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8 juillet 2017 6 08 /07 /juillet /2017 14:50

Initiation

(lat, initiatio, initiare, initium, « commencement », « entrée »

L’impétrant entre au sein de la Loge. Il croit connaitre, et pourtant tout ce qu’il découvre est l’inconnu. Il ne sait pas où il se trouve, il est dans un endroit intemporel.

 Oui, il est comme le poussin qui vient de casser sa coquille, comme l’enfant qui vient de naître : il découvre un monde nouveau.

L’initiation autorise de passer de l’identité personnelle aux dépens de l’aliénation et à valoriser la quintessence de son être.

N’est-ce pas le passage d’un endroit à un autre, d’une dimension à une autre. L’initiation est une porte vers l’ailleurs. Une fois franchie, on ne peut retourner en arrière. On quitte le connu, la vérité du lieu pour l’inconnu et d’autres vérités. Cet ailleurs fait peur, et pourtant.

La femme connaît biologiquement et donc inconsciemment sur le plan psychologique deux initiations :

a) la petite fille SAIT, une fois passée la surprise des premières menstrues, qu'elle EST femme et donc qu'elle peut procréer ;

b) elle enfante, elle crée la vie, elle a connaissance du contenu et du contenant.

Cependant, cette particularité biologique qui l’initie n’est pas celle qui la fait femme responsable, même si, elle a dans ce domaine une supériorité sur l’homme. Elle joue à la femme, à la maman comme elle a vu faire sa mère et sa grand-mère mais n’en est pas femme non plus pour autant.

Mais pour l'homme, où se trouve son initiation ? Combien d'hommes et de femmes connaissons-nous qui, TOUTE leur vie, reste qu'un ou une enfant,  pire un fœtus par peur de RE naître ? Et qui, jamais, ne sortiront de leur habitude. Combien d’entre nous ne sortent jamais de leur cadre façonné par leur éthos primaire et secondaire. Combien d’entre nous restent toute leur vie dans le « cocoon famille » subie depuis leur plus tendre enfance. Ils font penser aux enfants avalés par Cronos avant que l’initiation – comme Jupiter – ne les délivre.

L'image du Père tout puissant reste et l'archétype évolue dans leur vie - gendarme, chef d'entreprise, tout représentation du Père tutélaire, et que sais-je encore - quand acquière-t-il enfin l’âge de raison ?

Jamais sans doute. L'enfant joue à l'homme mais ne devient jamais un adulte, il reste dans sa caverne à l'abri de ses ombres, dans sa Grotte de Platon à l'abri du meneur qui, lui, est peut-être aussi un enfant qui parle haut et fort pour impressionner.

 Alors comment dire qu'ici dans cette initiation-là, la femme sur le plan biologique ou homme à l’épreuve d’une scarification découvre qui ils sont réellement ?

Lorsque je m’occupais des publics en recherche d’emploi, je leur demandais de faire cet exercice : d’exprimer et de concrétiser sur une feuille de papier :

1.   ce que vous aimez faire.

2.   ce que vous pouvez faire (même si vous le faites d’une manière    occasionnelle).

3.  ce que vous savez faire (même si vous le faites d’une manière occasionnelle).

4.  ce que vous voulez faire à partir de maintenant.

5.  ce que vous ne voulez plus faire à partir de maintenant

L’accouchement était parfois long et difficile, cependant jamais stérile. Chacun découvrait alors, qui ils étaient, eux-mêmes, non un double, mais ce que chacun s’était caché derrière des forces d’habitudes, d’aucun dévoilait l’essence de leur être, le « Je suis ». Il rencontrait aussi un ami ou parfois leur pire ennemi. Mais comment revenir en arrière ? Seul, allez au-devant de soi, et poursuivre l’aventure est salutaire : vaincre sa peur, la sublimer rend libre.

L’initiation est aussi une prise de conscience, un Eureka. De toute façon, après, tout est changé, rien ne ressemble à avant.

Une autre question obsède certains : qui alimente le « Je suis »….

La première initiation ne survient-elle pas à la naissance. De l’ombre, le fœtus passe à la Lumière. De l’Eden familier du ventre de la mère il passe brutalement au monde réel. Notre parcours d’homme est-il fait pour apprendre à avoir toujours plus, pour avoir davantage d’autorité, de pouvoir, d’argent, à paraître davantage encore pour mieux briller face à la foule ? Posséder ce que toi, Individu, n’a pas et peut espérer avoir ? Sanctifier son « moi-je » et devenir l’homme Mana de Jung ? Ou, au contraire, les épreuves que chacun rencontre au cours de sa vie ne sont-ils pas pour lui un défi qu’il doit sublimer ? Ne sont-elles pas là pour la catharsis, de chacun afin de renaitre en conscience à soi-même ? De faire face en conscience et en confiance au « Je suis » ?

Il n’existe pas de demi-mesure entre l’éveil et le rêve, entre la Lumière et les Ténèbres, entre la liberté et les servitudes. Soudain, se trouve l’étincelle qui éclaire, qui illumine ce qui était au paravent imperceptible et pourtant bien présent, existant, mais invisible à  notre vue, à notre compréhension. Le passage de l’un à l’autre constitue une véritable mutation psychologique, une abréaction fondamentale dans l’évolution de l’individu.

L’Initié – celui qui a réfléchi par lui-même et qui sait ce qu’est être libre -  ne s’identifie plus à aucun système de pensée et est libre de tout attachement personnel à une croyance, opinion, vérité particulière. Il doute et accepte que l’autre puisse avoir une vérité différente de la sienne. Il sait que le regard de l’autre peut lui montrer un aspect de la vérité qu’il ignorait. Il est « mort à lui-même », c'est-à-dire qu’il laisse la Vie prendre le pas sur son mental qui, elle, (que sait-on de l’inconscient, de l’origine des désirs, des actions qu’ils nous imposent et/ou qui nous viennent de précédentes générations ?), est en réelle harmonie avec son essence identitaire et divine. C’est la vie, l’amour qui vient à l’Initié. « Quand l’amour est dans votre cœur, vous ne parlez ni d’organiser la fraternité universelle, ni de croyances, ni de divisions, ni des pouvoirs qui les suscitent, vous n’avez nul souci de réconciliation. Vous êtes tout simplement un être humain sans étiquette, nous rappelle Jiddu Krishnamurti ». La vie n’est donc plus l’inspiratrice, le guide de l’individu, qui se croit, qui pense être initié parce qu’un jour il a subit les Epreuves (le droit d’appartenir au groupe de son Obédience) et qu’ainsi, cela lui suffit. Mais c’est la vision limitée de son ego qui en devient le tyran et indispose la vie subtile. Sans qu’il sans rende compte ce faux ego étriqué s’est laissé phagocyter par le mirage collectif de la lumière artificielle entretenue à l’intérieur de son Atelier, parfois.

La spiritualité vraie se situe au-delà des formes et des symboles, même si ceux-ci ne sont que des outils pédagogiques et de réflexion, oh combien utiles et indispensables.

Qui n’a entendu ce terme V.I.T.R.I.O.L. « Visita Interiora Terrae, Rectificando Invenies Occultum Lapidem » : « Visite l’intérieur de la terre, et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée ». Cette pierre que le profane doit trouver n’est autre que la pierre philosophale des alchimistes, et celle-ci se trouve au plus profond de chacun d’entre nous, elle ne se dévoile qu’à ceux qui, par un travail intérieur sincère, sont arrivés au parfait équilibre pour ne faire qu’un : « Omnia ab uno, omnia ad unum », « Tout procède de l’Unité, tout tend vers l’Unité ».

L’unité est en nous et nous en sommes la représentation. « Brille par toi-même, de ta propre lumière » lui dit sa petite voix intérieure, tu n’as nullement besoin des autres, quand il sait l’entendre. Bien souvent nous ne le savons pas, cherchant à l’extérieur dans le décorum ou le théâtre de la vie une représentation de nous-même, bien souvent la plus flatteuse possible. Personnalité = persona = masque !

Ce n’est vraiment que dans le cours de la vie que l’homme peut atteindre la liberté qui lui permettra de se connaître et de se laisser pénétrer de la subtilité vitale de Prométhée sans être brûlé mais pour devenir Phénix. Dans cette réalisation, l’homme ne devient pas quelque chose qu’il n’était pas avant, il n’entre pas dans un monde auquel il n’appartenait pas jusqu’à là, il se réalise tel qu’il est depuis toujours.

Cultiver le doute est le travail de tout homme. La vérité, tout comme le symbole, est dichroïque, et tous deux sont en lui. C’est en perçant leur transcendance que l’homme se comprendra. Nous nous devons, nous avons le devoir envers nous et envers nos compagnons, nos commensaux Sœurs et Frères d’être prudents et vigilants.

Protégeons-nous de tout sectarisme en nous interdisant d’avoir des jugements hâtifs envers un homme, un évènement, une idée, une nouveauté, une interrogation, nos sentiments face à ce qui ne nous est pas habituel. Qui peut se prévaloir de posséder la Vérité se demandait un Frère dans sa R.*. L.*. ? Gardons-nous de suivre le beau parleur.

Sait-il au moins où il nous conduit ?

J’ai dit.

 

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