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2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 15:05

Le besoin d’appartenance : le sophisme  

Réflexions d’un Inuit sur le syndrome de l’Igloo.

  Pourquoi ce titre ?

Bien que il serait plus exact pour ma démonstration de parler d’habitation de la culture dorsétienne, c’est vrai, mais qui connaît son nom. Alors que l’image de l’igloo est plus vivante dans l’esprit de mon lecteur qui la situe immédiatement dans l’espace. De plus il imagine immédiatement que cette habitation est faite aussi pour un nombre assez important de locataires qui vivent ainsi en autarcie. La caractéristique de l’habitant du Grand nord est la peur. Celle –ci est prégnante de par son l’environnement hostile. Ainsi, cet exemple servira de métaphore à mes propos.

L’igloo abrite l’Inuit de la nuit, du froid et aussi des dangers que représentent, les ours polaires à l’affut de la moindre proie. Il est aussi une divinité qu’il faut respecter et amadouer, il  ne peut être représenté, il est tellement multiple et sait se rendre invisible, imprévisible. L’ours a un flaire pour détecter toutes proies craintives… Il représente le danger, l’esprit du mal. L’igloo est le bien, la sécurité, la vie, la chaleur, la fraternité. C’est l’endroit sacré comme pourrai l’expliquer Mircea Eliade, le « temple » où l’on peut être entre soi. L’endroit où la communauté se façonne, s’enrichie et guérit chacune de ses craintes.

Tout comme pour les habitants de l’Igloo, dans la vie de tous les jours nous avons horreur de l’inconnu. Nous désirons avancer dans l’existence, munis du bouclier de nos certitudes, de nos preuves, de nos assurances. Cela indique à quel point nous subissons l’emprise d’une peur fondamentale. Nous sommes menés par des émotions qui nous viennent d’idées forces et archétypes qui sont porteurs d’un potentiel d’énergie psychique considérable. Ces archétypes sont pensés et repensés et gagnent donc continuellement en puissance. 

Ils trouvent leur cause dans un passé très proche puisque, par exemple, l’archétype de l’autorité est basé sur la représentation du petit enfant a de son père. Il représente le pouvoir de notre Société en tant que force dans le groupe domestique. Cet emblème est si puissant que toute personne investie d’Autorité - professeur, cadre, patron, mais aussi gendarme ou policier, voire le  Curé, l’Iman ou le Rabbin, le Grand Maitre d’une Obédience ou son représentant le V.*. M.*. - d’autant plus importante que le grade pour certains et l’âge pour d’autres est plus élevé, réinstaure cette communication archétypale. Il est source d’institution. Il représente aussi le Soleil, la lumière, celui qui éclaire qui sécurise en chassant la nuit. Sans concéder à l’homophonie, la mère se rattache à la mer, mais aussi à la terre comme étant le réceptacle et matrice de la Vie. L’Archétype est là, sur une seule vie d’homme, qui se renouvelle, sans cesse, de génération en génération. Viennent-ils à manquer et la déviance potentielle, toujours possible, se manifeste.

Puis ces idées forces constituent, dans l’esprit d’aucuns, les suprêmes cristallisations de la Force Cosmique d’habitude sur le plan de l’esprit : ces forces d’habitudes, ces dogmes qui nous rassurent par leurs répétitions.

Or la vie va vers…… demain, sans se soucier du passé. Selon le hasard et la nécessité comme le démontre l’apparition de la vie sur Terre à partir des protozoaires.

Or, sans cesse, nous évoquons le passé, par peur de l’avenir ? Par manque de confiance en soi ? Par manque de connaissances ?  Sans cesse nous évoquons la dualité. Ne lisons-nous pas ici ou là, relaté par des mythes, que l’unité est dans le ciel et la dualité sur Terre ?  Donc nous nous sentons séparés, dissociés de nous-même, prenant le mythe dans son sens littéral : nuit polaire, le froid, l’inconnu, l’ours à l’affut, et face à cette image, l’intérieur de l’Igloo sécurisant, parce que connu ? Bien sûr, tout ce qui est inconnu, donc dans l’ombre, fait naître la peur.

Nous allons chercher dans tout code régissant la vie communautaire, qu’il soit religieux ou public, un comportement doublement contradictoire.

a) il est artificiel parce que spécialement préparé, isolé du processus total de l’Etre. Nous le séparons des réalités naturelles de la vie qui doit tout inclure et rien exclure. Nous avons tendance à rechercher en dehors de nous ce qu’à certains points de vue, nous sommes déjà. N’est-ce pas là le mécanisme de la projection ? N’est-ce pas là ce qui nous fait écho ? Or nous sommes UN, ombre ET lumière, les deux faces d’un même processus, Janus…. Et cependant, nous sommes un, unité, et, malgré l’évidence, depuis la nuit des temps, nous le réfutons.

b) il représente les vestiges d’images mentales d’un passé lointain dont la nature constitue la négation du réel : la vie de tous les jours que chacun réalise en conscience ou pas – trop souvent pas.

Lorsque nous entrons dans « l’Igloo » …… on se retrouve entre soi, cette émotion « religieuse », dans le sens premier du terme (latin « religio » – réunir du latin « unitas » unitarisme, devenir un seul à plusieurs), éprouvée par l’habitant, à l’abri de l’Igloo. Comme l’a élaboré A. Maslow, dans l’évolution dynamique des besoins à satisfaire, nous accédons, ici, à notre besoin d’appartenance à…. notre « Igloo » préféré, quel qu’il soit, entreprise publique ou privée, église, organisation politique ou syndicale, obédience ou Loge franc-maçonne ou tout simplement un club sportif, culturel, etc. Non pour celui qui y vient en visiteur mais bien pour celui qui s’y implique. Certaines personnes sont tellement immergées dans la satisfaction de ce besoin d’appartenance qu’elles sont mortes : elles se sont conformées, intégrées, homogénéisées, insérées âme et corps dans le tissu social, elles ont retrouvé ainsi leur équilibre, la tranquillité, la sécurité. Elles sont devenues des « cadavres ». L’abandon de l’individualité, le mimétisme par habitude, la capitulation devant le milieu, le renoncement à soi-même….font qu’un pourcentage très important sont des « morts » à eux-mêmes. Et le nombre augmente chaque année. Ils sont éteints, nivelés, asservis, ils désirent tous la même chose, ils pensent tous la même chose. Ignoble civilisation de masse. Il y a aujourd’hui des centaines de millions de « cadavres » de par le monde qui travaillent, construisent, inventent et sont heureux et contents. A l’exception d’une microscopique minorité qui leur fait faire ce qu’elle veut, aimer ce qu’elle veut, croire en ce qu’elle veut. Cf la nouvelle de Buzzati « chez le médecin ». (Très peu, trop peu d’Inuits, arrivent au sommet de la Pyramide : accomplissement personnel. J’y reviendrai dans ma conclusion).

Surgissent alors, cinq facteurs fondamentaux au sein de l’Igloo :

1.   Une recherche sincère, mais malheureusement mal orientée parce que mal informée, ainsi qu’une part d’érotisation inconscience de la pensée et de sublimation du sensualisme du « moi ». Nous allons chercher au dehors, puisque notre vue nous y oblige, ce que nous ne voyons pas et qui se révèlera, pour quelques-uns, la source.

2.  L’efficacité « occulte » ou psychique de la « magie » cérémonielle elle-même, basée sur des considérations esthétiques de formes, d’habillement, de langage codé approprié, de symboles, de couleurs, de musique, de rapports simples propre à chaque groupe constitué  et qui répond au besoin d’appartenance à celui-ci, tout en le différenciant des participants d’un autre « Igloo ». Tout cela autorise une l’identification rapide, et donc une  reconnaissance et ainsi de pouvoir identifier celui qui vient face à moi et qui fait partie d’un autre Igloo.

3.  A ces formes s’ajoutent celles inhérentes à la magie cérémonielle précédemment évoquée. (Manipulations d’idées forces attachées à certains symboles). Le milieu psychique ambiant détermine une influence empruntant son pouvoir aux forces psychiques de « dévotions » accumulées. Ces forces psychiques appelées « égrégore » chez certains habitants de l’Igloo, agissent fortement sur les habitants présents de cet Igloo. Ceux-ci ne répondent qu’au besoin d’appartenance à cette Igloo, qui matérialise sa « Tribu » de notre ère moderne qui répond ainsi à son l’instinct grégaire de l’homme des cavernes qu’il est resté par l’éducation et par atavisme. La vie quotidienne, souvent subie d’ailleurs, fait que l’individu va alors rechercher au sein de l’Igloo des idées sécurisantes pour son esprit dans une pratique « rituellique » propre à son groupe : un ensemble de codes comportementaux propre aux membres d’un même Igloo qu’ils partagent et se communiquent à leur insu et qui constitue la toile de fond par rapport à quoi tous les autres événements sont situés. C’est le  prix à payer, pour être reconnu comme tel, par les membres de sa « Tribu ». Ainsi, sans s’en rendre compte puisque accepté, nous acquérons des habitudes qui deviennent des « forces d’habitudes », une seconde nature inconsciente qui prend le pas sur notre individualité. Combien évoluent ainsi dans une prison virtuelle, s’interdisant, se défendant de sortir de leur habitude de vie ? Il est d’ailleurs notable que la majorité des gens fonctionnent comme des toupies, emportés qu’ils sont par leur élan et qui tournent, tournent, tournent sur eux-mêmes avec la peur au ventre de s’arrêter de la peur de tomber, de la peur de l’inconnu, de la peur de la mort !  L’appartenance au groupe, offre l’initiale séduction d’une rupture, avec un ordre de choses, une vie, dont on n’attend peut-être plus grand chose, d’un renouvellement, une porte vers l’ailleurs, une expérience différente lorsqu’il est recherché par celui qui veut quitter sa routine domestique ou professionnelle. Sa vie de tous les jours, la chasse à sa pitance souvent calquée sur celle de ses parents, d’un leader, où la tradition s’est transformée en dogme.

    «C’est ainsi qu’il faut faire, c’est la tradition qui le veut », perpétuant ainsi, de génération en génération, une forme de pratique.

Aller à la recherche de sa pitance est une action pleine de danger où chacun brave sa peur, revenir dans l’Igloo est réconfortant. Et là, en somme, il trouve souvent plus un refuge psychologique qu’autre chose. L’ambiance « magique » l’attrait autour de laquelle on peut à l’infini organiser le rêve et l’utopie, un moment d’harmonie qui (trop) souvent n’a pas d’équivalent domestique, alors on vient, et, on revient envoûté par le céleste et divin mirage. On s’engage dans cette voie prometteuse d’ivresse et d’apaisement, et même si, au fil du temps, l’exaltation originelle se perd, on reste là et l’on devient un fidèle soutien, addicte du « ritualisme », de l’Igloo. Tout en renforçant encore plus ce besoin d’appartenance, à sa « tribu » qui devient mortel s’il est brisé.

4.  Il apparaît vite un phénomène d’autohypnose à la fois individuel et collectif. Le «Frère Inuite» - les habitants de l’Igloo sont tellement soudés entre eux qu’ils se croient en parfaite fraternité, mieux en osmose - étant inconsciemment influencé par les courants psychiques dans lesquels ils baignent, ont tendance à s’imaginer que les états particuliers éprouvés par eux confirment le bien-fondé de leurs pensées. Cette promiscuité est telle que chaque individualité se fond en un corps collectif où l’individu perd toute conscience personnelle. Ceci est particulièrement visible dans les organisations politiques, syndicales, églises, et dans certaines Loges Maçonnes qui confondent le Frère Untel de la R.*. L.*. devenue un personne morale au lieu d’un Atelier où la parole de chacun circulent.

5.  Une confusion s’établit entre l’émotion esthétique, provoquée par une mise en scène particulièrement émouvante, et l’émotion « religieuse », due à l’implication de « l’Inuit ». L’idée qu’un endroit a été spécialement consacré (= avec – le pouvoir – du sacré) met également les Inuits dans une attitude favorable à l’acceptation du mirage. Tous pensent et vivent de la même manière ce qui renforce l’appartenance et aussi qu’ils détiennent la vérité.

Il y a un réel danger à la pratique aveugle et irréfléchie  de vivre ainsi :

1.  Tendance à dépendre de l’habitude pratiquée pour retrouver une atmosphère pseudo-« religieuse », un ersatz de communion.

2. Tendance à l’inertie de la spiritualité ( où se situe sa propre manière de penser, le fonctionnement de son propre esprit, son esprit critique) qui est empruntés « au dehors » par les forces de l’habitude acquises alors qu’il doit être recherché « au-dedans » par un processus individuel. Et pour cela il faut réfléchir autrement et en dehors des forces d’habitude.

3. Tendance à rechercher de simples sensations à l’extérieur car incapable de percevoir la richesse intérieure qu’il ignore bien souvent.

L’Inuit cherche à se « baigner, se fondre et se con-fondre à nouveau encore et encore dans l’atmosphère psychique favorable externe » au lieu de retrouver en lui-même et par lui-même la félicité existentielle et informelle de sa propre nature qu’il ne connaît malheureusement pas. Et si, et si, une lueur de conscience, de doute survenait ? « Non, j’ai tort, puisque les autres sont en vibration, c’est moi qui ne le suis pas, j’ai besoin des autres, de penser comme eux, c’est eux qui ont raison. Le nombre est contre moi…… »

Le groupe contre l’individualité, toujours la même opposition, la même dualité... Il faut rassembler ce qui est épars ne dit-on pas. Alors vite rentrons dans le rang, à l’abri du groupe, dans la confortable mouvance de l’Igloo qui protège de la nuit, du froid et de l’appétit de l’ours.

4.  Il ne peut plus se passer de l’Igloo, devenant obsessionnellement addicte, ce dernier fait alors office d’un puissant narcotique hallucinogène spirituel. Une scission inévitable tend alors à s’établir entre la vie, dite « ordinaire », lorsqu’il va chasser au dehors dans le froid et la nuit, envahie par la peur et le danger qu’il sait être là et qu’il ne perçoit pas, et la vie dans l’Igloo que l’Inuit a sacralisé renforçant ainsi sa dépendance à l’ordre actuel en vigueur à l’intérieur de l’Igloo : le désir au retour dans le sein de la mère. Cette peur ancestrale fondamentale de l’extérieur peut lui faire avaler n’importe quelle couleuvre du moment où il sait trouver cet endroit sacré qui va le protéger.

Pour aller au-delà, il faut qu’il surpasse sa peur, ce sentiment virtuel créé et ancré depuis l’enfance. Cette peur-là peut être individuelle ou collective : le nazisme fut une magistrale couleuvre. Il y a là, pour lui, une vie double, alors qu’elle est unique. Il agit alors ici et là, et de manière dissociée, sans tenir compte du fait que la vie elle-même, dans toutes ses manifestations, est sacrée.

5.  Depuis l’enfance l’homme d’aujourd’hui est, par son éducation, mis sur les rails du respect de la démocratie qui s’appuie sur un pouvoir arbitraire culturel qui impose sa vision, sa symbolique. Que nous l’acceptons ou pas, nos démocraties ne nous protègent pas de l’arbitraire, bien au contraire. La démocratie ne peut se prévaloir d’un principe universel et, de ce fait ne peut être considérer que comme une pure invention humaine et non comme un sentiment inné et naturel. Toute catégorie ou Classe sociale évolue en fonction du rapport de force exercé les uns par rapport aux autres. Cette force peut provenir d’un leader, d’une contrainte ou d’une manipulation de masse. La « classe dominante » est légitimée par l’adhésion de ses éléments, ce qui suppose une prédisposition à accepter cette prédominance : on s’allie toujours au gagnant potentiel ou désigné. (Ici loin de moi de porter un jugement, c’est un constat et ce n’est pas répréhensible. Je reprends les études de Max Weber le père de la sociologie.) Il est naturel de constater que la classe dominante légitimée au sein d’un groupe, ou ici dans l’Igloo, impose sa loi et exclut les dissidents (ou considéré, supposés comme tels par celle-ci). Ce phénomène se reproduit tous les jours. Nombre d’Igloos ont subi des dictats des nouveaux « chefs », expulsant, humiliant les Inuits coupables de n’avoir pas eu la majorité des voix lors des votes de renouvellement par les urnes, se faisant, donnant un coup de couteau au sens du terme « Fraternité » et métamorphosant le nouveau chef en synonyme de « Brutus ». En Politique, au moins, c’est franc. Mort au vaincu  et tant pis pour la fraternité de façade ! Tous les membres du groupe, de par leurs mœurs, s’identifient aux symboles inhérents choisis par le leader, et au groupe constitué, en développant un réseau relationnel, établissant une nouvelle hiérarchie.

6.  La diachronie prévisible d’un individu est la résultante de l’action continue des facteurs constituants son « oser être soi » - trop souvent ignoré ou création factice puisque identifié à « moi-je » - lorsqu’il est seul, ses mœurs dans son groupe d’appartenance, l’antériorité historique du groupe dans lequel il évolue. Elles exercent sur son comportement une causalité structurelle inconsciente et est source de réussite ou d’exclusion. L’Igloo impose donc sa loi et tend à renforcer son hégémonie. Celle-ci, que l’on en soit ou non conscient, élabore une « action éducative » où la violence symbolique n’est pas exclue, bien au contraire, pour inculquer, marquer, du sceau de cet Igloo, les jeunes afin de perpétuer, par la reproduction, la tradition de l’Igloo. Il est donc pratiquement impossible pour un Inuit venant de l’extérieur de devenir un Inuit estampillé « Igloo » lorsque cette « tradition » ou « le dogme » est trop rigide. Par contre, sur le plan professionnel, le « pierre qui roule n’amasse pas mousse », a tendance à se transformer en « celui qui a roulé sa bosse apporte son expérience à l’entreprise». Evolution en cours ? A un moment, chaque Inuit, s’il en a conscience, se retrouve entre deux systèmes antinomiques et il doit faire un choix, s’il a de la lucidité et du cœur entre ;

a) un concept fait de certitudes simples auxquelles il obéit sans réfléchir (ici j’inclue la symbolique développée dans l’Igloo et aussi, implicitement et pourtant très prégnant, le penchant propre au caractère du « Chef » de l’Igloo qui veut y laisser son sceau, mieux son nom pour l’éternité. Combien de Ministre veulent avoir leur nom au Panthéon, par exemple). Spirituellement la vie de l’homme est esclave des formes dans le lieu qu’il qualifie de « sacré ». L’Igloo, la forme et le rite, la foi et la crédulité sont ses aliments. Le désir ardent d’une révélation par des « intermédiaires », quelle qu’en soit la représentation, est une tentative pour obtenir au dehors ce que l’homme ne peut découvrir qu’en lui-même.

C’est le maintenir en esclavage par la peur de l’exclusion.

Le châtiment du rejet qu’implique la solitude réprobatrice à jamais, sans consolation ou l’appui des Inuits de son propre Igloo, auquel l’homme « appartient » - du latin adpertinere, dépendre de…. –, et la peur de ce châtiment incitent donc cet homme à se tenir dans le chemin sur lequel, implicitement ou explicitement, l’environnement de l’Igloo « sacré » l’emprisonne, le bâillonne, pire l’enchaîne.

b) un concept où l’intelligence, la réflexion, voire le doute ou le refus, sont mis à contribution.

7. Beaucoup de ceux qui prétendent adorer le symbolisme n’adorent en réalité qu’une projection mentale confectionnée par leur esprit : il est plus facile d’offrir aux sens limités des « concrétisations » limitées et subjectives que d’accepter l’objectivité d’une Lumière bien présente bien qu’abstraite et non visible ou perceptible ailleurs que dans l’esprit. Les matériaux de cet édifice artificiel sont empruntés tant au conscient et à l’inconscient individuel qu’à l’inconscient collectif. Ils appartiennent tous à un passé mort sans rapport aucun avec le symbolisme lui-même. Dans ce cadre-là, le « symbole » et toute la vie d’un groupe du type « Igloo » est synonyme de « canne » pour l’Inuit, s’en contentant et heureux de l’avoir : cette canne – fabriquée et offerte par le dignitaire de l’Igloo est acceptée par l’Inuit lors d’une cérémonie - est devenue sa conscience, en échange de quoi ? D’un besoin de reconnaissance enfin assouvi ? L’Inuit récompensé ne voit pas « la laisse » ainsi confectionné et que le dignitaire manipule à sa guise. Il existe enfin, grâce à elle : « il fait partie des nôtres… ». L’intensité émotionnelle et l’exaltation qu’éprouve - actif ou passif - celui qui assiste à la vie de l’Igloo résultent de la manipulation d’idées forces particulières et d’archétypes de l’inconscient collectif, dans ce cadre-là. L’émotion est un état qui crée une dépendance du sujet à l’égard des objets qui suscitent en lui cet état : médaille, titre, promotion, petit arrangement entre amis, etc. Sitôt éprouvé, qu’il s’agisse d’un être, d’une pratique, cela devient notre tyran, nous en devenons intoxiqués, obsédés….L’attrait du plaisir ressenti est un désir tellement puissant qu’il obsède l’individu et qu’importe d’où vient ce plaisir, il lui faut et va alors le chercher à l’extérieur de lui-même et souvent au dépend des autres… au lieu de l’exprimer de son cœur. Cela ressemble fort à l’addiction occasionnée par la drogue, l’alcool et autres vices.

8. comme le dit Laborie, l’homme est d’abord un être d’émotions avant d’ être un être de raison. L’homme sombre dans l’habitude de pratiques routinières, paralysant toute possibilité d’expériences spirituelles réellement vivantes. Le rite et les disciplines ne dépassent qu’exceptionnellement pour ne pas dire jamais les sphères de l’affectif ou du mental à la condition qu’ils soient voilés de  spiritualité. S’imposer une discipline – qui n’est pas la nôtre mais acquise - n’est-ce pas instituer une dualité en soi ? L’individu perd sa personnalité, ce qu’il est réellement, dans la mesure où il se fond dans son Igloo, en compagnie des Inuits qui l’englobent, l’atmosphère sacré qui l’enfume,  annihilent ainsi son libre arbitre.

9.  Que l’on accepte ou pas, consciemment ou pas, puisqu’il faut répondre au besoin d’appartenance, il faut aussi inclure la possession de la Vérité, la sienne propre, particulière avec ses nuances, sinon pourquoi se différencier ? Si je possède la Vérité, toi mon ami Inuit qui ne « voit » pas MA vérité, tu as tort. Même si certains nombre d’Igloo proclament la rechercher : quelle vérité y  trouve-t-on ? Ou quelle vérité va-t-on chercher ?

Alors qu’en est-il de la vie ? Regardons la nature qui nous enseigne. Lorsqu’il pleut et qu’un rayon de soleil traverse les goutes que voyons-nous ? Du rouge, de l’orange, du jaune, du vert, du bleu, du violet. Oui l’arc en ciel qui au travers ces couleurs forme une unité car c’est la diversité qui la compose qui l’enrichit.

J’ai dit.

 

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