Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 17:10

Notre Cherchant est à l’aube de la crise de la quarantaine. Pourtant, pour lui tout va bien sur le plan économique : ses revenus sont bons, il excelle dans sa profession et il possède correctement ses cinq sens. Cependant, invité chez des amis, il a aperçu une aquarelle montrant un homme levant le bras droit vers le ciel alors que le bras gauche montre la terre. Un autre dessin montre encore ce même personnage assis à terre, taillant une pierre solidaire à son corps entre deux colonnes. Se baladant dans l’arrière-pays niçois, à la porte d’une église mal orientée, il a vu une colonne brisée en deux et à Marseille, dans la crypte de St Victor, une Vierge noire – pourquoi dans une crypte, pourquoi noire – et encore dissimulée, une colonne, cubique, montrant un homme au sommet et sur une de ses faces un serpent venant féconder la terre, sur l’autre face, un arbre dont les racines sont orientées au ciel et les feuilles vers la terre, et à l’Evêché, cette même Vierge couronnée par son Fils…. Pendant les vacances, comme tout le monde, il visite les cathédrales et ô surprise, il s’aperçoit qu’à Chartre, Amiens ou Strasbourg, les signes du zodiaque sont mis en valeurs et encore surprise, la roue du zodiaque au Duomo de Milan est visible sur le toit et les signe mis en valeurs sur les murs. Promis, il étudiera le zodiaque clef de l’ontologie de M. Senard ISBM 2-7138-0110-9.

Au début n’existait que l’invisible, l’intelligence non exprimée, puis arrive le Big-Bang. C’est l’avènement du Bélier, arrive le son et l’avènement du Taureau, suit la manifestation inconditionnelle de l’Intelligence avec le Gémeaux, la naissance du Verbe. Le monde peut s’organiser. Le Cancer sous les différents aspects de la Lune conçoit l’entité humaine et naît le Lion. Il comprend alors la symbolique de la Croix –Matière-Espace-Temps. Avec la Vierge, il comprend que celle-ci tout en étant Vierge ait pu concevoir le Fils tout en restant vierge. Nous voici au bout du cycle évolutif. La Balance nous apprend le juste milieu.

Notre Cherchant vient de passer de très longues minutes dans la Cabinet de Réflexion. Seul face à lui-même, avec pour seul compagnon un crane, devant lui les lettres acronymes V.I.T.R.I.O.L, sur le côté un coq qui annonce l’aurore.

Présentement il vient de subir les Epreuves. Silence. On lui soulève un coin du bandeau et il entend une voix qui lui demande de regarder ce qu’il voit : un visage, le sien. Qui est-il ? Il ne le sait. Comment répondre à ses questions : « qui suis-je ? d’où je viens ? où vais-je ? ».

Il vient d’entrer dans le signe d’Osiris, le Scorpion, le 8° signe zodiacal.

Le Scorpion est la clef du drame de l’incarnation, du cycle vie-mort-vie, du mystère de la Mort Résurrection que voilent et dévoilent tous les Livres des Morts.

Le Scorpion est le huitième signe, celui de la huitième maison, celle de la mort ou de la transformation majeure. Si nous faisons le chiffre 8 et que nous le couchons ∞∞, nous voyons immédiatement que la ligne supérieur du 8 se casse brutalement pour passer sous la ligne suivante. Il y a une contrainte brutale qui signifie aussi nécessité, détresse, symbole de l’arbre décapité, la chaîne du destin, la chute, puis la résurrection. C’est le chiffre d’Osiris devenant Horus, et du Christ rédempteur ressuscitant au 3° jour.

C’est le signe d’Osiris, d’abord Maitre des vivants qui par l’épreuve de la Mort devient le Maître de l’Hadès (le Cabinet de Réflexion) et renaît au Jour sous la figure d’Horus. (Après avoir subi les Epreuves de l’Initiation) Hadès est frère de Zeus qui domine les cieux et de Poséidon qui domine les Eaux, lui, domine le monde souterrain, le monde des enfers. Sur le plan psychologique, on peut l’assimiler au monde de l’invisible c’est-à-dire de l’inconscient, au domaine des facultés suprasensibles incluant la connaissance de ce qui se passe dans le conscient aussi bien que dans l’inconscient. Prise de conscience de l’immense partie qui lui est « voilée » (Isis) - l’inconscience dont certains soupçonnent et comprennent certains aspects. Hadès ou Aidès grec était le séjour des morts et signifie « le lieu caché » - donc invisible au vivant – et qui a un sens plus étendu que celui du séjour des morts. Au point de vue psychologique, on peut assimiler le monde invisible à celui de l’intelligence par opposition au sensible, au domaine des facultés suprasensibles incluant la connaissance de ce qui se passe dans le conscient aussi bien que dans l’inconscient.

Râ (Principe) –Osiris – Horus forment la Trinité Une et Eternelle de la manifestation de la Vie. Le Scorpion symbolise la transmutation s’opérant entre ses trois aspects : la Lumière vivante naissant des ténèbres (coq dans le Cabinet de Réflexion – ou de Préparation selon), illuminant l’Univers, disparaissant au sein de la Vie non manifestée pour renaître et recommencer son périple à travers les deux horizons de la Mort-Vie. C’est le rythme de toute création et en particulier celui de l’être humain qui est destiné à devenir un dieu. (St Jean : « vous êtes tous des dieux)

Le hiéroglyphe du Scorpion est le M dont le dernier jambage se termine par une flèche ou un dard. La lettre M est androgyne : elle symbolise l’eau Primordiale dont toutes les choses sont issues et dont le hiéroglyphe égyptien est une succession d’M. La flèche exprime le retour à l’état primordial par la souffrance ou/et la mort. Si la Vierge est le mystère de l’Incarnation, le Scorpion est celui de la Rédemption par la crucifixion de l’être incarnée. Crucifier est un acte accompli dans la douleur. Par extension, abandonner une idée peut demander aussi des sacrifices aussi douloureux psychologiquement que les douleurs sensibles de la crucifixion. La croix, symbole de l’Espace –Temps – Matière est une vision qui, d’un seul coup, prend une autre dimension. Au centre de la Croix se trouve le Lotus en Egypte ou la Rose en occident.

Si on examine maintenant les symboles du Scorpion suivant le caractère du Guna et du Tanmâtra – terme sanskrit qui désigne, dans la philosophie du Sâmkhya, les éléments subtiles, le Scorpion exerce une influence à la fois dissolvante (des idées fausses de l’impétrant) et fécondante (des idées de celui qui reçoit l’Initiation) qui prépare la synthèse des énergies évolutives. L’entité humaine s’abîme dans les profondeurs du primordial pour y subir la crise d’où elle émergea au jour d’un état de conscience nouveau. Ce processus est semblable à celui de l’histolyse, de la transmutation à l’intérieur de la chrysalide, de la chenille au papillon, de la créature rampant sur la terre dans les lieux obscurs, qui dans la prison du cocon, devient insecte ailé prenant son vol dans la lumière. (Comme le serpent ailé Quetzalcóatl qui chez les Aztèques jouait un rôle important dans la vie religieuse. Il symbolisait la fertilité, l’habilité, l’astuce et le savoir ésotérique.)

Le terme Scorpion (Osiris est le dieu qui fut démembré, découpé) est associé et désigne souvent ce qui est pointu, incisif, qui coupe, ronge, pique, gratte, disperse, fend, ce qui est destructeur, dissolvant, secrètement désintégrant, secret, ce qui œuvre à l’abri du regard. (Le ciseau du Compagnon)

Il est le seigneur de la sublime couronne blanche qu’il porte lorsqu’il est représenté comme le dieu de morts enveloppé de son linceul qui symbolise la coquille, l’œuf contenant le germe de la nouvelle naissance. La couronne se pose sur le chef est le signe de la maîtrise des facultés de la tête, de l’intelligence, de la perception-vision, de l’illumination dont l’organe est contenu dans le cerveau.

Il a reçu le sceptre et le fléau qui symbolisent l’autorité et l’ordre. Le fléau frappe les épis pour en faire sortir les grains comme les coups durs de la souffrance séparent en l’homme le grain de la paille. (L’Apprenti a devoir de se taire et d’écouter : les remises en causes, les catharsis sont souvent épuisantes et douloureuses, l’ego qui croyait que…)

Le séjour des Morts – l’occident où le Soleil se couche et réside en la montagne d’Amentet, le lieu caché. Le terme Amentet signifierait ce qui est caché en la tête de l’homme et où se retire sa lumière lorsqu’elle cesse de se manifester dans le monde sensible – par le Verbe par exemple. Amentet est composé d’ « Amen » = le Principe d’origine supérieure, la faculté de penser, aliment céleste, inspiration, pouvoir, autorité, âme des morts, compréhension. Amen ou Amon est le roi des dieux, le créateur et l’âme de l’Univers, invisible et éternel. Il est en rapport avec la mort (ce qui est invisible) et symbolise l’énergie créatrice immortelle, qui existe en puissance et de « Tet ». TET est l’arbre en lequel était enclos Osiris entre sa vie terrestre et sa résurrection. Amentet est donc : « cela où est enseveli le Premier Principe manifesté en tant que pensée, inspiration, aliment céleste, compréhension, pouvoir, autorité », c’est-à-dire le Centre esprit conscience de l’être. C’est lorsqu’elle est caché –endormi – où se retire la force créatrice, pendant la nuit, pour réapparaitre le lendemain, que l’âme pendant le processus du sommeil, s’éveille retrempée en une énergie nouvelle, ou, aussi pendant une crise de l’histolyse transmutatrice lors d’une catharsis, ou pendant la « crise » initiatique ou enfin pendant la mort, ce sommeil prolongé veillée de la réincarnation d’où elle émerge dans la lumière d’une conscience nouvelle.

Le terme « montagne » est généralement interprété comme indiquant le chef, la tête où se trouvent les organes de la pensée, de la conscience, de la vision directe. Amentet est appelé aussi la « Terre sainte ».

Le Livre des Morts donne encore d’autres précieuses indications. La Justice et l’Equilibre est la discipline de la Matière par l’Esprit, ils sont les vertus essentielles qui permettent de traverser la porte qui unit la terre et le ciel et qui conduit au séjour des dieux. Le corps obéit à l’Esprit, l’Esprit commande au concret.

Il est question aussi dans le Livre des Morts d’une « échelle des dieux » par laquelle on accède aux cieux. On peut voir une représentation de celle-ci à la Cathédrale de St Jean à Lyon.

L’Amentet semble bien correspondre à cet état « intermédiaire », sujet du Livre des Morts Tibétain, état qui suit la mort physique et précède soit la réincarnation, soit pour certaines entités évoluées, le retour à l’état divin. Comme le savaient les Egyptiens initiés, ce n’est pas un « lieu » situé dans l’espace imaginaire mais le CENTRE de la conscience où se retire l’entité et les scènes : jugement, châtiment, visions infernales ou béatifiques qui y sont vécues, sont le reflet (les rêves ou cauchemars) et la conséquence de l’évolution terrestre qui se poursuit dans un autre monde-àinvisible au cinq sens de l’entité humaine ( profane) vivant dans le concret.

Les étapes du développement de la conscience correspondant à la traversée du monde intérieur, celui du Scorpion, elle se caractérise par la dissolution de l’agrégat « corps-âme-esprit » et par sa transformation. Pour notre Profane, elle se caractérise par l’Augmentation de salaire et par l’Elévation à la Maîtrise. Dans le cas de la mort physique – tout comme dans la R.*. L.*. -, l’entité occupe dans le monde « intermédiaire » la « place » correspondant au degré du développement de sa conscience. Dans le cas d’une mort « nirvanique », elle pénètre déjà durant sa vie terrestre dans le monde intermédiaire et peut réaliser l’union avec le Verbe : c’est le triomphe de l’Esprit, la victoire sur la mort. Mort c’est l’invisible qui est connu (ou reconnu) et peut être nommé. Elle ne fait plus peur.

Si les différents « lieux » et étapes du monde intermédiaire peuvent être assimilés à des phénomènes de conscience, les Livres des Morts jettent une lumière révélatrice sur la « structure » de la conscience et ainsi sur maints désordres psychiques restés très mystérieux malgré les travaux psychiatrique ou psychanalystes, de la métaphysique et autres sciences sur les états « seconds » inférieurs ou supérieurs de l’être. Certains cas de « folies », de transes hypnotiques, des cas de N.D.E, voyages hors du corps, ressemblent étrangement dans leurs manifestations aux « visions » monstrueuses et torturantes des habitants inférieurs du monde de l’Hadès. Les éléments constitutifs de l’entité humaine sont alors dissociés et dés-ordonnés. Les énergies de l’inconscient dominent le conscient et y projettent des visions similaires aux scènes des enfers. Les cas de personnalités multiples offrent des exemples de l’éclosion spontanée d’états d’être absolument différents et s’ignorant entre eux en un même organisme physique.

Dans les Livres des Morts aussi bien Tibétain que celui d’Egypte, existent, selon son traducteur le Dr Evans Wentz, des rapports d’origine, et donne sur le rôle de la conscience en tant que centre commun de la vie ante et post-mortem, des enseignements explicites.

Pour les maîtres tibétains comme pour les auteurs des textes osiriens, la vie de la conscience de l’Esprit est la seule réelle. De même que le corps est la projection transitoire sur le plan de la matière, de l’âme et des autres facteurs intelligibles de l’être humain, de même la vie terrestre ou sensible, bien qu’elle offre les conditions les plus favorables au développement de l’agrégat homme et à sa réalisation de l’unité de ses formes de vies, n’est que l’ombre de la vie de l’Esprit.

(Désolé, ceux qui veulent voir le dessin devront me le demander directement)

Ecco homo

« Il est vrai, sans mensonge, certain et très véritable. Ce qui est en bas, est comme ce qui est en haut ; et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, pour faire des miracles d’une seule chose. Et comme toutes les choses ont été, et sont venues d’un, par la méditation d’un : ainsi toutes les choses ont été nées de cette chose unique, par adaptation. Le Soleil en est le père, la Lune est sa mère, le vent l’a porté dans son ventre ; la Terre est sa nourrice. Le père de tout le telesme de tout le monde est ici. Sa force ou puissance est entière si elle est convertie en terre. Tu sépareras la terre du feu, le subtil de l’épais doucement, avec grande industrie. On monte de la terre au ciel, et derechef il descend en terre, et il reçoit la force des choses supérieures et inférieures. Tu auras par ce moyen la gloire de tout le monde ; et pour cela toute obscurité s’enfuira de toi. C’est la force forte de toute force : car elle vaincra toute chose subtile, et pénétrera toute chose solide. Ainsi le monde a été créé. De ceci seront et sortirons d’admirables adaptations, desquelles le moyen en est ici. C’est pourquoi j’ai été appelé Hermis Trimégiste, ayant les trois parties de la philosophie de tout le monde. Ce que j’ai dit de l’opération du Soleil est accompli et parachevé. » La Table d’émeraude d’Hermès Trimégiste, père de Philosophes (traduction de l’Hortulain)

Pour les Bouddhistes, la vie consiste en une série d’états de conscience successifs. Le premier est la Conscience de Naissance, le dernier celui qui se produit au moment de la mort, la conscience de Mort. L’intervalle entre ces deux états de conscience pendant lequel s’effectue la transformation de l’être « ancien » en un être « nouveau » se nomme le Bardo ou état intermédiaire.

Tout indique que c’est l’activité de la pensée qui engendre les visions et que si la suspension de cette activité peut suspendre également celle des visions, c’est que la pensée est l’instrument modificateur des états de consciences. Ces phases de la vie « intermédiaire » qui s’étend entre la mort et la nouvelle incarnation, ou entre la mort et la libération finale et dont la diversité va de la prédominance chez l’entité humaine de l’inconscient à la conscience totale, constituent l’échelle de la valeur de l’être composé qu’est l’homme, l’ « échelle des dieux » du Livre des Morts égyptien (Echelle de Jacob déjà citée) par laquelle s’accomplit l’ascension au Ciel.

Les Egyptiens connaissaient éléments constitutifs de l’être humain et la science sacrée de l’Egypte, comme celle du Tibet est bien informée du rôle et de l’interaction de ces éléments groupés en un ordre hiérarchique dont la direction en la créature accomplie est assumée par l’élément supérieur Esprit. Bien des désordres psychiques et physiologiques qu’affectent l’homme proviennent de ce que cette direction est exercée par des éléments inférieurs ou qu’il n’y a plus de direction.

La connaissance expérimentale des éléments constitutifs de l’homme correspond à l’éveil de ses centres de conscience. Plus l’homme prend conscience de son V.I.T.R.I.O.L, plus il devient conscient, plus il se rapproche des dieux.

C’est durant l’histolyse scorpionique -Initiatique : la période post mortem, lors du séjour dans le monde « intermédiaire » ou pendant la transe initiatique que ce changement majeur d’orientation devient définitif. Ces deux états équivalent à la mise en sommeil de la conscience dite « normale » et à l’éveil des facultés de la conscience supranormale. Le dieu qui « regarde derrière lui qui a conquis la maîtrise de son cœur » c’est celui qui s’est uni à son Centre – V.I.T.R.I.O.L.-, celui qui laissant derrière lui les manifestations de la conscience exclusive du sensible et des états rationnels-intellectuels a atteint la supraconscience ou plutôt celui pour lequel il n’existe plus de différence entre les diverses états de conscience.

La mort n’est, en elle-même, que l’Initiation à une autre forme de vie que celle à laquelle elle met fin.

Le signe du Scorpion, celui de la huitième maison ésotérique, symbolise la Mort, celle du corps qui rompt brutalement les attaches de l’entité humaine et du complexe âme d’avec le plan de la matière dense mais au sens ésotérique, et cela ressort du fait que le cycle de la vie manifestée comprend encore quatre signes zodiacales après celui du Scorpion, il signifie la dissolution de l’état de conscience qui attache cette dernière au monde sensoriel-personnel (profane), dissolution qui peut s’effectuer aussi bien par le détachement initiatique. Le « seuil » que garde le Scorpion est celui de la mort mais aussi celui qui sépare la conscience phénoménale de la conscience nouménale, c’est-à-dire que la conscience du manifesté et ce qui parait, de la conscience de l’intelligible, pur, de la « chose en soi ».

A ce stade, l’entité humaine, l’initié, est celui qui fait la synthèse intuitive, « pressent » le monde des Causes, l’état suprarationel, il entrevoie l’unité de l’être, des quatre modes de conscience : subconscience, conscience rationnelle, conscience intuitive, supraconscience. Il pressent aussi l’unité des douze énergies qui se succèdent dans le temps en raison de la perception « différée » du mode de conscience soumis au temps. Si le Scorpion - l’Initié Osiris – a accomplit son « détachement », il peut « regarder derrière lui », égrener ses expériences comme on égrène les grains d’un chapelet qu’on tient cependant tout entier dans sa main, ou comme les images, les scènes, les personnages du spectacle terrestre dont il fait partie comme acteur.

D’ailleurs, durant sa vie terrestre, toutes les expériences se passent dans sa conscience. La nature objective du monde extérieur en peut être conçue que par les manifestations subjectives qu’il provoque chez le percipient (celui qui a la faculté de percevoir par les sens, par l’esprit) ces manifestations qui ont pour champ sa conscience sont les seules preuves du monde qu’il croit exister hors de lui. Ici comme dans l’Au-delà, la conscience est la seule réalité.

A la lumière des enseignements du Livres des Morts, le drame du Scorpion – de l’Initié Osiris-, crise douloureuse mais glorieuse qui transfère l’être humain du monde limité de la perception indirecte à la lumière de la connaissance directe, le drame du mythe osirien prend pour chacun une signification révélatrice : le Mal n’est que l’obstacle qui engendre le BIEN.

« Les dieux du sol, les dieux chtoniens sont volontiers représentés sous la forme du serpent (qui tenta Eve) qui s’enfonce dans les anfractuosités de la terre et parait habiter le monde souterrain (le monde de l’ego, des envies, des désirs). Peu à peu, la représentation s’épure, le dieu figuré d’abord sous la forme d’un serpent l’est ensuite sous celle d’un personnage dont le buste est celui d’un homme, tandis que le corps finit en queue de serpent…. Lorsque la transformation est tout à fait achevée, le dieu est représenté sous forme humaine mais le serpent reste à côté de lui. »

Les théologiens égyptiens distinguaient dans l’œuvre du Verbe la part de la pensée créatrice, qu’ils appelaient le cœur et celle de l’instrument de création la langue ; tout Verbe est d’abord un concept du Cœur, pour prendre corps et se réaliser, celui-ci a besoin de la Parole.

« Celui qui s’est manifesté comme le Cœur, celui qui s’est manifesté comme la langue sous l’apparence d’Atoum, il est Ptah le très ancien qui attribua la vie à tous les dieux et à leurs génies, par le cœur de qui le dieu Horus est issu, par cette langue de qui le dieu Thot est issu, en Ptah ». Voilà le devenir du Maître Initié.

Si l’on se demande pourquoi c’est le cœur du défunt qui est pesé et non un autre organe, le cerveau par exemple, il faut se souvenir que le Cœur est le « Centre » de l’entité. Les Egyptiens l’assimilaient à ce que nous entendons par « conscience » ou faculté de distinguer le BIEN du MAL. (Adam et Eve n’en étaient, avant de gouter la Pomme, incapables de discerner) C’est du centre qu’émane la Vie, étincelle du fluide cosmique divin qui anime l’agrégat d’énergie humain, c’est du centre que se trouve le « point » qui le relie à la source de toute existence – que Jung appelle l’inconscient collectif -.

Le « cœur-centre-conscience » par lequel le défunt est né, est assimilable à l’ « étincelle divine incarnée », laquelle après la mort doit être retrouvée pure, c’est-à-dire égale à ce qu’elle fut à l’origine. Pour que le cœur soit trouvé « juste » il faut qu’il soit en équilibre avec la plume de Maät, l’Ordre et la Loi qui régissent les énergies dont le défunt est la synthèse. On voit que le jugement des dieux n’est point seulement une sentence conforme à une loi « morale » si élevée soit-elle, mais est bien « l’action inéluctable de la LOI-ORDRE cosmique (THOT-MAÄT) créatrice et conservatrice des Energies divines ». Si les énergies constitutives du défunt cessent d’être en équilibres selon l’ORDRE qui les créa et les conserve, son existence « en tant qu’agrégat particulier » ne peut plus être maintenue, elle se dissout, engloutie par le monstre disparate qui représente « ce que l’entité est devenue par son action même » : un amas d’énergie incoordonnées. En d’autres termes, le Dés-Ordre n’est pas viable, le désordre- c’est ce que l’on appelle le pêché, la faute. Est fautif ce qui « manque » et ce qui manque dans le cas de celui dont le cœur n’est pas « juste », c’est la Co-ordination hiérarchique de ses énergies par son Centre, condition première de leur activité harmonieuse qui est la Vie. (Et malheureusement ici, c’est ce que laissent apparaître l’image des diverses Obédiences françaises, d’où mon retrait)

C’est le cas du type Scorpion (Initié) exclusivement destructeur, celui qui se donne la mort par sa propre piqûre (l’orgueil), qui se détruit par son venin (l’ego), par son pêché contre l’ORDRE.

Ainsi sous le voile des personnages mythiques se découvre le processus inéluctable et parfait de l’Ordre inviolable de la Vie.

Il est à remarquer que la pesée et le jugement ont lieu en présence de tous les dieux ou « énergies cosmiques qui constituent le défunt lui-même ». (Ici, je le redis, certains G.*.M.*. ont manqué à leur devoir, certains prennent la place qu’ils ne doivent pas avoir et qui bafouent l’ORDRE, devenant l’homme mana décrit par Jung. Par leur action, certains Vénérables ont dû dissoudre leur R.*.L, d’autres ont déchiré l’ordre fondateur de leur R.*.L.*., et en fuyant laissé leurs FF dans l’abandon et orphelins)

Il semble bien que les défunts (certains Initiés étant passés entre les Colonnes aussi) voués à la dissolution par leurs propres fautes soient parvenus à un état de profonde décadence, au dernier stade de la dés-organisation où la possibilité de synthèse est exclue. Seuls sont « dissous » ceux dont l’état de dés-ORDRE leur rend impossible tout contact avec leur Centre. (A lire ces phrases selon les 4 ordres donnés par Dante : littérale, allégorique, moral et ésotérique)

A l’époque grecque puis romaine, le principe d’Osiris, maître de l’Invisible est personnifié par Pluton, le maître des Enfers. (Enfer vient du latin INFRA = au-dessous, mais au-dessous peut être pris dans le sens de « situé plus bas » ou dans celui de soutien, de support (de fondation qui soutient la maison, le Pont). C’est bien ce qu’est le monde invisible, par rapport au monde sensible et que c’est dans ce sens que Pluton est le maître des enfers). Pluton était aussi appelé FRUGIFER ou fécondant, parce que il faisait germer le blé qui meurt en terre pour renaître en moissons. Il est donc la divinité de la mort-renaissance.

Le Scorpion est le huitième signe, celui de la huitième maison, celle de la mort ou de la transmutation. S’il s’exprime par le sexe, il engendre la vie physique qui aboutit à la mort, laquelle donne accès à la vie de l’Au-delà. Il se symbolise par l’aigle ou le phénix. De même que l’oiseau renaît de ses cendres, le roi des airs est l’image du Scorpion triomphant.

Ce que l’entité humaine peut réaliser et accéder, par la mort physique ou par l’accès à l’Initiation, aux modalités du processus de transformation de la conscience. Par la dissolution de ses véhicules inférieurs, par la transmutation de ses facultés sensorielles, du sentiment du moi, de la volonté de l’intelligence et du sentiment « personnel » c’est-à-dire limités à un certain point de vue particulier, donc partiel, l’entité humaine s’aperçoit que « son moi est le cercle qui enclot et borne sa faculté de connaissance ». Comme un spectateur détaché, elle contemple le « moi » qui lui apparaît maintenant comme l’enveloppe protectrice de la chrysalide, à l’intérieur de laquelle est en train de se révéler une autre entité, qui est encore elle, mais douée de moyens de perception et de facultés qui lui permettent d’explorer et de connaître un monde beaucoup plus vaste…

La tâche pour l’entité Scorpion –Initié - Osiris consiste à devenir maître des énergies de son monde intérieur et à développer sa conscience sur le plan de l’Invisible. Au seuil des deux mondes, le rationnel qu’il connaît et le suprarationel qu’il devine, il en constate la dualité sans parvenir à en réaliser la synthèse. Là est l’enjeu, le risque encouru si…. Le caractère transformateur de l’énergie qui l’anime ne lui laisse pas de repos et le projette souvent dans des situations instables où il se trouve contraint d’agir. (cause-effet). Devant le renoncement personnel, l’abandon du solide, du concret, du logique, il est confronté par le saut dans l’infini impersonnel, le Scorpion hésite et doute. Dieu l’appelle et le Diable le tente. C’est alors que Pluton, par des catastrophes qui dérobent le sol sous ses pieds, le précipite dans le gouffre où il peut soit s’engloutir, soit se sauver. Il est prêt, soit il peut devenir Osiris victorieux – Horus -, soit…reculant devant l’épreuve, il se retranche dans l’égocentrisme, il risque de rouler dans l’abîme, pire de passer et de repasser vie après vie par les mêmes épreuves. (Nous connaissons maints Maçons dans ce cas qui revivent les mêmes situations sans rien comprendre, sans rien faire évoluer…). La situation scorpionique est comparable à celle d’un voyageur sur un iceberg dont la base sous-marine est en train de fondre. A un certain moment l’équilibre de la pesanteur est rompu entre la partie submergée et émergeante, un retournement subit de la glace flottante se produit et celui qui s’y croyait en sécurité est projeté dans l’eau. Par la suite de la rupture d’équilibre des éléments en fermentation dans son psychisme, le Scorpion se trouve à certains moments de sa destinée dans des situations qu’il n’a ni voulues, ni prévues et qu’il subit.

La typologie des types scorpionique est plus vaste que les autres signes. Il recouvre toute la liste du « scr » depuis scélérat, sacripant, escarpe (bandit), etc.

Parmi les types de Maçons ténébreux, on trouve les malfaisants sinistres et parfois géniaux, les scélérats qui scrutent en secret tous les moyens du crime, les insidieux pervers qui préparent leur coup dans l’ombre. Parmi eux se classent aussi ces FF.*. qui mettent leurs énergies au service de leur intérêt personnel. Ces individus souvent énergiques, intelligents et lucides sont cependant envoûtés et dominés par leurs « démons » attisés par le feu sombre de quelque passion : soif de domination, de jouissances matérielles, de « Cordonite », de reconnaissance, de forte sexualité. La maxime de ces FF.*. est de « diviser pour régner ». Le flair, l’intelligence, la ténacité, le don d’observation sont mis au service de cette fin. Il se plait à injecter son acide dissolvant au moment opportun et souvent avec le sourire. Il manie avec art et patience l’hypocrisie et la calomnie. Il n’oublie jamais ses ennemis et jubile dans la vengeance. L’influence qu’il exerce parfois sous le masque de la vertu est essentiellement « cor-ruptrice », il sème la division, il désagrège par tous les moyens dont l’un des plus redoutable est un certain charme équivoque et fascinateur apparenté à la force, à la magie, au mystère du sexe.

Entre le type maléfique et celui qui a triomphé de ses enchantements, s’étend toute une gamme d’Initiés catalogués de « mineurs » parce que leur activité est toujours plus ou moins délitescente et souterraine. Il ne se livre pas et leur motivation reste secrète. Leurs attitudes énigmatiques est brusquement changeante. Ils excellent dans la critique et savent décrocher leurs pointes caustiques avec à-propos. Celui-là est férocement jaloux et susceptible et son ressentiment secrètement couvé rejaillit au moment où l’on s’y attend le moins.

Le type évolué oriente ses énergies vers des réalisations d’ordre supérieur. Il se distingue par l’assiduité et la persévérance dans ce travail entrepris, une acuité d’observation, un sens critique aigu, la perfection dans les détails, un pressentiment juste des causes et rapports, expression de l’intuition. Si, s’abandonnant au courant intuitif, il a le courage et l’abnégation de laisser se dissoudre les attaches puissantes qui le retiennent sur le plan rationnel-matériel-sensible, s’il sacrifie certaines prérogatives purement subjectives, alors il est attiré par la porte étroite qui lui ouvre le courant intuitif et l’œuvre de régénération définitive peut s’opérer. Par la destruction du « moi » s’accomplit la transmutation qui ouvre l’horizon du SOI et l’accès à de nouvelles facultés.

L’Initié, le vrai, celui qui va au bout de sa démarche de sa première Initiation après le passage du Cabinet de Réflexion, doit se séparer de tout ce qui est bas en lui, tuer le vieil Adam et asservir le dragon en lui-même. Il n’y a que la transformation intérieure qui conduit à la Libération. (Brunhübner).

Celui qui « triomphe de ses enchantements » devient maître de lui-même et ses « monstres » asservis se transforment en ses serviteurs. Ayant pénétré dans le monde surnaturel, il peut y puiser ses motifs et ses directives. Il est alors le mage, l’alchimiste qui vit dans les deux mondes, qui coopère au « passage » de l’inférieur au supérieur et qui met en lumière les choses cachées.

Il est évident que le type d’Osiris - Initié évolué est particulièrement qualifié pour l’investigation des problèmes de l’« invisible » parce qu’il en ressent très fortement les énergies et que, d’autre part, la lucidité de son intelligence et son sens affiné de critique et d’observation le protègent contre l’écueil des interprétations crédules.

Merci mon Frère Guy T. qui est mon parrain et mon guide, je te rends hommage.

J’ai dit.

Louis Peyé 2 juin 2013 en E.V.

Partager cet article

Repost 0
louis.peyé.over-blog.com
commenter cet article

commentaires

laurence landrieux 09/07/2013 20:43

J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ton travail, merci.

Louis Peyé 10/07/2013 10:29

Merci Laurence. Une fois sur le blog, il appartient à celui qui le lit. J'espère qu'il apporte aux lectrices et lecteurs une nouvelle vision sur qui nous sommes.
bien à toi.

Présentation

  • : Le blog de louis.peye.over-blog.com
  • : Réflexions qui suis-je ? où vais-je ? pourquoi ?
  • Contact

Recherche

Liens