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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 15:20

Tradition ou dogme.

 

Ce qu'on a appris comme une "loi" lorsqu'on était étudiant et l'on a mis en oeuvre avec zèle pendant toute sa vie intellectuelle ou professionnelle devient vite un dogme impossible à contester sans remise en cause personnelle. Et malheureusement les catastrophes interviennent lorsqu'on ne voit plus le réel à force de le regarder avec une grille de lecture obsolète, nous dit Malakine.

 

Je sais il dérange, et parfois, sur les deux aspects de la politique politicienne qui fait débat aujourd'hui en France, sur le plan économique. Je dépasserai cet aspect pour essayer de disserter sur le dogme et la Tradition. 

 

Pourtant, cette phrase est juste, car ce qui était une vérité à cette date peut devenir catastrophique un peu plus tard. Pourquoi ? Entre temps tout a été bouleversé sur le plan des échanges, des personnes concernées, des valeurs acceptées. Par exemple si hier, la maitresse de maison se tenait derrière son mari pendant le repas - il y  pas si longtemps en 1955 encore en France - aujourd'hui l'épouse va, comme le mari, à la chasse aux rentrées d'argent et elle est devenue une consommatrice et donc un agent économique à part entière. Or la vision féminine n'est pas celle de l'homme. Elle sait avec brio respecter la loi de Say (économiste du XIX° S)

 

Le dogme est de considérer que tout est immobile, inchangé et on  - pour des raisons de confort intellectuel - le met au même niveau que la Tradition. De quelle Tradition parle-t-on ?

 

Reprenons le dogme qui est un mode de comportement figé lors de cérémonie et où, bien souvent, le participant se comporte ainsi pour obtenir quelque chose qui n'a plus rien à voir avec la croyance de ses ancêtres.

 

Peut-on imaginer encore aujourd'hui les remèdes des sorcières du Moyen-âge avec leurs magies, incantations, et breuvages qui donnaient certainement quelques résultats avec la science médicale d'aujourd'hui ? Cette "sorcière" ou "barbier" du roi appliquait une recette qui valait ce qu'elle valait à des malades indifférenciés. Aujourd'hui, ce qui est valable pour les économies l'est aussi pour les élèves. Les acteurs des économies ont une approches très différentes selon leur culture, leur recette, leur motivation, leurs ressources. On ne peut mettre en parallèle la manière de travailler d'un Chinois avec un Européen, d'un Danois d'un Espagnol. La conduite d'une  voiture ne se fera pas d'une manière identique sur autoroute ou sur une route vicinale, si je conduits un 4x4  ou une Porsche, si je viens d'avoir mon permis ou si je suis un vieux conducteur.

 

Ce que j'ai appris hier comme étant une vérité dogmatique dans mes livres de cours "d'économie et social", face aux expériences rencontrées, j'ai du adapté mes connaissances pour avancer en fonction des situations différenciées que j'ai rencontré. Le dogme est mort, il n'est plus adapté à nos vies d'aujourd'hui. Il faut sans cesse mettre sa créativité en phase.

 

Pour moi la Tradition désigne une transmission d'un contenu culturel, spirituel, intellectuel qui appartient à un peuple sur lequel ce dit peuple se reconnait. Le français se reconnait par exemple dans les personnages Astérix et sa troupe de râleurs et qu'importe l'origine première du Français. Comme le souligne Tri Yann, "je ne suis pas né Breton, je le suis devenu". Tradition vient du latin -traditio, tradere, de trans "à travers" et dare "donner" faire passer à un autre, remettre. C'est surtout un héritage immatériel, souvent philosophique qui constitue le vecteur d'identité d'une communauté humaine. C'est souvent une mémoire, une idée qui rassemble comme une conscience collective.

 

Nous avons des traditions musicales comme la musique celtique, des traditions folkloriques propres à certaines régions spécifiques. Mais cette Tradition s'inscrit aussi dans une philosophie acceptée par les Francs-maçon qui peut être de "réunir ce qui est épars", d'aller à la rencontre de l'autre et dépasser ce qui peut nous séparer afin de comprendre l'autre, rechercher chez l'autre et soi même ce qui nous unis. Vaste programme que nous invite à suivre Saint Exupéry.

 

Je pose la question, les Francs-maçon doivent-ils s’aider mutuellement dans la quête de la Vérité, ou doivent-ils céder à la loi de la Respectable Loge ? S’ils cèdent à la loi, il y a choix et qui dit choix dit séparation, division, rejet… Ceux-là vont à l’encontre de leur Tradition de s’aider mutuellement. Ne vont-ils pas à l’encontre de Saint Exupéry qui, dans le Petit Prince, dit « …. Ta différence, mon Frère, loin de me léser m’enrichit » ?

 

Cependant dans le  langage courant, le terme Tradition peut être employé pour désigner un usage, une habitude par une pratique prolongée au sein d'un groupe et nous voilà retombé dans le dogme. Ici, la tradition n'a rien à voir avec la Tradition expliquée plus haut qui accepte une évolution dans une façon de voir. La pratique et l'étude de l'ésotérisme se veut une recherche de la Tradition conciliant ou recherchant ce qu'ont en commun toutes les Traditions. René Guenon, Roger Arnaldez ont montré la voie en montrant ce qui pouvait être en commun dans les religions monothéistes et les philosophies antiques. Les textes sont ce qu’ils sont et sont soit des mots, qui appréhendés dans leur sens métaphorique apportent au Cherchant des pistes à étudier, ou des maux s’ils sont appréhendés dans leur sens littérale. Aujourd'hui, la Science avec une meilleure compréhension de la physique quantique et des nouvelles découvertes sur le fonctionnement de l'homme grâce aux études psychologiques modernes et à l'anthropologie, nous rapprochent mieux de la Tradition orientale du Bouddhisme par exemple. Désormais la Tradition essaie de rechercher les sources communes avec le chamanisme, l'animisme.

 

La Tradition est en fait une recherche d'une vérité qui semble avoir plusieurs couleurs et formes selon que l'on la regarde avec une grille de lecture ou une autre.

 

Cependant, attention que la Tradition qui est celle d'une ouverture des Travaux, par exemple, ne soit pas reléguée à un dogme. Si les Frères en ont perdu sa signification, sa substance moelle, alors la Tradition est devenue un dogme qui, ici comme ailleurs, enfume le pratiquant le rendant "idiot" et surtout manipulable.

 

Ce n’est pas pour l’amour de la mise en scène que  nos Pères ont écrit les Rites, ordonné l’emplacement dans l’espace les Lumières de la Loge. Chaque phrase, chaque musique, son, espace ont leur raison. Il appartient au Maçon d’en comprendre la signification s’il veut avancer dans sa quête. Que l’on soit Vénérable, Lumière de la Loge ou simple Maçon sur les Colonnes, écouter sans participer au Rite, c’est permuter le Temple en simple café du commerce au pire, en un club qui se veut sélect au mieux.

 

Quelle est la motivation du Frère ? Que signifie le Tablier pour lui ? Vient-il à la rencontre de la Tradition pour en percer les arcanes, ou simplement se reposer à l’ombre du Dogme pour ensuite s’élever, à l’ancienneté, dans les grades que lui offre la maçonnerie afin de compenser ce qu’il est incapable d’avoir dans la vie profane ? La réponse a son importance et appartient à chacun.

 

 

 

 

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louis.peyé.over-blog.com - dans sociologie
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