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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 18:49

 

Le chômage et l’homme dans la société actuelle

 

Le chômage touche maintenant plus de 10% de la population française. Cette proportion augmente sensiblement dans nos villes et est particulièrement visible dans nos cités H.L.M. où se regroupent les publics les plus déshérités, les plus fragilisés, où se côtoient les adultes sans travail et les jeunes désœuvrés.

Actuellement, nous assistons à une dégradation de l’environnement social.

Se tournant vers le secteur Politique, l’homme dans la société actuelle constate que celui qui dénonce le conflit de génération empire, par ses choix, le désir sans mérite (ce tout, tout de suite), le remplacement du droit  de sécurité par le devoir de sécurité, annihilant par là - même, la création du symbolos (du grec « sum » signifiant réunion, cohésion et « bolos » désignant l’action projetée, exprimée) propre à toute Civilisation ascendante et rayonnante.

Les détenteurs du bonnet phrygien nous ont libéré du despotisme royalisme en faisant naître la REPUBLIQUE. Nos modernes démocrates brûlent ce qu’ils ont adoré.....

« Le peuple tombe dans le malheur lorsque, ceux à qui il accorde sa confiance, sont corrompus et cherchent à corrompre les autres » écrivait le Philosophe (Esprit des Lois MONTESQUIEU)

Aujourd’hui, notre croissance est en panne. Les entreprises ont réalisé des économies sur tous les postes du plan comptable, notre productivité atteint des records que même les Japonais nous envient. Nous nous cristallisons sur nos acquis, sur notre conformisme.

Notre société s’ouvre difficilement à d’autres concepts qu’elle appelle pourtant de tous ses vœux. Elle repousse toute ouverture sous le couvert de manifestations accentuant un corporatisme égoïste, un immobilisme dangereux, une couardise coupable dans un monde en métamorphose.

Malheureusement notre vision à court-terme, mesquine, annihile notre perception. Si nous observons un planisphère, nous découvrons des îlots de richesses dont les habitants vieillissent et ne se renouvellent que lentement (en Europe), entourés d’immensités de populations exclues de la prospérité. Dans notre propre oasis de nantis, existent de plus en  plus de délaissés. Notre situation sociale est incertaine, 9 millions de Français sont en situation précaire au seuil de pauvreté voire en dessous, en danger de marginalisation. 

Nous risquons de connaître des dérapages, des débordements, des récupérations des manipulations de la part de personnes mal intentionnées. Nous pouvons arriver rapidement au point de non retour où  la Société aura besoin d’un exutoire. Nos Pères ont connu le fascisme avec Hitler à cause d’une Allemagne brimée, tout comme on le constate avec des groupuscules tels que le KU KLUS KLAN qui revient sur le devant de la scène des média lorsque la population recommence à avoir des difficultés économiques : « ce syndrome du rejet de la faute sur un autre ».

 Nous sommes contemporains de la radicalisation de la Religion en Iran à cause d’un refus d’évolution amplifiée par une classe possédante aveugle. Encore ce fameux problème du pétrole qui servit de détonateur aux diplomates occidentaux pour chasser le Shah d’Iran. Et c’est Komeiny qui prit la suite….

Il y a deux siècles, s’ouvrait une ère nouvelle : Serment du Jeu de Paume, la Nuit du 4 août 1789, enfin Déclaration des Droits de l’Homme qui font partie intégrante du préambule de notre Constitution. Cette ère nouvelle de Liberté, de Fraternité, d’Egalité de tous devant la Loi.

Notre peur, aujourd’hui, découle de notre panique à maîtriser notre Civilisation. Nous ne comprenons plus, nous avons perdu nos marques, nos repères. Nous conduisons notre vie au jour le jour. Nous voulons conformer notre attitude de vie à notre création. Jusqu’à maintenant la création découlait du créateur Quelque part, il y a eu dégradation.

L’administration, dont le rôle est d’être au service du public, est devenu pléthorique à tel point qu’elle se défausse sur le citoyen qu’elle brime et paralyse l’entrepreneur. Cela a pour conséquences :

·       Le chômage perdure, celui des jeunes s’aggrave, il touche maintenant 25 %.

·       Les employeurs mettent en avant les charges patronales, un manque de motivations et d’expériences des demandeurs d’emploi. Seraient-ce de fausses barbes ? Peut-être. Mais il existe certainement un manque d’espérance de part et d’autre.

·       La délinquance progresse qu’elle soit juvénile ou en col blanc. Les valeurs morales s’estompent, l’égoïsme triomphe, chacun devient une proie potentielle pour l’autre. L’exemple reste une valeur éducative privilégiée par nos enfants qui savent tirer les conclusions par et pour eux mêmes. (voir les travaux des psychologues comportementalisme). La haine du Père se manifeste parfois violemment sur le « Gendarme et bien sûr tout ce qui représente l’Autorité » qui est une représentation symbolique de L’Homme, ce père, trop souvent absent à cause du chômage ou  subissant de mauvaise conditions professionnelles. Ce père qui n’est plus un exemple valorisant pour l’enfant.

·       Les retraités de fait, à 45 ans voire plus jeunes pour certains, pour cause de chômage.          ( Voir le rapport de la CNAV de 1993)

Si ce dernier devient allocataire du R M I, sursoyant ainsi à l’ultime déchéance, s’il effectue un  C E S ou un stage, perd les avantages du R M I entraînant de fait la perte de la couverture sociale à 100 %, mais entraînant  le paiement d’impôts et taxes, au bout de 3 mois. Certains préférant rester au RMI comme le souligne « CAPITAL » de Juin 2005.

 

Sur le plan psychologique, les dégâts sont importants, ce dernier apprend à devenir un demandeur de subsides sociales et, ainsi, s’éloigne de la réinsertion par l’économie.

C’est vrai, notre fin de siècle se trouve être la conjonction de plusieurs phénomènes brûlants :

Les échanges, la compétition internationale ont modifié profondément nos habitudes de vie :

·       modernisation et robotisation dans nos usines

·       évolution des techniques de travail

·         délocalisation et fabrication dans les pays plus défavorisés et moins riches pour leur permettre, à terme, d’acquérir un pouvoir d’achat comparable au nôtre (en principe - ce n’est pas le cas en Chine).

·       Fermeté de la Banque Européenne, limitant nos échanges

Sur le plan sociologique, la mutation n’est pas sans conséquences :

·       dans notre civilisation basée sur les valeurs traditionnelles, cette fin de siècle rend obsolète nos références repères. La France est un des moins traditionalistes parmi les pays d’Europe.

·       nous commençons à prendre conscience que nous sommes dans un courant systémique où il est difficile d’isoler la cause de l’effet de nos actes. Et aussi que nous sommes dépendants de notre environnement tant sociologique, économique que personnel : serait-ce la  naissance de la responsabilité individuelle consciente vis à vis de l’Autre ?

·       notre perception du travail découlait de la doctrine d’Adam Smith et du Taylorisme qui amena le management vertical. Celui-ci semble s’estomper au bénéfice du management horizontal à implication par objectifs et par groupe de travail. Les grandes concentrations industrielles sont révolues.

·       le travail manuel, abêtissant et répétitif disparaît au profit d’un travail manuel et créatif porteur de plus-value.

Certains jeunes vivent cette situation tout en la rejetant, un phénomène de bandes se matérialise et devient incontrôlable :

·       différentes sectes apparaissent trop spontanément et certaines arrivent à avoir pignon sur rue.

·       la délinquance progresse

·       les valeurs morales s’estompent au profit du plus fort, l’état de droit n’existe plus dans certains quartiers. Il est vrai que la télévision avec leurs programmes « réality show » laissent à penser qu’il suffit de passer à la T.V pour avoir la gloire alors que la réalité est tout autre. Mais comme le signale le P.D.G. de TF1, son métier est d’aider à vendre du « coca cola » et donc de rendre réceptif les cerveaux des téléspectateurs à la publicité télévisuelle. Quant aux dommages collatéraux, ce n’est pas son problème.

·       l’égoïsme triomphe, chacun devenant une proie potentielle pour l’autre.

·       les parents consomment des psychotropes et les enfants de la drogue...

La mondialisation des échanges nous fait prendre conscience des différents niveaux économiques

·       sociaux, culturels, religieux existant sur notre planète et, à fortiori, chez nous, dans nos cités, dans nos quartiers…..

Aujourd’hui, on avance le chiffre de 60 millions de pauvres et plus de 20 millions de chômeurs en Europe. La confrontation à cette dure réalité vécue par les chômeurs et les personnes responsables devrait faire jaillir la RAISON, arrêter le combat contre nature de l’homme contre la femme, des jeunes contres les parents, de celui qui travaille contre celui qui est privé d’emploi, du secteur productif privé du secteur administratif public. Notre travail à nous Maçons est de rassembler ce qui est épars.

Il serait temps de revenir aux valeurs ancestrales : s’unir contre l’adversité -l’union fait la force- dit-on.

Sachons éviter tous ces dangers

Devenons les explorateurs du nouveau monde qui s’annonce. Ne nous embourbons pas dans des conflits stériles de générations, de sexes, de classe, de religion, de race. Ne flétrissons pas la tolérance en crachant sur les tombes d’Anthony Sayer, d’Anderson par notre tolérantisme. Enrichissons nous de nos différences disait Freud. Chaque génération a su profiter des acquis de la précédente pour adapter positivement l’amélioration matérielle et psychologique de l’individu, de sa vie.

Le Général Mac Arthur exhorte la jeunesse parce qu’elle est enthousiasme, créative, féconde, elle est « le printemps de la Terre ». Restons jeunes d’esprit, ayons confiance, ouvrons-nous vers l’extérieur, soyons généreux.

Une partie de notre  jeunesse est handicapée psychologiquement, le droit de sécurité pour tous qui demande une dose de responsabilité personnelle à l’égard  de tous est supplanté par le devoir de sécurité où prédomine le pouvoir de l’Institution qui pourvoit à tout. Il est plus facile de contraindre par des lois et décrets plutôt que d’inciter l’implication de chacun à sa responsabilité face aux membres de sa société. C’est ainsi que l’on tente d’infantiliser un peuple sans succès. Il serait plus profitable pour la Société de prendre conscience qu’avoir des droits, est bien, cependant il faut aussi assumer ses devoirs envers soi et envers les autres

Notre jeunesse est notre futur.

Il est difficile d’imaginer l’incréé, d’induire les conséquences des actes d’aujourd’hui, si nos jeunes poursuivent les voies tracées depuis le XVIII° Siècle, ils trouveront à s’enthousiasmer. Savez vous qu’en 1992, la notion « Qualité » était inconnue de la plupart des entreprises tout comme en 1980 les notions du « marketing ». Nous ne sommes qu’au début de nos Connaissances et de nos Découvertes : 90% des Savants et Penseurs de tous les temps sont, aujourd’hui, toujours en vie. C’est heureux, tout est à créer, rien ne plus être comme avant, la génération montante doit s’inventer une civilisation sur un autre modèle que celui dans lequel elle a vécu. Hier l’électricité révolutionnait le monde et aujourd’hui Internet transforme la communication.

Notre défi est d’ordre personnel face à nous-mêmes, face à la Société. Si aujourd’hui notre égoïsme, notre frilosité incitent à trouver des excuses fallacieuses pour masquer notre désarroi économique, l’inéluctable nous pousse à nous engager vers la responsabilité de chacun vis à vis de tous. Le droit de tous dépend de notre devoir envers tous. Nous devons prendre conscience de notre interdépendance et cette catharsis se fera grâce aux valeurs humanistes.

Personne n’a de solution toute faite, nous devons pourtant explorer les pistes potentielles, certaines existent déjà, certaines peuvent favoriser l’insertion des sans-emploi.

L’Homme est fait pour créer. Son besoin d’expression est légitime, sa non extériorisation destructrice.

Entraver cette manifestation c’est le couper de ses racines, l’assassiner de l’intérieur. Nul n’a le droit de vie ou de mort sur son voisin (et même si nous sommes en guerre économique) et c’est pour cela que le Droit au Travail a été reconnu et il doit permettre à d’aucun d’exprimer ses talents autant qu’il le souhaite. Laisser son prochain désœuvré sans lui porter secours est un acte criminel car ce dernier s’autodétruit.

L’esprit de masse pousse le « laissé pour compte » à se replier sur lui même, accentuant sa passivité face à l’événement - ce manque d’emplois - hypnotisant son sens critique. Son entourage, par ses satires, le pousse à réagir ....mal ! Cela donne à penser qu’il faut que de passif, le chômeur devienne actif, c’est à dire ACTEUR de sa propre vie donc qu’il s’implique dans un projet - son projet-, qu’il devienne RESPONSABLE.

Jusqu’à maintenant notre perception du travail découlait de la doctrine du Taylorisme : la recherche du plus grand profit par la division du travail qui amena une hiérarchie verticale. L’Homme était un outil parmi d’autres. Tout comme il est le consommateur de sa production, il est aussi devenu le producteur de plus value de son entreprise. Est il que cela ?

Il semble que cette vue de l’esprit arrive à son terme et qu’il faille rechercher et trouver d’autres concepts. Si, jusqu’à maintenant, L’Homme est un moyen et le produit son but, il apparaît à la lueur de cette crise d’évolution que le produit, le service devront être le moyen d’expression de L’Homme pour l’Homme.

L’individu qui agissait dans une activité parcellaire spécialisée, prend conscience de sa globalité et si, aujourd’hui, il désavoue le rôle de spécialiste imposé, il commence à accepter ses propres limites et à rechercher des complémentarités de façon à œuvrer d’une manière holistique.

Il est prêt à mettre en avant ses compétences au bénéfice d’un dessein, d’une enseigne, d’un projet commun. L’entreprise devient l’œuvre d’une équipe d’horizons, d’âges hétérogènes. Nous entrons dans un monde interactif, aux réactions rapides et mondialisées. Les fournisseurs, les clients, les salariés sont localisés dans n’importe quels pays, les produits proviennent et retournent transformés dans toutes les parties du monde. Le Télétravail et les accords de l’O.M.C. vont intensifier le phénomène.

L’individu d’hier à qui l’on demandait un savoir minimum pour une tâche répétitive, aujourd’hui, devient acteur de sa production et veut être intégrer au processus de fabrication et pouvoir améliorer son développement sans oublier le sien propre.

Tout homme doit apporter sa plus-value à l’acte professionnel. La différence entre hier et aujourd’hui, cette plus-value, est sa créativité. Il revendique son rôle de CREATEUR.

Nous sommes dans une ère de mutation. Aujourd’hui, nous pouvons considérer que nous ignorons le nombre et la nature des nouveaux produits qui seront consommés demain. Pour la même raison, nous ignorons la nature et l’importance des nouveaux métiers de demain.

Force est de constater l’importance de la formation continue au même titre que l’investissement en recherche et développement va éviter le chômage, l’exclusion, la marginalisation.

Seuls pourront éviter l’exclusion ceux qui auront une activité si humble soit-elle. Ceux-là seront volontaires pour acquérir l’enseignement nécessaire à leur progression sociale.

Dès maintenant, nous devons mobiliser les forces administratives, financières, humaines permettant à un maximum de jeunes de tout âge d’avoir une activité, si modeste soit-elle. Celui qui travaille, produit, doit avoir la possibilité d’accroître ses connaissances, d’accéder à des postes, des emplois plus valorisant à ses propres yeux. Il est souhaitable  que son besoin d’estime soit stimulé afin d’accroître sa motivation, son besoin de reconnaissance. Il faut favoriser à tous les niveaux dans les entreprises, les services administratifs, partout où L’Homme s’exprime, son besoin d’améliorer, de créer de nouveaux concepts, de nouveaux processus. Cependant aujourd’hui il doit intégrer les valeurs humanistes sans lesquelles il risque de rester qu’un «robot  consommateur»

L’intelligence créatrice de L’Homme est une source inépuisable d’activités.

  Il faut tout mettre en oeuvre pour qu’il se manifeste pleinement, constructivement pour la collectivité. La création, institutionnalisée à tous les niveaux, dans tous les secteurs d’activités, assouvira la soif d’aventure, de dépassement de l’individu et rejaillira  sur l’ensemble.

A tous, il faut donner l’espérance de jouer un rôle constructif dans la Société. Tous n’auront pas la même responsabilité envers la collectivité, mais tous devront prendre leur responsabilité envers eux-mêmes.

Instruits ou non, riches ou pauvres, tous, sommes sensibles à notre reconnaissance individuelle dans notre groupe sociale. Tous nous tentons de progresser - c’est dans notre nature et tous nous cherchons à nous réaliser par notre travail, notre productivité.

« L’important est d’être mobile dans sa tête et de comprendre que ses compétences peuvent s’exprimer dans différents endroits et domaines.

L’Homme doit être le Maître de son évolution personnelle »

 

 

Louis Peyé  3 juin 2005

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