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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 17:53

La logique (du grec logikê, dérivé de logos) terme inventé par Xénocrate, signifie à la fois raison, langage et raisonnement.

La logique, dite classique,  nous vient d’Aristote, gouverne notre comportement dans la mesure où celui-ci parait logique. Elle est principe de non-contradiction. « Il est impossible que le même attribut appartienne et n’appartienne pas en même temps, au même sujet et sous le même rapport ».

Nous voilà rassuré, c’est simple, nous pouvons évoquer le principe d’identité : « Ce qui est, est ; ce qui n’est pas, n’est pas ». Partant de là, il n’y a pas de troisième solution. Nous sommes dans le tiers exclu. Nous n’avons qu’un choix dichotomique, un choix binaire. N’est-ce pas aussi ce que nous montre notre corps par l’opposition de deux muscles qui permet ainsi au mouvement de s’effectuer ?

Encore aujourd’hui, ce principe du tiers exclu règle notre vie quotidienne. Nous réfléchissons avec le principe de dualité :

·        Oui/non : question fermée

·        Besoin d’appartenance : j’appartiens à ce groupe et donc je combats l’autre

·        Droite contre Gauche

·        Raison contre émotivité

·        Catholicisme contre Islamisme

·        Grand Orient de France contre Grande Loge Nationale de France.

·        Réguliers contre Irréguliers.

·        Carré blanc contre carré noir.

·        Ombre contre lumière.

·        Se soumettre ou se démettre disait Gambetta à la Tribune de l’Assemblée.

·        Carnivores contre herbivores etc., etc. etc.

Dans cette lutte incessante du pouvoir, jamais en fait le carnivore n’arrivera à détruire l’herbivore dont il a besoin pour sa propre survivance. S’il y arrivait il se condamnerait lui-même à sa propre extinction.

Dans le couple notionnel universel, il y a une double polarité, bio-organique et psychique. C’est à dire que ce couple est le siège d’une dualité de force initialement en rapport avec la symbolique du corps humain :

·        Paradis - Enfer      = Haut- Bas

·        Bien - Mal             = Droite - Gauche

·        Passé - Avenir       = Arrière - Avant

·        Mère - Père          = Derrière – Devant

Cette logique Aristotélicienne du tout vrai ou tout faux (donc du tiers exclu) amène toujours deux adversaires à se combattre sans que l’un ou l’autre ait raison. Seul le combat, la guerre perdure et trouve son compte.

Nous le retrouvons dans la vie quotidienne, où si, aujourd’hui, je perds, il est impératif que demain je gagne afin de retrouver mon intégrité, ma crédibilité. Pour ce faire, mon intelligence sera toujours là pour inventer de nouvelles armes, de nouveaux arguments et qu’importe qu’ils soient fallacieux ou qu’ils s’appuient sur l’émotivité, je me dois de gagner, il en va     de ma fierté, de ma liberté, de la bonne santé de mon ego.

Je n’ai d’autres choix que de considérer l’Autre comme mon ennemi. 

Comment obéir à ce principe « aimez-vous les uns les autres » ? Impossible de vivre dans la sérénité : comment aimer son ennemi, autrement qu’en êtant masochiste ? C’est contraire à la normalité. Pour retrouver ma sérénité, après avoir reçu un coup, je me dois de le rendre. Sinon, pourquoi être motivé et comment si, quoi que je fasse, je reçois des coups sans pouvoir les rendre et ce faisant retrouver ma dignité ?

Sarthe nous le fait comprendre « L’enfer c’est les autres » nous dit-il dans Huis- Clos. Posons-nous la question : « est-ce que les autres ne seraient pas le reflet de ce que je suis ? » Qui, quoi nous amène à cette réflexion ? C’est bien une prise de conscience de notre évolution.

Cela m’amène à la logique moderne.

La physique quantique nous fait surmonter la contradiction. Basarab Nicolescu et Lupasco introduisent la notion de Tiers inclus propre à la logique dynamique. Cette notion du vide quantique et les états neuronaux qui rendent compte du psychique. Cf « ombre et lumière dans ce blog » et la « la communication ».

La logique du Tiers inclus où le principe de non-contradiction comporte « a », non « a » ET, aussi, « T », le tiers inclus.  Par exemple, nous aurons « le passé opposé à l’avenir et aussi le présent ». Même si ce présent est ténu entre ces deux notions, il existe néanmoins et prend une grande dimension philosophique. Cette formulation implique deux niveaux de compréhension, au moins, que l’on peut schématiser par un triangle vertical dont pour l’un une base avec le sommet en haut et pour l’autre la base en haut avec la pointe en haut. La contradiction apparente se résout au  niveau du sommet. Par exemple à ma base le savoir s’oppose au pouvoir et seul, au sommet le vouloir résout cette contradiction. En communication, cf communication dans ce blog, nous aurons la thèse, antithèse et au sommet la synthèse. Dans Astérix et Obélix, leur comportement s’oppose, or grâce aux forces de l’un et de l’autre ils arrivent à vaincre toutes les difficultés car tous les deux ont raison à leur manière, et seul, chacun va à l’échec.

 

Nous pouvons dire, grâce à la programmation neurolinguistique, que le monde psychique et la matière s’interpénètrent, s’autorégulent et sont toujours en interaction. Pauli appellera cela le hasard et son ami Jung la synchronocité.

 Dans l’étude des phénomènes naturels où émergent, à partir d’un ensemble complexe – et le psychique en est un - cf la PNL – d’évènements nouveaux, de nouveaux concepts, une nouvelle logique s’impose, appelée « Logique de la Production Conditionnée que nous fait découvrir Pierre Basso. À la notion classique de règles de production la LPC substitue la production par un potentiel, conséquences possibles impliquées par la présence de chaque élément d’une solution donnée. Nous pouvons imaginer que pour l’individu, c’est la source de sa créativité. Nous le découvrons dans une étude marketing par exemple. Lorsque deux équipes sont chargées d’étudier les forces et faiblesses d’une implantation, ces deux études vont différer l’une de l’autre à cause de l’interprétation de chacun des individus qui composent l’équipe chargée du dossier. Chacune d’elle va émettre des possibilités différentes tout en étant convergentes.

Si je résume, nous n’avons plus seulement un choix dichotomique aristotélicien. Nous y avons  désormais inclus un Tiers qui a un potentiel allant générer des solutions inconnues jusqu’alors imprévisibles en quantité et en qualité.

Un individu est composé d’un savoir, d’un psychisme, de deux oreilles, de deux yeux et va exprimer, par la parole – une seule bouche -, un concept différent d’un autre individu ayant un savoir différent, ayant vu et entendu et donc compris autre chose, même si le sujet étudié est le même. Cette richesse potentielle est toujours en expansion.

Cette logique moderne, par rapport à la logique classique, permet donc de sortir des difficultés par le « haut » et d’admettre que 1+1 n’égale pas deux mais plus. La Vox Populi n’affirme-t-elle pas qu’il y a plus d’intelligence dans plusieurs têtes que dans une seule, fut-elle bien faite ? Je vous suggère de lire Pierre Basso, l’inventeur du LPC, jeune scientifique français, pour plus d’informations.

Nous commençons à percevoir qu’il y a un « a » fini, le « a » infini, qu’il y a un « a » fini et infini, qu’il y a un « a » qui n’est ni fini, ni infini. Comment ne pas évoquer le tétralemme qu’Aristote connaissait mais qui l’irritait fort car utilisé par Platon ? Nous le savons maintenant, tout est mouvement, tout s’interpénètre, tout est en interaction et de ce fait, toute vérité est pareillement juste, que ce soit « il en est ainsi » aussi bien que « il n’en est pas ainsi » ou « ainsi et pas ainsi » et enfin « non pas même ainsi » qui « en raison de son indétermination ».  Quid de la vérité ? Aristote reprend la formule platonicienne car il ne l’admet pas. On ne peut discuter avec celui qui utilise le tétralemme. Il soutient que celui qui utilise le tétralemme ne soutient aucune proposition définie. Et il a raison. D’après Platon, une définition ne peut être définie que dans un instant T, après ou avant ce n’est plus la même. La vie n’est pas statique, tout évolue sans arrêt et selon la direction du regard sur le sujet observé, toute réponse sera pareillement et momentanément juste ou fausse. Cf sur le blog – Besoin d’appartenance, ses méfaits - Un Kabbaliste de mes amis s’interdit d’écrire car alors il fige la pensée ce qu’il se refuse à faire. Car en effet il n’existe qu’une chose qui ne change jamais c’est que tout change…

Par ailleurs, on peut pousser le raisonnement jusqu’au bout pour ne plus avancer comme nous le démontre l’expérience de Philéas Fog : faut-il archiver d’une manière chronologique ou d’une manière alpha numérique ? ou bien encore, nous savons que l’émotivité seule ne peut produire. Il est nécessaire de marier les deux : la raison et l’émotivité et aller au-delà de l’opposition apparente.

Dans le domaine de la vérité, la logique classique suffit. Elle suppose qu’elle manipule des objets bien définis et quantifiables, occupant une place définie et stable, à un moment précis. Dès que les limites deviennent floues, dès que l’on prend en compte le déroulement temporel qui modifie l’objet, peut-on dire que c’est le même objet ? Peut-on dire que l’on parle de la même chose sous le même rapport ? Il convient de ne pas figer par des formules ce qui n’a qu’une valeur provisoire même si ce provisoire peut durer un temps certain.

Sur la vertu du tétralemme, Bernard Faure (Université de Stanford en Californie), nous suggère que « contrairement à la sagesse populaire il faut y aller par quatre chemins pour pouvoir se dire à soi-même (et accessoirement aux autres) ses quatre vérités »

Notons que l’abandon du principe de la logique aristotélicienne du tiers exclu aura un effet apaisant. Au lieu de la confrontation pour la confrontation, nous verrons alors que désarçonner l’adversaire en essayant de démonter son argumentation en pointant ses contradictions jusqu’à l’absurde sans pour autant être obligé d’adopter une position contraire, supprime une bonne part des conflits.

Reprenons Bernard Faure « on ne débat plus, on s’ébat ». Là où il n’y a plus d’attachement aux objets existants ou non existants ; où on ne chérit plus la discrimination dualiste, où toutes les règles logiques ne sont plus saisies… la créativité, le possible peut naître et se réaliser. Bien que cette logique soit si ancienne, sa réapparition autorise un développement de la créativité et pourquoi pas un monde meilleur…

 

Au Possible Infini tous sont tenus !

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