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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 11:34

Connaissance du niveau inconscient

 

Bien souvent nous ignorons l’implication de ce que nous impriment nos parents, leur origine, leur niveau social, leurs qualités, leurs manques. Ce sont pourtant ce qui constitue notre socle sur lequel va s’ériger notre personnalité, nos envies, nos désirs et parfois nos échecs et là, souvent dans ce que l’on nomme cet inconscient – « ce fourre-tout » - se cache la solution à ce revers, à cet insuccès. Essayer de faire cette introspection, comprendre ce que notre lignée nous donne en héritage, permet de nous élancer dans la vie avec une certaine confiance en soi. Dans chaque groupe d’individus, se cachent des trésors de talents où il suffit à chacun de puiser pour enrichir le capital des générations futures. Depuis des milliers d’années, l’homme erre sur la terre. Comment transmettre l’expérience ? le mythe est une façon pratique d’autant plus qu’il est commun à tous. Le mythe vient du grec «mythos» qui comme beaucoup de termes a évolué et signifie « fable », « légende ». C’est une histoire d’origine vague essentiellement religieux ou surnaturel qui cherche à rationaliser un ou plusieurs aspects du monde ou de la société. En d’autres termes, c’est un mensonge, une  fable qui dit la vérité. Ce n’est pas Joseph Campbell qui viendra me contredire. Deux mythes me paraissent importants : le mythe du chasseur et celui du cultivateur.

Le mythe du chasseur nous vient de nos ancêtres qui habitaient les cavernes. C’étaient des chasseurs et des cueilleurs de fruits. Très proche de dame nature, ils pratiquaient l’animisme (du latin anima –âme, la vie). Pour eux les âmes ou esprits sont présents non seulement dans les êtres humains mais également dans les animaux, les plantes, les roches. Aujourd’hui, cette vision est toujours présente dans le Bouddhisme, le Zen. On le retrouve dans les écrits des Stoïciens. L’histoire européenne avec Aristote, Platon et Spinoza et bien d’autres comme Jung, avec l’inconscient collectif, approche cette philosophie. Aujourd’hui la physique quantique et les avancées dans les neurosciences tendent à rejoindre ce point de vue.

Pour le chasseur, tout est relié, l’homme par l’esprit, et l’esprit au monde des animaux, des plantes, des roches et des montagnes sacrées. Lorsque la viande vient à manquer, le Chamane s’isole dans la grotte est concrétise l’âme de l’animal en le dessinant sur la paroi afin que celui-ci apparaisse dans l’environnement immédiat du chasseur. Pour l’homme, l’animal se sacrifie pour nourrir la tribu. L’homme le remercie lors de son sacrifice, l’animal est sacré. Tout est lié.

Nous retrouvons ce processus lors de l’étude du conscient et de l’inconscient. L’homme, va imaginer une réussite, la vivre réellement dans sa tête, la sentir, la voir, l’entendre et renouveler la scène mainte et mainte fois avant de s’endormir. En fait il «fabrique»  l’événement à venir qui, immanquablement, va se matérialiser, se concrétiser dans sa vie de tous les jours. C’est le plan de l’architecte qui est d’abord idée, puis projet sur papier et enfin maison solide et bien concrète. C’est, aussi, la technique du seau d’eau sale que l’on met sous le robinet d’eau propre qui goutte et, petit à petit,  rend l’eau du seau propre. En fait, consciemment l’homme indique à l’Esprit – le sien et celui universel qui gouverne le monde – ce qu’il désire, ce qui est bon pour lui et son entourage et laisse l’Esprit le matérialiser.

Voilà ce qu’écrit Goethe :

« Avant d’être totalement engagé, l’hésitation nous tenaille, il reste une chance de se soustraire à l’initiative, toujours la même impuissance devant la création. Il existe une vérité première dont l’ignorance a déjà détruit d’innombrables idées et de superbes projets : au moment où l’on s’engage totalement la providence éclaire notre chemin. Une quantité d’éléments sur lesquels l’on ne pourrait jamais compter par ailleurs contribue à aider l’individu.

La décision engendre un torrent d’événements et l’individu peut alors bénéficier d’un nombre de faits imprévisibles, de rencontres et du soutien matériel que nul n’oserait jamais espérer.

Quelle que soit la chose que vous pouvez faire ou que vous rêvez de faire, faites-là. L’audace a du génie, de la puissance et de la magie.

Commencez dès maintenant. »

GOETHE

Le mythe du cultivateur nous vient de la nuit des temps. Celui qui cultive sait qu’il met la graine en terre, que celle-ci pourrit, se transforme pour renaître en prenant force et vigueur au printemps. Pour le cultivateur, la vie est cyclique. Pas seulement.

George Durand (psychologue Américain) donnera une approche structuraliste basée sur une classification tripartite commune à tous les Hommes :

·  le réflexe de la verticalisation (enfer-ciel, rituels d’élévation, les hiérarchies) un des symboles majeurs est le phallus, représenté par le glaive ou le sceptre.

·   le réflexe digestif lié à la transformation, à l’élimination (contenant - contenu, la crypte, l’athanor) représenté par le symbole de la coupe. On pourra voir ici la symbolisation de la femme, de la terre ou du Cabinet de Réflexion. Les deux réflexes sont dissemblables. Toutefois le premier ne saurait être considéré comme supérieur au second. Tous deux sont nécessaires et complémentaires pour la manifestation du troisième réflexe, à savoir :

·   le réflexe cyclique (les saisons, la rythmique, la sexualité) symbole d’action représenté par la roue.

Le symbole de la roue est particulièrement fort. Nous pouvons lui donner deux interprétations :

a)  Généralement on pense à deux schèmes, ceux-ci ont la même explication : le chiffre 13 qui correspond dans l’un :

a1) les 12 mois de l’année - représentés par les douze signes du zodiaque. La terre parcourt sa circonvolution autour du soleil (le 13°). Au cours de sa ronde la terre manifeste les saisons en fonction de sa position.

dans l’autre,

a2) aux apôtres Le 13° est le Christ qui se substitue au Soleil symbolisant la « vie », entouré de 12 apôtres. On connaît l’association traditionnelle des 4 évangélistes aux 4 signes fixes du zodiaque : St Luc est le Taureau, St Marc est le Lion, St Jean est le Scorpion (représenté sous la forme transfigurée de l’aigle) et St Matthieu est le Verseau (sous la forme de l’ange).

Pour l’observateur, nous voyons qu’ici, ce mythe pousse certains hommes à être, à devenir cette représentation du soleil. (Certains allant jusqu’à personnifier l’homme mana de Jung). Ce n’est pas nouveau, la religion monothéiste proclame que l’homme descend du Soleil et le personnifie comme le Pharaon afin de dominer son groupe. Notre époque moderne nous en donne maints exemples tant dans le secteur privé, qu’associatif ou religieux : ici le Chef d’entreprise, le Grand Maître d’une Obédience ou un Gourou d’une secte, là le Pape ou l’Imam. Cet ego qui nous pousse à laisser notre empreinte dans les livres d’histoire, notre nom sur une artère de notre ville ? Qu’est ce qui nous pousse à prendre la personnalité « mana » archétype de l’homme fort qui se manifeste sous les aspects du héros providentiel, du magicien, du souverain. Lorsque l’individu a le Savoir, qu’il a le Vouloir, la soif du Pouvoir peut le submerger… Jung explique bien tout cela.

b) La roue est une circonférence qui manifeste l’action du moyeu - le Centre.

Il est intéressant de visualiser une manifestation sur un point du cercle. Elle va suivre le mouvement circulaire du centre. La position du point subit l’action du centre : ascension - chute ; progression - décadence. Nous pouvons ainsi comprendre la vie, la mort d’un produit, d’une idée, d’une civilisation.

Si nous considérons que notre place est au centre, notre rayonnement exprime des manifestations. Nous sommes nous-mêmes, actif, identique, avons une attitude linéaire et stable.

Si nous nous plaçons au plan de la manifestation - sur la circonférence - nous sommes le jouet de forces, en nous inconscientes, que nous subissons. Nous manifestons la loi d’ascension et de chute alternativement. Qui est au centre de l’Etre ? Est-ce le « Moi-je » ou est-ce le « Je suis » ?

Seul notre équilibre interne, notre conscience nous le dit.

Nous ne pouvons exprimer que ce que nous sommes. Emerson disait « ce que tu es, crie plus fort que ce que tu dis » Nous pouvons dire que le langage imprime l’inconscient et qu’il s’exprime au stade de la manifestation. Durant la 2nde guerre mondiale les japonais distinguaient les espions Américains des Britanniques simplement par le fait d’exprimer une date ; en effet un Britannique exprime naturellement le jour, le chiffre du jour puis le mois tandis que l’Américain exprime naturellement le jour, le mois puis le chiffre du jour. Dans une conversation tout à fait anodine et parfaitement « tranquille » le Japonais amenait l’individu face à lui à s’exprimer naturellement trahissant ainsi sa véritable nationalité sans qu’il en eût été averti !

Nous sommes sans cesse en train d’extérioriser ce que nous sommes : par nos paroles, notre regard, notre tenue vestimentaire, nos comportement et attitude, nos gestes, nos « mal à dit » et par bien autre chose. La rétroaction, si nous sommes attentifs, permet de jauger de notre impact sur l’autre. Pour cette raison, il est judicieux de se connaître.

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