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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 14:52

 

Conclusions

 

L’esprit de masse pousse le « laissé pour compte » à se replier sur lui même, accentuant sa passivité face à l’événement - ce manque d’emplois- hypnotisant son sens critique. Son entourage, par ses satires, le pousse à réagir ....mal ! Cela donne à penser qu’il faut que de passif, le chômeur devienne actif, c’est à dire ACTEUR de sa propre vie donc qu’il s’implique dans un projet - son projet-,

 

qu’il devienne RESPONSABLE.

 

Jusqu’à maintenant notre perception du travail découlait de la doctrine d’Adam Sait et du Taylorisme : la recherche du plus grand profit par la division du travail qui amena une hiérarchie verticale, une culture d’entreprise du type « Athéna ». L’Homme était un outil parmi d’autres dont le but est la fabrication et la commercialisation d’un produit.

Il semble que cette vue de l’esprit arrive à son terme et qu’il faille rechercher et trouver d’autres concepts. Si, jusqu’à maintenant, l’Homme est un moyen et le produit son but, il apparaît à la lueur de cette crise d’évolution que le produit devient le moyen d’expression de l’Homme.

L’individu qui agissait dans une activité parcellaire spécialisée, prend conscience de sa globalité et si, aujourd’hui, il désavoue le rôle de spécialiste imposé, il commence à accepter ses propres limites et à rechercher des complémentarités.

Il est prêt à mettre en avant ses compétences au bénéfice d’un dessein, d’un logo commun. L’entreprise devient l’œuvre d’une équipe d’horizons, d’âges hétérogènes. Nous entrons dans un monde interactif, aux réactions rapides et mondialisées. Les fournisseurs, les clients, les salariés sont localisés dans n’importe quels pays, les produits proviennent et retournent transformés dans toutes les parties du monde. Le Télétravail et les accords du G A T T intensifient le phénomène.

L’individu d’hier à qui l’on demandait un savoir minimum pour une tâche répétitive, aujourd’hui, devient acteur de sa production et veut être intégrer au processus de fabrication et pouvoir améliorer son développement.

 

Il revendique son rôle de CREATEUR.

 

L’entreprise est obligée de fonctionner ainsi. Depuis quelques années, la notion de collaboration entre services où chacun a un droit de regard sur l’autre est tout à fait bénéfique. Il est impensable que chaque service de l’entreprise soit autonome, une décision dans l’un entraîne des conséquences dans l’autre service et dans toute la stratégie de l’entreprise. Il est normal de concevoir une stratégie d’ensemble, il en va de la survie de l’entreprise. L’option de l’obtention de la qualité totale le démontre.

Le management vertical s’estompe au bénéfice d’un management horizontal à implication par objectifs négociés par groupe de travail : la naissance de la « Twingo » en est la démonstration.

Face à la crise, le chômeur stresse, remet en question son identité personnelle et sociale. Il perd la notion d’espace temps qui le prive des différents cycles de participation sociale, la notion de citoyen, puis arrive .....l’errance

Que constatons nous aujourd’hui, chez le sans activité :

·    un savoir déphasé par rapport à la réalité utilitaire professionnelle

·    une inadéquation entre la réalité du marché du travail et son potentiel personnel

·    une perte d’expérience professionnelle dans certains cas

·    certains manifestent un désarroi psychologique rendant stérile toute formation

·    manque de motivation pour une formation proposée

·    une passivité chez certains

·    un manque de concentration chez d’autres

·    un manque d’implication

·    il n’est pas convaincu du bien fondé d’une formation

·    son savoir n’est pas en adéquation avec le niveau intellectuel d’un stage proposé

·    il n’est pas certain que le stage  débouche sur un emploi.

Par contre tout le monde est content, sauf le sans emploi :

·   les organismes qui ont obligé ce dernier à aller user son fond de culotte en stage

·    le formateur qui pérore son savoir

·    le démagogue qui freine la courbe du chômage, qui se satisfait de cette mascarade et attend gloire de ce bilan laudatif.

Voilà l’aboutissement du irréalisme dogmatique, du bridage de la nature inventive de l’Homme. Arrêtons de gaspiller l’argent du contribuable, mais pire, la dignité de l’Homme.

Le chômeur se trouve pris dans un tourbillon qui l’oblige à réagir -non à agir- sous peine de coercitions administratives et financières et à aller à l’encontre de son intérêt personnel (son insertion) et de l’intérêt de la collectivité (syndrome de stages parkings à répétition)

Pour les jeunes, leur malaise est renforcé par un manque :

· d’expérience professionnelle

·  de connaissances des règles sociales inhérentes au travail

·  de notions régulant les rapports sociaux

et est aggravé par leur condition d’adolescent qui sous entend :

·  une noblesse de cœur

·  un enthousiasme entier

mais sont capables, s’ils ne sont pas disciplinés

·   d’anarchie

·   voire de nihilisme

Le chômeur est face à :

·  lui-même, souvent déstructuré et seul face

·   aux organismes hiérarchisés ayant leurs styles de fonctionnement

à      Education Nationale

à      Organismes de formation et de placement

à      Organismes sociaux

·   au marché du travail

 

Voilà trois acteurs, trois visions du monde qui se croisent dont le premier a du mal à s’associer au troisième et attend - trop souvent du deuxième son sésame.

Le chômeur :

Quel qu’il soit, là où il se trouve, qu’importe les raisons qui motivent son inactivité

il doit faire le point.

 

Il est indispensable qu’il- qu’elle - comprenne et prenne conscience de sa situation et puisse

·  se resituer personnellement et professionnellement dans sa sphère sociale

·   détecter en lui son  potentiel de Vouloir avoir, Savoir Etre, Pouvoir Faire

il faut que l’intéressé puisse développer les aptitudes et compétences qu’il est prêt à mettre en œuvre pour enrichir son groupe d’appartenance donc, indirectement, lui même.

·   déclencher les mécanismes internes et externes à sa réussite donc indirectement, celle de son groupe d’appartenance.

 

ici, l’intéressé de passif devient actif, acteur et maître d’oeuvre de son devenir.

 

 Il va de soi que le travail à faire par et pour le sans emploi est primordial, le succès de sa réinsertion professionnelle dépend - d’abord - de lui. C’est un contrat moral de bonne fin, que tous s’engagent à respecter, malheureusement il ne saurait y avoir de promesses de résultats

 
Les organismes

Les crises économiques, morales, religieuses, démographiques auxquelles nous sommes confrontés donnent une importance majeure aux organismes chargés de réguler, amoindrir les effets pervers, d’apporter des réponses.

Le Gouvernement avec :

 ·      les Ministères concernés

·      les relais dans les départements

·      les partenaires sociaux

·      les organismes rattachés à la Région, au Départements, à la Ville

 

qui sont très souvent ignorés de ce public : deux mondes antinomiques par leur fonctionnement

Chacun de ceux-ci ont leurs spécificités propres, chacun a une vision du traitement du chômage, chacun a élaboré une approche, une technique, des dispositions pour le combattre. Ce qui donne à l’  « Administration » de multiples visages.

Si sur le terrain nous rencontrons des organismes conscients de leur rôle et de leurs responsabilités , faisant de leur mieux pour remplir leur mission : la réinsertion des « offreur de services ». Malheureusement existent aussi des organismes de formations qui considèrent que les Demandeurs d’emploi est pain bénit pour leur tiroir caisse. Certain n’hésite pas à proposer, par exemple, un stage de création d’entreprise à des détenus de Maison d’Arrêt.....

Néanmoins, il est agréable de s’apercevoir qu’au niveau des responsables de ces différents organismes le courant passe, que le dialogue s’établit lors des réunions de travail au bénéfice du « sans activité ». Mais la réalité du terrain demande encore des efforts colossaux pour éviter - partout- l’explosion possible, ce qui est bien, et aussi pour mettre en place des cellules hétérogènes de créativités :

·   mettre en commun l’expérience de chacun au bénéfice d’une idée, d’un projet, harmoniser une stratégie d’ensemble avec le privé d’emploi.

Le marché de l’emploi

En enquête sur le terrain nous rencontrons :

 

·      Les malaises des entrepreneurs

Þ  pour trouver l’homme de la situation et leur peur d’investir

Þ  une interrogation quant aux aides de l’Etat pour l’embauche , toutes les solutions ont leurs faiblesses

Þ  beaucoup souhaitent une déréglementation surveillée : l’idée d’un complément de salaire donné par l’Etat présentent des avantages...

Certains patrons évoquent une sorte de PAC aux entreprises comme les agriculteurs ont trouvé cette solution auprès de l’Europe.

«  - action, si elle était retenue, présenterait triple avantages

1° elle obligerait les chômeurs à rechercher du travail,

2° à nous patrons de briser le carcans des salaires

3° aux syndicats à devenir constructifs. et responsables

 

·      Les difficultés chez le « sans emploi »

Þ  méconnaissance des méthodes de recherches d’emploi

Þ  peur d’aborder le problème de front

Þ  découragement trop rapide devant l’échec

Þ  on ne sait pas trop où, à qui s’adresser pour recevoir de l’aide

Þ  manque de disponibilité des amis qui ne connaissent que leurs propres sphères professionnelles d’une part et qui peuvent laisser transparaître leur propre angoisse face à leur situation ou face à leur renoncement à trouver la solution d’autre part.

 

·      devant toute idée novatrice pour solutionner son problème

Þ  ne sais pas, à qui, comment, quand et où s’adresser

Þ  ne sais pas combien cela va lui coûter

Þ  se demande si son idée est viable ? réaliste ?

Þ  si oui comment avoir des aides et sous quelles formes de la part des institutionnels

 

Il faut tenir compte d’une hémorragie de notre tissu industriel. Le déplorer, cela est facile, commode et ne coûte rien au démagogue. Il serait plus judicieux, cela se fait heureusement, d’inventer d’autres expériences pour ceux qui ont l’intelligence au bout des doigts.

Il faut admettre que la rentabilisation, la productivité de nos unités de fabrication sont dues :

·      à la modernisation et à la robotisation dans nos usines

·      à une main d’œuvre bon marché et très qualifiée des pays en voie de développement

·      à une délocalisation nécessaire dans les pays le plus défavorisés et moins riches pour leur permettre, à terme, d’acquérir un pouvoir d’achat, un niveau de vie comparable au notre.

·      à une mondialisation des échanges

 

C’est vrai, nous constatons qu’un réservoir de main d’œuvre disparaît - et dans un court laps de temps. D’autres secteurs restent exploitables mais vont demander une compréhension du travail. L’acte répétitif et bête disparaît, l’acte manuel intelligent rendant hommage à l’Homme prend son essor. C’est dans cette optique qu’un certain nombre de chômeurs manuels réhabiliteront leur dignité :

·      tous les métiers de restaurations artistiques

·      tous les métiers artisanaux

·      tous les métiers de la bouche

·      et combien d’autres :

Les Chambres des Métiers forment nombres d’artisans qui allient compétences techniques et services à la clientèles ce qui permettent à ces derniers de belles réussites.

 

Tout homme doit apporter sa plus-value à l’acte professionnel. La différence entre hier et aujourd’hui, cette plus-value, est sa créativité.

Nous sommes dans une ère de mutation. Aujourd’hui, nous pouvons considérer que nous ignorons le nombre et la nature des nouveaux produits qui seront consommés demain. Pour la même raison, nous ignorons la nature et l’importance des nouveaux métiers de demain.

Il serait criminel d’attendre l’apparition de ces nouvelles formes d’activités pour commencer à former et s’apercevoir que les récipiendaires n’ont plus l’envie et la combativité nécessaire pour profiter du nouveau savoir.

Force est de constater l’importance de la formation continue au même titre que l’investissement en recherche et développement pour éviter le chômage, l’exclusion, la marginalisation.

Seuls pourront éviter l’exclusion ceux qui auront une activité si humble soit-elle. Ceux-là seront volontaires pour acquérir l’enseignement nécessaire à leur progression sociale.

Dès maintenant, nous devons mobiliser les forces administratives, financières, humaines permettant à un maximum de victimes du chômage d’avoir cette première activité, si modeste soit-elle. Celui qui travaille, produit, doit avoir la possibilité d’accroître ses connaissances, d’accéder à des postes, des emplois plus valorisant à ses propres yeux. Il est souhaitable  que son besoin d’estime soit stimulé afin d’accroître sa motivation, son besoin de reconnaissance. Il faut favoriser à tous les niveaux dans les entreprises, les services administratifs, partout où l’Homme s’exprime, son besoin de s’améliorer, de créer de nouveaux concepts, de nouveaux processus.

L’intelligence créatrice de L’Homme est une source inépuisable d’activités.
Il faut tout mettre en œuvre pour qu’il se manifeste pleinement, constructivement pour la collectivité. La création, institutionnalisée à tous les niveaux, dans tous les secteurs d’activités, assouvira la soif d’aventure, de dépassement de l’individu et rejaillira  sur l’ensemble.
Le chômage n’est pas une fatalité.

 Le moyen de solutionner le chômage est d’investir dans l’Homme.

Le « sans activité » est un homme sans but, ballotté par les « yakas », les « faut-qu’on », mais aussi un homme complet prêt à concevoir, à qui il faut faire confiance et rendre son honneur.

Nous avons des organismes dont l’énergie à enrayer ou adoucir le chômage - ce cancer de la Société qui la ronge, qui vide l’Homme de l’intérieur ne sont plus à médiatiser.

Nous pensons que toutes les pièces du puzzle sont présentes pour réussir l’insertion. Insertion qui ne se contente pas  de Yakas, qui est une entreprise pleine d’aléas où il y aura des échecs.

Le fait d’accepter une part d’insuccès implique aussi la réussite pour certains. Il faut tout mettre en œuvre pour que cette part de réussite soit la plus importante possible. Nous sommes conscients que nous travaillons au réveil des capacités inhérentes du privé d’emploi, l’Homme ne se manie plus comme un objet : le mur de Berlin est tombé. Oh combien L’Homme sera fier de ses lauriers lorsqu’il connaîtra ses adversaires et lui-même, il sera invincible, il verra son but et les moyens d’y parvenir (précepte de Soun Tsé)

Notre but est de faire du chômeur, un homme libre et responsable, qu’il devienne son propre chef qui soit capable de collaboration avec ses semblables.

 

Louis PEYE

Nice 1994

et Cannes  1997

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