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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 19:07

Connaissance du niveau émotionnel

 

Avant d’aller plus avant dans la connaissance de ce plan de l’unicité de l’homme, laissez- moi vous donner à lire ces quelques lignes du «Petit Prince» de Saint-Exupéry.

C’est étrange, dis-je, au petit prince, tout est prêt : la poulie, le seau et la corde…

Il rit, toucha la corde, fit jouer la poulie.

Tu entends, dit le petit prince, nous réveillons ce puits et il chante…

Lentement, je hissai le seau jusqu’à la margelle. Je l’y installai bien d’aplomb. Dans mes oreilles durait le chant de la poulie et dans l’eau qui tremblait encore, je voyais trembler le soleil….

Je soulevai le seau jusqu’à mes lèvres. Il but, les yeux fermés ? C’était doux comme une fête. Cette eau était bien autre chose qu’un aliment. Elle était née de la marche sous les étoiles du chant de la poulie, de l’effort de mes bras. Elle était bonne pour le cœur, comme un cadeau.

 

Dans ces quelques lignes, viennent s’entrecroiser l’action physique, l’émotion et le symbolisme.

Nous avons vu que l’émotion chez l’homme est primordiale et que l’affect peut modifier le plan physique. Alors, dès lors, l'homme a-t-il la possibilité de modifier ses conditionnements émotionnels ? Si oui, comment et pourquoi agir sur l’affect qui correspond à tout état affectif, pénible ou agréable, vague ou qualifié, qui se présente sous la forme d’une décharge massive – dans les crises d’angoisse aiguë par exemple – ou d’un état général ? L’émotion est un ensemble de mécanismes psychologiques qui influencent le comportement et brouille souvent l’intellect, le mental, comme le vécu de Phinéas Gage le démontre.

Les sentiments sont toujours présents et accompagnent toutes les actions, même si l’individu n’en a pas conscience. Le sentiment peut être même plus intense qu’il n’est pas conscient et ne se manifeste pas. Nos sentiments toujours présents influencent nos pensées, nos croyances et comportements. Il est donc nécessaire de les connaître afin de savoir les gérer avec bonheur. Or, un sentiment refoulé est un sentiment dont il faut se méfier car il sera générateur d’actions erronées. Malheureusement notre éducation nous pousse à les cacher, nous empêche de les exprimer. Ce sentiment refoulé, caché, non exprimé, ne laisse en définitive qu’une vague impression de satisfaction ou d’anxiété, vite refoulée, afin de vivre rationnellement et raisonnablement comme le veut notre vie en société.

Il est donc nécessaire de s’entraîner à les reconnaître, de les verbaliser et de vivre en bonne intelligence avec eux. Nous l’avons vu, dès qu’un individu entre dans notre sphère intime, avant qu’il ait prononcé une parole, une communication, non verbale, dictée par l’émotion, a déjà donné l’ambiance future de la rencontre. Avoir accès à ses sentiments c’est avoir accès à son système émotionnel grâce à son système mental. Le système émotionnel caractérise les différents « moi » de l’enfant qui est en nous, alors que le niveau mental caractérise le « moi » adulte (voir niveau mental). C'est-à-dire reconnaître que telle action, tel comportement, tel souvenir engendre telle émotion, permet à l’individu de mieux gérer le sentiment et d’apprendre à le contrôler et ainsi apprendre à mieux gérer la relation avec l’autre et surtout avec soi-même.

Bien entendu celles-ci peuvent se décliner selon la gravité du ressenti. Mon exposé n’est pas de savoir que faire dans de graves crises qui sont du ressort du thérapeute. Cependant celui qui sait – le coach, l’enseignant, le parent – va trouver ici quelques lignes qui ont fait leurs preuves et donner des résultats tangibles. Ces outils – et d’autres - employés, à bon escient, ont permis le retour à l’emploi des publics inscrits à l’ANPE, à des militaires souhaitant se reconvertir dans le privé, à des commerciaux soucieux d’améliorer leur quota.

J’ai évoqué plus haut les perceptions des sens – le VAKO- Il est donc indispensable pour l’accompagnateur de connaître le sens physique (vue, ouïe…) privilégié par l’accompagné et ainsi se synchroniser avec son sujet.

La synchronisation est un outil qui permet méthodiquement de pratiquer la rencontre de l’autre dans son modèle. L’énergie de l’accompagnateur est totalement tournée vers l’accompagné. Au niveau verbal, l’emploi des mêmes mots significatifs, les mêmes images utilisés par l’autre. Au niveau non verbal, reproduire en miroir un des éléments suivants : vitesse d’élocution, ton de la voix, posture, mimique, mouvements. Ensuite il est alors facile de devenir le guide en prenant l’initiative en avançant VOS idées, opinions et méthodes. Dans cette phase de guidage, il est impérieux, si la confiance règne entre les deux personnes – accompagnateur/accompagné – d’entrer dans la distance intime de l’autre tout en mesurant l’impact de son action sur l’autre. Cette technique est appropriée pour l’écoute active de l’autre. Elle permet, elle autorise l’Autre à s’exprimer en confiance, qui s’autorise, alors, à repousser ses propres limites.

Attention toute technique est neutre. Ce qui différencie le mauvais du bon résultat est la motivation du technicien et sa volition. Ici, ce qui est décrit porte toujours ses fruits, en bon ou en mauvais. Il ne faut pas oublier que cette technique est favorisée par tous les manipulateurs qui, comme tout un chacun le sait, sont des malades relevant de la psychiatrie. La personnalité manipulatrice et la personnalité narcissique (les deux sont trop souvent jointes et prépondérantes) sont décrites dans le groupe 2 de l’axe II du DSM-IV (Classification mondiale psychiatrique des troubles de la personnalité). Ce n’est pas Isabelle Nazare-Aga qui me contredira.

Chacun, au cours de sa vie, a acquis des milliers d’expériences dans diverses activités de la vie de tous les jours, résolu des centaines de problèmes, rencontré un grand nombre d’interlocuteurs. En prendre conscience c’est mobiliser ses ressources conscientes et inconscientes disponibles à chaque instant. Certaines de ces expériences n’ont pas été heureuses comme on le souhaitait, d’autres par contre se révèlent être des victoires, voire des triomphes. Accepter de réussir c’est aussi accepter de se tromper.

Profitons de nos succès pour les valoriser. Utilisons le processus de l’ancrage. Qu’est ce? Vous connaissez le reflexe conditionné de Pavlov. Il a tout simplement dressé un chien à réagir quand il entendait la sonnette lui indiquant que sa pitance arrivait. De fait, le chien commençait à saliver, bien avant de sentir ou voir sa ration journalière. L’ancrage est donc la mise en place d’une association entre une expérience vécue avec son état émotionnel correspondant et un stimulus unique choisi.

Lorsque le revers survient – dont nous  ne sommes pas forcément le responsable lorsque plusieurs personnes sont impliquées – remémorons-nous un souvenir de victoire, un souvenir, dont nous sommes particulièrement fier et heureux. Substituons celui-ci au revers subi. Le cerveau nous envoie une image triste, nous avons alors le moyen de la remplacer par cette image de joie instantanément et seule celle-ci subsiste. Pour amplifier ce phénomène, choisissons un geste discret que nous ferons à chaque fois que la confusion, le trac avant l’action nous submerge. Ainsi nous allions le niveau physique, le niveau mental, le niveau émotionnel à notre action. Ce geste peut être de croiser les doigts, plaquer la main sur sa cuisse, mettre le pouce à l’intérieur du poing à l’abri des autres doigts, etc.. (un stimulus unique qui accompagne l’expérience vécue). Ce geste choisi est notre talisman. Il n’appartient qu’à nous. Ce geste est l’effaceur de tourment, il nous redonne la sérénité. Il est l’interrupteur « on/off » qui passe des ténèbres à la lumière. Ce geste, institualisé, permet de rester dans une dynamique gagnante et empêche le pessimisme irrationnel de s’installer.

Certaines personnes ont des perceptions qualifiées d’irréelles au commun des mortels. Pourtant, chacun d’entres nous a, à un moment de sa vie, ressenti, vu, entendu quelque chose. Souvent ce sont nos muscles lisses – qui sont sous le contrôle direct du système nerveux autonome (système involontaire) comme le cœur, l’estomac, les intestins, les muscles du visage, les paupières, etc. - qui vont ressentir ce quelque chose et nous alerter de ce que nos sens ne perçoivent pas.

C'est-à-dire qu’il y a eu une contraction des muscles ou une dilatation des vaisseaux devant un inconnu environnemental, qui est perçu par notre niveau émotionnel et nous informe. Nous avons tous cette faculté plus ou moins développée. Nous « savons » qu’une bonne ou mauvaise nouvelle va nous arriver ce jour, que… «cela » va survenir sans que nous puissions en verbaliser consciemment le mécanisme : intuition, prémonition, précognition, tout comme au XVIII° Siècle, on savait que l’électricité existe sans que nous puissions en apporter une preuve scientifique, ce mécanisme incontrôlable de notre cerveau se manifeste sans que nous en comprenions la conception matérialiste.  Nous « savons » que cet objet est un faux ou une copie, nous « savons » que ce malade s’en sortira, nous savons que nous allons gagner le match, nous savons que…. une indication qui nous vient du fin fond de notre unicité que…. cela va arriver.

Nous entrons ici dans la « zone » du tennisman, dans le « do » du sportif adepte au tatami. Notre physique, notre gestuelle, nos émotions, notre mental sont en osmose, tout nous réussit. Faisons-nous confiance, écoutons notre petite voix qui nous parvient de nos profondeurs lorsque le corps est en repos. On peut mettre un homme en prison, pas son esprit. (Archipel du Goulag d’Alexandre Soljenitsyne.).

Il va sans dire qu’il est, encore aujourd’hui, difficile d’accepter ces perceptions qualifiées de « paranormales » dans notre civilisation marquée par la personnalité de Descartes et du scientisme. Force est de constater que cette vision devant le fait de « l’intuition » ne peut plus être mise en exergue. L’intuition est un mode de connaissance immédiat qui ne fait pas appel à la raison. Elle n’est pas inférentielle : elle n’est jamais la conclusion d’un raisonnement conscient. Elle prend la forme d’un sentiment d’évidence quant à la vérité ou la fausseté d’une proposition qu’on ne peut pas toujours justifier. On aura par exemple l’intuition d’une action qu’elle est juste sans savoir pourquoi elle l’est.

Peu d’hommes parviennent à ces perceptions à cause de leur mental rigide et des conditionnements éducatifs étriqués. Ceux qui parviennent à exprimer leur intuition sont souvent des êtres qui maîtrisent tant leurs sens que leur gestuelle et qui laissent les autres niveaux de leur inconscient agir. Le bras est comme pour le pianiste la main, l’expression de tout leur être exprime ce qu’ils sont. Pour le tennisman, par exemple, une fois sa maîtrise du jeu, de la gestuelle sportive acquise, il ne se soucie que de jouer une bonne partie pour le plaisir de la satisfaction du jeu et de la victoire. Il en va de même pour le pianiste virtuose qui  ne se soucie pas de la position des doigts sur l’instrument, il exprime seulement le talent qui lui vient du plus profond de ses « tripes ».

Nous avons déjà vu  qu’il existe 4 grands sentiments (Joie, Tristesse, Colère et Peur) qui se déclinent en plus d’une trentaine d’équivalences pour chacun d’eux. Viennent s’ajouter des sentiments mêlés comme, par exemple, le souci qui est un mélange de peur et de tristesse, l’envie qui est un mélange de tristesse et de colère, etc.

Nous constatons, qu’à 1ère vue, il n’y aurait qu’un seul sentiment positif : la joie. Or, il n’y a pas de bons ou mauvais sentiments car chacun peut être vu comme étant positifs ou négatifs pour soi selon les cas et les circonstances. Pour imager, nous allons appeler l’émotion ressentie comme étant un radar et, nous, comme un moteur qui va déclencher le type d’action utile appropriée. Posons-nous ces questions : ce radar aide-t-il à prendre conscience d’un besoin ? d’une action ? d’une pensée ? qui va permettre d’obtenir satisfaction ? Est-il proportionné, adéquat, proportionné à la situation vécue, de durée, d’intensité pour déclencher l’énergie optimum du moteur ? Si la réponse est OUI, il vient de notre système émotionnel positif, adapté et libre, si la réponse est NON, ce sentiment dénote un système émotionnel négatif, rebelle ou soumis. Ces sentiments positifs ou négatifs s’appuient sur les archétypes de notre enfance. Par exemple l’autorité s’appuie sur l’archétype de l’autorité du père qui, plus tard, se substitut au Gendarme. Comment allons-nous réagir lorsque celui-ci nous arrête sur le bord de la route ?

Chaque sentiment appelle une réponse positive :

·         La peur appelle la protection

·         La joie appelle le maintien

·         La colère appelle le changement

·         La tristesse appelle le réconfort

Agissant ainsi, face au sentiment rencontré, vous savez que ce l’autre – ou soi-même – souhaitons, car le sentiment exprimé est souvent une façon non verbalisée de demander.

Il est essentiel pour chacun d’entre nous, d’être soi-même et de vivre son propre projet.

Lorsque les sentiments sont négatifs, ils ne permettent pas d’enclencher le circuit positif décrit ci-dessus. L’action qui en résulte est malheureusement inefficace. Ceci arrive assez souvent : peur paralysante, colère excessive non contrôlée, tristesse dépressive ou joie inconsidérée. Dans ces manifestations – hors normes – les demandes sont faussées. Il est nécessaire de repérer le type de sentiment négatif exprimé et de répondre à l’émotion déformée ou cachée derrière ce sentiment négatif. Par exemple, l’ado qui exprime une colère négative face à l’autorité, exprime un changement (l’enfant veut devenir l’adulte possédant l’autorité), c’est certain. Cette excessivité est aussi la démonstration qu’il ne sait, par exemple, pas s’organiser, qu’il n’est pas préparé ou à la hauteur du défi ou encore qu’il n’est pas suffisamment clair, structuré dans sa tête. Nous devons alors, détecter et traiter l’origine de la colère afin de permettre le changement positif et stimulant.

Nous pouvons, aussi, avoir à faire au syndrome de l’élastique. Chacun d’entre nous avons vécu des événements associés à des sentiments forts et dont le souvenir s’est évaporé ne laissant en mémoire qu’une émotion empreinte subtile. Lorsque la personne se retrouve dans une situation analogue, elle revit l’événement présent avec une intensité excessive parce que se mêlent les souvenirs d’émotion du passé. Derrière l’événement présent qu’elle est en train de vivre, se trouvent le « fantôme » du souvenir. Systématiquement, à chaque nouvel événement semblable, ce « fantôme » fait son apparition. La personne fait alors tout pour éviter de se confronter à celui-ci. Ce comportement se nomme « l’évitement ». Ce sentiment consiste à éviter ce qui nous confronterait à nos angoisses. Parfois celles-ci sont tellement importantes qu’elles nous entraînent à des phobies. (Ici, c’est du ressort du thérapeute.) L’évitement renforce la peur négative. Ce fantôme, n’est ni plus ni moins, qu’un souvenir émotionnel, important, refoulé qui agit au détriment de l’individu. Il y a corruption du Présent par le passé.

Que faire ?  D’abord reconnaître son existence, l’accepter.

Ce phénomène prend sa source généralement dans notre enfance dont notre conscience a oublié le souvenir (souvent en l’enterrant pour éviter de le voir donc de l’affronter ouvertement puisque s’il est caché il ne saurait être revécu), seule la réminiscence de l’émotion remontera alors à la surface avec d’autant plus de pouvoir paralysant que nous ne sommes plus capable de lui donner la juste dimension à la source initiale et que, de par le fait, les proportions sont grossies comme sous la lentille du microscope toujours ajusté de notre inconscient. Prenons conscience de l’exagération manifestée entre la réalité préhensible du fait et notre réaction disproportionnée. Déjà, celle-ci va nous aider à vivre l’événement avec plus de calme et cette tranquillité va, au fil des jours, chasser le fantôme qui  nous tourmente. Le « moi » adulte, en nous, observe le « moi » rebelle de l’enfant qui est en nous, et ce « moi » adulte réconforte dans un premier temps.

Analysons avec un regard d’adulte un exemple de cette disparité : je suis dans une colère noire à cause d’un verre de vin renversé sur la table. Nous avons vu que le sentiment positif qui devrait l’accompagner est le changement. Or là, nous sommes dans un rejet tout court, je suis agressé à  nouveau et je coupe, je tranche, j’ampute sans réfléchir. Mon émotion est guidée par le fantôme qui me tenaille. Accepter que c’est le fantôme (peut-être ici mon père qui me reprochait sans arrêt ma distraction) qui agit et non nous, fait que nous coupons, supprimons ce lien qui nous relit à lui et à cette douleur humiliante. Ensuite remplaçons-le par la réaction appropriée qui est l’expression de changement que nous souhaitons pour cette action vécue. Bien sûr ce n’est pas aussi simple que cela. Il ne s’agit pas de magie, c’est une aide pour améliorer partiellement la situation. C’est toujours un morceau d’autonomie qui est acquis. Si le fantôme est toujours présent, il n’est plus maître de nos émotions. L’adulte qui est en nous regarde l’action et temporise, relativise. L’adulte nous fait prendre de la hauteur par rapport à l’acte. N’est-ce pas déjà un bon résultat pour nous même ?

L’attachement est toujours le réflexe auto-défensif d’une peur inconsciente. L’attachement à autrui – personne, fantôme – est, en réalité, un attachement à nous-mêmes. Cette attitude de dépendance est un obstacle à notre réalisation. Précisons notre pensée. Nous avons l’habitude de vouloir nous détacher de telle personne, de telles pensées, de tel objet, de telle addiction. Le travail de détachement ne consiste pas à se détacher de tout sauf d’une chose. Il ne s’agit pas pour nous de lâcher telles ou telles prises. Il s’agit de « lâcher prise ». Tel Janus, gardien des passages et des croisements, divinité du changement, de la transition, il nous faut apprendre à regarder différemment, à changer notre vision.

Cette attitude intérieure d’ouverture à la vie et aux autres, cet état d’esprit qui nous ouvre, et nous rend disponible, nous autorise à vivre pleinement l’instant présent. Ici nous faisons un changement de position, nous modifions la donne intérieure et donc extérieure. Ce n’est plus le problème que nous observons, c’est un couché de soleil, une rose, un animal, la vie dans sa manifestation originelle. Notre préoccupation ne nous retient plus, nous avons coupé la laisse, nous sommes enfin libre.

Sinon, nous restons dans un choix, ce choix qui divise. La conscience de soi, la liberté de choisir (entre tel ou tel attachement ou souvenir, par exemple), la responsabilité qui s’ensuivent ne sont-ils pas les signes distinctifs de l’espèce humaine, de son ego ? Choisir n’est-il pas la manifestation d’être en haut de la pyramide des espèces vivantes ? Est-ce qu’un animal choisit ? Est-ce qu’un végétal choisit ? Un homme oui ! Il est, de par ces particularités, supérieur à l’animal et au végétal.

Ces signes sont loin d’être ceux de la sagesse, de l’équilibre et de la félicité. C’est à tort que nous croyons choisir librement. En fait, nous sommes plus « choisis » que nous choisissons nous-mêmes. Nous sommes inconsciemment « choisis » par nos habitudes de choix. Cette dernière est conditionnée par nos automatismes mémoriels, instinctifs. Ce que nous entendons par choix n’est pas liberté. Nos choix ont pour mobiles le plaisir ou la peine, nos affects. Nous croyons avoir choisi « l’objet » qui nous intéresse. En réalité c’est lui qui nous choisit parce qu’il éveille un écho quelque part au plus profond de nous. C’est cet « objet» qui attire, accroche notre regard, qui fait avancer notre main vers…, qui nous dirige vers cette direction. Si je donne à étudier un projet à une équipe, il me donnera les points forts et les faiblesses, si ensuite je donne ce même projet à une autre équipe, gageons que les conclusions mettrons en évidence des nuances de vision par rapport à la première équipe. Pourquoi certains vont-ils avoir le désir d’une soupe à  l’oignon ? Cet autre l’envie de persil ? L’oignon ou le persil sont des légumes qui contiennent pour l’un du souffre nécessaire à nos cheveux et notre peau, pour l’autre une forte teneur en fer. Et si le cresson attire au préalable notre regard, l’individu oubliera l’oignon, idem si la main s’avance pour s’approprier un sachet de pistaches, adieu le persil. Celui qui va s’écouter et manger de l’oignon, du persil ou … s’apercevra vite que c’est son corps, et les besoins exprimés par le biais de l’intuition écoutée, qu’il a satisfait, c’est-à-dire son propre besoin de bien-être tout à fait naturel et légitime. La vue d’objets ou de personnes identiques crée en nous des réactions mentales et émotives qui se placent sous le signe de l’habitude, cette habitude qui nous berce, nous enfume. Lors d’une rencontre, la première fois entre deux êtres, au printemps de leur vie, fait qu’il va y avoir une suite ou pas. Lorsque deux jeunes gens décident de s’unir : « qui des deux fait la meilleure affaire ? » Quels sont mes automatismes inconscients sur le plan généalogique, culturel, mental, affectif, etc. dont je ne possède pas toutes les clefs et qui me dirigent ? Pourquoi un être qui divorce, va une fois la colère passée, re-choisir un être identique comme partenaire de vie ? Certains, poussant le « vice » jusqu’au fait que cette personne a le même prénom, le même physique ? Pourquoi, celui qui a connu un échec affectif, après une introspection, va rencontrer un autre être tout à fait différent, plus en adéquation avec sa personnalité profonde et originelle ? En résumé, nous nous attirons, à notre corps défendant ce qui nous est semblable psychologiquement et, ce, sur tous les plans de la manifestation humaine, comme nous rejetons de notre vie tout ce qui n’est plus en harmonie avec notre unicité. Preuve que nous évoluons et c’est tant mieux. Le film que nous voyons à l’extérieur est le reflet de notre psyché. Les assureurs ont une bonne idée de ce phénomène. Un client perturbé a plus de chance d’avoir un accident qu’un client « bien dans sa tête ».

Toutes les fois qu’il y a acte de choix, conscient ou inconscient, il y a intervention du « moi-je » par la somme des mémoires accumulées qui en forment la substance. Le choix implique toujours une dualité alors que nous sommes une individualité, unique, homogène et complète. Choisir résulte toujours d’une situation incomplète placée sous le signe du verbe « AVOIR », posséder toujours plus. Le non- choix est placé sous le signe du verbe « ETRE ». Nous n’avons pas à choisir, le « je-suis » le fait mieux que notre ego.

Les émotions se manifestent aussi sous forme de symboles. C’est commode, il est objet, image, mot, son, logo, une marque particulière qui représente quelque chose par association, ressemblance ou convention. Il est signe qui s’explique : « le signe, l’objet et l’interprétant » ou « le signe, la référence, le référent ». Comme nous le voyons, le symbole est extrêmement souple dans son interprétation et il a comme avantage d’être perçu par tous d’une manière intuitive. Il faut savoir qu’il existe deux types de symboles, celui qui est opératif, comme ceux utilisés par les Maitres et Compagnons qui construisirent les Cathédrales, et ceux qui sont spéculatifs, étudiés par le patient et son psychanalyste. Lorsque l’on réfléchit sur un symbole opératif, celui-ci permet au Compagnon de communiquer avec tous ses coreligionnaires, alors que le second, étant spéculatif, chacun va en avoir sa définition. Par exemple, le rouge peut représenter l’Amour ou la guerre.

Reprenons le petit texte de Saint Exupéry,

Sans être prolixe, reprenons quelques termes. La poulie, cette roue qui tourne, le seau, ce contenant qui va recueillir l’eau. « Cette eau qui est bien autre chose qu’un aliment ». L’eau qui symbolise si bien les émotions qu’elles soient sales ou propres. La corde qui relie. Le soleil qui réchauffe et éclaire…

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