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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 12:36

 

Connaissance du niveau causal

 

J’ai évoqué précédemment les messages (négatifs) que nous psalmodions sans nous en rendre compte. D’où viennent-ils ? Ils font partis de notre intelligence : c’est l’action de communiquer avec soi-même, d’échanger des informations entre soi et soi. Qui n’a jamais soliloqué pour mieux résoudre un problème quelconque : raisonnement mathématique, réflexion sur une décision à prendre…. Chacun sait qu’il est plus facile de réfléchir à haute voix qu’en pensée. Le rêve est aussi un message intra-personnel qui peut être un message codé pour l’individu.

Comment allons-nous interpréter les messages personnels ? Nous avons vu précédemment que ceux-ci peuvent avoir une résonnance sur notre psyché et donc notre mode de vie.

La communication intra-personnelle n’est autre que le jugement que nous nous portons sur nous-mêmes, bien que ce jugement apparaisse comme indissociable de celui que les autres portent sur nous. On connaît tous, à un moment ou à un autre, « la tentation de Venise », ou son fameux carnaval, cette soudaine envie de disparaître de sa propre vie, quelques heures, quelques jours, plus peut être…... sans rien dire à personne pour échapper à ses obligations. Cette tentation est une soupape secrète de notre cocotte minute face à  notre vie sociale trop trépidante ou face à notre impossibilité à surmonter un défi. Il est de fait que le carnaval avait été créé pour permettre à tout individu, quelle que soit sa classe sociale, de pouvoir donner libre arbitre et libre cours à ses actions et à la satisfaction de plaisirs interdits en temps ordinaire.

Nous avons là diverses réactions à ce jugement. Souvent nous ne voulons pas que l’autre nous scrute, nous devine, nous perce à nu. Je veux dissimuler qui je suis. Voilà le danger. Avons-nous assez de courage pour nous regarder tel que nous sommes avec notre potentiel, nos qualités et celles qui sont à développer ? Préférons-nous conserver notre propre regard sur nous-mêmes, souvent bien inférieur à l’image que nous projetons ?

Ou bien mon tourment est la présence de l’Autre. Qui est l’Autre ? un vis-à-vis physique, comme mon chef hiérarchique ? mon Ange gardien qui m’exhorte à reculer mon seuil de Peter ? mon gentil Démon qui me jure que tout m’est dû ? Lequel des trois ? Bien souvent l’Autre est soit l’ange, soit le démon qui nous habite et nous juge, nous fait honte ou nous félicite. N’avons-nous pas entendu que le meilleur ennemi de l’homme n’est autre que lui-même ?

Bien vivre avec soi permet de bien vivre avec l’autre. Quels sont les messages que j’entretiens avec moi-même ? Quel est le regard que je porte à moi-même ? Nous prenons toujours en considération le jugement de l’Autre – moi, ou mon ami, en qui j’ai confiance - . Sans lui, nous serions incapables de nous remettre en question. Sans cette communication avec l’Autre, nous avons peur de ne pas être reconnus dans la société, dans notre groupe d’appartenance, de ne pas être appréciés ou aimés. Nous pouvons dire que l’environnement dans lequel nous évoluons (groupe d’appartenance, l’air du temps, les idées qu’il nous faut accepter, mode du moment…) nous pousse à penser de bonnes ou mauvaises choses. C’est cet environnement dans lequel nous baignons qui détermine notre communication intra-personnelle et nous fait penser le bien ou le mal. Par rapport à quelle morale, quelle philosophie, quel mode de pensée ?  Comment juger ? Si certains faits sont vérifiables et quantifiables comme les objets physiques, qu’en est-il des faits touchant la culture, l’Ethos ? Ce qui est acceptable pour un Européen l’est-il pour un Sénégalais ou un  Inuit ? Nos opinions, nos jugements de valeurs, nos préjugés sont trop différents.

Alors peut-on se détacher de l’influence de notre environnement et porter un jugement objectif sur nous-mêmes et sur les choses ?

Oui !

Tous les préjugés, les opinions, les jugements de valeurs sont des impressions, des sentiments, des croyances qui se présentent comme des connaissances, des valeurs sûres. Réfléchissons avant d’affirmer : elles se révèlent être plutôt de la supposition que de la certitude.  C’est en cela que la communication intra-personnelle a des effets négatifs sur nous comme le découragement ; l’angoisse voire l’autodestruction. Celles-ci sont du domaine de l’environnement culturel dans lequel nous sommes plongés. Placé dans un autre contexte, notre communication intra-personnelle change. Le sportif de haut niveau pratiquant le tennis aura-t-il la même communication s’il décide de pratiquer un sport collectif ? Un entrepreneur, un chef d’entreprise aura-t-il la même communication s’il décide d’adhérer à un syndicat ouvrier ou si le syndicaliste brillant devient patron ?

C’est Pierre Bourdieu qui explique dans ses Méditations Pascaliennes que si nous voulons réellement lutter contre les opinions et les préjuges, il faut apprendre à objectiver. Méfions-nous des pièges de la sensibilité ou de l’imaginaire qui nous font apparaître les choses, les actes, les faits pour ce qu’elles ne sont pas. Un bâton droit apparaît courbé dans l’eau et une personne peut nous paraître habillée de qualités qu’elle ne possède pas. Mettons de côté nos croyances, nos opinions, nos traditions, nos particularités de toutes sortes. Elles sont des lunettes déformantes de notre vision sur notre environnement. Le dialogue entre « moi » et « moi » devient alors possible si je fais passer de l’état de  donnée intérieure à celui de réalité extérieure correspondante, susceptible d’étude objective. Par exemple, si je couche sur papier une idée, elle prend forme. Par extension, ce dialogue le devient aussi entre moi et l’autre. Revenons à Berne et les états du moi, parlons-nous en Adultes.

Apprenons à contrôler nos messages et à ne pas accepter ceux que l’environnement nous demande d’accepter pour vrais. Choisissons nos propres idées réalistes et réagissons positivement en toutes circonstances.

Lorsque l’adversité survient, ne plongeons pas dans la culpabilité, allons chercher notre meilleur ami (qui est en nous et laissons de côté notre meilleur ennemi).  Cela aura beaucoup plus d’effets positifs sur notre unicité. Se parler à soi-même en termes valorisants nous redonne l’estime de nous même et, surtout, permet de reprendre confiance en soi. Accepter de gagner et aussi savoir et donc accepter que l’on puisse perdre parfois. Accepter que l’erreur est aussi formatrice permet de nous améliorer dans une nouvelle action en intégrant ce que l’erreur nous a appris.

« L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature ; mais c’est un roseau pensant. » nous dit Pascal dans « Les Pensées ». L’humain est un être paradoxal, grand dans sa faiblesse. Il est aussi une créature qui fait exception dans la nature grâce à ses facultés extraordinaires comme penser, réfléchir, raisonner, analyser, élaborer de nouveaux concepts donc de communiquer avec lui-même et lui-même avec les autres. La communication que nous entretenons avec soi-même et avec les autres est d’abord une communication intra-personnelle avant d’être une communication interpersonnelle. Nous l’avons constaté, beaucoup d’éléments de notre personnalité sont du domaine de l’inconscient – du non-conscient – nous avons le choix néanmoins entre ce qui est bon pour nous et notre entourage ou ce qui ne l’est pas. Cela est notre libre arbitre, notre responsabilité. Prenons conscience que nous pouvons entretenir, à notre corps défendant, des messages nocifs particulièrement vicieux qui nous enchaînent, nous enferment.

Chacun de nous se parle à lui-même pour s’encourager ou au contraire se dévaloriser : « Vas-y ça va marcher…, vas-y tu en es capable… » ou alors « tu vas encore rater…, tu es stupide… ». D’où nous vient cette pluie de messages qui nous passent par la tête ? Abraham Maslow nous parle de nos besoins à satisfaire et nous allons certainement lire dans nos magazines, nos journaux, ou en écoutant notre radio, notre chaine de TV et trouver les moyens d’y répondre. Des recommandations données par notre entourage, des événements ressentis sont des sources principales de ce flot ininterrompu que le cerveau ingère.

Or, nous le savons, notre intelligence est sélective et enregistre selon notre mode de pensée habituelle. D’une manière générale, si l’on prend la peine d’y réfléchir, on peut objectiver ces messages incitateurs.

Mais, trop souvent, ils nous conduisent à des réactions standardisées, pouvant aller jusqu’à nous formater afin de nous conformer à l’esprit d’un groupe. Ce besoin d’appartenance si prégnant que ne nous fait-il faire ! Et ce désir d’être reconnu comme…. « le meilleur d’entre les meilleurs », est il un moteur bénéfique ou nous pousse-t-il à écraser tout le monde pour parvenir en haut de l’affiche ?

Il est toujours possible de faire machine arrière et d’être plus attentif et donc plus libre. A la condition d’en prendre conscience. Cependant il se trouve que quelques-uns, seulement, restent et influencent l’individu. Si nous ne savons pas pourquoi ces messages se fixent, s’ancrent il apparaît, par contre, utile de savoir les repérer et de connaître leurs façons de nous conditionner.

Certains sont des

·   Messages positifs : ils appellent à l’épanouissement et à l’efficacité de l’individu. Ils sont l’antidote des messages négatifs. Ils sont d’autant plus favorables, acceptables qu’ils sont réalistes, valables, agréables. La réussite et l’échec sont les deux faces d’une même action. L’accepter est déjà prendre en compte tous les critères et opportunités de réussites. ET aussi tous les freins, les obstacles qui sont susceptibles de nous retarder. Nous devons donc analyser les forces et faiblesses en toute objectivation. C’est donc accepter de faire l’inventaire de ceux-ci avant d’entreprendre. Agir et ensuite faire un bilan et comparer entre l’avant et l’après l’action afin de mieux coordonner la prochaine intervention. Quelqu’un m’a donné un jour cette définition du courage que je trouve remarquable : « Entreprendre c’est oser commencer un projet sans être sûr que la conclusion prévue sera bien concrète, sans donc savoir comment ce projet se terminera réellement. » (Cependant, je recommande lorsque l'on construit son business plan, avant de se mettre à son compte, que les projectifs de réussite sur le papier se monte à 80%, dans la réalité, ce pourcentage peut s'amenuiser de 10 à 15%). L’élan est donné et l’intuition permettra l’aboutissement satisfaisant du projet en laissant simplement la place suffisante à l’imprévu et accepter de s’y adapter !

·   Messages négatifs : Ces messages sont très attractifs parce qu’ils promettent une solution définitive et « assistante » à nos problèmes du moment. Ces messages nous abusent et profitent de nos faiblesses : ils font naître un espoir fou… ils font rêver… mais ils demandent un échange, c’est du donnant-donnant souvent à sens unique – du plus faible au plus fort. Ils sont contraignants, ennuyeux, peu motivants. Ces messages nous persuadent que si nous n’avons pas obtenu satisfaction c’est parce que, nous, nous n’avons pas rempli notre part de contrat. De ce fait nous nous cristallisons sur ce contrat de dupe et avons perdu l’objectif à atteindre. Ils sont de mauvaises aides. Ce sont des recommandations inutiles, non valables et désagréables.  Ils sont des messages du manipulateur qu’il soit autre ou nous même.

·   Messages de renforcement : ceux-là peuvent être positifs ou négatifs. Ces messages sont dits de renforcement car ils trouvent en nous un terrain favorable à l’écoute, à l’acceptation et notre libre arbitre les approuve. Si je dis à une personne qu’elle est  incapable soit elle se révolte parce qu’elle ne l’accepte pas, ou alors, elle pense que j’ai « lu » en elle, et que ce je dis, va la dissuader de lutter contre sa propre croyance.

·   Messages projectifs : celui qui a tendance à se répéter des messages dévalorisants, a tendance à envoyer aux autres ces mêmes messages dévalorisants. Celui qui a tendance à être dur pour lui EST dur pour les autres. De même que celui qui est positif dans sa communication sera positif dans son expression. Avoir de bonnes relations avec soi-même est la clé des bonnes relations avec autrui – Aime-toi et le ciel t’aimera; voir le potentiel positif à développer en soi permet de voir le potentiel positif à développer ou éveiller chez les autres.

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