Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
30 août 2017 3 30 /08 /août /2017 14:49

L’argent est-il sale ?

Aujourd’hui, nous avons trop souvent tendance à voir l’argent (la monnaie, en l’occurrence l’Euro ou le Dollar par exemple) d’une manière négative. Il serait temps de regarder la monnaie comme un trait d’union le plus adapté à l’échange entre deux personnes tant physique que morale.

Avant, au sein des petits groupes humains primitifs où chacun se connaissait, tout le monde se faisait mutuellement confiance. L'échange d'un produit ou d'un service contre un autre était relativement facile. L'échange était la manifestation d'un sens élevé de la solidarité et de l'entraide que nous avons tendance à perdre.

De nos jours, l'association "SEL", dont nombre d’entre nous avons entendu parler, remet le troc au goût du jour. Ce système de troc révèle un état d’esprit où certains acceptent de perdre aux profits d’autres.  C'est vrai, un prêté vaut pour un rendu, et dans la quantité, les disparités s'annulent. Cette philosophie ne peut perdurer qu'au sein d'un groupe de personnes comme aux temps anciens. Si cela se pratique encore, c’est au sein de petits groupes restreints. Par exemple, c’est le service d’une ménagère qui emprunte une bouteille de lait, une baguette et qui demain, cédera une boite de conserve ou une bouteille d’huile manquante. C’est un excellent moyen de resserrer les liens entre voisins.  

Cependant, le troc, l'échange d'un produit contre un autre, est devenu rapidement difficile. En effet, nos ancêtres,  à force d'ingéniosité avaient inventé des techniques nouvelles…

A cause de la spécialisation du travail qu’engendre la fabrication de ces marchandises de plus en plus sophistiquées, l’échange devient une nécessité.

Nous sommes plus à échanger une journée mulet contre un kilo ou deux de patates. Les  produits sont devenus élaborés et surtout il faut plusieurs personnes et souvent plusieurs machines et techniques pour fabriquer un produit tels qu'une voiture ou un avion. A ce niveau, il n’est plus possible de monnayer les produits par du troc. En effet plus la fabrication des produits devient complexe, plus la dépendance de chacun vis à vis de tous les membres d’un groupe de personnes grandit. Il devient alors nécessaire de se spécialiser par production. Le travail se divise, s’organise, tant les techniques s’élaborent, se multiplient (forgeron, charpentier, soudeur…) et avec la production de masse, le Fordisme est né et il connut la gloire de 1920 à 1970, multipliant le nombre de travailleurs nécessaire à l’élaboration d’un produit fini.

Alors, la question se pose :

Comment éviter les discussions sans fin et de sortir des limites imposés par le troc ?  Quelle valeur donnée à un kilo de patates, une journée de prêt du mulet ? Combien vaut le cuissot de chevreuil que le chasseur a mis des heures à traquer ? Combien coûte la flèche qui va tuer le cerf qui nourrira la famille ? Etc., etc.

Alors, parce que nos ancêtres ont trouvé un moyen ingénieux pour pallier aux discussions : la monnaie. Elle prit selon les régions, plusieurs formes.

La monnaie est un bien. J'insiste sur le terme BIEN car choisi d'un accord mutuel et désiré par tous qui permet de diviser le troc en deux opérations distinctes.

  1. Dans un premier temps, on échange contre de la  monnaie les biens que l'on a créé
  2. Dans un second temps on échange de la monnaie gagnée contre d’autres biens dont on a besoin.

La monnaie se présente comme un bien intermédiaire dont la valeur reconnue par tous permet non seulement de décomposer les échanges mais aussi de comparer la valeur des biens entre eux. Par exemple X unités de monnaie = un sanglier ou une hache de bronze.

L’idée est géniale. Ce système est un bien qui est à la fois un moyen d’échange – paiement – et un moyen d’étalon général de mesure. Tel animal vaut X unités de monnaie, tel service X unités de monnaie.

Du coup, tout se monnaie, même son travail, même ses bras, sa créativité, etc. Une heure de mon travail dans telle usine vaut X unités de monnaie avec lesquelles je vais pouvoir acheter des habits, des denrées pour l’entretien de la famille.

Maintenant on peut discuter sur la valeur du travail fait par l'ouvrier d'une usine privée ou de l'ouvrier du secteur public. Là est un autre problème. De la valeur d’une heure de travail fait en France et d’une autre heure effectuée en Chine, ici nous n’y pouvons rien, c’est un fait. Il est certain qu’il y a des disparités. Cependant tout le monde fonctionne sur ce principe. En échange d’une heure de travail, je gagne X unités d’achat d’autres services ou biens matériels.

Cette valeur doit être reconnue valable par les deux parties, cela va de soi. Une fois définie, chacun apportera à l'autre sa part du contrat, si cela n'est plus, moralement cela devient caduc. Tant que nous sommes dans ce cadre, les rapports à l’argent sont sains. La monnaie est bien le trait d’union entre les diverses activités de l’homme. Elle a la même fonction que le sang dans le corps humain, alimentant en « oxygène » toutes les fonctions de ce corps. L’argent, tout comme le sang, doit circuler pour maintenir l’économie en bonne santé. S’il est thésaurisé, la consommation en pâtie et donc la production recule. Celle-ci ralentie et l’entreprise débauche, entraînant ainsi des désordres de toutes sortes. Sur le corps humain cette maladie est appelé gangrène, celle-ci peut atteindre même les plus grands d’entre les grands : Louis XIV par exemple. Sur le niveau de l’argent, la stagnation peut atteindre des pays entiers…. Cela faisant, ce sont les populations, au niveau de l’individu qui en pâtit le premier et, ce, d’une façon parfois tragique.

La valeur d'une monnaie reflète aussi la santé d'une économie tout comme le sang reflète la santé de la personne.

La spéculation change la donne.

Cependant, il existe plusieurs monnaies, et celles-ci peuvent avoir une valeur supérieure à une autre, se vendre ou s'acheter comme tout autre bien, comme une vulgaire salade. Je le rappelle la monnaie est un bien comme une salade qui s’achète sur le marché le dimanche matin. Elle peut donc en subir la concurrence du voisin.

Par exemple, je peux préférer une laitue à une scarole comme je peux favoriser l'Euro au Dollar. Entre les deux monnaies, il existe des disparités qui font que parfois mon baril de pétrole me coûtera plus ou moins cher selon qu’il est acheté dans l’une ou l’autre monnaie. Je peux aussi parier, à terme, que telle monnaie va prendre de la valeur sur telle autre monnaie et en acheter en vue d’une spéculation. Nous ne sommes plus dans le rôle de l’échange, nous avons changé de registre.

La monnaie source de bien devient source de perversion.

Cette monopolisation de l’esprit sur la possession de plus d’argent oblitère toutes autres considérations morales, éthiques et de bon sens. Certaines personnes n’hésitent pas à se mettent au-dessus des Lois ramenant l’homme au niveau de la « guerre du feu ». Combien se déshumanisent pour posséder quelques pépites dans des rivières aurifères ? L’actualité nous rappelle chaque jour que l’argent corrompt les faibles d’esprit attisant leur cupidité.  

La course au capital et ses conséquences…

1.  L’argent donne du Pouvoir à son détenteur. Il lui permet des achats supérieurs à celui qui n'a que ses bras à louer. Comme l’argent permet d’acheter tout ou presque, celui qui en a plus que son voisin devient de ce fait plus puissant.  

2.  Les capitaines d’industries, dont le besoin en capitaux est toujours insatiable pour produire plus et gagner toujours plus, engendrent des dérapages dans la production. Dans ce contexte l’être humain n’a pas plus de valeur qu’un outil. Heureusement le rôle de la concurrence joue ici le rôle de modérateur. Si son rôle est perverti, alors le cataclysme de la crise économique peut survenir.

Pour illustrer, je donnerai deux exemples historiques et qui pourtant se perpétuent :

Le premier exemple remonte aux XVI° Siècle.

L’Espagne part à la conquête des Amériques. Je n’évoquerai pas les justifications fallacieuses, elles étaient bien d’ordres économiques et avaient pour objectifs non avoués l’augmentation du Pouvoir Papal et du Pouvoir temporel des Etats. Grâce à une prise de contrôle de toutes les richesses de ces contrées, l’Espagne eut un pouvoir qu’elle n’aurait pas pu avoir autrement. Le proverbe « malheur au vaincu » était ici appliqué à la règle tant cette politique fut funeste et déshumanisée pour les populations indigènes de ces pays.  

Mais ne soyons pas dupe, hier comme aujourd’hui, sous cette forme, les Droits de l’Homme sont bafoués. En effet si de nos jours la colonisation se fait rare, nous avons encore des entreprises multinationales qui pillent les richesses de pays en voie de développement avec souvent la complicité de leurs dirigeants.

Deuxième exemple. L’esclavage.

L’esclavage existait dans la Grèce antique, tout comme il existait aussi du temps des Romains. Le commerce des esclaves se pratiquait dès le VIII° Siècle sur les Côtes de la Corne africaine.

Mais dans le premier quart du XVIII° Siècle, la demande des colons américains intensifie ce commerce et le prix unitaire d’un esclave noir se négocie 25% plus cher. Ce commerce alors florissant va enrichir les Français et en particulier les Nantais et les Américains au détriment de la population d’Afrique. Et quel enrichissement ! On estime que la déportation s’élève à près de 7 millions d’individus entre 1730 et 1850. On doit à Victor Schœlcher la signature de l’abolition de l’esclavage le 27 avril 1848.

Aujourd’hui, le terme n’est plus « esclavage ». C’est pourtant l’exploitation de l’homme par l’homme qui est toujours en vogue dans certains quartiers de Chinatown, où ailleurs, sur une plus grande échelle. Aujourd’hui « Mademoiselle Li » remplace « Bamboula » …. Quoique, en Afrique, encore aujourd’hui, les travailleurs congolais, dans les mines diamantifères, ne gagnent que l’équivalent d’un dollar par jour.  

Dans le premier exemple, on minore les matières premières qui sont revendus avec un énorme bénéfice au détriment des autochtones.    Dans le second exemple, c’est le travail des individus qui est exploité honteusement et dont le résultat accorde d’énormes bénéfices aux exploitants.

Encore une fois hier comme aujourd’hui, sous ces formes, les Droits de l’Homme sont bafoués.

Comment, aujourd’hui, se fixe le prix d’un bien : l’unité de mesure pour un achat.

Les services commerciaux des entreprises ont inventé une nouvelle science dans les années 50 appelée « mercatique » ou marketing en anglais qui va permettre de connaître le prix qu’un consommateur potentiel est prêt à payer pour s’approprier un bien ou un service.

Pour les adeptes du « Mercator » je reprendrais cette définition : « Le marketing est l’ensemble des méthodes et des moyens dont dispose une organisation pour promouvoir, dans les publics auxquels elle s’intéresse, des comportements favorables à la réalisation de ses propres objectifs ». Nous sommes bien dans l’optique que tout s’achète et tout se vend. Dans « tout », il y a tout ce que l’homme peut s’imaginer, un produit, un service et plus encore. Par exemple Macron est un produit marketing, tout comme La Principauté de Monaco ou le Vatican, voir la ville de Paris qui sait bien vendre sa Tour Effel ou son musée du Louvre.

Dans l’entreprise, le comptable va calculer le prix d'un produit. Celui-   ci est fixé par :

  1. les prix d'achat des matières premières qui entrent dans sa fabrication,
  2. on ajoute les frais occasionnés par cette fabrication, dont le salaire des employés – cadres et PDG compris - de l’entreprise et qui donne le prix de revient,
  3. on ajoute ensuite une marge commerciale (bénéfice brute qui sera partagé entre l’impôt et les actionnaires).

Une partie de ce bénéfice sera prise en compte pour l’amortissement de l’outil de travail. Le salaire des employés est comptabilisé dans les charges et sont donc des frais de fabrication ou de conception.

De ce fait, le prix de vente se balade entre un prix fixé comptablement et d'un prix que le consommateur est prêt à dépenser pour l'acheter. Le prix final dépend bien entendu de l'offre et de la demande sur ce produit.

Pourquoi avoir recours à la science du marketing ?

Actuellement la mondialisation entraîne une baisse des coûts. Riccardo nous l’explique parfaitement. Il faut faire toujours plus de chiffres d’affaires, toujours faire plus de bénéfices : seules raisons d’être de la production, de l’entreprise. Chacun sait qu’il est plus confortable d’être leader que challenger.

Un autre critère entre en jeu : le PIB. (Produit Intérieur Brut) qui permet à la Comptabilité nationale de connaître le niveau de santé économique d’un pays. En effet, ce PIB est calculé à partir de la collecte de la T.V.A. Elle a pour effet de pousser l’entreprise à produire et vendre toujours plus afin d’accroitre son Chiffre d’Affaires à partir duquel est calculé cette fameuse T.V.A. Certaines entreprises n’hésiteront pas à avoir recours à une augmentation des prix en diversifiant les produits, en changeant l’emballage, par exemple. La course vers cet unique but se fait au détriment de toutes autres valeurs qui passent à l’arrière-plan. On ne vit plus, on court. Il faut accessoirement produire de la T.V.A. pour démontrer sa bonne santé. Au niveau individuel, le paraître pousse l’individu à gagner plus que le voisin, au niveau de l’entreprise, le CA donne un classement parmi la concurrence et enfin le PIB mesure la santé d’un pays par rapport à l’autre.

Cette course à la rentabilité est devenue si exacerbée qu’elle déplace la valeur d’échange de la monnaie. A tel point que certains reviennent à un système de troc, ou de marché parallèle : une coupe de cheveux contre un changement de plaquettes de frein. Pourquoi ? Parce que si l’on va chez le concessionnaire, la facture va certainement s’élever à 250 € pour diverses raisons plus ou moins valables. Ce nouveau troc n’est pas du goût des inspecteurs des impôts qui veillent au grain. Si ce système n’entre pas dans le calcul de la comptabilité nationale, elle permet par contre de renouer des contacts humains avec son environnement.

Quelques remèdes :

Le malade est bien un homme car l’argent est un Bien et c’est l’homme qui en perverti l’usage ! Alors si l’on s’occupait de trouver des remèdes humanistes qui ont fait leurs preuves et qui ne bafoue pas l’être humain ?

1.   Je prendrais pour exemple pour trouver du capital ce que l’on appelle  la « tontine ». Certains l’exploitent avec succès. Elle consiste, au sein d’un groupe de personnes, de mettre « au pot » une certaine somme chaque mois. Si l’un d’entre eux a besoin du capital, il l’emprunte avec l’accord de tous sur le projet et les montants du remboursement pendant que tous continuent les versements. Cette méthode a l’avantage de remettre la monnaie à sa place, de développer l’entraide, la confiance, le respect et certainement d’autres qualités humaines non négligeables.

2.  A une époque encore récente d’aucun mettait en vogue les coopératives ouvrières. Et pourtant, qui sait que l’entreprise « Fagor » qui détient et fabrique les produits blancs de la marque Brandt est une coopérative ouvrière ? Qui sait qu’elle est aussi propriétaire d’une banque ? Ces structures ont le mérite de produire des biens comme toute entreprise, d’avoir des règles commerciales, comme toutes entreprises et de payer l’impôt sur les bénéfices. Cependant, dans ces structures, la majorité des employés sont aussi les détenteurs de parts de l’entreprise, c'est-à-dire qu’ils sont chacun propriétaire de l’entreprise et de tous ses biens, succursales et sociétés annexes. Cela change tout : chacun étant responsable de la bonne marche de l’entreprise, tout le monde a intérêt à la bonne santé de celle-ci. C’est vrai que les syndicats sont contre, les capitalistes aussi. Dans ce genre de structure, il est difficile de s’entendre sous table et de monter un scénario de conflit frontal entre le capitalisme pur et dur et le capital humain représenté par un syndicat de connivence. Si les coopératives ouvrières ne sont pas toujours la solution, c’est certainement une voie à explorer. Sur le plan humain, aucun n’ira contre ses intérêts et l’intérêt de l’entreprise ira pour chacun.

Je regrette qu'aucun syndicat (en France du moins), n’ait été capable de défendre la classe ouvrière correctement. Nous avons aujourd'hui BESOIN pour fabriquer nos produits de capitaux machines et du capital humain.  Lorsque le gâteau augmente, c'est grâce aussi bien au détenteur de capitaux qu’au travail des salariers. Il serait donc normal que le bénéfice soit équitablement partagé entre les capitaux humains, les capitaux des actionnaires et le renouvellement de l’outil de travail. La finance est alors remise à sa place comme un moyen d’échange.

J’ai dit.

Louis Peyé. Septembre 2005

Repost 0
louis.peyé.over-blog.com - dans Economie
commenter cet article
25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 15:58

Juste pour mettre les choses en place, une petite explication pédagogique.

 Lorsqu'un couple veut s'acheter quelque chose pour laquelle il n'a pas les moyens financiers. Il a le choix d'aller à la banque pour faire un prêt et le banquier lui donne X €, lui demande de faire des remboursements de "tant" par mois qui comprennent le remboursement du capital emprunté + les intérêts. C'est ainsi que les banques font de la monnaie et surtout permettent une augmentation de la richesse.

 Je prends cet exemple : j'emprunte 10 000 € pour acheter une voiture, j'en prends pour 4 ou 5 ans et tous les mois, je rembourse X Euros. J'ai une voiture neuve, le fabricant est payé et la « machine » économique tourne correctement........

Ici, nous avons le consommateur, l’industrie et le pouvoir financier qui sont contents et surtout l’Etat qui gagne la TVA et en fin d’année l’Impôt sur les Sociétés. Tout baigne, tout le monde est content, c’est ce que l’on appelle la croissance. L’industrie vendant de plus en plus de véhicules, elle embauche, donc le chômage régresse. Surtout si notre production se vend bien à l’international, notre balance commerciale se trouve alors en excédent. Ce qui est le cas pour notre agriculture, notre industrie aéronautique, ferroviaire, nucléaire, entre autre.

 J'ai aussi le choix de prendre un crédit revolving.

Connerie sans fonds.

J'emprunte 3000 € - c’est les fêtes, je m’offre une télé 3D + des tas de petits cadeaux pour la famille, appareil photo, ipad, ipod, etc. - que je vais rembourser avec un tout petit intérêt – entre 3 et 4% - auquel s'ajoute, tout naturellement pour la sécurité de l'emprunteur (dixit le prêteur) - l'assurance du paiement - regarder combien cela vous coûte par mois et surtout combien de temps il va vous falloir pour apurer la dette..... Comme la société de crédit vous demande moins de 40 ou 50 €  par mois - captal + intérêt + assurance - vous en avez pour de nombreux mois, voire des années pour vous en acquitter. 

Comme notre besoin de capital est accru par les offres de la pub, - nous sommes une génération où il nous faut « tout, tout de suite », on veut jouir immédiatement des joies du progrès,  et l’on paiera plus tard, nous avons toute la vie pour le faire - vous prenez un crédit révolving chez Carrefour, chez Casino - avec leurs paiements différés -, chez "Cetelem", "Sofinco" ou autre "Cofidis" pour les spécialistes du revolving. Auxquels s’ajoutent les crédits à long terme comme l’habitation et la voiture…..

Cette philosophie est tirée des travaux « l’hypothèse de revenu permanent » de Milton Friedman, Prix Nobel de l’Economie en 1976. C’est une hypothèse très intéressante dans la mesure où le secteur marchand ne tombe pas en régression, sinon …la première victime est le consommateur (chômeur potentiel s’il travaille dans le secteur privé) qui s’y laisse prendre.

 C'est ainsi que vous vous retrouvez un jour à la Banque de France pour établir un dossier de surendettement.....

Cependant il faut être positif, grâce à cette méthode, vous faites marcher le commerce et la demande intérieure donc l'enrichissement de la nation (?), à moins que vous n’enrichissiez les importateurs des pays émergeants – avec les appareils informatiques par exemple, fabricants d’ordinateurs, de téléphonie, photographiques, etc. Merci beaucoup pour eux ! Au niveau de la consommation, la concurrence est vive. Les produits français font front aux produits du monde entier. Parfois, nous sommes gagnants – le vin par exemple – parfois nous perdons – les produits techniques. Qui se souvient des marques florissantes et exportatrices, jusqu’au début de la décennie 1990, Thomson, Brandt ou Bull « pourtant cette société est encore leader sur son marché, qui la connaît » ?

 Mais que fait l'Etat.

 Bé l'Etat qui est sûr de rembourser puisque chaque état est composé de millions d'individus qui travaillent et produisent de la richesse, va donc emprunter pour ses besoins qui sont colossaux comme chacun sait...... ici je ne dis plus rien..... si ce n'est que ce rappel.

Nous avons à peu près 55% d'actifs qui produisent de la richesse, moins ceux qui sont au chômage et 45% d'actifs qui gagnent leur argent dans les administrations de l'Etat, de la Région, du Département, de la Commune....... N’oublions pas que le secteur privé a une obligation de résultats (sinon c’est la faillite) alors que le secteur public a une obligation de moyens. Il suffit par exemple qu’un professeur ait bac + 5 pour être admis à l’Education nationale sans pour cela qu’il soit un bon pédagogue. Au  moins il occupe une classe. L’honneur est sauf.

Qu’est ce qu’un actif ? Sont considérés comme actifs les individus âgés de plus de 16 ans (l’école est obligatoire jusqu'à cet âge) jusqu'à l'âge de la retraite, 62 ans. Il est certain que l’on peut entrer dans la vie active bien plus tard et prendre sa retraite aussi plus tard comme le médecin qui poursuit son activité au-delà des 70 ans, ou l’acteur de cinéma qui ne prend généralement pas de retraite, tant qu’il peut se produire sur scène.

Eux aussi participent à la consommation des produits que le monde entier nous donne. Rappelez-vous en 1981, Mitterrand ferme les frontières aux nouveaux produits techniques que tous les français désirent mais que la France ne fabrique pas........ C'est le coup des magnétoscopes arrêtés et parqués à Poitiers....

Pourquoi Poitiers ? Parce qu’en 732, notre bon roi Charles Martel a arrêté les Arabes de l’invasion musulmane à Poitiers.

Malheureusement Mitterrand a été obligé d’accepter..... sans compter les autres produits d'importation d'Europe ou d'autres pays......désirés par le consommateur, ce qui a eu pour résultat tangible d'augmenter le départ des usines hors de France pour produire moins cher et d'augmenter le chômage.......

C’est dommage, car juste avant lui, le Premier Ministre Raymond Barre, à qui l’industrie reprochait l’invasion des voitures japonaises en France, répondait : « vous n’avez qu’à construire des voitures plus performantes ». Message reçu par Renault, qui quelques décennies plus tard, « avala » Nissan.  Raymond Barre était un économiste non un esprit dogmatique.

 Revenons au service de la dette. Nous avons un TRES FORT pourcentage d'administratifs - 45% - disséminés ici et là, qu'il nous faut payer à vie... (salaire + retraite) et comme la richesse de la France - bien que correcte, nous sommes la 5° puissance économique mondiale, ne suffit pas à couvrir les frais de nos administratifs (n’oublions pas qu’ils n’ont pas d’obligation de résultats, de plus il faut ajouter les frais de fonctionnement. Avez-vous entendu parler des RTT dues pour heures supplémentaires au-delà des 35 h ?).... Nos actifs du secteur privé n’arrivent pas à combler notre déficit commercial alors nous empruntons, empruntons, empruntons...... jusqu'à maintenant à un taux relativement bas - autour de 3% -

 Et comme nous avons toujours besoin de toujours plus d'argent, nous ne pouvons que rechercher les taux les plus bas.... qui malheureusement ont tendance à augmenter ces jours-ci.

Nous sommes comme ce client du crédit revolving qui ne rembourse pas le capital emprunté...... seulement, uniquement les intérêts et chaque jour, chaque mois, nous augmentons les intérêts de la dette comme ce consommateur du crédit revolving qui va emprunter à X puis à Y puis à Z puis se casse les dents sur la réalité, comme la Grèce, le Portugal, l'Irlande........

Que nous le voulions ou pas, c’est un principe de vie, lorsqu’il y a consommation, il y a un jour ou l’autre, présentation de la facture. Cette facture est valable sur le plan individuel et aussi pour les personnes morales. Lorsqu’une Société fait de mauvais résultats, elle est sanctionnée par le Tribunal de Commerce. Lorsqu’un Etat fait de mauvais choix budgétaires ou sociaux, il est sanctionné par les Marchés financiers. C’est le cas de la Grèce, l’Irlande, etc….

Ce laisser-aller est révolu. Pour conduire un Pays, il est nécessaire que le Gouvernement s’adapte à son environnement comme toute société marchande s’adapte à sa clientèle. Il devient urgent d’avoir une approche marketing responsable pour diriger un Etat. Il va de soi aussi que les habitants de ce pays doivent s’adapter au nouveau monde. Nous sommes dans l’ère de l’informatique et celle-ci n’existait, pas ou à peine, il y a à peine 20 ans. Les marchés financiers - ceux qui sont capables de nous prêter de l'argent ou de nous acheter de la dette - se posent la question sur notre capacité à rembourser 1° les intérêts, et 2° aussi le capital - qui, lui, est dépendant de notre capacité à produire de la richesse vive et marchande. C'est ce qu'a compris l'Allemagne qui est un des pays les plus actifs à vendre sa production.

Le pays qui emprunte pour investir le futur est maître chez lui, pas celui qui emprunte pour payer les intérêts d’une dette passée, celui-ci est esclave de l’emprunteur, comme l’adepte du crédit révolving est esclave de sa société de crédit.

Non seulement, il faut booster nos entreprises, booster notre ingéniosité à produire, booster notre créativité, booster notre réactivité, adapter notre cadre de vie à l’environnement mondial : c’est notre capacité à vendre notre productivité qui permettra à nos enfants d’avoir une retraite heureuse, non les lois obsolètes (35 h) et les finances en berne.

Mes amis, 2012 s'annonce difficile !

 

 

Repost 0
louis.peyé.over-blog.com - dans Economie
commenter cet article
19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 23:15

Les renseignements que je vous donne proviennent du mensuel "Capital" de novembre 2011.

 

Lisez et ensuite vous voterez en votre âme et conscience. Pour ceux qui ne votent pas, sans avoir choisi, ils sauront comment l'Etat va leur diminuer leurs ressources.

 

Qu'importe le vainqueur, l'état des finances publiques n'est plus tenable. La façon de gérer un Etat change, même la Grèce, le Portugal, l'Irlande, l'Espagne, l'Italie ou l'Angleterre sont déjà ou vont se mettre à l'œuvre. Si un ménage ne peut plus emprunter au-delà d’une certaine somme, il en va de même pour un Etat. Fini le temps, où l’Etat se permettait de vivre à l’aise et de laisser l’ardoise à la ou aux générations suivantes. Le temps de la gestion saine est arrivé.

 

La France, et qu'importe le futur Président, va suivre ce nouveau concept et pour se faire résorber la dette et les déficits abyssaux qu’elle cumule depuis 1981. Les deux camps sont d'accord pour ramener le déficit à 0 % du PIB d'ici la fin du prochain quinquennat.

 

Ce sont les méthodes pour y parvenir qui différent.....

 

Malheureusement, on ne parle pas des impôts locaux - Taxe Foncière et d'Habitation - de certaines villes, départements, régions..... dont les augmentations vont bon train....... Les collectivités locales sont au-dessus de ces contingences..... dont certaines trainent dans leurs comptabilités des emprunts dont les prêts ont été émis par des banques qui ont proposé des "subprimes"..... Merci les élus.

 

Commençons par regarder le Projet du Parti Socialiste qui se garde bien de claironner ce qui suit.

 

N'oublions pas qu'il promet le financement de 300 000 emplois jeunes et l’embauche de plusieurs milliers de fonctionnaires.

 

François Hollande prévoit d'alourdir les prélèvements de 10 à 20 milliards dès 2012, puis d’une dizaine de plus par an jusqu'à la fin du quinquennat. Soit 4X10 = 40 + 20 = 60 milliards d’€

 

Où trouver les sous ? Pour le Parti Socialiste, c'est simple, puisque le régime actuel génère des injustices, il faut réformer.

 

Voyons le schéma.

Nous avons deux impôts qui touchent directement l'individu. L'Impôt sur le Revenu et la CSG.

 

L'I.R : rapporte peu. Environ 6.2% des recettes fiscales totales. Apparemment progressif, il tient compte du salaire de l'individu, du nombre de parts. Ex, dans un couple si Mr gagne 3000 € mensuel et que Mme ne travaille pas, l'IR divise les entrées d'argent par deux - 2 parts- 

En 2011, l'I.R a rapporté à l'Etat 52 milliards d'€.

 

la CSG : rapporte de plus en plus : 12.2% des recettes fiscales presque deux fois l’IR. De plus cet impôt est directement pris à la source. Ce prélèvement, qui rapporte à l'Etat (8%, c'est son montant actuellement qui est prélevé sur chaque feuille de paie), touche toutes les classes sociales sans discernement. En 2011, la CSG a, elle, rapporté à l'Etat 94 milliards d'€.

 

Les docteurs « Yaqu’a » issus des Grandes Ecoles et de l’ENA, ceux qui ont eu comme professeur un certain DSK, ont trouvé la recette : cumuler les deux impôts directs par un prélèvement. CSG + IR c'est la recette infaillible. C'est simple, lisible et retenu à la source par l'employeur. Voilà l'idée qu'elle est "bouonne" !

 

Mais où les choses se corsent c'est que le PS rêve de dynamiter le mécanisme du quotient familial.

 

Pour être cohérent avec leur politique de remise en état la dette française d'ici 2017, ils n'ont d'autres choix que de remettre en cause le caractère familial de la nouvelle imposition. Pour cela, il n'y a qu'une seule issue : non frapper les individus - homme ou femme - mais les ménages. L'impôt est aujourd'hui plus doux pour les mariés ou les pacsés qu'avec les célibataires.

 

Pour un célibataire qui gagne le SMIC, il est redevable de l’impôt même avec un enfant à charge. Ce célibataire à 1 part plus une ½ pour l’enfant.

Alors qu'un couple aura deux parts et est exonéré de l'impôt.

 

La CSG n'a pas de pudeur, elle taxe chaque salarié sans tenir compte de sa situation familiale. Il n'est pas envisageable de "familialriser" la CSG - tenir compte lors de son prélèvement des conditions de famille et de parts qui sont en vigueur pour l’IR - le faire c'est accepter de perdre plus de 10 milliards de revenus escomptés.

 

Alors reste la solution d'individualiser l'IR ! Autrement dit, dynamiter le quotient familial et le quotient conjugal ! Faire en sorte que l’IR soit calculer comme l’est la CSG, c'est-à-dire un % du bulletin de paie sur chaque salarié ou retraité. Il sera tellement plus simple d’augmenter cet impôt unique au fil de l’embauche de fonctionnaire ou de compenser le taux des emprunts d’Etats par une simple loi de rectification du Budget.

 

Simple rappel, la CSG a été inaugurée par le Gouvernement ROCARD en 1990 et son taux n’était à l’époque que de 1,1% et aujourd’hui elle atteint 8%.

 

Je vous rassure Hollande n'est aujourd'hui pas trop favorable à cette technique...... jusqu'à quand ? Accepter de faire payer tous les salariés individuellement c’est remplir enfin les caisses de l'Etat comme prévu, Ne pas être favorable est se faire élire sur des mensonges et laisser l’Etat en état, voire pire car au bout des 5 ans de Présidence, la France sera similaire à la Grèce.......

 

Il n’y a pas d’autre issu selon le Parti Socialiste : il faut donc passer par cette idée et surtout ne pas la dévoiler avant début mai 2012. Cette méthode a le mérite de pratiquement doubler l’impôt direct sur les ménages.

 

Les simulations montrent qu’un couple, marié avec un enfant dont le père est cadre dirigeant, ayant un revenu de 300 000 € paiera en 2011, d’impôts  85 537 € et 166 390€ en 2012. Youpi ! Autre exemple. Couple 35 ans, pacsé deux enfants régleront 11 054 € en 2011 et 11 066€ en 2012. Un célibataire avec un enfant à charge réglera 2160 € en 2011 et idem en 2012.

 

Problèmes :

  • L'impôt étant individualisé, tout revenu est taxé et si Mme ne travaille pas, elle est exonéré. Par contre Mr est lui taxé comme un célibataire...... le quotient familiale n’existe plus.
  • Bien entendu, la CAF, les indemnités chômages et autres revenus sociaux sont exonérés....
  • Ce qui sera envisageable est le départ en masse des riches et des entrepreneurs vers d'autres cieux plus cléments et donc augmentation sensible dès 2013, du chômage.....
  • Augmentation de l'effet "greffier" l'épouse doit ou doit-elle pas travailler ? sous quelles conditions ? Travail au noir ?
  • Un célibataire est taxable très vite. Dans une famille ou les conjoints gagnent le SMIC, aujourd'hui exonérés, demain comment vont-ils vivre ?
  • Je ne parle pas de la diminution du pouvoir d'achat des retraités, dont certains d’ailleurs ne manquaient pas de subventionner les petits enfants. Vont-ils pouvoir continuer à le faire ?

Les niches fiscales seront plafonnées à 5000 € par personne. Je vous laisse lire l'article de Capital pour le reste. Aussi dans la foulée, " Il n'y a aucune raison que ces revenus du capital soient moins taxés que les salaires, ils seront réintégrer dans le barème de l'IR" dixit Hollande.

 

Malheureusement, le nombre des capitalistes français sont en nette perte de vitesse avec cette crise. Dès que possible, ceux qui le peuvent partent à l’étranger sauver ce qui est encore possible. Quant aux capitalistes internationaux…… ils iront prêter leur argent à d’autres Etats, puisqu’en France la rentabilité déclinera. Si la France a besoin d’emprunter sur le marché financier international, elle le fera aux taux que lui fixeront ces capitalistes internationaux…… Par ailleurs les petits épargnants qui ont mis leurs économies dans les actions, ont tendance à ne pas vendre celles-ci afin d’éviter les pertes à la revente et attendent des jours meilleurs. Ce sont et reste des paroles sans intérêts pour l’économie mais rentable pour la communication de l’anti capitaliste de gauche.

 

Mais il y a un avantage : en 2017, la France n'a plus de dette - officiellement !

 

Projet de l'UMP.

 

C'est pour l'instant en discussion.......  mais jamais Nico ne rasera gratis..... le projet est encore flou et « la navigation est à vue ».

Alors

  1. rabotage de certaines niches fiscales : il y « a du gras semble-t-il »  
  2. le taux supérieur de l'impôt pourrait être augmenté part une nouvelle tranche à 45%. Un certains nombre de contributeurs en ont déjà accepté l'idée. Une loi est déjà passée et une autre serait à l’étude.
  3. C'est surtout une augmentation de la TVA - dite sociale - qui va faire mal. Elle pourrait passer de 19.6% aux alentours de 25%. Même les taux réduits ne sont pas à l’abri d’un coup de pouce. Le problème, cette taxe touche tout le monde et les plus démunis seront les plus lésés.

En contrepartie, baisse des charges patronales sur le travail et donc  nos produits seront plus compétitifs à l'exportation d'une part et les produits importés plus chers et donc, dans une grande mesure, la consommation locale boostée.

 

Ce qui veut dire aussi baisse du chômage......Or un point de plus croissance équivaut à plusieurs milliards d’€ dans les caisses.

 

Autre avantage, les entrepreneurs restent en France et la fuite des capitaux devrait s'estomper.

 

Les simulations d’impôts pour la droite au pouvoir.

Le même cadre dirigeant, marié avec un enfant ayant 300 000 € de revenus paieront 85 537 € en 2011, et 91 972 € en 2012,  notre couple pascé réglera 11 054 € en 2011 et 12 239€ en 2012, notre célibataire au SMIC avec un enfant à charge réglera en 2011 2160 € et 2727 € en 2012.

 

Je vous laisse découvrir l'article dans Capital du mois de Novembre sur ce sujet et aussi sur la fiscalité galopante des villes.....

 

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
louis.peyé.over-blog.com - dans Economie
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de louis.peye.over-blog.com
  • : Réflexions qui suis-je ? où vais-je ? pourquoi ?
  • Contact

Recherche

Liens