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29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 18:49

Réflexions d’un Inuit sur le syndrome de l’Igloo.

suite et fin

Le conte de Platon, que veut-il dire ? Essayons de décrypter.

 

« Ces prisonniers nous ressemblent » nous dit Platon.

rorschach11[1]

Faisons le test de Rorschach, très connu des psychologues. Une tache d’encre sur une feuille de papier pliée en deux puis dépliée. Que voyons-nous ? Probablement en regardant cette image, un papillon ? Ou peut-être une personne sans tête agressée par deux oiseaux géants ?

 Or la réponse conforme à la réalité est : « une tache d’encre sur une feuille de papier »  Rappelons-nous aussi du tableau de Magritte où il illustra une pipe et l’intitula : « ceci n’est pas une pipe »

 

Le mental fausse notre perception du réel. Nous ressemblons aux prisonniers de Platon. Le feu qui projette les ombres du défilé des statuettes, les « célébrités » et des objets, images du désir de l’avoir et encore plus et toujours plus et donc toujours plus inaccessible et du paraître, c’est le bûcher des vanités où brûlent l’ignorance, le fanatisme et l’ambition mondaine. C’est ce qui nous motive à donner crédit à ce qui nous est projeté.

Rappelons-nous le syndrome de l’Inuit où l’individu qui, s’il est expulsé de l’Igloo, va se retrouver dans la nuit, dans le froid polaire, devenir la proie de l’ours blanc affamé…. Tel est le prisonnier de Platon, il préfère rester enchaîné à ces illusions. Les habitudes sont confortables et l’abréaction est un choc. La naissance comme la renaissance est toujours un acte douloureux. Aussi sommes-nous tentés, dans notre groupe d’appartenance - qu’ils soient un lieu professionnel, une association culturelle ou politique, notre église, une Obédience philosophique, une école, notre classe, une académie militaire, une association culturelle régionaliste, que sais-je encore, de revenir à nos références culturelles - la manière de penser et d’agir de notre groupe d’appartenance -,  rituelliques et, pour certains, dogmatiques, ou encore n’entendons-nous pas trop souvent « nous travaillons ainsi depuis des générations et nous continuerons ainsi, c’est la tradition qui le veut », le mot « Tradition » est lâché sans qu’il soit bien compris, le confondant avec le dogme immuable – de revenir immédiatement à nos références culturelles, ces « ombres », dit Platon, « qui paraissent plus vraies que ce qui nous est présenté par la perception», dans des endroits spécifiques le décorum, les habits, les  objets ou représentations symboliques. (Pour exemple, le symbole de la Justice qui est représenté par la balance et le glaive que tient une femme aux yeux bandés).

Les montreurs de marionnettes sont les média, les politiques, les porte-paroles et leurs serviteurs, les manipulateurs et beaux parleurs de toutes sortes qui influent sur notre raison en agissant sur notre émotivité, notre côté irrationnel, notre désir de devenir ceci ou cela. Ils nous asservissent. Nous sommes séparés de ceux-là par le mur socioculturel et leur soi-disant connaissance de la vérité qu’ils nous disent détenir, et nous ne voyons passer que les « ombres », « ce qu’ils veulent bien nous dire ou montrer en nous exhortant de leur faire confiance, comme l’illustrent les ombres des positions des mains des montreurs d’ombre professionnels ».

Il faut montrer « d’abord les ombres » - oui, il est nécessaire de mettre en lumière, souligner, débusquer ces préjugés, idées reçues, superstitions, mauvaises compréhensions du symbolisme ambiant, erreurs d’interprétations d’un texte…. - nous savons depuis Dante qu’il y a quatre niveaux de lecture d’un texte – « qu’il » cf le texte de Platon - l’élève, le profane, l’ignorant, le béotien, le néophyte, le Cherchant, l’homme qui veut aller au-delà de l’apparence,

– « distingue le plus facilement » afin qu’il découvre le conditionnement culturel dans lequel il baigne. Il faut se rappeler que la Bible ne pouvait être lu par le paroissien sans autorisation du Curé jusqu’au milieu du XX°S. Or sa lecture mérite plusieurs niveaux si l’on veut en gouter toute la saveur.

- « puis les images des hommes et des autres objets qui se reflètent dans les eaux » - le connais-toi toi-même, et, ici, les eaux figurent le mental ou aussi notre vision irrationnelle, notre côté émotif et sentimental.

- « ensuite les hommes et les objets eux-mêmes », les réalités de l’existence.

- «Après cela il peut affronter la clarté des astres et de la lune » - oui, alors seulement il peut affronter la parole qui circule ici ou là, il peut donner son opinion, l’étudiant a eu son diplôme, il a enfin le droit de dire… ce qu’il pense et de poursuivre jusqu’à la Maîtrise de son art. Il sait différencier l’objet et son ombre.

- « et contempler plus facilement pendant la nuit les corps célestes et le ciel » - certains ont dit par la suite contempler la Voute Etoilée, et ainsi rendre visible les étoiles tel Copernic, le Moine Bruno, Galilée ou Newton et bien d’autres et sur un autre registre, faciliter en lui le dépassement de la condition humaine apparente et accéder enfin à la liberté de réfléchir et douter donc progresser. Et

- «  A la fin  - du cycle de la compréhension – c’est le soleil – symbole ici de la Lumière, la cause de tout qu’il peut voir et contempler tel qu’il est ».

 

CONCLUSION

Ici, est ce que Platon ne nous indique pas un autre message ? Ne nous invite-t-il pas à devenir Chef ?

Refuser de se soumettre c'est accepter de RE naître !

  La vraie et seule initiation est celle qui fait, ces enfants, des Chefs. Pour ne pas alourdir mes propos, sous le terme Inuit, se retrouveront donc, homme et femme. Chef vient du latin « caput » qui est la tête, la caverne de Platon. Est chef celui qui commande. Pour devenir chef, l’individu s’appuie sur trois piliers : Savoir, Vouloir, et enfin Pouvoir. Platon nous donne la première lettre : le Savoir. Il nous explique que le Savoir coute et demande un effort pour distinguer l’ombre de l’objet. Là est la première Porte. La deuxième vient de notre désir, notre Volition à aller dehors, affronter la nuit, le froid et l’ours polaire comme le conçoit l’extérieur pour l’Inuit. Cela demande du courage. Il y a aussi autre chose à ne pas oublier, une porte se ferme ou s’ouvre, et l’Inuit est seul dans son intériorité à donner le passage à l’information ou à la refuser, à la critiquer, l’amender, l’accepter après l’avoir examiné si celle-ci est bonne pour lui et son Igloo. L’Inuit à le devoir de remettre en cause ce qu’il pense être la vérité à l’aune de son savoir. Après alors il a le Pouvoir sur lui d’abord, d’exprimer ou pas, de faire ou pas, de devenir ou pas un chef. Voilà pour moi ce qu’est une initiation. Il sait qu’il a la connaissance et s’il a la volonté, il a le pouvoir de se diriger. L’intelligence infinie le conduit et le guide dans toutes ses voies. Le principe de l’action juste et de l’ordre cosmique gouverne toute sa vie.

Il est nécessaire que le fils surpasse le père et qu’il poursuive sa route. Le père a alors montré la direction, à l’enfant de poursuivre le chemin en toute sérénité. Il a enfin compris que l’homme, le Cherchant qu’il est devenu, accède à la maitrise, à l’autonomie, la responsabilité. Il sait enfin qu’il est le premier responsable de ses pensées, de ses paroles, de ses actes et le premier responsable de leurs conséquences. En étant dans l’être il n’est plus l’esclave du désir de paraître ou d’avoir ceci ou cela.

Il a compris qu’en dehors de l’Igloo, il n’y a plus d’apparence de la nuit, du froid, de l’ours qui cherche sa proie, il y a la vraie lumière qui le guide, celle qu’il a trouvée en son coeur.

J’ai dit.

 

 

 

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louis.peyé.over-blog.com - dans sociologie
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