attention est requis pour tous. A-t-on alors la liberté d’apporter moins d’attention que son voisin à l’autre ? Nous l’avons constaté dans les fratries, la relation d’égalité n’est pas perçue de la même façon par chacun des membres de cette fratrie.

Les inégalités sont-elles toujours injustes ? Ou bien sont-elles justes ? On peut se poser légitimement ces questions.

Afin de pouvoir répondre, il faut commencer par s’entendre sur la conception de la justice.

Ø  Justice sociale comme équité

L’équité est la recherche d’une égalité des chances qui ne soit pas seulement un principe affirmé mais aussi une réalité concrète permettant une véritable réduction des inégalités sociales.

On part du constat que l’égalité des droits ne garantit pas les résultats quant à l’égalité des conditions. Il faut donc adopter une conception de l’égalité qui aille au-delà et qui permette de réduire les inégalités.  C’est aussi une autre conception de la justice conçue comme la recherche d’une plus grande équité dans la répartition des richesses.

Certains postulent que toute société doit tendre vers l’égalisation des conditions et que les inégalités sont toujours un mal. Mais le public exige-t-il une égalisation des conditions ? Les études dont on dispose suggèrent plutôt que, pour le public, une bonne politique économique et sociale est celle qui favorise la croissance et assure un filet de protection sociale efficace. Quant à la réduction des inégalités globales, elle n’est guère l’objet d’une demande de sa part. Car il voit bien qu’elles sont d’origines diverses et qu’il est par suite impossible d’apprécier le degré auquel, considérées en bloc, elles sont légitimes.

Le public accepte en effet selon les enquêtes que les rémunérations soient indexées sur le mérite, les compétences ou l’importance des services rendus. Quant aux limites au-delà desquelles ces inégalités seraient perçues comme excessives, elles sont indécises. Ne sont pas non plus perçues comme injustes les inégalités qui résultent du libre choix des individus. Les rémunérations des vedettes du sport ou du spectacle sont ressenties comme excessives plutôt que comme injustes, leur succès résultant de l’agrégation de choix individuels non contraints.

… Le principe d’équité, explique Boudon, veut que, à contributions identiques, les rétributions soient identiques. Mais le bon sens refuse de considérer comme injuste que deux personnes exécutant les mêmes tâches soient rémunérées différemment du fait qu’elles appartiennent à des entreprises ou à des régions dont l’état de santé économique n’est pas le même. Le public ne considère pas non plus comme injustes des différences de rémunérations concernant des activités non comparables. Ainsi, il est difficile de déterminer si un chirurgien doit être plus ou moins rémunéré qu’un chef d’entreprise. Il ne considère pas comme injustes des inégalités dont on ne peut déterminer si elles sont fonctionnelles ou non.

Il considère en revanche comme injustes les inégalités qu’il perçoit comme des privilèges. Il admet fort mal qu’un responsable profite de sa situation pour s’attribuer des avantages illégitimes ou qu’un chef d’entreprise se fasse octroyer par son conseil un « parachute doré », surtout lorsque celui-ci « sanctionne » une mauvaise gestion. Il voit bien que certains régimes spéciaux de retraite recouvrent d’authentiques privilèges sous le voile pudique des « droits acquis ». Il désapprouve que les acteurs politiques utilisent leur pouvoir pour s’attribuer des avantages injustifiés. Il voit bien que, contrairement à ce qu’affirme un poncif facile, la sobriété affichée par les gouvernants des démocraties du Nord de l’Europe, ne s’explique pas par l’influence du protestantisme, mais par le fait que la démocratie y est plus avancée qu’en France. Sauf à supposer qu’ils aient des gènes culturels différents, on ne voit pas en effet pourquoi les exigences des Français en matière d’équité seraient inférieures à celles des Norvégiens ou des Allemands. Madame Angela Merkel une fois son travail terminé, se rend chez elle et non dans un Palais, fut-il républicain, le chef du Gouvernement Norvégien se rend sur son lieu de travail à vélo et non en voiture avec chauffeur.

J. Rawis (1921-2002) dans son livre Théorie de la Justice, pense que l’équité peut être un moyen de réduire les inégalités.

Il faut consacrer plus d’attention « aux démunis quant à leurs dons naturels » et aux plus « défavorisés par leur naissance ».

Il suggère de consacrer plus de ressources à l’éducation des moins intelligents, les plus avantagés doivent utiliser leurs dons à aider les plus désavantagés. (Oui mais…. Etant plus avantagé et voulant encore avoir plus auront-ils un regard vers ces désavantagés ?)

L’équité conduit à un système social où chacun progresse sans que d’autres soient condamnés à régresser ou stagner.

Une société juste est pour lui définie par trois principes (en simplifiant)

Ø  C’est d’abord une société dont les membres jouissent pleinement et également des « droits de l’homme », c’est-à-dire d’un ensemble de liberté fondamentales et d’un « égal respect et considération »

Ø  C’est ensuite une société d’où est bannie toute forme de discrimination. Chacun doit pouvoir prétendre occuper les positions sociales correspondant à ses capacités fondamentales. L’égalité des chances (notamment scolaire) doit être garantie.

Ø  Enfin les seules inégalités tolérables sont celles qui permettent aux plus désavantagés d’accéder durablement à des avantages socio-économiques plus importants que sous tout arrangement plus égalitaire. Les inégalités sont tolérables à condition que la part des plus faibles s’en trouve augmentée. Remarquons que ceci implique, par exemple, la liberté d’accès aux biens publics fondamentaux comme le savoir, la santé, le logement…

Rawls énonce que les deux principes fondamentaux d’une juste coopération sociale sur lesquels les hommes seraient conduits à s’accorder sont les suivantes :

Ø  « L’égalité dans l’attribution des droits et des devoirs de base »

Ø  Les inégalités sociales et économiques doivent remplir deux conditions : en 1er lieu, elles doivent être attachées à des fonctions et à des positions ouvertes à tous dans des conditions de juste égalité des chances ; et en second lieu, elles doivent être au plus grand avantage des membres les plus défavorisés.

Deux principes ainsi se conjuguent :

1.     Un principe d’égalité selon lequel les individus, à l’intérieur de la société, ont un droit égal à la liberté la plus étendue dans la mesure où elle est compatible avec celle d’autrui ;

2.    Un principe de différence qui légitime les inégalités sociales et économiques dans la mesure où elles sont le résultat d’une juste égalité des chances au départ et où elles améliorent la condition des plus favorisés.

Nous pouvons comprendre que les inégalités sont acceptables si la mobilité sociale est possible – elles doivent être attachées à des fonctions et à des positions ouvertes à tous…. -, c’est-à-dire si la hiérarchie est ouverte et que les postes les plus hauts sont accessibles à tous. Cela sous-entend que les inégalités sont acceptables si elles correspondent à des différences de talents, de mérite.

On peut par exemple comprendre le principe de différence en accordant une bourse pour poursuivre des études supérieures à un élève méritant issu de milieu défavorisé. La collectivité se substituant à la famille. Autre exemple, un jeune talentueux s’inscrivant à la faculté de médecine de l’Armée afin d’atteindre son objectif et réglant la facture en exerçant un certain nombre d’années en son sein.

L’individu accepte deux types d’inégalité : 1) celles qui sont le résultat de l’égalité des chances et 2) celles qui avantagent les moins avantagés.

Le débat : équité ou égalité ?

Le principe d’égalité fait l’objet de trois critiques :

Ø  L’égalité conduit à l’uniformité : trop d’égalité génère des individus semblables alors que la richesse d’une société repose sur les différences.

Ø  L’égalité ne serait pas efficace sur le plan économique. Pourquoi faire des efforts, prendre des risques si les individus ne sont pas récompenses de leurs efforts ?

Ø  L’égalité contrarie la liberté. Les pays totalitaires par excès d’égalité ont remis en cause toutes les libertés et anéanti l’esprit d’initiative des agents économiques.

A ces critiques on peut opposer les arguments suivants :

Ø  L’égalité n’implique pas l’identité. Les individus égaux ont des capacités d’initiative, des goûts et des talents qui les rendent différents.

Ø  L’efficacité n’est pas due aux inégalités. A-t-on mesuré le coût social du chômage, de la pauvreté et de l’exclusion ? Le « prix des inégalités » est lourd et sous-estimé.

Ø  L’égalité est liberticide ? L’inégalité opprime également. De quelle liberté dispose celui ou celle qui est privé du niveau de vie moyen de la population ? L’inégalité crée d’énormes frustrations puisque de nombreuses personnes ne jouissent pas des bienfaits du progrès….

C’est donc à la société et aux politiques de trouver le juste milieu. Entre carré noir et blanc, la limite est ténue. Equité n'est pas synonyme d'égalité, mais les deux termes sont fortement liés. L'égalité, par rapport à l'équité, s'oriente vers la répartition égale des ressources. L'équité se réfère aux concepts de justice et pose la question de ce qui est juste ou injuste. Par conséquent, l'équité fait appel à des sentiments, des jugements (caractère subjectif) alors que le principe d'égalité peut être mesuré et saisi de façon «objective».  Cependant ce concept de ce qui est juste et injuste pose la même problématique de ce qui est « bien et mal ». Juste et Bien, injuste et mauvais, posons-nous la question : par rapport à quoi, à qui ? Nous nous apercevons que la réponse est d’ordre culturel valable pour un groupe de personnes et que cette même réponse est non acceptable sans doute pour un autre groupe.

- L'équité est un principe de justice distributive alors que l'égalité est un principe de justice commutative (Aristote).

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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 17:31

Explications des désordres au Moyen-Orient :  

des quelques musulmans qui refusent l’évolution de la mondialisation.

 

La mondialisation a également une dimension socioculturelle. Elle conduit, par la production de biens distribués partout dans le monde, à façonner les modes de vie des habitants de notre planète. Elle véhicule aussi des valeurs universelles.

La mondialisation culturelle

c'est

  Mondialisation de la production, des échanges et de la consommation des biens culturels (films, programmes TV, CD et tous les outils des NTC. (Nouvelles Technologie de Comm’)

c'est 

  Mondialisation des normes et des valeurs qui peut conduire à une standardisation des modes de vie ou à un repli culturel et à un métissage culturel.

 La mondialisation de la culture peut se caractériser par une uniformisation appauvrissante. Si la tendance à l’occidentalisation du monde est le phénomène le plus visible, il faut rappeler que l’exportation du modèle culturel dominant ne se réalise pas sans heurts. De nombreuses sociétés résistent plus ou moins violemment et parfois restaurent leur culture d’origine ou du moins ses caractères les plus oppressifs. Au-delà de l’opposition binaire entre un monde occidentalisé et un autre replié sur ses particularismes, n’assistons-nous pas à l’avènement d’une culture mondiale métissée et donc à l’atténuation des spécificités socioculturelles ?

La production de masse est fondée sur la standardisation. Si les activités culturelles deviennent marchandes, elles n’échappent pas à cette standardisation. Elles doivent intéresser un public mondial. Prenons le football, ou l’arrivée de stars de cinéma ou du showbiz. Les musiques font le tour de la  terre et nos classiques deviennent accessibles aux cultures extrême orientales – Chopin ou Haydn et combien d’autres. L’exemple du chanteur Park Jae-Sang, plus connu sous le nom de Psy, est un véritable phénomène mondial. Sa vidéo de « Gangnam Style », le clip du rappeur sud-coréen, dans lequel il danse en imitant un cavalier au galop a été vu plus de 805 millions de fois à travers le monde, sur Youtube et dépasse en audience le Canadien Justin Bieber.

Les réseaux sociaux sont accessibles à tous et, derrière ce foisonnement culturel, se trouvent des outils –téléphone portable, i pad, i-phone, console de jeux,  etc… accessible dans le monde entier. Des universitaires tels que Harrison White ou Mark Granovetter ont élargi l'usage des réseaux sociaux. Le pouvoir au sein des organisations, par exemple, relève davantage du degré avec lequel un acteur social d'un réseau est au centre de plusieurs relations sociales qu'à son titre professionnel effectif. Les réseaux sociaux jouent aussi un rôle fondamental dans l'embauche, dans le succès des sociétés, et dans le rendement professionnel.

Il ne fait aucun doute que leur rôle a été particulièrement important lors du Printemps arabe. En analysant les tweets, échanges, blogs et vidéos échangés sur le web pendant cette période, il a été possible de valider de manière empirique l'influence des sites collaboratifs sur les bouleversements qui se sont produits.

L'Université de Washington s’est penchée de nouveau sur la question, en rappelant que ces sites ont joué un rôle central dans la constitution des débats politiques. Et que les conversations autour de la révolution ont souvent précédé des événements majeurs. Voilà pour le constat. Mais ce qui est intéressant, c'est que les chercheurs proposent cette fois des données chiffrées. Ils ont ainsi analysé plus de 3 millions de tweets, 26,000 articles de blogs et de nombreuses vidéos sur Youtube entre novembre 2010 et mai 2011, en Tunisie et en Egypte notamment. Etude quantitative qui a permis de confirmer les postulats déjà évoqués. "Les gens qui partageaient un intérêt commun pour la démocratie ont bâti des réseaux conséquents et ont organisé des actions politiques", explique Philip Howard, directeur du projet. "Ces dictateurs avaient de nombreux ennemis depuis longtemps mais ils étaient éparpillés. Ces opposants se sont donc servis des réseaux sociaux pour identifier des buts communs, construire une forme de solidarité et organiser des manifestations", résume le directeur du projet précité.

Le processus de déculturation se manifeste par « l’occidentalisation du monde » c’est-à-dire par l’abandon des cultures fondées sur des solidarités sociales au profit d’une culture marchande fondée sur une logique utilitaire. Alors que beaucoup de musulmans, ayant goûté les délices de la mondialisation, fuient, comme tous les boat people, leur pays d’origine, rêvant trouver en occident l’Eden que ces NTC leur promettent.

Les unes des quotidiens de tous les continents ont titré sur les attentats du 11 septembre 2001. Actuellement de nombreux faits (guerres régionales, catastrophes majeures – tsunami – épidémies deviennent des événements qui concernent l’ensemble du monde.)

Serge Latouche - économiste français, penseur de la décroissance - constate qu’aujourd’hui «l’Occident est une notion beaucoup plus idéologique que géographique». Au-delà d’une entité «religieuse, éthique, ou même économique», l’Occident serait d’abord devenu une «entité culturelle», à la fois convoitée et contagieuse. Pour tenter d’y échapper, l’auteur pose le problème en opposant deux choix: «On est enfermé dans un manichéisme suspect et dangereux : ethnocentrisme (concept ethnologique ou anthropologique qui a été introduit par Claude Lévi-Strauss. Il signifie la « tendance, plus ou moins consciente, à privilégier les valeurs et les formes culturelles du groupe ethnique auquel on appartient »[]. Une autre définition restreint l'ethnocentrisme à un  

   «comportement social et une attitude inconsciemment motivés» qui amènent en particulier à «surestimer le groupe racial, géographique ou national auquel on appartient, aboutissant parfois à des préjugés en ce qui concerne les autres peuples ». L'ethnocentrisme peut se trouver aggravé par la pensée raciale., terrorisme identitaire ou universalisme cannibale».

Face à cette homogénéisation  culturelle, se font jour des manifestations de résistance, voire de rejet de la culture dominante. Les exemples  des Talibans (« étudiants en religion » qui prive l’individu de tout droit individuel élémentaire) en Afghanistan, ou de tous les représentants salafistes (mouvement sunnite revendiquant un retour à l'islam des origines, fondé sur le Coran)  ne  sont pas représentatifs de l’Islam. Les principales victimes de l’islamisme ne sont pas les occidentaux mais les musulmans. Le conflit oppose non pas l’occident à l’islam mais l’islam (modéré et laïc) à l’islam intégriste.

Par ailleurs le développement du communautarisme juif, musulman, catholique en France, résulte, en grande partie, de l’exacerbation des conflits internationaux. La manifestation anti-juive en janvier 2009 en France et en Belgique le démontre.

E. Durkheim le souligne. Les communautés ne tirent pas leur légitimité de la rationalisation mais du pouvoir divin ou de la sacralisation des traditions et des mythes. Le retour au communautarisme s’accompagne d’un retour à une solidarité mécanique. La solidarité mécanique résulte de la proximité. Les individus vivent ensemble dans des communautés. Le poids du groupe est très important (famille, travail). Ils partagent des valeurs communes très fortes: la conscience collective est élevée et aucun écart à la norme n'est toléré car, en remettant en cause la conscience collective, c'est la cohésion sociale dans son ensemble qui peut être mise en question.

Chez ces groupes extrémistes moyen-orientaux, le modèle de développement occidental est souvent perçu comme un danger pour l’équilibre social : l’émancipation rapide des femmes a des effets déstabilisants d’où un repli sur soi par peur de ne pas pouvoir contrôler l’évolution et pour certains de perdre leur pouvoir.

C'est ce qui explique la montée de l'intégrisme dans les pays moyen-orientaux et l'idée "d'une épine dans l'esprit" que représente l'Etat d'Israël pour ses voisins. Or tous ces Peuples, ont la même origine et habitent le Croissant Fertile, ils sont fils de Noé : Sem, Cham, Japhet. Les Fils de Noé parcouruent toutes ces régions. Est-ce la Malediction de Cham - qui porte en réalité sur son fils Canaan - qui est un épisode biblique ou cours duquel Canaan est maudit par Noé, son grand-père, pour une faute commise par Cham, son père, qui sera à l'origine de la fracture entre les Frères ? Ce récit, qui évoque en quelques versets la personnalité des pères des 70 nations qui ont, selon la Bible, composé l'Humanité. Est-ce par ce que les Juifs n'ont pas voulu suivre les préceptes de Mahomet ? Force est de constater que les voies suivies divergent totalement, entraînant une haine irrationnelle de l'un envers l'autre.

 La mondialisation a également une dimension socioculturelle. Elle conduit, par la production

de biens distribués partout dans le monde, à façonner des modes de vie des habitants de

notre planète. Elle véhicule aussi des valeurs universelles.

 La modernisation donne au niveau individuel un sentiment d'aliènation et d'anomie (rupture avec les liens traditionnels, une crise d'identité et au recours à la religion.

La modernisation donne au niveau sociétale et macrosocial une désoccidentalisation, un renforcement du pouvoir économique, politique et militaire en une seule main et une affirmation de l'identité culturelle locale.

L’acculturation est le produit d’un échange non symétrique des cultures : la culture dominée va – ou doit – s’adapter à la culture dominante, souvent perçue comme un modèle et qui, de surcroit, dispose d’un pouvoir économique. Par exemple les cultures issues du sud de la Méditerranée (descendants de Cham) échangent selon la culture orale (par la parole et l’écoute) alors que les cultures du nord de la méditerranée selon la culture écrite (socratique) ; ou encore sont de tradition agnative : tradition où les hommes ont le pouvoir dans la cellule familiale et sociale ou de tradition cognative : tradition où les femmes ont le pouvoir dans la cellule familiale et sociale. A ce sujet, les vues des deux descendants de Noé concernant la femme divergent totalement. Pour l’un elle porte en son sein, le descendant d’Iahvé, pour l’autre, elle symbolise la terre ingrate qui ne donne pas de blé. La femme n’a aucun droit si ce n’est d’être au service de son mari.

Cependant la juxtaposition de nombreuses cultures y représenterait une « culture du monde ». Les modes alimentaires, les chaînes télévisées, ethniques et langues pratiquées révèlent l’influence croissante des minorités culturelles.

 

Homogénéisation culturelle

Refus de…

Métissage culturel

Exemple

Le cinéma américain

Les sorties mondiales d’une star musicale

Restauration rapide

Le développement des NTC

Taliban

Salafiste

Le jazz

Le rap

La musique classique

Lieux

Pays occidentaux

Les Pays moyen orientaux et surtout l’Afghanistan

Pays occidentaux- et l'Asie du S.E

Périodes

Depuis 1980

Depuis 1996 et le printemps arabe (décembre 2010)

Fin du XX°S.

Comportements

Concernés (alimentation, loisirs)

Loisirs et culture

Comportement alimentaires

Connaissance et représentations du monde

Ensemble des comportements

Loisirs et culture

 

 

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7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 15:27

Les différentes Classes Sociales

 

Il est très difficile d’en donner une définition.

Doit-on classifier les individus objectivement par la position dans un processus de production et d’acquisition ou, subjectivement, par leur façon de se déterminer les uns par rapport aux autres au sein d’une même communauté ?

Les professionnels de la mercatique doivent se contenter de mesurer une Classe Sociale d’une manière empirique par une combinaison d’une série de variables sur le(s) :

·     revenu

·     lieu et type d’habitation

·     signes extérieures de richesse

·     niveau d’éducation

·     religion

et, quand cela est possible, la prise en compte de l’Ethos (moeurs) social et pédagogique.

Les études de « styles de vie » effectuées par la COFREMCA font apparaître une carte des sociostyles fluctuante de 4 mentalités / 12 sociostyles en 1980 à 5 mentalités / 14 sociostyles où les « hédonistes » se sont transformés en « entreprenants » à la fin de la décennie.

Chacune des catégories sociales a des habitudes de vie variables en fonction de ses :

·     appartenance sociale,

·     lieu géographique d’habitation,

·     fluctuation du milieu.

Passer d’une classe sociale inférieure à la supérieure - l’inverse est également vrai - dépend de variables telles que :

·     la personnalité

·     le caractère

·     l’image que projette l’individu mais aussi

·     des opportunités relationnelles, matérielles ou professionnelles qu’il sait saisir. Une suite de facteurs aléatoires...

Depuis 30 ans, on constate une formidable évolution dans les grandes catégories sociales admises :

·     les salariés agricoles ont pratiquement disparu dans les campagnes

·     les ouvriers se muent en techniciens ou ont tendances à disparaitre.

·     les cadres moyens profitent de la formation continue et de la promotion interne

·     les petits patrons bénéficient de programmes de formations et s’entourent de compétences

·     l’élite - la Classe Dominante

·     les professions libérales

·     les cadres supérieurs

·     les grands industriels

·     les capitaines d’industries

·     les grands commis de l’Etat

Ses éléments sont tous issus des grandes Ecoles ou Universités. Ils élèvent le niveau du Savoir du plus grand nombre et tendent à augmenter les compétences professionnelles, le capital intellectuel de l’ensemble des Classes Sociales.

L’élite est représentée par un petit pourcentage d’individus - néanmoins en constante progression -. Elle se partage le Savoir et le Pouvoir :

·     Savoir intellectuel et culturel par la réussite scolaire au plus haut niveau,

·     le Pouvoir par la concentration :

·     des responsabilités

·     des décisions

·     de l’argent.

La caractéristique essentielle de cette Classe Sociale est interchangeabilité des individus au niveau du Pouvoir.

Seul le Vouloir appartient à chacun.

·     Enfin apparition dans les années 80 d’une nouvelle Classe Sociale les exclus de l’expression professionnelle

Bien que leurs origines soient hétérogènes, leur habitude de vie est homogène : restriction d’expressions pouvant aller jusqu’à traduire la perte morale de leur conscience de la persistance de leur « moi » par une perte matérielle de la carte d’identité.(par exemple)

Les raisons sont multiples et non exhaustives :

·     baises des marges (jusqu’en 1993) mais stabilité relative des coûts salariaux,

·     progrès techniques, robotisation,

·     déplacements des compétences professionnelles,

·     capital scolaire et qualification déplacés par rapport à la demande,

·     délocalisation de la fabrication industrielle,

·     recherche d’accroissement du taux de rendement,

·     restructurations et fermetures d’entreprises,

·     non mobilité géographique de la population.

font que derrière un EXCLU peut se cacher :

·     un ex ouvrier ou employé dont le métier a disparu,

·     un ex cadre d’une entreprise fermée ou délocalisée,

·     un ex patron victime d’une O P A malveillante,

·     un ex patron failli victime de la récession,

·     un immigré qui n’a pas eu le temps de s’insérer,

·     un immigré qui n’a pas su ou pu s’insérer,

·     un jeune qui se retrouve sans ressources ni recours.

Tous les individus de par leur Ethos (mœurs) s’identifient aux symboles inhérents à leur Classe Sociale , développant un réseau relationnel plus ou moins restreint.

Pour les exclus, les paramètres actuels heurtent l’Ethos de la classe sociale d’origine et accélèrent l’anomie de l’individu.

Plusieurs variables expliquent l’appartenance à une Classe Sociale

la classe d’origine

 

·       Habitus primaire       : style d’imprégnation par la famille pendant la prime enfance.

 

·       L’Ethos             : étude des mœurs et des règles sociales inhérentes à cette

                            Classe Sociale .

 

le comportement scolaire

·       Habitus secondaire   : étude de l’influence de l’inculcation de l’action

éducative de la Classe Sociale dominante et de l’acculturation possible due au choc entre les deux Habitus et dont l’Ethos peut être le catalyseur.

L’Habitus primaire

L’Habitus primaire peut se comparer au capital génétique de l’individu ou, en autres termes, l’Habitus primaire est au mental, à la psychologie, ce que le capital génétique est au physique.

La pression comportementale de la Classe Sociale d’appartenance des parents est telle qu’elle exerce une contrainte psychologique. Pressions et contraintes déterminent la diachronique de l’enfant en le maintenant dans cette même Classe Sociale. Chacune d’elle fonctionne avec ses codes, ses outils culturels qui sont plus ou moins élaborés, diversifiés, nombreux.

C’est à l’Autorité parentale qu’incombe l’apprentissage des ces préceptes afin que l’enfant n’arrive pas démuni à l’Ecole.

Il est important de déterminer les principes qui vont permettre à l’individu de se situer dans une Classe Sociale. S’il ne veut subir l’Habitus primaire et l’Ethos qui en découle, à lui de modifier consciemment le choix des critères qu’il veut légitimer pour lui-même (Dans la mesure où il en a le choix et la possibilité).

Les questions à prendre en considération sont :

1 -   la Résidence

·       est-elle située  en zone rurale ?

semi rurale ?

urbaine ?

dans un quartier populaire ou résidentiel ?

dans un ensemble H.L.M. ou de villas ?

·       l’habitat est-il  exigu ?

obscur ?

confortable ?

cossu ?

·       l’accès aux lieux de culture est-il inaccessible ou facilité ?

·       la fréquentation avec l’intelligentsia est-elle ignorée ou permise ?

·       les loisirs culturels sont-ils abondants et pratiqués ?

·       les équipements scolaires et universitaires sont-ils accessibles ?

La résidence met en avant l’expression de l’Etre et de son « image » soumise au pouvoir de l’argent qui évolue, devient le signe visible de reconnaissance du niveau social.

2 -   la Famille

Il est certain que lorsque l’enfant paraît, il grandit dans une famille dont l’Ethos de l’appartenance sociale le marque profondément et le conditionne inconsciemment, vraisemblablement toute sa vie.

·       les parents

sont ils mariés ?

séparés ou divorcés ?

vivent-ils en bonne harmonie ?

les enfants ont-ils été désirés ?

qui prend les décisions dans le couple ?

connaissent-ils des problèmes tels que l’alcool, la drogue, le Sida ?

·       La fratrie

quelle est la place occupée par l’enfant par rapport aux autres

enfants ?

quel est le rôle social joué par chacun ?

quel est l’écart d’âge entre eux ?

quelle est l’importance de l’interaction des conflits, de la jalousie entre           eux ?

                    quelle est l’importance affective vis à vis de la mère ?

                    quelle est la qualité des rapports avec le père ?

·       mode de vie

quelle est la surface disponible pour chacun des habitants de la

résidence ?

                    chacun des enfants a t-il une chambre ?

                                                           un ordinateur ?

                                                           pratique t-il un sport ?

une activité  artistique ?

                                                           lit-il souvent de lui-même ?

les discussions familiales sont-elle courantes ?

l’apprentissage de la politesse, du respect, de l’hygiène, est-il naturel ?

L’épanouissement personnel de l’adulte est tributaire de son vécu familial. La résistance psychologique aux aléas de la vie sera d’autant plus forte que la qualité du climat familial sera meilleure.

3 -   Conditions d’existence

Elles permettent d’évaluer le positionnement dans l’échelle sociale, pérenniser la qualité psychologique.

·       les parents       travaillent-ils ?

un des deux seulement, le père, la mère ?

est-ce par convenance, par obligation ?

à temps plein, partiel ?

quel est le lieu de travail

usine, bureau ?

dans une grande unité, une petite unité ?

style de travail

travail normal,

en Contrat Emploi Solidarité ou en stage ?

sont-ils exclus ? (R.M.I)

assistés ?

désocialisés ?

sous tutelle ?

·       les revenus       sont-ils

irréguliers ?

des indemnités des ASSEDIC ?

réguliers, abondants ?

proviennent-ils :

de petits boulots ?

du salaire du privé ?

du salaire de l’administration ?

de rentes mobilières ?

·       qualité de l’emploi

          sédentaire ou nomade

le père a t-il un travail de nuit ? pénible ?

a t-il souvent des mutations, des déménagements ?

·       temps libre       les hommes ensemble, écartant le reste de la famille ?

 en famille ?

les loisirs sont-ils

café, P.M.U. ?

consommation immodérée de la télévision ?

sports, voyages ?

théâtres, concerts, musées ?

l’appartenance à des associations ou clubs divers ?

La qualité des mœurs conditionne l’enfant vers l’aventure, la stabilité ou le « train-train ».

4 Capital culturel (principes primaires)

Monsieur Célestin Bouglé écrivait en 1938 dans « Travaux de l’Ecole Normale Supérieure »

« Il est formellement entendu que, même pour la dissertation d’histoire, qui suppose un certain nombre de connaissances de fait, les correcteurs doivent apprécier surtout la qualité de composition et d’exposition » Près de soixante ans plus tard, cela reste vrai intrinsèquement.

·       quelle est la disposition des parents vis à vis de la vie scolaire de l’Enseignement, de son importance ?

·       quelle est l’espérance subjective d’ascension sociale créditée à l’Ecole ?

·       quel est le niveau culturel et linguistique originel des parents ? la capacité à en développer la propension ?

·       quelles est l’importance accordée par les parents immigrants à la langue d’accueil ?

·       quel est le mode de transmission de la langue maternelle ?

de la langue d’accueil ? infantile ? adulte ?

·       quel est le degré de motivation à vouloir se fondre dans la culture d’accueil ?

·       quelle est la force inconsciente de l’Ethos catégoriel d’origine ?

5 Pré savoir

·       quelle est la possibilité de se constituer un réseau relationnel culturel et professionnel ?

·       l’individu recherche t-il seulement des personnes de son origine régionale ou ethnique, élargit t-il le cercle de ses connaissances à l’extérieur ?

·       l’individu recherche t-il l’appui de l’encadrement scolaire,

l’appui des relations professionnelles ?

La qualité de l’Habitus primaire détermine :

·       le comportement social

·       l’appartenance sociale

·       les repères du confort de vie

·       le désir ou pas de maintenir dans la Classe Sociale des parents

·       l’ambition sociale plus ou moins développée.

L’Ethos

La diachronique prévisible d’un individu est la résultante de l’action continue des facteurs constituants l’Habitus primaire (que nous venons de voir) et de l’Ethos (ou moeurs inhérentes) de la Classe Sociale d’appartenance. Ils exercent sur son comportement une causalité structurale inconsciente et sont source de réussite ou d’exclusion.

Nous constatons, autour de nous, des générations d’artistes, de médecins, de notaires mais aussi de jardiniers, de maçons.

Parfois nous ne comprenons pas la différenciation d’un enfant. Il faut en recherche l’explication dans la parentèle : grands-parents, oncles, tantes, qui peuvent peser sur le déterminisme.

Bien qu’appartenant à la même Classe Sociale, la même lignée, un Louis XIV n’a rien à voir un Louis XVI.

L’Habitus primaire et l’Ethos peuvent se quantifier, seul, l’individu peut donner une qualité nouvelle à son action.

L’Ethos détermine :le magazine préféré

                              les émissions regardées sur telle ou telle chaîne de télévision

                              le type de véhicule d’usage

                              la chaîne de magasins d’alimentation

                              le parti politique

                              etc.

Les critères de choix librement - croit-on - utilisés sont si nombreux que les étudiants de Hautes Etudes Commerciales vont avoir des cours de psychiatrie.

Le Père

Le « Père » représente le pouvoir de notre Société en tant que force dans le groupe domestique (Goody). Cet emblème est si puissant que toute personne investie d’Autorité (maître, professeur, cadre, patron, mais aussi gendarme ou policier) réinstaure cette communication archétypale. Paul Rancoeur attribue le symbole paternel à « son potentiel de transcendance. Le Père figure moins comme géniteur égal à la mère que comme donneur de lois ». Il est source d’institution. Il représente, aussi, le Soleil, celui qui réchauffe, qui éclaire, qui sécurise en chassant la nuit.

Sans concéder à l’homophonie, la mère se rattache à la mer, mais aussi, à la terre comme étant réceptacle et matrice de la vie. C’est elle qui nourrit tant sur le plan physique que sur le plan symbolique. Elle est souvent représentée comme symbole, les seins découverts, nourrissant la liberté, la vérité…

Si, sous nos cieux, il existe une harmonie des pouvoirs entre la bonté du Soleil qui communie à la fécondité de la terre pour donner une abondante récolte variée, ce n’est pas le cas sous des cieux où la prépondérance du Soleil sur la terre est telle que l’image de la terre semble ingrate, stérile. Dans ce cas de figure la symbolique de la mère, de la femme est pauvre, la valeur accordée à celle-ci est blessante à nos moeurs. Sur le fronton de l’Eglise de l’Evêché, à Marseille, « Fils Roi » couronne sa Mère. Chacun peut interpréter ce symbole. Il est indéniable que l’Homme (ici représenté par le Christ) couronne la Vierge symbolisant la nature. Tous s’accordent quant au respect dû à la Femme sous tous ses aspects.

Deux mondes issus de la Méditerranée dont la sémantique n’a pas la même valeur.

que pense l’enfant – issu du sud de la Méditerranée - lorsqu’il quitte ses parents, sa fratrie pour être instruit par la maîtresse d’Ecole ?

que pense le père lorsque l’enfant devient plus savant que lui, à cause d’un Habitus secondaire imposé par le pouvoir économique (les allocations familiales sont subordonnées à la présence de l’enfant à l’école). Que devient le symbole originel ? Seul le respect de la Tradition lui confère encore la puissance, seul espace incontesté d’autorité ; jusqu’au moment où les effets de la retraduction de l’Habitus secondaire amènent à un climat conflictuel entre institution réelle (l’Ecole) et institution symbolique (le Père).

Que pensent la mère ou les sœurs devant ce nouveau statut familiale et sociale de la femme.

L’élève se sent écartelé entre deux cultures, deux représentations de l‘Habitus dont, l’un primaire et originel freine le second. Comme il y a primauté affective à l’Habitus primaire, d’une part et que l’enfant prend fait et cause pour l’élément le plus faible, en l’occurrence les parents, par rapport à l’institution d’autre part, l’élève va se liguer au premier pour contester le second d’où, souvent, frustration des parent et des enfants.

Il en va ainsi dans tous les sous-groupes de Classe Sociale défavorisées.

que penser des familles monoparentales maternelles ou du style matriarcal où la représentation ou l’identification au Père sont absentes ?

Cette carence se traduit souvent par un manque de confiance en Soi et dans les autres :

·       qui le remplace ?

·       qui peut se substituer à lui ?

 

Celui qui est désigné de fait      l’Autorité pédagogique ?

                                                 L’émetteur éducatif ?

·       chez qui l’enfant peut il trouver un modèle ou s’identifier ?

·       chez la fille cette absence peut se traduire par une absence de confiance dans l’homme (c’est celui qui abandonne, on ne peut compter sur lui quand on a besoin de lui !)

C’est celui ou celle qui s’arroge ce pouvoir à condition qu’il contrôle l’inculcation, qu’il puisse sanctionner légitimement, légalement. C’est à dire qu’il soit crédible - n’est pas chef qui veut - et que la Classe Sociale à qui cette autorité est destinée soit prédisposée à le reconnaître.

que pensent les enfants des classes moyennes ou dominantes dont les parents représentent, maintenant, la nouvelle Classe Sociale des Exclus ?

Nos traditions d’origine Judéo-chrétienne sont toujours vivaces, notre Civilisation toujours basée sur ces valeurs, l’Ecole Laïque véhicule toujours la catéchèse comme valeurs morales et humaines. Cette scolie permet de comprendre ces enfants au travers du mythe d’Adam, la Chute, la Perte de jouissance du jardin d’Eden dont même les enfants seront privés. Enfants qui vont développer, à leur insu, un complexe de culpabilité. et une perte de confiance en Soi et chez les  autres. Combien vont-ils arriver à transcender le Père ? Hier la Religion y trouvait son compte mais aujourd’hui ?

Pour une autorité Educative soit exercée il faut qu’elle soit reconnue comme légitime par celui qui la subit. Si ce n’est pas le cas, une acculturation des classes dominantes condamne à la réévaluation de l’Autorité paternelle avec des reniements, des refoulements ou des accommodements.

C’est dire que ces publics sont particulièrement vulnérables. Il y a bien là une inégalité des chances.

 

 

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7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 15:24

 

 

 

Pourquoi un enfant ayant un QI supérieur à 120 peut être en échec scolaire

alors que son condisciple réussira son parcours scolaire.

Comment expliquer cela ?

 


Le Groupe

L’homme est un animal grégaire et donc agit comme tel. Peu d’entre eux sont capable de vivre seul. Il a besoin de l’autre pour se découvrir.

Cependant, selon que son intelligence émotionnelle sera fort ou pas, selon ce qu’il aura engrammer durant son enfance, selon son évolution et ses expériences personnelle, le groupe aura ou pas d’importance.

N’oublions pas qu’il est « formaté », dès sa petite enfance par son entourage familial – l’habitus primaire -, l’apprentissage à la vie sociale – l’habitus secondaire – et que tout cela va agir et le faire réagir d’une manière inconsciente sur le groupe et va avoir une incidence sur la Démocratie.

Le groupe va avoir sur lui une influence interactive sur ses membres. L’individu répond au besoin d’appartenance décrit par A. Maslow dans sa pyramide des besoins.

Chacun vit en interaction avec ses semblables. Il a tendance, par essence, à se regrouper par affinités (généralement par Classe Sociale, corporation professionnelle).

Lorsque le groupe est constitué :

Syndicats

         Corporations

         Groupe d’intérêt commun (associations par exemple, parti politique ou appartenance à une religion)

Une pression s’exerce sur l’ensemble de ses membres tendant à :

·     homogénéiser leur habitude de pensées de vie,

·     leur faire rechercher une structure hiérarchique pouvant composer une organisation complexe.

Le personnel éducatif des Collèges le vérifie tous les jours. Les 6° et 5° forment spontanément des bandes parfois destructrices, heureusement faciles à canaliser vers des buts plus louables. Si ce phénomène persiste au-delà de 13-14 ans et que la bande reste essentiellement masculine, on peut remarquer un manque de maturité de ses membres qui recherchent auprès du leader un substitut du père.

Tout groupe institué va avoir son identité, sa propre vie par ses lois et ses coutumes. Ce groupe devient une personne morale qui a son ou ses représentants physiques qui parle(nt) en son nom. L’influence du groupe se fera :

·     en interne, à l’intention de ses membres (on parlera de culture d’entreprise, de communication interne),

·     en externe, à l’intention de la société, des autres Classe Sociale (on parlera de publicité qui généralement se doit être le reflet de cette Classe Sociale. Par exemple la publicité faite par Ferrari est différente de celle qui veut atteindre les possesseurs de la marque Renault).

Les coutumes correspondent à la culture du groupe. Les membres se conforment selon des normes qui déterminent le statut :

·     1° ceux qui ont un statut basique se conforment sans déroger aux normes du groupe au sein de celui-ci.

·     2° ceux qui ont un statut moyen, agissent et pensent comme le groupe, en privé et en public.

·     3° quant à ceux ayant un statut élevé, ils se conforment aux normes du groupe tant qu’elles ne les entravent pas mais sont disposés à les enfreindre s’ils y trouvent avantage, ce sont eux qui font ou créent les normes du groupe, c’est la Classe Sociale dominante, soit du groupe, soit de la société.

Pouvoir du groupe

L’adulte, selon comment il aura vécu sa jeunesse, ses fréquentations, sa Classe Sociale d’origine, celle dans laquelle il se trouve aujourd’hui, les groupes dont il sera membre, seront plus ou moins nombreux. Selon son adhésion aux normes comportementales de ceux-ci, il aura une position sociale plus ou moins élevée jouant d’une position sociale dans un groupe pour compenser une autre position sociale dans un groupe différent comme il le pratiquait avec le « groupe-matière » enseignée.

Tant que l’Adulte conserve un statut productif justifiant d’un salaire ou de revenus, il poursuit les expériences de la vie à sa convenance. C’est encore, au sein d’un groupe, ou de son relationnel au sein d’une Classe Sociale reconnue, qu’il se fera déposséder de ses idées personnelles ou /et originales

Nous pouvons, au sein d’un groupe, enseigner et faire prendre conscience du relativisme culturel à toute personne qui a été éduquée conformément au schéma arbitraire d’une classe ou d’une culture donnée. Le relativisme culturel est volontiers admis par le jeune ou par celui qui entre dans un nouveau groupe – qu’il soit Ecole, Organisme économique comme une entreprise, Parti Politique, etc. - puisque ce dernier accepte de se remettre en cause par rapport à ce nouveau groupe.

Tout arbitraire culturel dominant subit le rapport de force et la concurrence d’arbitraires culturels périphériques dont les particularismes n’apparaissent que si l’on rapporte d’autres formes d’éclectismes ou de pensées syncrétiques. Une méthode dite « douce », puisque apparemment non directive :

·     faite de dialogues, de comparaisons, de participation,

·     basée sur les relations humaines,

·     codifiée et observée strictement par les participants, ce qui sous-entend l’implication de tous,

elle va,

·     compenser les rapports de force subis par l’Habitus primaire,

·     les comprendre,

·     les relativiser tout en acceptant toutes les violences symboliques comme tout arbitraire.

1°- La productivité spécifique de ce processus se mesure par le degré que l’Habitus produit, transportable dans un plus grand nombre de champs différents (cognitif, affectif ou conatif dont le symbolisme est un outil).

C’est pour cela qu’il ne faut pas attaquer une croyance de front : il est plus facile de déplacer le problème sur le plan affectif-sentiment. La croyance appartient à l’individu : on peut critiquer une idée, un comportement, non l’individu, donc la croyance. Par contre, cette croyance peut évoluer par l’action du groupe.

Pourtant chacun sait que la croyance est le siège de connaissances factuelles qui peuvent être erronées ou, et, imprécises : l’Homme est d’abord un être d’émotions où siègent les sentiments mais aussi le vouloir dont le moteur est la motivation. (Cette caractéristique de l’Homme est malheureusement mal exploitée.)

2° - L’équilibre psychologique suppose une stabilité relative, une cohérence interne. D’autre part on tolère difficilement sa propre incohérence devenue évidente lorsque deux faits contradictoires sont présents dans la conscience. Il résulte de ces axiomes une tension, un malaise qui pousse l’individu

soit : - à agir en fonction de choix possibles et reconnus

soit : - à paralyser celui-ci si ce sont des apories

3° - Chacun connaît le paradoxe du savant, plus il avance dans la connaissance de sa discipline, plus il découvre qu’il a encore beaucoup plus à apprendre et à comprendre. Le libre arbitre, l’espace de liberté se base : sur l’interrogation, sur l’incertitude, de ce qui est, sur le possible, exemple : ce qui est respecté est-il respectable ?

4° - Il est certain qu’une David Neel a eu beau s’approprier la culture arbitraire, au sens plein, d’un Tibétain, avoir été admise par eux et heureuse de les fréquenter, elle n’en demeure pas moins Française.

Toute déculturation visant à déterminer une conversion pour engendrer un Etre neuf par un nouvel Habitus ne peut réussir qu’en tenant compte des Habitus précédents ; et est à l’homme ce que le papillon est à la chenille. C’est dire que la qualité des Habitus antérieurs a son importance.

Lorsque le charisme du « Meneur de Jeu » est suffisamment estimable, estimé et reconnu par le groupe, ce dernier est prédisposé à recevoir l’arbitraire culturel du « ‘Prophète’ - Meneur de Jeu ». La réussite est fonction de la capacité de celui-ci à expliciter et systématiser les principes que le groupe détient à l’état pratique. Ce meneur de jeu – ce « Prophète » instaure une hiérarchie acceptée par l’individu.

Il va jeter un pont entre lui et l’autre, opérer une synchronisation : rencontrer l’autre sur son propre terrain, utiliser son cadre de références, son vocabulaire, se faire reconnaître, admettre et ensuite le guider pour l’amener là où il devrait être.

La Démocratie

Régime Politique où la Souveraineté est exercée par le Peuple.

Que nous l’acceptions ou pas, nos démocraties ne nous protègent pas de l’arbitraire, bien au contraire.

Sur quels fondements, droit, moral, le Peuple appuie sa raison ? Son Pouvoir ?

·     Toute définition objective de la culture d’un Régime Politique est arbitraire donc le régime démocratique l’est.

Elle ne peut inférer d’un principe universel et, de ce fait, ne peut être reliée à la nature humaine ou des « choses ».

·     La culture démocratique s’appuie sur un pouvoir « arbitraire culturel » qui impose sa vision, sa symbolique.

·     Toute catégorie ou Classe Sociale évolue en fonction du rapport de force exercé les uns par rapport aux autres. Cette force peut provenir d’un leader, d’une mode, d’une contrainte guerrière, voire d’une manipulation de masse (média).

·     La Classe Sociale est légitimée par l’adhésion de ses éléments, ce qui suppose une prédisposition à accepter sa prédominance sur l’ensemble : on s’allie toujours au gagnant potentiel.

·     Toute Classe Sociale  dominante fait que chaque constituant contribue à reproduire l’arbitraire culturel qu’elle inculque : c’est l’Action Educative.

·     Toute Classe Sociale. dominante qui détient le pouvoir arbitraire se maintient tant que son autorité reste licite, reconnue par tous, surtout par les sous-groupes ou Classe Sociale. dominées, et tant qu’elle se pérennise.

·     La reconnaissance de la légitimité de l’arbitraire culturel de la Classe Sociale dominante constitue une force légale qui prospère au détriment de toutes les Classe Sociale dominées interdisant à ces dernières une prise de conscience de leur propre valeur.

·     Toute Classe Sociale dominante légitimée impose sa loi et exclut les dissidents (individus ou sous-groupes).

Notre Démocratie, malgré ses imperfections, autorise ses enfants à jouir d’un important espace de Liberté. Notre système est ouvert même s’il privilégie la classe dominante. Chacun peut accéder à la Classe Sociale à laquelle il aspire s’il honore les principes démocratiques, c’est à dire, s’il respecte les règles de l’arbitraire culturel et qu’il accepte comme étant bonnes pour lui et la Société.

Cependant, si l’individu accepte une règle qu’il considère bonne pour lui, le groupe dominant considère la règle comme étant le bien ou le  mal par rapport à la ligne qu’il est nécessaire de suivre pour sa propre survie.

La Démocratie couronne celle ou celui dont la valeur intrinsèque symbolise les qualités culturelles dominantes : A. Lincoln, Y. Montant, Ed. Leclerc, John Major, par exemple. Ces célébrités ne cachent pas les fils de paysans qui, il y a encore une cinquantaine d’années, communiquaient en patois, les fils d’immigrés dont les parents baragouinaient à peine la langue et dont, aujourd’hui, beaucoup font partie des classes dominantes. Un de ces principes est le mérite personnel.

Il faut raison garder. L’arbitraire culturel permet la Démocratie. Sans celle-ci le mot Paix n’existerait pas. Pas plus que le mot Tolérance qui n’est autre que l’acceptation d’autres arbitraires, d’autres intolérances. C’est cette tolérance qui autorise les éléments d’un groupe dominé ou d’une minorité culturelle à ne pas renier leur origine sociale ou ethnique, à ne pas apostasier leur croyance.

Notre Démocratie, quand elle est forte, soutenue, valorisée, permet la perpétuation des coutumes et traditions des allochtones, quitte à les adopter pour enrichir notre République. Cependant jusqu’où ne pas aller trop loin et mettre cet équilibre en déséquilibre. « La démocratie est le pire des régimes, à l’exception de tous les autres ». Winston Churchill. Or celle-ci nous nous trouvons face à la théocratie, la dictature….

Ne pas admettre ou combattre les principes démocratiques :

·     c’est se reléguer et vivre dans un ghetto intellectuel,

·     c’est s’interdire toute possibilité d’insertion dans la Société,

·     c’est refuser d’adhérer au principe de Tolérance,

·     c’est avoir un comportement perdant-perdant ; perdant jusqu’au boutisse pour soi ainsi que pour la Société,

·     c’est concrétiser une violence due à l’intolérance jusqu’au néant :

C’EST INTOLERABLE.

 

Le droit à la différence

peut rapidement conduire à la différence des droits

Montesquieu

 

 

 

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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 16:24

 

L’Homme est un être de désir, de pulsion et d’affect. Le travail ne peut qu’assouvir ses besoins. Rares sont les privilégiés qui réussissent à satisfaire les seconds en répondant aux premiers. Henri Laborit.

 

Les différentes découvertes neurobiologiques nous font découvrir que la seule raison de l’être est d’être, que la fonction du système nerveux est d’agir sur l’environnement afin d’en contrôler les caractéristiques au mieux de son intérêt, de son équilibre biologique afin d’en maintenir la structure. Pour cela, il hérite de l’avoir biologique de ses deux parents selon les lois de Mendel et de l’apprentissage à la vie de son entourage. Ce que l’Homme engramme dans son système nerveux depuis sa naissance, à son insu - parce qu’il ne peut tout savoir et tout décoder -, ce qu’il en fait, en fait un être unique.

 

La seule certitude que l’exploration du comportement humain fait acquérir, c’est que toute pensée, tout jugement, pseudo analyse logique n’expriment que nos désirs inconscients, la recherche d’une valorisation de nous-mêmes à nos yeux et à ceux de nos contemporains. Parmi les relations qui s’établissent à chaque instant présent entre notre système nerveux et le monde qui nous entoure, le monde des autres hommes surtout, nous en isolons préférentiellement certaines sur lesquelles se fixe notre attention ; elles deviennent pour nous signifiantes parce qu’elles répondent ou s’opposent à nos élans pulsionnelles, canalisés par les apprentissages socioculturels auxquels nous sommes soumis depuis notre enfance.

 

Lorsque l’enfant paraît, il ne sait pas qu’il existe. Pourtant son cerveau bien qu’immature possède déjà une structure pulsionnelle répondant à ses besoins primaires fondamentaux et une structure nerveuse qui permettra l’apprentissage des automatismes de son habitus primaire et de l’éthos d’appartenance des ses parents. A sa naissance l’enfant est inculte, il est énergie, un potentiel qui s’ignore. Alors qu’il pourrait se développer à sa guise, l’adulte se préoccupe avec surtout l’habitus secondaire de sa mise en “ culture ” conforme à celle définit par l’idéologie dominante : le sacre de l’alliance du goupillon et de l’épée. Celle de notre vision judéo-chrétienne mercantile Observons par opposition les habitudes de vies des Américains face à ceux issus des pays de Moyen Orient et des Chinois Chaque génération de parents va donc enseigner à sa progéniture ce qu’ils pensent être le meilleur pour leur enfant, leur conception à eux du bonheur.

Par ailleurs nous savons que ce système nerveux vierge de l’enfant à sa naissance, s’il n’est pas mis en contact avec ses semblables ne deviendra jamais un système nerveux humain. Quelques cas d’enfants sauvages ont été relatés par la science et la littérature qui nous démontre qu’à chaque stade du développement de notre système nerveux, l’enfant doit acquérir des données de l’éducation et de connaissance intellectuelle propre à son éthos sous peine de non acquisitions ou du moins de grandes difficultés. J’ai entendu cette réflexion à propos d’adulte : “ cet individu n’est pas fini ”.  D’autres cas d’enfants observés ayant une origine d’un pays lointain élevés par des parents européens dès leurs plus jeunes âges, acquièrent la mentalité des enfants d’origine européennes.

 

Le programme génétique chez l’Homme aboutit à un système nerveux, instrument de ses rapports avec l’environnement inanimé et animé, instrument de ses rapports sociaux, de ses rapports avec les autres individus  de la même espèce peuplant la niche où il va naître et se développer. Dès lors il se trouvera soumis entièrement à l’organisation de cette dernière.

Le système nerveux répond d’abord aux nécessités urgentes qui permettent le maintien de la structure d’ensemble de l’organisme. Ce faisant, il répond à ce que nous appelons les pulsions, principe de plaisirs, de la recherche de l’équilibre biologique. Il permet ensuite, du fait de ses possibilités de mémorisation, donc d’apprentissage, de connaître ce qui est favorable ou non à l’expression de ces pulsions. Les motivations pulsionnelles transformées par le contrôle social, des apprentissages, des automatismes socioculturels seront à l’origine de la mise en jeu de l’imaginaire. L’imaginaire, fonction spécifiquement humaine permet à l’Homme de transformer l’environnement.

 

Ce que nous pouvons admettre est que nous naissons avec un instrument, notre système nerveux qui nous permet d’entrer en relation avec notre environnement et que celui ci est semblable à celui de notre voisin.

 

Rester normal est resté normal par rapport à soi-même et pour cela il faut conserver la possibilité d’agir conformément à nos pulsions, transformées par nos habitus primaire secondaire et notre éthos.

 

Nous rappellerons que la fonction du système nerveux consiste essentiellement dans la possibilité qu’il donne à un organisme d’agir, de réaliser son autonomie motrice par rapport à l’environnement  de telle façon que la structure de cet organisme soit conservée. Pour cela deux sources d’informations lui sont nécessaires : l’une le renseigne sur les caractéristiques changeantes de l’environnement qui sont captées par les organes des sens –vue, ouie, odorat, toucher, et le goût, l’autre le renseigne sur l’état  interne de l’ensemble de la communauté cellulaire organique dont il a mission de protéger la structure en en permettant l’autonomie motrice – système neurovégétatif.

Les structures les plus primitives du cerveau, l’hypothalamus et le tronc cérébral, suffisent à assurer un comportement simple répondant à un stimulus interne que nous appelons pulsion. Ce comportement inné permet l’assouvissement de la faim, de la soif, et de la sexualité.

Chez les premiers mammifères apparaît le système limbique qui autorise les processus de mémoires à long terme. Dès lors toutes expériences avec l’environnement ne se perdront plus et seront mise en réserve et leur évocation à l’intérieur de cet organisme pourra survenir sans relations de causalité évidente avec les variations survenant dans le milieu extérieur. Elles seront enregistrées comme agréables ou désagréables et donc comme permettant le maintien de la structure ou étant dangereuse pour celle-ci. Les premières auront tendance à être répétées – phénomènes de renforcement, les secondes à êtres évitées –phénomène de l’élastique. Ces actions résultent de l’apprentissage. La motivation fondamentale des êtres vivants semble être le maintien de leur structure organique, elle dépendra soit des pulsions en réponse à des besoins innés ou à des besoins acquis par apprentissage.

Avec le cortex on accède à l’anticipation à partir de l’expérience mémorisée des actes gratifiants ou nociceptifs, et à l’élaboration d’une stratégie capable de les satisfaire et de les reproduire ou de les éviter respectivement.

Il semble exister trois niveaux d’organisation de l’action :

1.    Le plus primitif, à la suite d’un stimulus interne ou/et externe organise l’action d’une manière automatique et est incapable d’adaptation : fuite, colère noire etc.

2.    Celui-ci organise l’action en prenant en compte l’expérience antérieure grâce à la mémoire limbique. Ce niveau cache souvent la pulsion primitive et enrichit la motivation de tout l’acquis du à l’apprentissage.

3.    Ce niveau est celui du désir. Il est lié à la construction imaginaire et anticipative du résultat de l’action entreprise

Cette action se situe dans un espace ou se trouve des objets et des êtres qui permettent un apprentissage gratifiant assurant le renforcement de l’équilibre de l’organisme. L’appropriation de cette espace gratifiant peut devenir source de conflit d’intérêt avec d’autres hommes. Apparaît ici l’établissement d’une hiérarchie de dominance, la notion de dominant et de dominé.

L’expérimentation montre en effet que la mise en alerte de l’hypophyse et de la corticosurrénale aboutit si elle dure dans le temps à des pathologies viscérales (ulcère d’estomac, impuissance sexuelle, hypertension artérielle par exemple). C’est souvent du au stress supporté

1.    par les dominés

2.    par les dominés qui cherchent à asseoir leur dominance

3.    par les dominants dont la dominance est contestée et qui tente de la maintenir

 

L’agression est une quantité d’énergie capable d’accroître l’entropie d’un système organisé, i.e capable de le détruire. Il existe les agressions directes (physiques ou chimiques) qui s’en prennent à la personne physique et l’agression psychique qui passe par la mémoire et l’apprentissage de ce qui peut être anxiogène pour l’individu. Si cette agression ne trouve pas de solution adaptée immédiate elle débouche chez l’Homme sur un comportement d’agressivité défensive pouvant aller jusqu’au suicide en passant par l’autopunition en mettant en jeu le système inhibiteur de l’action

 

Animal, l’Homme l’est. Dans l’action nous l’avons vu il agit selon trois niveaux qui lui viennent de ces ancêtres - premier niveau. Il possède la possibilité de mémorisation qui permet l’apprentissage et surtout l’imaginaire qui autorise l’anticipation. Ce qui le différencie de l’animal est la possibilité de transmettre par le langage l’information aux générations suivantes. L’enfant qui naît bénéficie ainsi de l’expérience acquise (habitus secondaire) depuis les premiers âges humains surtout lorsque l’écriture vient compléter la transmission orale facilement déformable.

 

L’Homme est le seul animal qui sache qu’il doit mourir. C’est le seul que l’on connaisse qui enterre ses morts. C’est le seul qui pense – quand on lui en laisse le loisir – à sa mort.  Dans notre civilisation, l’Homme est considéré comme une usine à consommer sa propre production (culturelle et matérielle) et tout est organisé pour l’empêcher d’envisager sa décadence, la maladie et sa disparition. C’est dommage car l’angoisse qui en résulte est sans doute une motivation très forte à la créativité. Combien d’Homme souhaite laisser à leur postérité une trace : culturelle, scientifique, politique etc.

Ce que laisse l’Homme à la postérité dont il soit sûr au moins pour une ou deux générations, sont les idées, l’énergie qu’il a émis pendant sa vie. De la somme de ces découvertes scientifiques, philosophiques font ce que nous sommes aujourd’hui, héritage de tous ceux qui nous ont précédés sur cette terre, alors que l’animal ne semble pas avoir évolué, se conformant depuis la nuit des temps à ses instincts d’animal.

 

L’angoisse fait partie intégrante de l’Homme, elle est liée à son devenir, à sa capacité d’anticiper l’action. Mais qui de l’angoisse ou de la Foi, fit son apparition la première chez l’Homme ? Il est possible que la première engendre la seconde. Si la première inhibe, la seconde peut fournir une raison d’avancer. Les deux sont de toute façon des facteurs motivationnels. La sublime gratification ne peut s’obtenir que par le risque – calculé – et la victoire sur l’angoisse que cela procure. Empêcher d’action l’Homme met en place l’entropie, la mise en danger de sa vie surtout, en plus, si on lui interdit l’imaginaire. La cause première de l’angoisse chez l’homme est l’impossibilité de réaliser l’action gratifiante qui permet le maintien de l’équilibre de l’organisme. Le fait de combattre par l’action l’agression ou le fait de pouvoir fuir dans l’imaginaire sont des moyens d’échapper à l’angoisse.

Le déficit informationnel, l’ignorance provoquent l’angoisse et ceux qui en souffrent auront tendance à faire confiance à celui qui dit savoir et se prétendent compétent. Par paresse, mais aussi par acceptation d’une position de dominé, celui-ci ira se faire paterner par le dominant au lieu de faire sa recherche d’information.

A contrario, la surabondance d’informations qui envahie l’Homme sans que celui –ci puisse réagir crée l’angoisse qu’aucun acte gratifiant ne peut sécuriser.

Autre facteur anxiogène pour l’homme de se rendre compte de l’impossibilité de réaliser l’acte gratifiant envisagé. Cela peut déboucher sur l’agressivité et la violence. Ce phénomène se rencontre souvent chez les jeunes en réaction de l’ordre admis.

La raison la plus fréquente qui nous empêche d’agir est le conflit qui s’établit dans nos voies nerveuses entre les pulsions (sources de désirs) et l’apprentissage de la punition, de l’interdit du à l’environnement socioculturel ambiant. Autre source d’angoisse la notion de relativité des jugements : le manque de certitude sur lequel se reposer. C’est cela qui motive l’Homme dans sa quête de sa connaissance de l’inconnu scientifique.

Dans un premier temps, le cerveau essaie de contrôler l’objet anxiogène et de le neutraliser (comportement défensif agressif – les muscles se raidissent, yeux deviennent fixes…) ou selon choisit la fuite (évitement actif souvent irraisonné). Le cerveau enregistre le résultat de cette action : succès ou échec. La répétition de cet apprentissage va induire des “ élastiques ” dans le cas d’échec et l’individu deviendra dépendant d’un processus de mémoire qui agira à son insu. Nous avons vu précédemment que nous utilisons le faisceau de la récompense le plus souvent possible. Il existe un processus identique inhibiteur à l’action.  Quand un événement survient indiquant que l’individu devrait recevoir un acte gratifiant à son action mais que sa mémoire antérieure (l’apprentissage) lui rappel quand répondant à sa pulsion il sera puni, apparaît l’angoisse.

 

 

Liberté, quel sens peut elle avoir ? Si nous discutons avec un nord américain nous nous apercevons vite qu’elle s’arrête au dessus de la ceinture. En France, elle signifie de pourvoir jouir de quelque chose interdit à l’autre. Je fais référence à notre antériorité culturelle remontant en septembre 1620 pour les Américains et 1789 pour les Français. Tout est conditionné par notre inconscient personnel, notre histoire. Nous agissons sans connaître les motifs de notre choix. En 1870, Thiers récompensa les Communards de leur échec en les exilant à l’autre bout du monde, en Nouvelle Calédonie. Que pouvaient-ils faire une fois sur place ? Aller étudier les mœurs des Kanaks et adopter leur mode de vie ? Elaborer le projet de vie pour lequel ils s’étaient battus ? Non, seuls, loin de leurs repères, ils bâtirent une société identique à celle qu’ils avaient combattue ! En sommes-nous conscient ? Lücher nous le démontre lorsqu’il nous demande de hiérarchiser le choix de 8 couleurs. La combinaison obtenue permet au psychologue de pénétrer l’inconscient de l’expérimentateur. Alors comment prendre conscience des pulsions qui sont contrôlées par nos automatismes socioculturels ? La grande manipulation de notre civilisation est d’avoir convaincu chacun que la liberté était dans l’obéissance au Droit institué par la Classe Dominante et à sa hiérarchie qui fonde notre Société, respectueux de ce précepte, c’est le seul moyen de s’élever dans la hiérarchie. Churchill disait que de toutes les institutions politiques, la démocratie était la moins pire de toute.

 

Pourtant nous pouvons opposer “ liberté ” et “ déterminisme ”. Le déterminisme implique un principe de causalité linéaire, alors que celui de liberté accepte la dichotomie, sous tendant la part d’aventure qu’a l’Homme à découvrir les lois du déterminisme et à les comprendre. C’est ce qui lui permet de les utiliser à son avantage.

 

Il est curieux de constater combien l’Homme de notre Civilisation est attaché au terme de Liberté Chez nous, ce concept sécurise. Les grandes surfaces alimentaires ont basé leur fortune sur cette particularité. Nous bâtissons de nos mains notre destinée individuellement, du moins nous en sommes convaincus. Maslow lui nous démontre que nous recherchons à satisfaire notre besoin d’appartenance au groupe qu’il soit familial, professionnel, régional etc, pour ce faire nous allons imiter celui qui est représentatif de ce groupe, faisant cela, nous admettons sa dominance sur nous et acceptons le principe de hiérarchisation.. De ce fait, nous sommes confrontés à la liberté de ceux qui occupent notre environnement. De cette confrontation naîtra le principe de hiérarchisation des individus, des uns par rapport aux autres. Le chef, le leader, le dominant et puis les autres.

 

Dans le concept de liberté l’individu va trouver le concept de “ responsabilité ”. Celle ci s’accroît avec le niveau atteint dans la hiérarchie de l’organisation. Mais s’il n’existe pas ou peu de liberté à la décision (celle-ci étant le résultat de nos pulsions inconscientes), peut-il exister une responsabilité ? Ce que l’on peut dire est que l’accomplissement d’une fonction demande un niveau de connaissances techniques et d’informations professionnelles.

On comprend mieux pourquoi, le chef peut faire parfois de la rétention d’informations ou bien utilise des moyens de coercitions afin qu’un qui est moins bien loti que lui, lui fasse de l’ombre et l’oblige ensuite à acquérir des connaissances que son subordonné possède. Pour cela l’individu doit avoir une certaine motivation pour rester dans le coup. Cette motivation à…, il va la trouver dans les mécanismes nerveux central où siège la volonté, celle-ci le poussant à la recherche du plaisir le plus trivial d’être le plus fort, donc d’être toujours un dominant. La remise en cause de cette place dans la hiérarchie peut provoquer, à terme, des dysfonctionnements dans les systèmes nerveux, végétatifs, endocriniens chez l’individu. C’est une question de survie.

 

Ce raccourci nous montre que le concept de Liberté est rarement analysé et favorise l’établissement des hiérarchies de dominance qui sont librement consenti et accepté par tout un chacun. Elle est la base de notre Société.

Si nous admettions que le concept “ Liberté ” utilisé dans notre société est une tromperie langagière cela nous permettrait, peut-être, d’accepter et de comprendre la notion de tolérance. Etre tolérant est accepté que, alors depuis notre enfance nous sommes mis sur les rails de la liberté de nous conformer en Homme libre et responsable de vivre dans notre Société telle qu’elle est instituée par la Classe Dominante et acceptée par les dominés , certains “ déraillent ” et vont se faire soigner dans des services psychiatriques ou vont en prison calmer leur pulsion inassouvie ou leur désaccord.

 

Les plaisirs ou les pulsions sont des phénomènes qui sont chargés de nous maintenir en vie et sont donc naturellement nécessaire. Sa recherche est le moteur a toute motivation de l’Homme qui dépend d’abord de notre cerveau reptilien mais aussi mammalien et de notre cortex. Le plaisir est lié à l’accomplissement d’un acte gratifiant qui donne un bien-être. L’individu recherche l’assouvissement de cet acte gratifiant, bien qu’il soit passager – il disparaît dès que consommé, mais le bien-être demeure puis lui-même s’estompe. Apparaît un état de manque et réapparition du besoin pulsionnel. La recherche de l’accomplissement du besoin pulsionnel est canalisée par l’apprentissage des codes et valeur en vigueur par l’environnement socioculturel ambiant. Dans notre monde mercantile à dominance hiérarchisante, la recherche de l’acte gratifiant sera orientée vers la production de marchandises, ou la promotion sociale. Ce cycle étudié par KARSKY est la base du phénomène motivationnel. Chez l’homme la récompense ne s’obtient que par l’action sur l’environnement. Néanmoins attention à la sémantique culturelle ambiante. Nos automatismes donnent une connotation négative au terme plaisir auquel on associe souvent la sexualité. Sexualité trop souvent encore perçu au travers de la “ morale ” Chrétienne comme très nocive. Or chez les Juifs, la femme a une image divine supérieure à l’homme, l’image de la sexualité s’en trouve modifiée. Mais cette recherche du plaisir n’est il pas la joie, s’accompagne-t-il pas de satiété, de félicité. N’est-il pas chez l’Homme la recherche d’un acte ou d’une réponse gratifiante ? Pendant deux millénaires, il était de bon ton de souffrir afin de s’élever. Il nous sera donné au centuple dans l’autre monde. 1789 renversa tout cela. Les automatismes sont dur à mourir, heureusement pour les dominants qui grâce à l’imaginaire, au respect de la hiérarchie, aux règles établies continuent de perpétuer l’idéologie de la souffrance pour conserver leur statut de dominant sans être obligé de se remettre en question. Seules les satisfactions d’élévation hiérarchiques sont honorables. Cette élévation sera d’ordre numéraire dans une économie libérale, d’ordre d’un grade plus élevé dans une économie socialiste. Hors ces deux principes, point de salut. Toute la créativité de l’Homme va soit se diriger vers l’accroissement de son compte en banque, ou gravir les échelons de la hiérarchie de son organisation pour bénéficier des bienfaits aux autres refusés, soit tout faire pour conserver son état de dominant en se servant de tous les artifices inventés par la religion par exemple (meilleure vie dans l’au-delà, dans une vie future). En attendant ce qui est pris dans cette vie là, n’est plus à prendre.

En 1954, deux chercheurs américains, Olds et Milner découvrent, au niveau des centres cérébraux des voies neuronales le « médial forebrain bundle » que H. LABORIT appellera « faisceau de la récompense » En effet les tests de laboratoire démontre que ce faisceau qui unit les pulsions, la mémoire, de l’affectivité, de l’asociabilité est mis en jeu entraîne une stratégie aboutissant au plaisir, à la répétition de l’acte gratifiant.

Cette recherche de l’action gratifiante fait des envieux. Et pour cause, elle est source du bien être, de notre survie. Il suffit de suivre des chômeurs et des retraités d’office pour s’apercevoir, chez ces publics, où se procurer du plaisirs leur est limité voire interdit – à cause un compte en banque exsangue, ou par une position sociale respectable qu’ils ont du quitté d’office et sans espoir de retour – une déperdition plus ou moins sensible de leur tonus vital, ils vieillissent plus rapidement et sont plus fragiles que la moyenne de leur concitoyens en activité par une production de radicaux libres et autres méfaits biologiques biens connus des médecins.

 

Nous arrivons dans notre société d’hyper consommation, de rentabilité à outrance, de la recherche du grand profit à une concurrence sans merci de la recherche du plaisir, de la satisfaction de nos pulsions. Cette motivation à assouvir ces pulsions iront dans le respect des règles établies par la société ou dans le non respect de ces règles. Ici aucune morale n’entre en considération. Je vis, j’ai des pulsions à satisfaire qui me viennent de mes instincts du cerveau reptilien, de mon éthos, de mes automatismes socioculturelles et comme tout un chacun je mets toute mes intelligences, mon imaginaire, toutes mes forces vives pour les réaliser. Si je suis ainsi, et étant baigné dans cet environnement qui est le tien aussi, il y a des chances pour que toi pareillement, ami lecteur, tu réagis ainsi. Si cette recherche de l’action gratifiante se heurte à l’action gratifiante identique à mon voisin, s’ensuivra une compétition où tout est permis.

 

Nous possédons comme tous les mammifères, nos instincts primaires. Par contre notre avantage est que nous avons la faculté d’apprentissage, la faculté d’engrammer les expériences. Nous vivons en société car cette société nous renvoie l’image de nous même et que, sans elle, nous sommes perdus et donc exclus. Tous nos actes se font en fonction de cette société. Comme dans les troupeaux, il y a un meneur, un dominant, un chef. Dans nos sociétés nous avons aussi des chefs. Dans un groupe d’animaux, la dominance se base sur la force, l’expérience. Dans la communauté humaine, nous avons le même type d’organisation. Sauf que la force pure “ thermodynamique ” est remplacée par quelque chose que l’animal n’a pas. Nous avons la faculté, grâce à notre cortex, d’associer, d’imaginer à partir de notre base de donnée née de l’expérience, de nouvelles stratégies.

 

Comme tout animal, notre système nerveux nous permet d’entrer en contact avec notre environnement, d’agir sur lui pour notre épanouissement. Dans celui-ci tout ce qui permet notre bien être physiologique, mental existe et s’offre à nous. On appropriation donne le plaisirs, le plaisirs apporte bien être et félicité qui répare et entretien l’organisme. Lorsque nous ne pouvons nous approprié le plaisir convoité, nous entrons en lutte pour son acquisition. Soit nous gagnons l’objet et tout va bien, nous sommes un dominant, soit nous ne pouvons le posséder et devrons laisser à l’autre la jouissance de ce bien. Pour éviter les luttes incessantes de dominance, l’organisation inventa la hiérarchie de dominance, le dominant imposant sa loi.

 

Chez les humains, la force fait place à des critères autres. Dans un monde libérale, c’est le montant du compte en banque qui désigne le dominant, le un monde socialiste, c’est la valeur du grade qui l’indique. Lorsque surgit un objet gratifiant désiré par deux individus, celui qui le prend est le dominant, l’autre le reconnaît comme tel. Si cet objet représente une valeur réelle pour un dominé, il y a risque de confrontation qui implique lutte ou fuite.

Pour qu’il y ait lutte, il faut que la mémoire n’est pas enregistré une réponse punitive à cet acte en cas d’échec, il faut une motivation forte. Si la lutte n’est pas possible, reste la fuite.

 

Dans certaines situations, lorsque un dominant impose sa loi à un subordonné et que celui ci la réfute, il lui reste à fuir sous peine de subir des dysfionnements organiques.

 

Inhibition est un blocage au passage à l’acte dû soit à la morale ou des règles acceptées, soit d’un apprentissage dû à une répétition, donc apprentissage de l’échec. Chez l’animal, la frustration – diminution de la récompense attendu voire sa suppression – touche les mêmes cellules cérébrales que l’apprentissage de la punition. Chez l’humain, on constate que la suppression de la récompense et semblable à recevoir une punition et inhibe l’action gratifiante espérée.

Si nous plaçons un animal dans une situation inconfortable mais qu’il lui est possible de fuir celle-ci ou de pouvoir décharger son agressivité, il ne gardera aucune trace dans sa mémoire et restera alerte et dynamique. Par contre si cette position inconfortable perdure sans qu’il puisse fuir ou décharger son agressivité – par réaction – il va se recroqueviller sur lui même et perdra son dynamisme. Cette agressivité non extériorisée il va la retourner contre lui même et il fabriquera ulcères, hypertension, maladies cardio-vasculaire ou autres maladies psychosomatiques. Lorsque le corps est victime une agression thermodynamique externe, il s’ensuit des lésions plus ou moins importantes qualifiées de primitives. Mais dans l’expérience de l’animal précitée, le stress supporté ne fait pas apparaître la lésion qui n’est pas primitive mais secondaire à la réaction. Cette réaction est la conséquence de l’apprentissage de “ l’inefficacité de l’action ” à contrôler l’environnement. Comme tout apprentissage, elle fait appel à la mémoire

 

L’entraînement à l’agression verbale, à la déconsidération publique, finit par devenir un désespoir appris et, devant l’absence de réponse à cette agression, une impuissance apprise. Cette impuissance apprise inhibe toute la volition de se surpasser, de progresser.

 

Mais l’interprétation du phénomène d’impuissance apprise va au-delà d’un modèle purement comportemental, pour s’articuler à une dimension cognitive. L’individu ainsi traité acquiert au cours du temps une nouvelle conception de la causalité : à savoir que l’environnement agit sur lui mais que lui ne peut agir sur l’environnement. Agir ou ne pas agir revient au même!

 

L’impuissance se réinstalle. Un sujet dépressif face à un échec procède à un jugement de causalité internal, global, stable et permanent. C’est à dire qu’il s’attribue toute la responsabilité de l’échec et considère que celui-ci est définitif et qu’il peut s’étendre à tous les domaines de son existence.

 

La colère de tout individu, devant une agression de l’environnement, quel qu’il soit, est en droit de réprouver est légitime et salutaire. Cette attitude, inconciliable avec le rôle de responsable, amène un subalterne à devenir amorphe et non participatif. Le professeur WOLPE propose comme thérapie « l’affirmation de soi » qui permet à l’individu d’apprendre et de se réapproprier des sentiments positifs ou à extérioriser un sentiment négatif (opposition, refus ou colère devant une agression). A tout prendre, cela vaut mieux que les produits chimiques dont les effets à long terme peuvent aggraver le diagnostic dépressif.

 

Cette acceptation par des adultes de « l’impuissance apprise » vécue par des enfants, adolescents ou adulte amène soit à :

un suicide pur et simple de l’individu

2. une atonie, un état dépressif permanent voire, plus tard une cassure de la personnalité pouvant amener une faillite psychologique de l’individu

3. une rébellion - Cf. « Moi, Phoolan Devi, reine des bandits » - Edition Fixot, qui en est une illustration

- « La Révolution de 1789 en est un autre exemple dans la mesure où la Royauté absolue permettait à la Noblesse et au Clergé de jouir des privilèges aux dépens du Tiers Etat.

 

Quand une source provoque une perte locale ou diffuse de la structure, elle amène une lésion (au niveau cellulaire)  Dans le cas d’un stress psychosocial, la lésion n’est pas apparente, ni primitive, elle est secondaire à la réaction. Elle mise en jeu par l’apprentissage et fait appel à la mémoire. La mémoire de l’inefficacité de l’action aboutit à l’inhibition, à l’attente en tension du moment d’agir. Le cerveau essaie de contrôler l’agent anxiogène, de le neutraliser (agressivité défensive) ou de le fuir (évitement actif). Le cerveau enregistre le résultat, succès ou échec de cette action. Cet apprentissage influera le comportement ultérieur de l’individu. Quand le contrôle de l’événement est efficace, on ne constate pas ou peu de perturbations biologiques, comportementales. C’est quand l’individu ne peut plus assurer le contrôle de l’événement anxiogène que les perturbations apparaissent.

 

Le Non respect de l’autre est destructif.  Dans les deux premiers cas, on joue perdant pour l’autre et gagnant pour soi, dans le dernier cas perdant pour l’autre et perdant pour soi.

 

Ce qui est connu, est ce carré. Là, nous sommes la proie d’un dominant si nous sommes dominé, or de ce carré, points de repères, si ce n’est que celui que nous imaginons être, là est notre champs d’expérience. Si ce carré est absolu, pas de fuite, nous subissons. Si je parviens à trouver une issue, alors je suis libre de rester ou de partir, le dominant n’a plus de moteur.

 

Le système hiérarchique.

Refuser allégeance à un groupe, donc refuser son mode de vie, ses valeurs et ses récompenses, est refusé aussi sa protection en cas de danger. C’est refuser d’être reconnu, à être ignoré par tous, d’être critiqué, d’être exclus, de vivre en solitaire. Accepter de mourir pour les autres est accepter de mourir pour soi. Qui, quelle personnalité peut espérer fleurir dans la solitude. Ce besoin d’appartenance est si forte, impérieuse qu’elle est notre talon d’Achille : tu fais ceci ou cela ou bien tu démissionnes, tu t’en vas. Qui n’a entendu ce chantage ? Voilà la base de l’esprit maison tant recherché par les dominants. Alors que l’entreprise devrait être un champs d’action à la créativité, l’Homme, chez ce producteur, reste un maillon de la production, objet comme la machine qu’il utilise. A cet Homme s’il veut survivre, doit produire comme la machine qu’il manie. La plus grande richesse que l’Homme puisse offrir n’est-il pas le plaisir de travailler selon ses désirs ? Si le propre de l’Homme est de créer et la réalisation de ses pulsions, quelle énergie va-t-il déployer dans ce domaine pour s’accomplir ! L’entreprise n’est-elle pas une mine de richesse par le capital humain qu’elle possède ? Ce capital humain n’est-il pas un capital de créativité ? On parle de la Recherche et Développement, en France. Regardons en Orient, chacun est créateur et chacun peut apporter une idée. C’est une des forces du management japonais. Tout être qui est dans cette entreprise, dans cette organisation est une source potentielle de richesse pour tous.

 

Si l’homme se sert de son imaginaire pour accéder au plaisir, il faut se rendre à l’évidence, le plaisir peut être gâché par le système hiérarchique créé par l’Homme. L’action gratifiante de l’un – même s’il sert l’intérêt de tous - ne peut aller à l’encontre du système s’il ne s’accompagne pas du rituel d’allégeance au système. Pour éviter le conflit, l’agressivité non exprimée reste la fuite. Nous savons qu’une montée d’adrénaline favorise la circulation sanguine dans les organes, elle favorise aussi l’anoxie dans les organes abdominale. Trop souvent répétée, cette montée d’adrénaline causera des lésions dans ces organes, et favorisa aussi les situations d’évitement allant à l’encontre des résultats recherchés. Il faut le reconnaître, parfois la hiérarchie est aliénante, source d’angoisse et perte de créativité. Quand un système nerveux ne trouve plus dans son environnement, dans son territoire la possibilité d’effectuer des actes gratifiants, il ne lui reste plus que la fuite, la soumission ou la dépression avec ses conséquences « psychosomatiques ».

 

N’est-il pas temps de changer la vision de nos syndicats tant des salariés que du patronat ? Tous avons à y gagner : l’entreprise et ses salariés.

 

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louis.peyé.over-blog.com - dans sociologie
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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 13:55

 

Il y a deux façons d’envisager la réponse.

La première, celle qui est mise en avant afin d’appâter le cherchant est de lui dire :

Tous les êtres humains sont Frères. Nous avons une origine commune. Cette origine est sacrée. Nous devons nous RE-connaître afin de comprendre d’où nous venons, vers où nous allons et pourquoi. Ce questionnement permanent amène l’homme à l’humilité et à la Tolérance, au respect de l’autre et de sa liberté de pensée.

Lorsque le Profane est initié, il change d’espace. Il vient d’ouvrir une porte et celle-ci s’ouvre sur une autre dimension. En avait-il conscience ? Ou est-ce la découverte ? Qu’importe. Il vient de prendre conscience qu’il est sur son chemin de Compostelle et qu’il n’est pas seul sur la route. Il prend aussi conscience que ce chemin est personnel, et comme tous les chemins, il comporte des aléas, des trous, des flaques d’eau ; le danger rôde. Ne dit-on pas que chaque humain a une petite lampe qui éclaire le passé et qu’aucune lampe n’éclaire sa route devant ? Qu’est-ce que ce danger ? Il est surtout sa manière d’envisager l’obstacle. Cette réaction à celui-ci peut avoir des conséquences plus ou moins importantes. Il apprend donc à s’élever et, ce, avec le concours de ses Frères et Sœurs.

La méthodologie est basée sur ce que nous ont laissé les Compagnons bâtisseurs qui érigeaient les Cathédrales. Lorsque l’Apprenti regarde cette ode au Grand Architecte De l’Univers, il s’aperçoit que  les pierres qui la composent sont différentes les unes des autres. Il prend conscience alors que c’est cette différence-là qui, mise dans un ordre parfait, fait la beauté et la majesté de l’édifice. Cette construction n’est pas le fait du hasard, cet ordonnancement est pensé, activé selon la Canne du Maître d’œuvre, et il est aujourd’hui devenu le Rite (différent selon les Maîtres qui l’ont mis en pratique) et l’érection du monument la conséquence de ce travail en commun.

L’Apprenti prend alors conscience qu’il a un travail personnel à effectuer : dégrossir sa pierre brute, travailler sa propre pierre. C’est la première étape. Il apprend à Connaître son individualité et à répondre au « qui-suis-je ». Il découvre ce qu’est le V.I.T.R.I.O.L.

Ensuite, c’est la seconde étape : il apprend à ajuster sa propre pierre avec celle des autres en fonction de l’individualité de chacun. Cette pierre, cette individualité, n’est pas faite pour rester seule, elle est appelée à devenir efficiente en s’adaptant et en complétant les autres. Il apprend à croiser les compétences et les synergies, les aptitudes afin de créer un monde fraternel que symbolise la Cathédrale. Le Compagnon OSE ÊTRE ce qu’il est, avec les autres.

Arrive alors la troisième étape. Lorsque l’on regarde les personnages, les dimensions, l’orientation, les volumes, les symboles et bien d’autres choses, toute la Cathédrale parle, évoque, traduit, enseigne à celui qui l’observe. La Cathédrale,  n’est pas muette, elle vit. Elle trouve un écho. Echo à quoi ? Elle est là, apparemment silencieuse mais combien audible à celui qui écoute en silence. Par sa simple présence, ce qu’elle est, elle agit sur son entourage. Elle est initiatrice d’un mouvement. Celui, qui est là à l’observer, aspire à devenir membre de cette Fraternité constructive et positive.

Et puis existe aussi une seconde réponse.

L’homme EST un animal. Comme tel, il agit. C’est un mammifère de la famille des Primates. C’est un Singe nu.

Celles et ceux qui ont été dans des zoos, ceux qui ont regardé des séries animalières, ceux qui se sont documentés dans des livres, tous savent que les mammifères, donc les Primates vivent en communauté structurée sous la houlette du Chef, en général le plus fort et aussi le plus rusé donc le plus  intelligent en théorie. Il impose sa loi. Cette communauté répond à la loi de la Pyramide de Maslow. Tout primate éprouve des besoins :

- physiologiques (manger, boire, dormir, se reproduire),

- de sécurité  (être en groupe rend plus fort, n’est-ce pas ce que disent les associations syndicales ?, etc),

- d’appartenance (les groupes de primates se font la guerre dont les mobiles sont identiques à ceux des hommes ; entre clans de gorilles, ou de chimpanzés ou de macaques, ne serait-ce que pour s’approprier les femelles de l’autre groupe ou un territoire plus nourricier, ou parce que les mœurs diffèrent).

Chez les primates les plus évolués, ce sont les besoins de reconnaissance qui sont les plus prégnants. Ce besoin est si impérieux chez certains que sans lui, ce primate n’existerait pas. Ah ce besoin qui en appelle à l’ego. Chez le primate il s’exprime par : « MOI JE… suis ce que toi tu n’es pas » et donc je suis celui qui… (Regardez dans ce groupe de singes, celui-ci qui guigne la place du chef, car celui-ci copule avec la plupart des femelles, il impose la loi et l’organisation du groupe et les petits trafics du clan. Il va donc trouver tout ce qui va lui permettre de prendre le sceptre, toutes les petites combines, les trafics entre amis, les alliances… tout est bon pour prendre la place si convoitée. Le groupe est organisé, chacun a une place que souvent un autre convoite car chaque fonction offre des prébendes. Ce que l’on constate chez les primates, (cf « l’animal est-il une personne de Yves Christen – ISBN 9 782081 265950), on retrouve l’identique chez l’Homo Sapiens Sapiens.

Comme on le constate, l’une ou l’autre réponse tourne autour de l’organisation du groupe, du clan, que l’impétrant va trouver en se préparant à l’Initiation. Il ne sait absolument pas celle qu’il va trouver. Lorsqu’il est reçu la première fois en Loge, il est questionné sur la qualité de sa motivation et il a les yeux bandés. De toute façon il aspire à avoir une réponse positive. Il est persuadé et il ambitionne, en principe, de vivre ce que la rencontre avec un Maitre Maçon lui a fait entrevoir et auquel il adhère. Mais cet aspirant à l’ésotérisme a-t-il rencontré le bon Maître ? Ce Maître va, en principe, le conduire où il pense être le meilleur pour son filleul, c’est-à-dire ce que lui EST.

Alors, ce futur cherchant va-t-il suivre ce que lui donne la première réponse ou va-t-il suivre ce que lui donne la seconde réponse ?

Voilà ce qui illustre la seconde réponse corroborée par la presse sérieuse.

Les affaires pullulent dans les Respectables Loges où s’illustre la seconde réponse :

-      Dans les Bouches du Rhône, nous avons les affaires Guérini (dont l'un des frères est incarcéré et l'autre remercie d'être sous la protection de la loi qui protège les élus du Peuple)

-      dans le Nord, le bastion de « Sainte » Martine Aubry, nous avons l'affaire Dalongeville dont Marine Le Pen a failli remplacer le maire susnommé pour blanchiment d'argent. Les policiers ont découvert 13 000 € en coupures de 100 et 500 €. Dalongeville, ancien prof d'Histoire Géo et ancien maire, est incarcéré. Ce qui est particulièrement préjudiciable car ce Monsieur a été initié au Grand Orient de France et que son Parrain est Pierre Darchicourt (ancien maire). Or d'après les révélations du Frère repenti (dans "Rose Mafia" éditon Jacob Duvernet dans toutes les bonnes livrairies) nous apprenons qu'il y a une collusion d'intérêt entre Frères, entreprises locales et Parti Socialiste.

D'autres grands pontes et barons locaux sont cités : Jean Pierre Kucheida, député maire de Liévin, Daniel Percheron Président du Conseil régional du Nord pas de Calais, Jacques Mellick, ancien député maire de Béthune.

Tout ce petit monde travaille en autarcie, où la concurrence réelle ne fonctionne pas entre les entreprises. On retrouve la confusion entre intérêt personnel et intérêt général. L'argent occulte sert entre autres, comme par exemple la "Soginorpa" gestionnaire des 62000 logements miniers du Pas de Calais, à rémunérer des emplois fictifs pour récompenser les copains et s'assurer de leur silence et leur soumission. Cet argent sert aussi à payer les cotisations des encartés PS qui sont en difficulté.

Cet établissement public régional est une arme super puissante à maintenir les privilèges en place puisqu'elle est le fournisseur de prébendes en attribuant à qui elle le désire logements, maisons individuelles et autres... C'est du clientélisme à l'état pur. « Je te donne cela et en échange..... en toute fraternité bien entendu. »

Les entreprises sollicitées n'oublient jamais l'enveloppe de remerciement au Parti - dixit le Maire inculpé qui jure que l'on ne l'y reprendra plus à la Politique - avec un grand P - ou à la Fraternité des Frères du GODF.

Les casseroles commencent à faire pas mal de bruit. D'autres attendent seulement d'éclater au grand jour.

Je passe sur les frasques de notre DSK national (dont encore quelques Frères en mal de firmament ont été cités), ex futur Président de la République déclaré .....

Pourquoi Martine ne dit rien. Mieux elle dément ca-té-go-ri-que-ment. Tout comme Pierre Darchicourt dément que dans sa Respectueuse Loge au Grand Orient « il n'y avait pas de chef d'entreprise ».

Puisqu'il le dit...

Lors du Congrès international sur la biologie humaine et les origines de l’homme, en Afrique du Sud, en 1998, Elizabeth Watson, de l’Institut des biosciences moléculaires de l’Université Massey en Nouvelle Zélande, affirma que l’Homme et le Chimpanzé sont frères. Tous les orateurs présents et tous les spécialistes de la question ont conclu dans le même sens : il faut inclure le chimpanzé dans le genre Homo. Il faut convenir que génétiquement, biologiquement, et au point de vue intelligence et sentiments le chimpanzé, de par son comportement, est très similaire à l’homme et inversement.

Qu'en dit notre Grand Maitre, Guy Arcizet, du Grand Orient de France ?

Il devient impérieux de se poser cette question : « Qu’est ce qui diffère le Franc Maçon, héritier des Compagnons bâtisseurs de Cathédrales, d’un Frère Franc Maçon au GODF et du Frère commun qu’est le Chimpanzé ? »

Toi, ami lecteur qui souhaite frapper à la Porte du Temple, sais-tu ce que tu vas y trouver ? Interroge-toi sur ce à quoi tu aspires et laisse-toi conduire par ta petite voix intérieure, elle te mènera. Cependant n’oublie jamais que tu es le seul juge de tes pensées, le seul juge de tes sentiments, le seul juge de tes actes et le premier responsable de leurs conséquences.

Faut-il prendre pour critère de sélection ce qui est Bien ou Mal, ou ce qui est Bon ou Mauvais pour soi et les autres ?  

Lorsque l’Homo regarde derrière les barreaux d’une cage, le fait-il de l’intérieur ou de l’extérieur de la cage ?

 Ta réponse t’appartient.

 

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louis.peyé.over-blog.com - dans sociologie
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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 21:46

Qui va remporter le droit de s’asseoir sur le Trône de l’Olympe – pardon de l’Elysée ?

Je n’ai pas la réponse à cette question qui est celle que tous nous posons. Par contre je peux suggérer quelques pistes de réflexion.

Chacun sait que ce qui est exprimé doit avoir été, au préalable, imprimé.

Il faut donc rechercher ces pistes dans notre Histoire. La France a été nourrie par deux mamelles. La première est la mythologie grecque et l’autre le Vatican.

Voyons la première.

Tout en haut, inaccessible, règne Zeus qui surveille l’Olympe. Ça fait toujours rêver… d’autant qu’une lignée de plus d’un millénaire a formaté notre pays au Pouvoir Absolu ! Actuellement, le plébéien reste en admiration devant le Château de Versailles, la Résidence du Roi Soleil, le représentant de Zeus en France. Alors les petits « tripatouillages », arrangements divers connus ou inconnus, entre dieux et demi-dieux - qui représentent la classe nobiliaire de notre époque - que me chaut ! Il suffit de se rappeler l’histoire du dieu Mitterrand (un pseudo, bien connu, de Zeus au XX°S.) avec sa double vie. Nous ne sommes pas loin d’une représentation d’une royauté républicaine absolue… Le paradoxe bien, très précisément, français… Diantre ! On ne saurait se renier, se parjurer…

Puis voici la seconde mamelle.

Celle-ci nous vient du Vatican. La France est toujours, dans l’inconscient populaire, la fille aînée de l’Eglise. Cette église qui, depuis le Moyen Age, a su « domestiquer » ces représentants de Mars, ces guerriers (comtes et marquis pour ne citer qu’eux) qui attendaient le printemps pour guerroyer et faire fructifier leurs avantages. Cette seconde mamelle me fait penser à Diane et Rhéa. Mieux à Déméter (ou Isis) dont une représentation se trouve être dans l’Eglise du Suquet à Cannes. Elles ont un certain savoir et collaborent en harmonie avec la royauté. Il faut contenir le Tiers Etat… Du haut de l’Olympe, dispensé par Bacchus, le vin de la connaissance est instillé par le Curé du village au bon peuple qui, lui, n’a pas le droit au Chapitre. Pour quoi faire ou dire d’ailleurs ? Leur place n’est pas prévue au cénacle divin…

Depuis le XVI°S., le courant des Humanistes s’épanouit en Europe. Ce sont des érudits qui se passionnent pour l’étude des auteurs de l’Antiquité et les langues anciennes comme le latin, le grec et l’hébreu. Avec l’Humanisme, l’homme, l’être humain, devient une créature remarquable entre toutes. La pensée et la philosophie humanistes sont en effet centrées sur l’Homme et sur la dignité de l’être Humain. Cela constitue un changement radical. En effet jusqu’à maintenant, on considérait que l’homme devait subir son destin : « Dieu le veut » était le message de l’Eglise et de l’Olympe. Or avec les Humanistes l’homme devient un être agissant, libre – car il découvre que Dieu lui a donné la liberté – et cette liberté, l’Homme peut en jouir selon ses choix, en faire un bon ou un mauvais usage. Nous ne sommes plus à agir selon le « Bien » et le « Mal » défini par Zeus ou le très Saint Vatican.

Malheureusement, le vrai savoir, détenu quasi exclusivement par l’Eglise, n’est que faiblement dispensé et cela retarde la diffusion de la Connaissance.  

Alors voilà qu’au XVIII° S, le Tiers Etat s’insurge contre les nantis, le peuple a faim. Ne sont-ils pas, en théorie, les cogérants de l’harmonie Olympienne ? En l’an 800, le Zeus Charlemagne a signé l’alliance entre l’Epée et le Goupillon, celle-ci tiendra un millénaire.

1870, naissance de la III° République, l’Ordre instauré depuis l’an 800, avoue enfin – difficilement j’en conviens – sa défaite.

Cette poussée humaniste nous la retrouvons sous la III° République. Elle instruit le peuple, et elle se compare à Thésée. Les temps changent. La royauté absolue est défunte, vive la royauté républicaine. Sauf que Thésée, roi d’Athènes, avait laissé le Gouvernement au Peuple qui délibérait.

Au détour de la V° République, après près de 25 ans de bonne économie, voilà que Zeus Mitterrand est élu. Le Républicain devient Zeus. Europe est belle. Le voilà, comme aux temps anciens, à la séduire et souhaitant la soumettre à sa loi. Mais la Belle Europe, née des amours de De Gaulle et d’Adenauer, n’est plus à prendre. Elle est en effet majeure. Cela coûtera à Zeus Mitterrand de doubler le nombre de chômeurs. Il passera d’un million et demi à trois entre mai 1981 et fin 1983.

Et aujourd’hui, cette Monarchie républicaine, a-t-elle encore son sens ? Cette monarchie qui commandait hier la Terre, ou du moins l’Europe sous l’Empire, et qui était la référence de la liberté chèrement acquise, a-t-elle encore sa voix ? La voie qu’elle a ouverte est maintenant utilisée par tous les pays démocratiques. L’Olympie a changé de domicile, laissant Paris pour aller prendre ses quartiers à Bruxelles.

Aujourd’hui, lorsque l’on regarde la politique de la France depuis quelques décennies, nous avons l’impression de constater un sujet d’achoppement entre mari et femme. Chacun voulant prendre la place de Zeus l’ancien, l’une rejetant sur l’autre son incapacité à prendre les bonnes résolutions face aux problèmes. Et Zeus Sarkozy sait que ceux-là sont prégnants. Les deux prétendants au Trône, prenant en otage l’enfant symbolisé par le bon Peuple, accuse l’autre d’incurie et d’impéritie : « c’est la faute à … l’autre bien entendu ». En attendant, la dette gonfle, les fonctionnaires se multiplient plus vite que les petits pains à tous les niveaux, départements, Régions et, pour sauver Versailles – pardon l’Elysée – on promet la croissance mondiale qui va bénéficier à la France… Et surtout – alors que la BCE l’interdit – Bercy va, grâce au bon choix du bon Peuple, déverser des millions d’Euro comme le Père Noël apporte les joujoux au pied du Sapin. 

Quel enfantillage devant nos troubles…

Chacun déverse sur le bon Peuple ses arguments, ses promesses. Or le feu est en train de consumer la Maison France. La Grèce, l’Espagne et déjà l’Italie savent ce que les promesses du 25 décembre ne sont pas celles de mai 2012.

Chacun défend ses qualités et d’un côté nous avons :

·       Le pragmatisme, la raison, l’analyse, le raisonnement,

·       La connaissance de l’économie, des dossiers,  et des opportunités comme des dangers de tel ou tel choix

·       Respect des règles,

Et de l’autre :

·       La créativité,

·       l’imagination, et les bons docteurs Yaca et Faucon – très populaires je le crains,

·       Les métaphores,

·       Foisonnement des idées, bonnes ou mauvaises, qu’importe !

Nous aurions pu avoir non un duel mais un duo. Et chacun se retrouver autour de la règle d’Or et enfin construire l’Europe. Chacun des pays apportant à tous ses avantages.

Nous savons malheureusement que la France doit être à genoux pour qu’elle consente à se remettre en marche. Ce fut le cas après la Seconde Guerre mondiale où tout le monde travaillait 40 h par semaine et n’avait que deux semaines de congé par an. Il fallait reconstruire la France. Les parents voulaient que leurs enfants aient une meilleure vie qu’eux. Est-ce toujours le cas ?

Il y a un changement d’époque, d’ère. Il faut en prendre acte.

Hier pour le Parisien, son horizon était la France, aujourd’hui c’est le monde. L’ère de la mondialisation du commerce de la fabrication et des communications est la règle. Un produit fini est constitué de multiples pièces détachées provenant de différents pays et plus personne ne pourra ériger de frontières sous peine de se retrouver dans la pauvreté. Le Web atteint pratiquement tous les habitants du Globe et nous rattache les uns aux autres. Nous ne pouvons plus vivre en autarcie, c’est fini. L’avenir nous condamne à faire commerce avec l’autre, le connaitre et le respecter : nous sommes condamnés à nous entendre, à nous entraider.

Jusqu’à maintenant, ces deux forces jouaient ensemble et le bon Peuple en faisait les frais. Aujourd’hui encore, ces deux autres forces, que sont le pragmatisme et le raisonnable, jouent contre le créatif et l’imaginatif pour s’accaparer les voix du plébéien. Le Tiers Etats contre l’Olympie !

Cette époque est révolue. La loi du Ciel ne se trouve pas à Athènes aujourd’hui mais à Bruxelles… que représente la France, l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie etc… individuellement face à la mondialisation ?

Le choix va être de vivre ensemble avec nos autres partenaires ou de se perdre individuellement les uns après les autres et subir une lente agonie. Tous savons qu’Hadès ouvre facilement les portes de l’enfer.

Alors maintenant reste à chacun à se déterminer face, non à une force Droite ou Gauche, mais entre modernisme et passéisme. Il ne faut pas avoir le complexe de Cronos (Cronos qui malgré la vieillesse ne voulait pas quitter le pouvoir et l’Olympe ; mangeait ses propres enfants jusqu’à ce que Rhéa sauve Zeus et celui-ci lui fasse recracher ses frères et sœurs), il faut avoir le courage de laisser la porte ouverte à l’avenir et à nos enfants. N’est-ce pas leur faire confiance ?

Nous pouvons sociologiquement projeter cette analyse d’une autre façon. Nous avons 2 groupes, ceux qui jouent collectif, font partie de la troupe (l’Eglise parle du Seigneur qui sauve et protège ses agneaux, le berger qui garde son troupeau) et d’autres qui représentent l’agneau – pardon l’Agni (qui chevauche le bélier), qui ont le feu en eux - et qui réfléchissent par eux-mêmes. Le premier groupe écoute Mercure le dieu de la communication préféré de Zeus, celui qui délivre la bonne parole non plus dans l’église mais dans les associations syndicales, religieuses ou philanthropiques (comme certaines Obédiences maçonniques) par exemple. Les autres réfléchissent par eux-mêmes, ont une lumière qui les éclaire et savent que Mercure est aussi le dieu préféré des voleurs et des menteurs et des manipulateurs.

Restent alors deux challengers ; Le Pen et Bayrou.

Le Pen est la fille du Zeus Mitterrand et sont alliés depuis les années 40. Zeus avait eu une liaison avec Métis et ce fils illégitime devait prendre son Trône. Alors il avale Métis et 9 mois plus tard Zeus a un terrible mal de tête et demande à Vulcain, le dieu des enfers de lui donner un coup de hache afin que l’enfant sorte. Athéna voit le jour. L’histoire s’amuse. Le Front National voit le jour grâce à la Francisque du Gouvernement de Vichy. Cette connivence est toujours d’actualité.

Copier-coller de deux phrases dites à quelques 75 ans d’écart :

D' Hitler à Hollande ( Deux « socialistes » )

«Je proposerai que toute personne majeure en phase avancée ou terminale d'une maladie incurable provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable et qui ne peut être apaisée, puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d'une assistance médicalisée pour finir sa vie dignement. » François Hollande le 25 janvier 2012.

« Le Reichsleiter Bouhler et le docteur en médecine Brandt sont sous leur responsabilité, chargés d'étendre l'autorité de certains médecins, à désigner personnellement à l'effet d'accorder la délivrance par la mort, aux personnes qui dans la limite du jugement humain et à la suite d'un examen médical approfondi, auront été déclarées incurables ». Signé Hitler. 1er septembre 1939.

Ajoutons que le Dr Brandt cité déclarera à son procès à Nuremberg : « Il n'y a pas de médecin aujourd'hui qui ne donnerait à un malade qui souffre un anesthésique et qui ne rendrait la mort plus facile... ».

Ces deux textes, légalisant l'euthanasie l'un comme l'autre, ont strictement le même sens général. Passons le fait que dans les deux cas, des médecins dont la vocation est de soigner, sont chargés d'accomplir un geste de mort. Les soins palliatifs existent pourtant aujourd’hui.

Quant à Bayrou, il rêve d’importer la révolution Orange qui a réussi en Ukraine. Et qui sait, à défaut de révolution, se faire offrir un maroquin.

Notre avenir s’inscrit dans la continuité du passé, dans la modernité de la jeunesse et d’un monde nouveau qui de toute façon s’éveille. Nous sommes comme Orphée au sortir des Enfers (économique), il ne nous faut pas regarder en arrière, avancer, sinon notre Eurydice (notre pouvoir d’achat) s’anéantir à jamais.

« Avant d’être totalement engagé, l’hésitation nous tenaille, il reste une chance de se soustraire à l’initiative, toujours la même impuissance devant la création. Il existe une vérité première dont l’ignorance a déjà détruit d’innombrables idées et de superbes projets : au moment où l’on s’engage totalement la providence éclaire notre chemin. Une quantité d’éléments sur lesquels l’on ne pourrait jamais compter par ailleurs contribue à aider l’individu.

La décision engendre un torrent d’événements et l’individu peut alors bénéficier d’un nombre de faits imprévisibles, de rencontres et du soutien matériel que nul n’oserait jamais espérer.

Quelle que soit la chose que vous pouvez faire ou que vous rêvez de faire, faites-là. L’audace a du génie, de la puissance et de la magie.

Commencez dès maintenant. »

GOETHE

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