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7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 15:27

Les différentes Classes Sociales

 

Il est très difficile d’en donner une définition.

Doit-on classifier les individus objectivement par la position dans un processus de production et d’acquisition ou, subjectivement, par leur façon de se déterminer les uns par rapport aux autres au sein d’une même communauté ?

Les professionnels de la mercatique doivent se contenter de mesurer une Classe Sociale d’une manière empirique par une combinaison d’une série de variables sur le(s) :

·     revenu

·     lieu et type d’habitation

·     signes extérieures de richesse

·     niveau d’éducation

·     religion

et, quand cela est possible, la prise en compte de l’Ethos (moeurs) social et pédagogique.

Les études de « styles de vie » effectuées par la COFREMCA font apparaître une carte des sociostyles fluctuante de 4 mentalités / 12 sociostyles en 1980 à 5 mentalités / 14 sociostyles où les « hédonistes » se sont transformés en « entreprenants » à la fin de la décennie.

Chacune des catégories sociales a des habitudes de vie variables en fonction de ses :

·     appartenance sociale,

·     lieu géographique d’habitation,

·     fluctuation du milieu.

Passer d’une classe sociale inférieure à la supérieure - l’inverse est également vrai - dépend de variables telles que :

·     la personnalité

·     le caractère

·     l’image que projette l’individu mais aussi

·     des opportunités relationnelles, matérielles ou professionnelles qu’il sait saisir. Une suite de facteurs aléatoires...

Depuis 30 ans, on constate une formidable évolution dans les grandes catégories sociales admises :

·     les salariés agricoles ont pratiquement disparu dans les campagnes

·     les ouvriers se muent en techniciens ou ont tendances à disparaitre.

·     les cadres moyens profitent de la formation continue et de la promotion interne

·     les petits patrons bénéficient de programmes de formations et s’entourent de compétences

·     l’élite - la Classe Dominante

·     les professions libérales

·     les cadres supérieurs

·     les grands industriels

·     les capitaines d’industries

·     les grands commis de l’Etat

Ses éléments sont tous issus des grandes Ecoles ou Universités. Ils élèvent le niveau du Savoir du plus grand nombre et tendent à augmenter les compétences professionnelles, le capital intellectuel de l’ensemble des Classes Sociales.

L’élite est représentée par un petit pourcentage d’individus - néanmoins en constante progression -. Elle se partage le Savoir et le Pouvoir :

·     Savoir intellectuel et culturel par la réussite scolaire au plus haut niveau,

·     le Pouvoir par la concentration :

·     des responsabilités

·     des décisions

·     de l’argent.

La caractéristique essentielle de cette Classe Sociale est interchangeabilité des individus au niveau du Pouvoir.

Seul le Vouloir appartient à chacun.

·     Enfin apparition dans les années 80 d’une nouvelle Classe Sociale les exclus de l’expression professionnelle

Bien que leurs origines soient hétérogènes, leur habitude de vie est homogène : restriction d’expressions pouvant aller jusqu’à traduire la perte morale de leur conscience de la persistance de leur « moi » par une perte matérielle de la carte d’identité.(par exemple)

Les raisons sont multiples et non exhaustives :

·     baises des marges (jusqu’en 1993) mais stabilité relative des coûts salariaux,

·     progrès techniques, robotisation,

·     déplacements des compétences professionnelles,

·     capital scolaire et qualification déplacés par rapport à la demande,

·     délocalisation de la fabrication industrielle,

·     recherche d’accroissement du taux de rendement,

·     restructurations et fermetures d’entreprises,

·     non mobilité géographique de la population.

font que derrière un EXCLU peut se cacher :

·     un ex ouvrier ou employé dont le métier a disparu,

·     un ex cadre d’une entreprise fermée ou délocalisée,

·     un ex patron victime d’une O P A malveillante,

·     un ex patron failli victime de la récession,

·     un immigré qui n’a pas eu le temps de s’insérer,

·     un immigré qui n’a pas su ou pu s’insérer,

·     un jeune qui se retrouve sans ressources ni recours.

Tous les individus de par leur Ethos (mœurs) s’identifient aux symboles inhérents à leur Classe Sociale , développant un réseau relationnel plus ou moins restreint.

Pour les exclus, les paramètres actuels heurtent l’Ethos de la classe sociale d’origine et accélèrent l’anomie de l’individu.

Plusieurs variables expliquent l’appartenance à une Classe Sociale

la classe d’origine

 

·       Habitus primaire       : style d’imprégnation par la famille pendant la prime enfance.

 

·       L’Ethos             : étude des mœurs et des règles sociales inhérentes à cette

                            Classe Sociale .

 

le comportement scolaire

·       Habitus secondaire   : étude de l’influence de l’inculcation de l’action

éducative de la Classe Sociale dominante et de l’acculturation possible due au choc entre les deux Habitus et dont l’Ethos peut être le catalyseur.

L’Habitus primaire

L’Habitus primaire peut se comparer au capital génétique de l’individu ou, en autres termes, l’Habitus primaire est au mental, à la psychologie, ce que le capital génétique est au physique.

La pression comportementale de la Classe Sociale d’appartenance des parents est telle qu’elle exerce une contrainte psychologique. Pressions et contraintes déterminent la diachronique de l’enfant en le maintenant dans cette même Classe Sociale. Chacune d’elle fonctionne avec ses codes, ses outils culturels qui sont plus ou moins élaborés, diversifiés, nombreux.

C’est à l’Autorité parentale qu’incombe l’apprentissage des ces préceptes afin que l’enfant n’arrive pas démuni à l’Ecole.

Il est important de déterminer les principes qui vont permettre à l’individu de se situer dans une Classe Sociale. S’il ne veut subir l’Habitus primaire et l’Ethos qui en découle, à lui de modifier consciemment le choix des critères qu’il veut légitimer pour lui-même (Dans la mesure où il en a le choix et la possibilité).

Les questions à prendre en considération sont :

1 -   la Résidence

·       est-elle située  en zone rurale ?

semi rurale ?

urbaine ?

dans un quartier populaire ou résidentiel ?

dans un ensemble H.L.M. ou de villas ?

·       l’habitat est-il  exigu ?

obscur ?

confortable ?

cossu ?

·       l’accès aux lieux de culture est-il inaccessible ou facilité ?

·       la fréquentation avec l’intelligentsia est-elle ignorée ou permise ?

·       les loisirs culturels sont-ils abondants et pratiqués ?

·       les équipements scolaires et universitaires sont-ils accessibles ?

La résidence met en avant l’expression de l’Etre et de son « image » soumise au pouvoir de l’argent qui évolue, devient le signe visible de reconnaissance du niveau social.

2 -   la Famille

Il est certain que lorsque l’enfant paraît, il grandit dans une famille dont l’Ethos de l’appartenance sociale le marque profondément et le conditionne inconsciemment, vraisemblablement toute sa vie.

·       les parents

sont ils mariés ?

séparés ou divorcés ?

vivent-ils en bonne harmonie ?

les enfants ont-ils été désirés ?

qui prend les décisions dans le couple ?

connaissent-ils des problèmes tels que l’alcool, la drogue, le Sida ?

·       La fratrie

quelle est la place occupée par l’enfant par rapport aux autres

enfants ?

quel est le rôle social joué par chacun ?

quel est l’écart d’âge entre eux ?

quelle est l’importance de l’interaction des conflits, de la jalousie entre           eux ?

                    quelle est l’importance affective vis à vis de la mère ?

                    quelle est la qualité des rapports avec le père ?

·       mode de vie

quelle est la surface disponible pour chacun des habitants de la

résidence ?

                    chacun des enfants a t-il une chambre ?

                                                           un ordinateur ?

                                                           pratique t-il un sport ?

une activité  artistique ?

                                                           lit-il souvent de lui-même ?

les discussions familiales sont-elle courantes ?

l’apprentissage de la politesse, du respect, de l’hygiène, est-il naturel ?

L’épanouissement personnel de l’adulte est tributaire de son vécu familial. La résistance psychologique aux aléas de la vie sera d’autant plus forte que la qualité du climat familial sera meilleure.

3 -   Conditions d’existence

Elles permettent d’évaluer le positionnement dans l’échelle sociale, pérenniser la qualité psychologique.

·       les parents       travaillent-ils ?

un des deux seulement, le père, la mère ?

est-ce par convenance, par obligation ?

à temps plein, partiel ?

quel est le lieu de travail

usine, bureau ?

dans une grande unité, une petite unité ?

style de travail

travail normal,

en Contrat Emploi Solidarité ou en stage ?

sont-ils exclus ? (R.M.I)

assistés ?

désocialisés ?

sous tutelle ?

·       les revenus       sont-ils

irréguliers ?

des indemnités des ASSEDIC ?

réguliers, abondants ?

proviennent-ils :

de petits boulots ?

du salaire du privé ?

du salaire de l’administration ?

de rentes mobilières ?

·       qualité de l’emploi

          sédentaire ou nomade

le père a t-il un travail de nuit ? pénible ?

a t-il souvent des mutations, des déménagements ?

·       temps libre       les hommes ensemble, écartant le reste de la famille ?

 en famille ?

les loisirs sont-ils

café, P.M.U. ?

consommation immodérée de la télévision ?

sports, voyages ?

théâtres, concerts, musées ?

l’appartenance à des associations ou clubs divers ?

La qualité des mœurs conditionne l’enfant vers l’aventure, la stabilité ou le « train-train ».

4 Capital culturel (principes primaires)

Monsieur Célestin Bouglé écrivait en 1938 dans « Travaux de l’Ecole Normale Supérieure »

« Il est formellement entendu que, même pour la dissertation d’histoire, qui suppose un certain nombre de connaissances de fait, les correcteurs doivent apprécier surtout la qualité de composition et d’exposition » Près de soixante ans plus tard, cela reste vrai intrinsèquement.

·       quelle est la disposition des parents vis à vis de la vie scolaire de l’Enseignement, de son importance ?

·       quelle est l’espérance subjective d’ascension sociale créditée à l’Ecole ?

·       quel est le niveau culturel et linguistique originel des parents ? la capacité à en développer la propension ?

·       quelles est l’importance accordée par les parents immigrants à la langue d’accueil ?

·       quel est le mode de transmission de la langue maternelle ?

de la langue d’accueil ? infantile ? adulte ?

·       quel est le degré de motivation à vouloir se fondre dans la culture d’accueil ?

·       quelle est la force inconsciente de l’Ethos catégoriel d’origine ?

5 Pré savoir

·       quelle est la possibilité de se constituer un réseau relationnel culturel et professionnel ?

·       l’individu recherche t-il seulement des personnes de son origine régionale ou ethnique, élargit t-il le cercle de ses connaissances à l’extérieur ?

·       l’individu recherche t-il l’appui de l’encadrement scolaire,

l’appui des relations professionnelles ?

La qualité de l’Habitus primaire détermine :

·       le comportement social

·       l’appartenance sociale

·       les repères du confort de vie

·       le désir ou pas de maintenir dans la Classe Sociale des parents

·       l’ambition sociale plus ou moins développée.

L’Ethos

La diachronique prévisible d’un individu est la résultante de l’action continue des facteurs constituants l’Habitus primaire (que nous venons de voir) et de l’Ethos (ou moeurs inhérentes) de la Classe Sociale d’appartenance. Ils exercent sur son comportement une causalité structurale inconsciente et sont source de réussite ou d’exclusion.

Nous constatons, autour de nous, des générations d’artistes, de médecins, de notaires mais aussi de jardiniers, de maçons.

Parfois nous ne comprenons pas la différenciation d’un enfant. Il faut en recherche l’explication dans la parentèle : grands-parents, oncles, tantes, qui peuvent peser sur le déterminisme.

Bien qu’appartenant à la même Classe Sociale, la même lignée, un Louis XIV n’a rien à voir un Louis XVI.

L’Habitus primaire et l’Ethos peuvent se quantifier, seul, l’individu peut donner une qualité nouvelle à son action.

L’Ethos détermine :le magazine préféré

                              les émissions regardées sur telle ou telle chaîne de télévision

                              le type de véhicule d’usage

                              la chaîne de magasins d’alimentation

                              le parti politique

                              etc.

Les critères de choix librement - croit-on - utilisés sont si nombreux que les étudiants de Hautes Etudes Commerciales vont avoir des cours de psychiatrie.

Le Père

Le « Père » représente le pouvoir de notre Société en tant que force dans le groupe domestique (Goody). Cet emblème est si puissant que toute personne investie d’Autorité (maître, professeur, cadre, patron, mais aussi gendarme ou policier) réinstaure cette communication archétypale. Paul Rancoeur attribue le symbole paternel à « son potentiel de transcendance. Le Père figure moins comme géniteur égal à la mère que comme donneur de lois ». Il est source d’institution. Il représente, aussi, le Soleil, celui qui réchauffe, qui éclaire, qui sécurise en chassant la nuit.

Sans concéder à l’homophonie, la mère se rattache à la mer, mais aussi, à la terre comme étant réceptacle et matrice de la vie. C’est elle qui nourrit tant sur le plan physique que sur le plan symbolique. Elle est souvent représentée comme symbole, les seins découverts, nourrissant la liberté, la vérité…

Si, sous nos cieux, il existe une harmonie des pouvoirs entre la bonté du Soleil qui communie à la fécondité de la terre pour donner une abondante récolte variée, ce n’est pas le cas sous des cieux où la prépondérance du Soleil sur la terre est telle que l’image de la terre semble ingrate, stérile. Dans ce cas de figure la symbolique de la mère, de la femme est pauvre, la valeur accordée à celle-ci est blessante à nos moeurs. Sur le fronton de l’Eglise de l’Evêché, à Marseille, « Fils Roi » couronne sa Mère. Chacun peut interpréter ce symbole. Il est indéniable que l’Homme (ici représenté par le Christ) couronne la Vierge symbolisant la nature. Tous s’accordent quant au respect dû à la Femme sous tous ses aspects.

Deux mondes issus de la Méditerranée dont la sémantique n’a pas la même valeur.

que pense l’enfant – issu du sud de la Méditerranée - lorsqu’il quitte ses parents, sa fratrie pour être instruit par la maîtresse d’Ecole ?

que pense le père lorsque l’enfant devient plus savant que lui, à cause d’un Habitus secondaire imposé par le pouvoir économique (les allocations familiales sont subordonnées à la présence de l’enfant à l’école). Que devient le symbole originel ? Seul le respect de la Tradition lui confère encore la puissance, seul espace incontesté d’autorité ; jusqu’au moment où les effets de la retraduction de l’Habitus secondaire amènent à un climat conflictuel entre institution réelle (l’Ecole) et institution symbolique (le Père).

Que pensent la mère ou les sœurs devant ce nouveau statut familiale et sociale de la femme.

L’élève se sent écartelé entre deux cultures, deux représentations de l‘Habitus dont, l’un primaire et originel freine le second. Comme il y a primauté affective à l’Habitus primaire, d’une part et que l’enfant prend fait et cause pour l’élément le plus faible, en l’occurrence les parents, par rapport à l’institution d’autre part, l’élève va se liguer au premier pour contester le second d’où, souvent, frustration des parent et des enfants.

Il en va ainsi dans tous les sous-groupes de Classe Sociale défavorisées.

que penser des familles monoparentales maternelles ou du style matriarcal où la représentation ou l’identification au Père sont absentes ?

Cette carence se traduit souvent par un manque de confiance en Soi et dans les autres :

·       qui le remplace ?

·       qui peut se substituer à lui ?

 

Celui qui est désigné de fait      l’Autorité pédagogique ?

                                                 L’émetteur éducatif ?

·       chez qui l’enfant peut il trouver un modèle ou s’identifier ?

·       chez la fille cette absence peut se traduire par une absence de confiance dans l’homme (c’est celui qui abandonne, on ne peut compter sur lui quand on a besoin de lui !)

C’est celui ou celle qui s’arroge ce pouvoir à condition qu’il contrôle l’inculcation, qu’il puisse sanctionner légitimement, légalement. C’est à dire qu’il soit crédible - n’est pas chef qui veut - et que la Classe Sociale à qui cette autorité est destinée soit prédisposée à le reconnaître.

que pensent les enfants des classes moyennes ou dominantes dont les parents représentent, maintenant, la nouvelle Classe Sociale des Exclus ?

Nos traditions d’origine Judéo-chrétienne sont toujours vivaces, notre Civilisation toujours basée sur ces valeurs, l’Ecole Laïque véhicule toujours la catéchèse comme valeurs morales et humaines. Cette scolie permet de comprendre ces enfants au travers du mythe d’Adam, la Chute, la Perte de jouissance du jardin d’Eden dont même les enfants seront privés. Enfants qui vont développer, à leur insu, un complexe de culpabilité. et une perte de confiance en Soi et chez les  autres. Combien vont-ils arriver à transcender le Père ? Hier la Religion y trouvait son compte mais aujourd’hui ?

Pour une autorité Educative soit exercée il faut qu’elle soit reconnue comme légitime par celui qui la subit. Si ce n’est pas le cas, une acculturation des classes dominantes condamne à la réévaluation de l’Autorité paternelle avec des reniements, des refoulements ou des accommodements.

C’est dire que ces publics sont particulièrement vulnérables. Il y a bien là une inégalité des chances.

 

 

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louis.peyé.over-blog.com - dans sociologie
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