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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 11:17

Nous sommes tous originaires de la Méditerranée. Jusqu’au VIIème Siècle, notre histoire a été longtemps commune : Phéniciens, Grecs, Romains ont civilisé nos côtes et nos Pays.

 

Nos croyances, nos cultures, nos religions étaient identiques au nord comme au sud. Le berceau du Savoir, de la Civilisation se situe dans le croissant délimité par la Vallée du Nil, remonte vers le nord pour atteindre la Grèce. De là, le Savoir se propagea à l’Ouest. Saint Augustin, un des Pères de L’Église de Rome, fut évêque d’Annaba[1].

 

Nous nous sommes trop fréquentés pour ne pas avoir conserver des traces de l’influence «Levantine»[2].

 

La différenciation remarquée provient de l’interprétation que chaque peuple bordant la Méditerranée a de la Révélation : comme le démontre «Trois messages pour un seul Dieu» de Roger Arnaldez. Nous avons un humanisme semblable dispensé par trois Prophètes hors du commun au nom de la Tradition abrahamique. S’il semble y avoir convergence sur l’esprit du message, il y a un réel désaccord dans la lettre …

 

Elevons le débat« Rendons à César ce qui appartient à César, à Dieu ce qui appartient à Dieu »Il existe des problèmes d’hommes et seuls les hommes les résoudrons. Le mélange des genres est préjudiciable à l’ouverture d’esprit.

La culture Omeyyade, dont la branche échappée du massacre en Orient, fleurit au Maghreb, s’installa en Espagne. Cordoue devint une grande Capitale à la Civilisation rayonnante :

* Gerber d’Aurillac, futur Pape de l’an Mille, fut initié à la philosophie et aux mathématiques

* Abu Walid Muhammad ibn Ruchd médecin et commentateur d’Aristote, père de la doctrine averroïsme qui fut récusée par le Concile catholique de Latran en 1513 et par l’orthodoxie islamique du Caire.

 

Ibn Ruchd soutient que l’information est un concept biface :

·      acquisition de connaissance

·      pouvoir d’organisation

 

Ibn Arabi le « Spiritualiste » ne le comprit pas, l’Islam se détourne du Savoir : au Savoir il préféra l’autocratie basée sur la Religion.

 

Il faut attendre 1744 et Euler (Mathématicien Suisse 1707 - 1783) qui démontre une autre symétrie dans les calculs de probabilités lourde de conséquences :

 

 « Toute évolution est gouvernée conjointement par une cause efficiente sise dans le passé et une cause finale sise dans le futur »

En 1948, Shannon (Mathématicien US, un des fondateurs de la théorie de l’information) amène une autre symétrie en cybernétique

 

En 1967, Wigner (Physicien US, spécialiste des solides, Prix Nobel de physique en 1963), affirme qu’au niveau élémentaire la réversibilité soutenu par le disciple d’Aristote, Ibn Rush

acquisition des connaissances / pouvoir d’organisation

amène à concevoir une action de la pensée sur la matière

et

* Mosheh ben Maymon, disciple Juif d’Ibn Ruchd, firent beaucoup pour la propagation de la culture Arabe qui ne connut plus jamais une telle renommée depuis, sauf un bourgeonnement à la fin du XVIIIème Siècle, bien malmenée aujourd’hui.

Cordoue, phare de la Connaissance au Moyen-âge, où tous les intellectuels de toutes croyances viennent s’abreuver. Ici, convergent les Savoir venant de Chine, des Indes, de Grèce et de l’Orient Arabe. C’est dans les bibliothèques que se conservent le Savoir, que se confrontent les opinions. En Occident, c’est dans les Abbayes que le Savoir s’amasse.

 

Puis, au moment où la Renaissance éclôt, - teintée de culture Grecque transmis par Cordoue et Grenade - Cordoue, Grenade et son Savoir s’éteignent.

 

Les Musulmans qui avaient abandonné leur Savoir, dispersés en petits États‚ sont chassés d’Espagne, se replient sur le Maghreb. D’une civilisation brillante basée sur l’écrit, on passe à une civilisation de culture orale. De génération en génération, la connaissance au lieu de se pérenniser, va s’étioler.

Alors qu’en Occident, la civilisation ne s’arrête plus, les inventions, les découvertes se succèdent malgré les tentatives de blocage du Clergé qui tentait de confisquer, pour elle, le Savoir.

 

Pendant plusieurs Siècles, le Maghreb servira de base aux pirates mauresques venant faire le coup de main sur les côtes nord de la Méditerranée.

 

En 1830, Charles X débute la conquête de l’Algérie. La France pacifia le Maghreb puis, à partir de 1870, intensifia la distribution des terres en vue de leur exploitation. Des métayers des régions les plus pauvres, puis les Alsaciens et Lorrains vont former la souche de la présence européenne.

 

Malgré quelques tentatives, aucune assimilation d’envergure ne sera réalisable. Seuls quelques personnalités acceptant une reculturation tentèrent d’entraîner leurs coreligionnaires sans succès. Pendant toute l’occupation européenne au Maghreb, la cohabitation sera la règle. La communauté musulmane représentait la classe dominante par le nombre puisqu’ elle seule, elle atteignait 90% de la population pour un peu moins de 10% pour la communauté d’obédience chrétienne ; le reste était représenté par la communauté juive.

 

La présence administrative et militaire française permit l’essor économique de ces régions mais n’influença pas le mode de vie des indigènes.

 

Peu d’autochtones demandèrent et furent admis à la citoyenneté française. Du Sénatus Consul du 14 Juillet 1865, aux loi et ordonnance des 4 février 1919 et 7 mars 1944, la Métropole exigeait des conditions spécifiques en conformité avec les règles françaises :

*  être monogame

*  savoir lire et écrire le français,

*  avoir rendu service à la France (ce qui prouvait un réel désir d’intégration),

*  n’avoir pas été condamné et avoir une bonne moralité.

Pour l’indigène, la présence française était une occupation non seulement de militaires mais aussi d’Infidèles. Les Européens étaient désignés sous le sobriquet de «Roumi» (rappel à l’envahisseur Romain). Il endossait la nationalité sans gêne. Celle-ci était synonyme de paix, de justice et d’ordre, donc de simplification de la vie quotidienne.

 

C’est un acte volontaire, lourd de conséquences que de passer de la nationalité subie à la citoyenneté. Le Musulman vit selon la Tradition orale de droit coutumier. Il vit dans une communauté de forme tribale qui régit les rapports sociaux "inter-individus". Celui-ci en devenant volontairement citoyen français, répudiait son mode de rapport social régi par la loi musulmane pour adopter le système de droit civil et écrit métropolitain.

 

L’indigène maghrébin faisait un amalgame entre droit civil, chrétien de l’envahisseur et droit coutumier, islamique de l’occupé de l’autre.

 

L’autochtone qui était admis à la citoyenneté française était de fait exclu de sa communauté, considéré comme renégat ayant apostasié son Dieu !

 

Dès 1930, des soulèvements furent réprimés et des Tirailleurs Sénégalais stationnèrent dans le djebel jusqu’à la Libération, en Algérie.

 

La fronde reprit et se transforma en insurrection générale le 1er novembre 1954.

Les heurts sanglants entre communautés amenèrent l’Indépendance de l’Algérie le 1er juillet 1962. Le Maroc et la Tunisie étant indépendants depuis la fin de la décennie cinquante dans des conditions moins dramatiques. Le repli des européens fut tragiquement ressenti : plus d’un million d’enfants, de femmes, de vieillards, d’hommes transitèrent par Marseille avec une seule valise mais en vie. On ne connaîtra jamais le nombre de Français nés en Algérie qui ne purent prendre le bateau à Alger à temps. Un syndicat français ayant organisé une grève, les bateaux furent bloqués plus d’une semaine à Marseille, pendant ce temps, les Algériens poursuivaient activement tous ceux qu’ils voulaient lyncher.




[1] Annaba : anciennement Bône au début du XX°Siècle

[2] Levantine : qui vient du Levant avec tout ce que cela évoque tant des les échanges économiques que culturelles

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