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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 11:30

Le malaise ressenti entre les deux ethnies où l’une déclare le droit au sol, l’autre conteste et fait de la propagande sur la culture des Ancêtres, fait que, au moment du choix, l’individu est confronté aux mêmes problèmes qu’un enfant dont les parents divorcent.

 

Le traumatisme est aggravé lorsque chacun des parents revendique son bon droit et demande à l’enfant de JUGER. Sur quels fondements, droit, morale peut-il appuyer sa raison, son pouvoir ?

 

*on sait que psychologiquement,

en cas de mésentente, l’enfant tend à porter secours au parent qui lui paraît le plus vulnérable, le plus faible.*on sait que quand les adultes n’ont pas préparé l’enfant à la vision des adultes, quand ils ne le déculpabilisent pas en expliquant que cette séparation est un choix d’adulte quand ils demandent à l’enfant d’être JUGE du choix émotionnel des parents, celui-ci accomplit, ce que les psychologues appellent «Un inceste» - (ici symbolique mais pernicieux)

 

*on sait aussi qu’une reculturation violée

condamne à une réévaluation de l’autorité paternelle avec des reniements ou des refoulements ou encore des accommodements dont les conséquences entravent l’intégration à la culture Occidentale ou la réintégration à la culture Maghrébine.

 

*on sait aussi, travaillant sur l’exclusion,

que nous retrouvons les mêmes causes, produisant les mêmes effets. Ce public dénonce :

·      le poids du clan familial

·      la tradition tutélaire du pays d’origine

·      l’échec scolaire

·      la France et son racisme

·      le chômage qui les touche en priorité

·      L’Algérie qui ne les comprend pas et les rejette en tant que fils d’intruzin .

 

Ils souffrent d’une crise d’identité, d’anomie[1]. Abdelmalek Sayad les nomme «Les "enfants illégitimes" puisque eux- mêmes se définissent enfants de nulle part.

 

*on sait aussi que,

quand le Père (symbole institutionnel) tout puissant dans la Tradition de type agnatif perd la face, il ne reste rien d’autre à l’enfant que la révolte.

 

*on ne peut se représenter,

en France le vécu de ces filles, de ces femmes, de ces hommes. Ils doivent, à un moment donné, prendre une décision lourde de conséquences et malaisée à assumer sans préparation.

- le chômeur européen apprend à faire ses «deuils», à se réorienter. Il est autonome, plus libre de ses mouvements, de sa famille

- le Maghrébin, lui, commet un « parricide » symbolique à degrés multiples. Comment transgresser les interdits - le Père, la Religion - avec le chômage puisqu’ils deviennent des refuges ?

 

Les différentes Conférences des Cadres de l’Amicale des Algériens en Europe font référence à cette double culture et exhortent les jeunes à ne pas oublier la culture Traditionaliste berbère et le droit coutumier en vigueur au Maghreb.

 

Je cite :

 

*  VIIème Conférence de décembre 1974 :

« Pour les adultes la tache d’alphabétisation à laquelle les enseignants français sont prêts à s’employer à fond, ne doit pas imposer une intégration des Algériens à une collectivité nationale qui n’est pas la leur. »

 

*  l’Actualité de l’Emigration daté du 27 mai 1987 :

il faut que nos jeunes sachent bien qu’ils sont Algériens à part entière..

*  l’Actualité de l’Emigration du 13 avril 1988 :

L’Algérie reconnaît donc le fait que ses enfants issus de l’immigration puissent être Français, mais ils doivent rester en même temps à la disposition du pays d’origine et qu’ils n’en perdent pas la citoyenneté. Cette vision favorise le refuge au Maghreb, en cas de non acceptation des lois françaises (fréquent lors du divorce entre une européenne et un Français d’origine algérienne dont la garde des enfants est accordée par la Justice française à la mère)

 

Laisser cette ambivalence se manifester du côté du pays d’origine sur la deuxième voire troisième génération sans réaction, n’aide pas à la fixation des populations allochtones dans notre Pays d’autant, qu’à leur grande majorité, ils ne veulent plus retourner au Pays des grands-parents, voire arrières grands-parents.

 

Nous pourrions rire de ce qui précède : ils ne savent pas lire peut-on penser. Aujourd’hui, les paraboles suppléent à la lecture et aux choix des propagandes télévisuelles qui arrivent de tous les Pays musulmans parfois très islamisés et anti-occidentaux. Dans cette guerre des ondes que se livrent les médias au dessus de la Méditerranée il y a un «air de liberté» (?) Les Maghrébins binationaux qui sont au nord se sentent en sécurité bien qu’ils soient, ici, pour beaucoup d’entre eux, dans des catégories sociales en voie de marginalisation.

 

Ils sont en attente

 

*  satisfaits mais malheureux, spectateurs passifs devant les événements extérieurs.

 

*  perplexes devant les discours et les actes politiques depuis 15 ans en France :

Faire le deuil de leur culture pour adopter la notre ou retourner là-bas au Pays.1980, Le maire communiste de Vitry sur Seine s’attaque à un foyer d’immigrés aux commandes d’un bulldozer pour les en expulser en plein hiver.

 

Celui de Montigny les Cormeilles, s’adonne à la délation d’une famille marocaine qu’il accuse de trafic de drogue,

 

1982, Gaston Deferre, Ministre de l’intérieur, laisse entendre qu’il a procédé à plus d’expulsions que le Gouvernement procède. Il fait même un lien entre immigration et délinquance lors de la campagne électorale des municipales à Marseille.

 

Le rapport Hannoun joue sur l’étymologie des mots « intégration », « insertion », « assimilation », comme étant le préambule à toute action en faveur de ces allochtones voulant, ou pas, épouser la France.

Madame F. Gaspard, parlementaire se contente de philosopher sur la sémantique.

 

Byzance s’est déplacé à Paris.

 

Juliette Minces (pourtant cette personnalité n’hésite pas à écrire de superbes articles dans la revue édité par le F.A.S.)[2] pense en 1986, que les Maghrébins sont des gens qui ne peuvent habiter un logement HLM ‑ espace organisé ‑ à l’avance, puisqu’ils sont transplantés depuis un habitat rural ou des bidonvilles.

 

L’association «SOS raciste» n’a pas relevé, à ma connaissance.

 

Bruno Etienne, arabophile expert auprès du Président Mitterrand, lance une phrase malheureuse en 1989, mal ressentie par les jeunes qui cherchent à se fondre dans la communauté française « Je propose de les nommer Béni - Gavroches puisque, désormais, le terme Beur a vécu »

Même le syndicat C F D T qui pousse le Gouvernement à la régularisation des clandestins et qui, devant l’ampleur pléthorique de l’afflux, s’émeut. Pourtant, en mai 1996 un rapport, usant de sources policières, estime à 800 000 irréguliers résidant en France. Les Africains en situation irrégulière, pour éviter la conduite aux frontières, prétendent demeurer dans un foyer appartenant à la SNCF. Ce que confirme immédiatement et systématiquement un comité mis en place par ce même syndicat.

Cette ambivalence entre le discours et l’acte provoque des réactions qui enténèbrent la recherche de solutions pragmatiques tant sociales, culturelles qu’économiques.

Les relations affectives, les cultures qui s’opposent, déstabilisent, culpabilisent et occasionnent des crises d’identité.

 

*  une culture ici se radicalise :

Elle est faite de certitudes simples auxquelles on obéit sans se poser de questions.

C’est le règne de l’arbitraire autoritaire représente par une autocratie qui s’appuie sur la Religion. C’est l’espace du fatalisme, du déterminisme et pour certains ira jusqu’au fanatisme.

 

*  une culture qui là évolue :

C’est la démocratie où l’intelligence, la réflexion, le doute font progresser le Savoir et les solutions possibles à un moment «T».

 

Comment peuvent réagir ces individus entre contradiction ambiguë et ambivalence. Quand ayant dépassé intellectuellement les parents ils n’osent transgresser l’interdit. Ils s’enferment sur eux-mêmes, ils deviennent le fonds de commerce inépuisable pour de multiples associations et organismes.

 

Le FAS (Fonds Actions Social mis en place par le Général de Gaulle avait pour but de faciliter l’intégration des ressortissants d’Algérie désirant faire souche en France) :

créé et subventionné à 98% par les Allocations Familiales,

en 1959 subventionne 28 associations avec un budget de       10 M F,

en 1989, grâce du décret du 18.01.1983

elle subventionne 3000 associations pour un budget de      1 230 M F

en 1995 le budget est de                                                      1 094 M F

 

 

Derniers chiffres, de moi, connus.



[1] Anomie : absence ou désintégration des normes sociales

[2] F.A.S : Fonds d’action sociale

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louis.peyé.over-blog.com - dans sociologie
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